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MAX JACOB
by MARIA GREEN

COLLOQUES - I. L’OEUVRE DE M.J. PAR THEMES

ACCIDENT DE VOITURE

Emié,D, 153. "En 1936, écoeuré par la vie de Paris je cherchais à m'évader [...] Je pensais vivre d'une petite rente, produit d'un accident d'auto en 29 [...] La rente s'est avérée insuffisante."

Lettre à Sylvette Fillacier de 1929. Europe no. spéc. 93. M.J., en août 1929 avait été victime d'un accident d'auto qu'il raconte ainsi: "j'étais dans une auto qui a cru bon de taper un arbre, l'arbre sans même un coup d'épaule a renversé l'auto & ce qu'il y avait dedans: c'est à dire Pierre Colle & moi. Pendant une heure, j'ai hurlé; il y a eu un facteur rural, des moissonneurs, des autos, puis une auto & mon frère & un vieux docteur. Chloroforme. Plâtre & moi dans ce lit depuis trois mois, immobile j'ai lu des centaines de livres qu'on m'apporte qu'on m'envoie."

L. à la même, 30 déc. 1929. Il se présente comme "un monsieur qui déménage sa vieille carcasse sur deux pauvres cannes du matin au soir d'une chambre à l'autre." PJ, 320.

Lachgar, L. M.J. op. cit. 15. "Il vécut, toute sa vie, plus ou moins de la vente de ses gouaches, des maigres droits d'auteur que lui rapportaient ses livres & d'une modeste pension à la suite d'un accident de voiture dont il avait été victime[...]."

Télégramme à Maurice Sachs, 23 sept. 1929. "Tibia cassé, épaule démise." BMO.

Après l'accident le procès traîne jusqu'au mois de déc, 1932 pour déterminer la responsabilité de P. Colle. M.J. était obligé de dire que son ami conduisait vite & imprudemmment. Il obtint finalement une rente viagère de 7000 francs, mais par suite de ce procès il avait des problèmes de fisc car on l'accuse de ne pas avoir fait de déclarations sincères.

AMITIE, AMOUR, AMOUR DIVIN

"Aimer s'est s'unir! La chasteté & l'intelligence sont des synonymes." "Vin, Esprit, Sang." Op. cit. s.p.

B. FE, 123."Colloque II." "Je n'ai jamais pensé à l'argent que pour le donner."

Beucler, A. Op. cit. 146. "[...] je n'ai été aimé, supporté que par des gens très grands comme Gide, Picasso, Apollinaire, Cocteau, ce brave homme de Claudel, & tel ou tel savant ou encore par des pauvres: des maçons, des domestiques, le savetier, le facteur, [...] il suffit que je ressente un sentiment pour un de nous pour le croire ou très grand ou très petit: je suis mage ou berger." 147. "je suis [...] un éducateur né comme je suis un acteur né, mais personne ne veut m’écouter."

CN. 199. "Réponse de l'Abbé X... à une jeune homme découragé." "Mon cher petit Michel" [probablement d'une l. à Leiris], ‘je prie Dieu que vous vous convertissiez ne serait-ce que pour réussir à vos examens [...].’"

CM cité par R. Villard. "M. J. à Quimper: "Hist. d'une classe de lycée." Op. cit. 85. "Quel est le plus grand affront qu'on puisse vous faire?" "Me tordre un ou deux doigts quand je tends toute la main." 84. "Quel est le meilleur type que vous connaissez?" "C'est celui que j'estime le moins." "Cah. des Maximes" in LRV, 107, 104.

C, 104. "Le Monsieur qui se mêle de ce qui ne le regarde pas." "J'ai tant d'amis que c'est une vraie foire & j'ai remarqué que j'ai plutôt une tendance à me laisser absorber par la cohue, tout en me dévouant immodérément." U. Pfau le cite à propos de ses amitiés "Le portr. de l'artiste en dévot." Op. cit. 19.

DT, 164. "Examen sur la charité." "S'il est vrai que j'ai parfois porté l'amour de mes amis jusqu'à l'oubli de moi-même, & le dévouement absolu allant jusqu'à penser plus à eux qu'à moi-même, il faut dire à ma charge qu'il n'y avait là qu'un dévouement de vieille fille, qui donne ce dont elle n'a que faire. De plus, le diable y trouvait son compte [...]. Car je n'ai jamais pu distinguer la part de pureté & celle d'impureté qui se mêlaient dans mes affections. Mais l'impureté a gâté tout cela. Je dois dire que je l'eusse bien gâté moi-même par la promptitude avec laquelle je médis de ceux que j'ai le mieux cajolés [...]" 165-66. "Quant-au véritable amour pour le genre humain, je ne le connais pas! j'ai pu m'amuser de l'espèce humaine, m'y intéresser, je ne crois pas encore avoir connu l'amour. Sinon un soir que je rentrais dans le métro: c'était peu après la seconde apparition & je me sentis comme au-dessus de la foule & disposé à compatir avec elle. Les figures de chacun m'apparurent dans leurs ressemblances telles qu'en elles-mêmes je sentais aussi les âmes. Moment unique, hélas! & que je n'ai pas su retrouver. L'amour doit être cela: mansuétude & clairvoyance. Pourquoi profaner ce mot en appelant de lui la rage sensuelle qui m'unissait à mon unique femme [...]."

Emié, D. Op. cit. 136-37. "Quel que fût le livre qu'on lui soumît, il ne le lisait jamais qu'avec la plus pointilleuse minutie [...] & le mimétisme qui lui avait permis de ‘prêter sa plume’ aux héros de son Cinématoma entrait en jeu à son tour, dès que, penché sur un roman ou un poème, il se mettait automatiquement dans la peau de son auteur."

L. à Andreu. VM. En mai 1943 il lui écrit: "Pas un seul caillou noir dans nos rapports (c'est rare)"; Annexe VII. L. St.-B. 19 7bre 1940. "L'amitié est le seul lien qui me rattache à la terre: l'argent n'existe plus pour moi pourvu que je mange & dorme & fume. La gloire je l'ai vue d'assez près pour me rendre compte de sa stupidité, de sa fragilité, de sa facilité par camaraderies, de son cortège de susceptibilités, de soucis ridicules; le "monde-monde" est un ensemble de conventions à apprendre par coeur comme feu le catéchisme. Et toute ambition est vaine: où qu'on soit le malheur & la destinée se chargent bien de vous retrouver." l. de 1943: "L'amitié a été le clou où est pendue ma vie." Ibid. 270. "Comme un jeune chevalier, M.J. a armé le jeune poète [...]."

L. à N. Barney. s.d. Aventures... Op. cit. 111. "L'amitié ne peut être à venir, elle est par le fait qu'elle se nomme: 'Vous ne me chercheriez pas si vous ne m'aviez pas trouvé’, dit l'Evangile. L'amitié est de la foi, c'est même ce qui la différencie de l'amour, lequel est un cosmique besoin. Croyons donc."

Lettre à Béalu. 19 mai 1937. Disque vert 1:2 (mai-juin 1953): 86. "Mais quand j'ai donné mon amitié je ne la reprends jamais." 87. "Je suis un homme fidèle;" DV, 107. 12 mai 1937.

---. DV, 77. "Au moins! on ne m'enlèvera pas ça: j'aurai aimé..." 46. Béalu ajoute: "comment ne pas lui pardonner ses partis pris envers les confrères, son injustice &, pour tout dire, son manque de charité dans la rivalité littéraire? Certes, il fallait l'aimer"; 49. "Par écrit comme en paroles, il avait le don exquis de persuader chacun qu'il était le meilleur, le seul, l'unique ami"; 13. "pour payer logement, tabac & timbres-poste, Max se voit obligé de ne prendre qu'un repas par jour"; 14. "Je m'en satisfais d'ailleurs très bien"; 48. "M.J. aimait les poètes dans l'oeuf. Sage-femme de la jeune poésie [...] à combien qui n'avaient que du talent ne donna-t-il pas ce tour de main, cette grâce, qui n'était qu'à lui?"

L. à Doucet, 4 août 1917. Corr. I. 153-54. "J'ai beaucoup travaillé ce mois de juillet, profitant de l'absence des amis qui m'arrachent le long de l'année à la chère & fructueuse solitude."

L. à Guilloux. France-Asie no. spéc. 359. "Quand on se rapproche de la mort," m'écrivait-il en 1939, "il faut revoir ses amis."

L. à Kahnweiler. 1er nov. 1922. Corr. II, 132. "J'avais été un peu peiné, permets-moi de te le dire franchement, par un mot de toi après le dîner dans le salon sur 'l'abondance de mes recommandations.' [...] Je reconnais que j'abuse & je tâcherai à l'avenir d'être circonspect. C'est vrai que je ressemble à ces dames qui aiment à faire par des mariages le bonheur des autres, désespérant sans doute de jamais faire le leur." [Par ex. le 21 avr. 1922 il lui recommande des peintres & des poètes].

L. à Mégret, 10 juin 1943. Op. cit. 22. "J'ai tous les péchés pour l'heure de ma mort (remords) mais pas celui d'infidélité ... ah non! pas celui-là!"

L. [1925] à Léon Merle de Beaufort. 26 juill. 1931. PJ, 346. "Il y a bien des genres d'amis, il y a ceux qui sont indifférents, ceux qu'on déteste & ceux qu'on aime[...]."

L. à Moremans. Op. cit. 38. "Ne croyez pas que je sois infidèle en amitié; j'ai les mêmes amis depuis 30 années & d'autres depuis, mais je vous supplie de m'excuser. Je suis accablé de travail, d'exercices religieux & hélas de maladies;" sept. 1927; d'une autre l. p. 40. "L'amitié est une recherche de l'objet aimé. Aidons-nous à représenter nos figures morales"; L. 21 déc. 1924. 40. "J'ai beaucoup aimé mes amis & c'est moi qui leur ai parlé de mon dévouement"; 47. "ta lettre m'apporte ton dévouement & ton amitié. Ceci m'est beaucoup plus précieux que deux mille francs. Deux mille francs ça se dépense; l'amitié reste. J'ai lu aussi ton "bel" article chaleureux sur moi. C'est un article & non une note, un article précis & où tu dis ce qu'est mon caractère comme peu de gens l'ont dit. Excellente analyse avec preuves à l'appui: 'Cette fantaisie... ouvre des horizons insoupçonnés & crée des sensations uniques’. On n'avait pas dit cela. J'ai été enchanté aussi que tu cites la tempête que personne n'a remarquée & où j'avais mis le meilleur de moi-même." L. de 1926.

L. à Rousselot. Cahs. du Nord no. spéc. 211. 3 juill. 1942. «Aie confiance dans mon amitié. J'ai les mêmes amis depuis 40 ans»; Roeping no. spéc. 118.

L. à Salmon. «On ne parcourt l’univers qu’avec un compagnon de l’esprit & du coeur.» 25 oct. 1943. Jacqueline Gojard. «M.J. & A. Salmon: 40 ans d’amitié.» Coll. de Quimper, op. cit. 12, 66.

L. à Sentein, 5 janv. 1944. Op. cit. 556. "Pierre Andreu est un grand ami que j'aime."

LAL, 183. 23 déc. 1936. "Ce qui m'y intéresse" [de ma jeunesse] "c'est la part des amitiés, des aides & ce que je dois à ceux qui ont 'lambrissé' ma jeunesse: le plus clair de mon existence qui fut, tu le sais mieux que personne, si désarticulée, c'est à mes amis que je le dois. - Mes amis ont été les quais de ma rivière & ces quais étaient bordés de beaux arbres comme les quais de Quimper prophétiques [...]"

LCB, [4]. St.-B. lundi 1942. "Il est heureux, celui qui a de bons amis. Mais que de malheurs pour pouvoir les connaître, les reconnaître." 20 juill. 1942, [8]. "Je voudrais que l'humanité n'ait qu'une tête pour lui embrasser le front. J'aime cette pauvre humanité intendante de souffrances & taquinée par le malheur & par le sang."

LCHG, 71.Quimper, 3 janv. 1930. "Je n'ai eu le peu de bonheur de ma vie que par mes amis: deux sous de notoriété, secours, protection, sécurité, défense, conversation, épanchements, fêtes, joies & bruit par eux seuls, [...] or je suis loin d'eux, loin de mes petits & grands bonheurs, loin de mes orgueils."

LJC, 130. 12 avr. 1927. "Oui, il y a des gens pour qui je voudrais mourir & j'ai jalousé J.-Ch. qui a eu le bonheur de mourir pour les hommes." 131. "Ce qu'il y a de vraiment désintéressé dans nos amitiés plaît à Dieu; s'il reste quelque chose d'autre, c'est n'en doute pas, l'enfer"; 15 janv. 1927. 97. "Tout ce qui n'est pas nos amitiés ne m'intéresse guère - je mets Dieu dans les amis;" MJ/JC, 527, 478.

LJF, 300. "Est-ce que les amis se choisissent? Non! ils se polarisent." Cité du Tiers transporté. 242; C.p. de Lausanne, 15 août 1935. "[...] on reconnaît l'arbre à ses fruits & l'ami à ses bienfaits." Intr. 232. "[...] his friendship for Fraysse was merely one affection among others. An indication, [...] the lack of serious efforts to convert Fraysse; the religious polemic was always for Max, a sign of love." Quimper, déc. 1935. 247. "Tu as une merveilleuse carrière de théâtre. Crois-moi; je ne me suis jamais trompé sur personne"; 19 sept. 1935. 243-44. "[...] à la loupe les humains sont admirables, mais j'ai oublié ma loupe rue St Romain."

LJRB, I. Op. cit. [début été 1912].141. P.S. «La Philosophie que la vie m'a enseignée est celle-ci: il n'y a que l'amour qui compte mais il faut savoir ce que c'est. Et personne ne l'a su avant Jésus-Christ qui m'a sauvé la vie, l'espoir & l'honneur en 1908."

LLP, 101-02. L. de 1929. "Mes amis me sont d'une douceur infinie surtout vous. Ce n'est pas avoir gâché sa vie que d'avoir fait des amitiés dévouées en des êtres aussi exceptionnels car le reste de l'humanité c'est ‘butor, avare & médiocre’."

LLG, 92. Mars 1942. "Je crois que les mariages & les amitiés sont écrits dans le ciel. On ne connaît que les gens qu'on doit connaître ou par similitude ou par idéalisation ou par en haut ou par en bas ou je ne sais quoi ni comment. En général, moi (qui ai eu le seul mérite d'avoir des influences de porte-veine, [...] je me dis en voyant un jeune: que puis-je faire pour lui."

LML, 52. St.-B., 31 mai [1937]. "Le besoin de convertir ou d'écouler ma marchandise spirituelle m'a amené à Montargis." [Pour convertir le Dr. Robert Szigeti]; 43. St.-B. 25 [fév. 1937]. "J'ai renoncé à tout mais pas à l'amitié"; 47. 12 avr. [1937]. "Nous ne nous sentons pas éloignés de nos amis parce qu'ils sont ce que nous souhaitons être. Ce n'est pas nos amis que nous aimons mais l'image de ce que nous désirons être[...]."

LMM, 69. 21 ou 22 nov. 1940. "[...] quand on s'écrit souvent les détails de la vie connus par l'un & l'autre correspondants éveillent d'autres détails moins ou plus connus: il s'établit une chaîne, un chêne."

LNF, 28. 16 juill. 1923. "[...] je ne puis aimer sans vouloir la perfection de ceux que j'aime."

LRR, 99, n. 7. "L'univers des romans de M.J. est effectivement assez noir. On y est frappé par l'absence d'amour dans le couple, entre les membres égoïstes d’une même famille. Dans ses romans cependant [...] M.J. fustige non l'humanité, mais la bourgeoisie, ou plutôt l'esprit bourgeois dans n'importe quelle catégorie sociale. On peut discerner, en revanche, sa tendresse émue pour les déshérités de la vie moderne."

LTB, 45. 27 août, 1933."Le meilleur de nos amis deviendrait le meilleur aussi de nos ennemis."

---. 110. 10 oct. 1940. A Moricand. "Espère un petit chèque (sauf échec), je veux dire l'humble mandat habituel." 12 déc. 1936. 63-64. "J'aime agir sur les âmes, c'est une création qui en vaut une autre. J'aime voir agir les hommes, j'aime la ridicule humanité, les parfaits, les artistes, les cerveaux ne m'intéressent pas à part quelques amis de fondation."

LUA, 48. 21 déc. 1924. «Il y a les amis qu'on aime, les amis qu'on déteste & les amis indifférents.»; 83. 21 juin 1932. «[...] quand on est mon ami, c’est un baptême. Il faut l'excommunication pour en sortir.»

L. de Fels à Marcel Abraham, l'éd. du Mail. No. spéc. 245. "Je garde de Max le souvenir d'un mécène prêt à donner son bien sans espoir de reconnaissance"; 246. "Il fut mon seul correspondant pendant la guerre & sa lettre hebdomadaire me tenait lieu de toutes autres satisfactions. C'est lui qui m'incita à écrire & je tiendrai de lui seul confirmation qu'il fit bien ou mal de m'engager dans la carrière journalistique."

Méd. citée par Garreau. Inquisitions... op. cit. 122. "Dieu m'a donné [...] des amis extraordinaires qui m'ont formé mieux que des écoles."

Méd. "Le Paradis." RFl. No. spéc. (1981): 35. "J'ai désiré l'amour pur & l'amitié & j'ai eu cela mais au ciel ce sera pur de sensualités & de trahisons, & les élus se pénètrent de pensées, de sentiments dans une continuelle extase voluptueuse."

---. "Les Péchés." Ibid. 25. A la recherche de la voie étroite "C'est toutes les fois que je me suis privé pour donner, toutes les fois que j'ai fait des démarches pour les autres au dépens de ma tranquillité, comme je le fais en ce moment [...] d’une façon si imprudente & gênante pour moi. Cependant je pourrais faire bien davantage pour la pénitence."

MR. T.r.; Gallimard. 80. Dans "Péché" M.J. demande à Dieu "la clarté des sentiments divins."

Rousselot. "M.J.: lampe du soir." Boîte à clous no spéc. 27. "[...] tu étais, avant tout, miséricordieux & gai, que tu avais, dans un monde désespéré, su conserver cette politesse joyeuse, cette affabilité toujours disponible, cette bienveillance jamais en défaut, qui font de l'homme un ami, un écho, un miroir de tous les hommes [...]. L'amitié, vertu prem. de M.J.! »; 28. "Quand l'un de nous entrait dans une revue, chez un éditeur, dans une galerie, son prem. travail était d'y faire entrer tous les camarades avec lui"; 29. "Non moins chère lui est l'amitié des simples [...] il s'arrête à chaque porte [...] il connaît les noms & prénoms de tous les habitants de la commune [...] leurs préférences, leurs espoirs & leurs soucis & chacun d'eux se voit traiter par lui avec une affectueuse & souriante courtoisie [...]."

SSF.I. Op. cit. 170. "Dans le commerce d'amitié, M.J. se voulait l'associé principal, ce dont il n'eut pas toujours à se féliciter."

PR, Op. cit. 629. "On sait que la poésie mystique est tout entière métaphore, à commencer par celle de l'amour humain qui en est la plus constante & la plus frappante. Et la liturgie propose, elle aussi, des formulations du désir, de l'attente & de la crainte, qui porteuses d'un sens toujours équivalent, procèdent par images"; 633. "Il traduit l'effet dévastateur & exclusif de l'amour divin en l'associant à la passion amoureuse. Celui qui est marqué par la grâce se consume. Dieu le dévore, il est ogre d'amour, il anéantit tout ce qui lui est étranger." "Celui qui m'a brûlé le coeur a brûlé tout[...]."

LES ANIMAUX & LA VEGETATION DANS L'OEUVRE DE M.J. LA FAUNE & LES FLEURS.

AGNEAU & AIGLE. Canet, F. "La Bible dans FE." Op. cit. 48. Dans le p. "Moïse I" "l'aigle symbolise la force & la grandeur, l'Agneau, par son abaissement, apparaît, [...] comme le souligne aussi St.-Paul dans l'épître aux Hébreux, supérieur à Moïse. Les juifs 'hommes de l’esprit' (voir l. 30 nov. 1914 à M. Raynal) ne connaissent pas le 'trésor’ du coeur - nous trouvons ce thème dans les 4 évangiles; - mais si leur aveuglement opère une rupture, M.J. cherche à rétablir la continuité: bien que le fondement anecdotique du p. appartienne à l'histoire juive, tous les symboles de la nourriture: manne, azyme, agneau rôti de l'ancienne Pâque, convergent vers l'Agneau Christ dont ils ne sont que la préfiguration & qui restaure l'unité par le symbolisme du 'Corps Mystique'"; p. 52. "L'animalisation du mal & du pêcheur se retrouve avec la même fréquence que dans les psaumes: "Et moi cet homme sur cette chaise/ un ver coupé en deux qui biaise." ("Examen de conscience"), cf. Psaume XXII-7: 'Et moi, je suis un vermisseau & non un homme'"; 53. "Mais alors que M.J. souligne le contraste entre sa propre bassesse & la grandeur divine, d'une manière qui rappelle celle des supplications de l'Anc. Test., la révélation du Nouv. Test. apparaît comme possibilité d'affranchissement de cette dualité: la personne du Christ (cf. le p. "Corpus Christi"), la descente aux Enfers (Cf. "Les yeux au Ventre") & le "Sang versé" exorcisent le mal: [...] 'Que crier? quoi? vers Vous/ qui connaissez mes hontes?/ Entre les arbres du Printemps s'avance/ le triste vaisseau de la Croix' ("Examen de conscience").

L'ANIMALITE-LE MAL. J. Chambost. "Le LC" Ibid. 31. "Cette présence des 'serpents' & des 'animaux' est en elle-même inquiétante: l'animalité dans le rêve est le plus souvent l'expression d'une angoisse. [...] l'animal est l'incarnation même du Mal, surtout lorsqu'il occasionne du bruit & de l'agitation. Pour corroborer cette intuition de l'identification animalité - mal, il n'est que de citer G. Durand: 'L'apparition de l'animalité dans la conscience est symptôme d'une dépression de la personne jusqu'aux marches de l'anxiété.' [Voir "Les structures anthropologiques de l'imaginaire", T. I, 76] [...]. Par contre les éléments de la végétation semblent receler une vie intense. L'image: 'Chaque brin d'herbe était un morceau de folie' est particulièrement frappante, grâce au procédé fréquemment employé par M.J. & les poètes modernes, qui consiste à créer une métaphore à partir du moule syntaxique de la définition: 'ceci est cela'. L'utilisation d'une formule du langage rationnel & didactique paraît garantir en elle-même une certaine authenticité, pour, en fait, énoncer un contenu parfaitement incohérent."

L'ANIMALITE VISQUEUSE & RAMPANTE. R. Plantier. "La myth. dans l'oeuvre poétique de M.J." Op. cit. 70-71. "[...] la description des satyres s'éloigne de la tradition. M.J. renchérit sur leur animalité, non plus la violente & joyeuse liberté des compagnons de Dionysos poursuivant ménades & nymphes de leurs lubriques désirs, mais la visqueuse & rampante animalité, la cruelle & morbide présence: 'Je suis l'animal qui te flaire/ Je m'appelle Satyre/ Je suis serpent et je suis louve.' ("Circé." Act.Et. 40). Nous sommes dans l'univers de la faute & non plus dans l'innocence de l'instinct. Le mythe évolue vers une incarnation du mal & du péché."

L'ANIMAL. VER DE TERRE, RAT. Plantier. L'Univers poétique. Op. cit. 406. "Les animaux du rampement & du grouillement s'opposent aux animaux de l'envol. La déchirure intime est écrite en termes de gouffre, de dérision & de caricature. Sous le signe de l'antithèse, la puissance de l'imaginaire se représente dans les cercles d'en haut & d'en bas, dans l'échelle, dans les étages de la maison, dans le mépris pour soi: l'animal, ver de terre, rat."

L'ARCHE DEMONIAQUE. Plantier. "M.J. & le prince des ténèbres." RFl (Pâques 1969): 3. No. spéc. "Le supplice peut être lié à une répugnance personnelle. Le monde animal apparaît comme une dégradation des formes humaines, comme une image de la pesanteur." 'Je ne suis pas entré dans la Cité de Dieu parce que l'homme est la Bête.' (SM, 209).

LES BETES-SATAN. Plantier. MJ, 64. Op. cit. "Une autre caractéristique de l'univers démoniaque de M.J. [...] la présence des animaux. L'animalité est le domaine de Satan. Le monde animal représente la dégradation des formes humaines. Il y aurait de quoi remplir une arche avec toutes les présences animales qui grouillent dans les p. Elles sont liées à une répulsion personnelle de l'auteur: 'Toi qui a si peur des bêtes, tu seras entouré des bêtes.' (MR, op. cit. 115). De là des "démons à têtes d'animaux, puants, gluants. Les glissements, les frôlements entraînent une réaction de dégoût"; 65. "L'animal révèle la secrète possession: 'Le roi soudain devient comme une hyène' (B, 9), l'enfant 'se change en singe.' (CD, 145)"; 66. "Le cheval, symbole vénusien & luciférien, porte la marque de Satan dans le p. du CD 'l'automédon a l'oréole: je n'ose affirmer que les Trois Pégase en soient privés.' (55)" - Plantier rejette la théorie que tous ces animaux sont liés à une préoccupation astrologique de l'auteur. Après un contrôle des listes qu'il donne dans le MA, il est «arrivé à une conclusion négative. Il faut plutôt rattacher cette prés. à une trad. plus vaste dont le Moyen Age a tiré parti. Chaque animal est l'emblème d'un vice ou d'une tare. L'élément caricatural si important dans l'oeuvre, est donc lié à la volonté d'illustrer de façon visible la prés. du péché»; 67. "A la limite, l'être abandonne même l'apparence animale pour se réduire à une chose: 'La petite fille a l'air d'un pot de bière & le vieux débauché d'un buveur.'"

LE CHEVAL. Belaval. Op. cit. 89-90. "La faune du CD met au premier plan le cheval avec une telle insistance qu'un psychanalyste, sans doute, en tirerait quelque complexe: à côté du cheval, le chien, la vache, le poulet, le poisson ne visent guère à un effet: mais peut-être le papillon, le paon, l'autruche, l'éléphant, la grenouille, l'abeille, le lézard, la colombe, le cygne, le zèbre - à la vérité à bascule - le crocodile, la girafe, la corne de rhinocéros & les soyeux bivalves répondent-ils à une préoccupation plus littéraire. La flore semble plus soignée: outre les fleurs & les bouquets indéfinis, c'est le marronnier de Quimper, le hêtre, le peuplier, l'épi de blé, les mousses & le champignon: rien là que d'assez ordinaire: mais houx, thuya, acacia, dahlia, palmier, ébène, géranium, myositis, arbre-nain, buisson d'aubépines, capucine & palétuvier ont su faire valoir le poids de leurs syllabes, la courbe de leurs suggestions."

LE CHIEN. LTB, 87. A Moricand, 22 nov. 1938. "J'ai été particulièrement intéressé par ce que tu dis du chien lequel me hante depuis ma plus petite enfance (peur effroyable des plus minimes chiens, même au berceau; morsures de chiens plusieurs fois même aujourd'hui). Voir un p. dans je ne sais quel recueil: "les chiens, d'un certain Actéon ne dévorent pas le maître, etc. [...]. Et le hibou de Minerve parce qu'elle pénètre même le secret des enfers." [Réf. à l'article de Moricand].

ANNIVERSAIRE

Juillet 11 au lieu de 12. MJ/JC, 259. 20 avr. 1925. «[Georges Hugnet] né le même jour que moi 11 juill. & non seulement ressemble d’une manière émouvante à mon adolescence, mais a les mêmes parents, les mêmes événements, le même langage, les mêmes gestes, la même forme de (feu mes...) cheveux.»

FALSIFICATION DE SA DATE DE NAISSANCE. Andreucci, n. 112 aux LMLE. "Comme souvent M.J. ment sur sa date de naissance préférant le 11 au 12 juill. pour des raisons de prédestination astrologique (les nés le 12 étaient voués à la malchance, comme Léon Bloy). Etrange contradiction qui est la sienne, que de croire en la détermination astrologique & de falsifier sa date de naissance, en une stratégie vaine, si l'on croit à la dite détermination."

ANTISEMITISME

"ABAS LES JUIFS." LJRB, I. 138. [1912]. 139. "Que faire? Comment racheter ce crime! avoir dit 'Abas les juifs!' moi le plus chrétien de tous les juifs à toi le plus juif de tous les bons chrétiens."

ANTISEMITISME ALLEMAND. Charensol, Georges. "Grandes enquêtes des NL (26 août 1933). "Quelle est la diff. entre la génération d'avant-guerre & d'après guerre?" "L'intellectualisme est le contraire de l'individualisme: s'occuper des idées, c'est s'occuper de ce qui appartient à tous.[...]. Cet individualisme s'étendait depuis le début de 1900 aussi bien aux nations & aux hommes qu'aux races. L'antisémitisme allemand est l'une des formes de cet individualisme (ou nationalisme, c'est la même chose) [...]."

ANTISEMITISME A ST.-B. P. Eluard. Oeuvres Comp. Op. cit. 863. "J'étais allé le voir [...]. A la fin du repas, à l'hôtel où nous déjeunions plusieurs individus tenaient des propos antisémites. Au moment de sortir, M.J. se dirigea vers eux: "Voulez-vous me permettre, Messieurs, de vous serrer la main... & que Dieu vous pardonne!"; L. Parrot. Op. cit. "J'étais allé le voir avec un malheureux camarade, libraire & poète, arrêté depuis & qui devait être déporté en Allemagne après avoir resté six mois au secret. A la fin du repas à l'hôtel où nous déjeunions, plusieurs individus tenaient des propos antisémites. (M.J. avait tenu à porter l'étoile jaune qui le désignait à l'affectueuse pitié des meilleurs d'entre les Français). Au moment de sortir le poète se dirigea vers eux: "voulez-vous me permettre, messieurs, de vous serrer la main... & que Dieu vous pardonne!"

ANTISEMITISME DE JOUHANDEAU. LTB, 49. A Briant. 30 nov. 1936. "Si tu entends dire que Jouhandeau m'a accusé de "simagrées" dans l'Action Française tu pourras répondre que je sers la messe à 6 h. du matin dans une immense & noire basilique en grelottant alors qu'il est douillettement couché. Jouhandeau m'a pris comme type de ma race."

ANTISEMITISME DU CURE. DV, 75-76. "Comprends-tu" [dit-il à M.B. le 20 fév. 1944] "en tant que cath., je suis obligé d'être contre les communistes..., pour être bien avec M. le curé; en tant que Juif, je suis obligé d'être pour Staline... C'est embêtant!"; G. Gabory. "Voyage à Saint-Benoît-sur-Loire." Disque vert no. spéc. 41. "Après le déjeuner, nous sommes conviés à prendre le café chez le curé qui nous parle avec courroux des juifs & des ennemis de la France."

DEFENSE DE PARLER EN PUBLIC. LMM, 119. 12 nov. 1942. "Ici, on fait des conf. à la jeunesse & aux hommes [...]. On demande aux artisans, aux laboureurs de parler... à tout le monde, excepté à moi[...l il m'est défendu de parler en public [...] bien heureux de mon étoile jaune, un peu offensé, mais si peu..."

ETOILE JAUNE. A Rousselot. 3 juill. 1942. Roeping no. spéc. 119. "Je n'ose voyager sans étiquette & je crains l'étiquette en voyage. Voilà le dilemme & la cause de mon statu quo."

JACOB EST SUSPECT. A Andreu, mai 1943. VM. "Ne mets plus Jacob sur l'enveloppe. Mets "M. Max" - Jacob est suspect."

JE PRIE POUR LES JUIFS. LEJ, 76. Janv. 1939. "[...] je prie chaque matin pour les juifs & les cath. martyrisés."

JUIFS EN BRETAGNE. L. inéd. à Dumoulin, 14 nov. 1940. "Un grand nombre de prénoms & de noms bibliques des paysans bretons fait présumer qu'il y a eu jadis des Juifs réfugiés en Bretagne & qui se sont assimilés jusqu'à prendre le costume breton. Ex.: Moysan qui est Moïse-an, etc. [...] des Bolloch (Moloch). - "Mais je connais cette chère race vilipendée qu'est la nôtre. [...]. Saint-Jean était l'ami de N.S.J.C. A la Cène, il repose sur sa poitrine. Il est nommé le disciple que Jésus aimait. Or il est démontré par Emile Mâle [...] que St-Jean représente la Synagogue [...]. C’est encore St-Jean qui recueille dans le Calice de Saint-Graal le sang & l'eau tombés du Sacré-Coeur. Vous voyez que partout où il est question du "Coeur" c'est St-Jean. [...] St-Jean est notre chère race & non Judas (lequel, entre parenthèse, représente l'humanité entière comme je l'ai souvent montré)."

JUIFS: HOMMES DE L'ESPRIT. A M. Raynal. 30 nov. 1914. Corr. I. 105. "Les juifs sont des hommes de l'esprit; j'ai besoin des hommes du coeur." L. s.d. [1914]; 108. "Tu ne m'attaques pas, toi! mais d'autres le font parmi mes amis & coreligionnaires au point de m'avoir chassé de leurs maisons (& parmi eux un homme qui rougit d'être juif, ô inconséquence)."

KABALISTE. LML, 72. 27 oct. 1938. "l'article sur les Juifs [...] m'a passionné parce que je suis Juif & assez Kabaliste à l'occasion (& au fond très Kabaliste...mais oui!)."

M.J. CHOISIT LE NOM DE KAHNWEILER. Andreucci. PR, 82. Selon le décret napoléonien de 1808 les Juifs durent fixer une fois pour toutes leur nom à la mairie. Le nom des Kahnweiler avant le décret était Manassé, c'est ce que Jacob choisit dans SM pour son héros.

M.J. JUIF & BRETON. Manoll. Préf. 21. LMM. "[...] en s'enracinant à sa terre natale, qui est de vieille chrétienté, n'y était-il pas préparé par une aspiration vers l'absolu, une conscience mystique, envahie par le 'complexe de Dieu' proprement judaïques? Nous en trouvons mille exemples dans son oeuvre où il devient, parfois, parmi le feu du ciel, le grand vent du désert, dans une ronde infernale de démons & de bêtes du zodiaque, une sorte de prophète halluciné aux fulgurants anathèmes. Ce n'est pas alors le Dieu chrétien qu'il retrouve en lui, mais cet Adonaï qu'adoraient ses ancêtres."

RACE ELUE. MJ/JC. Op. cit. 256.15 avr. 1925. "[Cattaoui] s'inquiète de la religion. Pour moi il se fera baptiser mais dans dix ou quinze ans: maintenant il a encore l'esprit trop 'étudiant'. Citations, discussions, 'nous sommes la race élue' avec preuve & autres balivernes. Quand il connaîtra la 'race élue' comme je la connais, il déchantera."

RACE MARTYRE. LTB, 127. A Moricand. 1er juill. 1941. "[...] & tous ces pauvres Juifs que je me sens aimer, la race martyre d'elle-même & des autres, beaucoup de douleurs, mais aussi les compassions s'éveillent & l'on voit s'éveiller avec elles les joies du véritable amour."

SITUATION FAUSSE. L. à G. Ghika. 2 mai 1923. PJ, 162. "Ma situation a été fausse partout, elle l'est, elle le sera [...]. Même à l'autel ma sit. est fausse; elle l'est chez les Juifs, elle l'est chez les chrétiens."

UN JUIF EST TOUJOURS JUIF. A Francis Gérard Rosenthal. 15 oct. 1921. PJ, 114. "[...] un juif est toujours suffisamment juif pour n'essayer pas de l'être [...] la crit. se charge de le découvrir irrémédiablement juif."

APOCALYPSE

LLG, 50-51. 3 sept. 1941. "On appelait apocalypses en Palestine des écrits où les rabbins essayaient de déterminer la venue du Messie en étudiant la disposition & la signification des lettres de la Bible."

L'APPARITION DIVINE

PR, 438."LES EVOCATIONS [DE L’APPARITION] SONT PARFOIS DETOURNEES, parfois hors de propos, comme si Jacob ne voulait plus raconter qu'une seule hist., celle de sa rencontre avec l'Etre aimé, &, tel un amoureux, ramenait tout sujet à son amour."

P. BONET. Cat. Op. cit. 1970. No 259. Page de garde de SM, 1943. "Je vous ai souvent écrit de cette apparition divine qui est à l'origine & la cause de ma conversion à la religion cath. Pourquoi spécialement la rel. cath. & non une piété juive selon ma race? 1. parce que le personnage qui me visita comme je l'ai raconté dans la DT me semble être le Christ lui-même & que si les personnes compétentes en ces matières mystiques m'ont détrompé, m'affirmant que le Seigneur n'a jamais été vu de personne depuis son Ascension, du moins le dit personnage me parut nettement christique. 2. parce que j'ai été élevé de telle sorte que la religion juive ne m'a jamais été une rel., alors que ma Bretagne natale m'offrait à tous instants l'idée que la seule rel. était la cath. D'ailleurs je n'ai pas raisonné! un élan m'a porté vers le Christ. Je n'insiste pas. Il s'agit du roman de SM. Comment fut-il écrit?"

Lavallée, Marie-Thérèse. "L'expérience spirituelle & la lettre du p." RLM, 57. M.J. no 3. "[...] certaines personnes, censément 'spécialistes' des questions surnaturelles, perturbèrent beaucoup le pauvre Jacob en lui objectant qu'on ne voyait jamais le Christ, & qu'il n'avait pu voir qu'un saint, ou un ange sous forme humaine. Il ne douta jamais de la vision elle-même, mais par scrupule & modestie, se crut parfois obligé d'appeler 'ange' [...] l'image que sa conviction profonde reconnaissait comme le Christ."

LBEG, 12. 15 mai 1924. "Le grand événement de ma vie fut ma conversion au cath. à la suite d'une apparition le 2 Oct. 1909. La bénédiction de Dieu a fécondé une vie stérile & pénible jusque là: j'avais 33 ans."

LMM, "[...] l'apparition, en Sept. 1909, révolutionna mon corps, mon âme & ma vie, je vis un ange dans un paysage que j'avais jadis dessiné & peint"; 100. 17 oct. 1941. "La solitude est impossible sans Dieu. Ou [...] sans un travail particulièrement absorbant[...]."

Mauriac, Claude cite M.J. Preuves 4:35 (janv. 1954): 813. "Le Personnage de mon mur était un homme d'une élégance dont rien sur terre peut donner l'idée. Il était immobile dans une campagne, il était vêtu d'une longue robe de soie jaune claire, ornée de parements bleu clair. Je le vis d'abord de dos, sa belle chevelure tombait sur ses nobles épaules. Il tournait légèrement la tête & je vis une partie de son front; la pointe de son sourcil & sa bouche. La campagne dans laquelle il se trouvait était un paysage très agrandi que j'avais dessiné quelques mois auparavant & qui représentait le bord d'un canal." Prem. publ. du texte La Vie intellectuelle (mars 1951); Réalités secrètes (10 oct. 1959); texte définitif: Didier Gompel-Netter. "La conversion de M.J." Vie spirituelle 690 (1992): 393-404.

Sans réf. "First vision in 1909. He saw Christ on the wall of his wretched room in a landscape painted by him some years earlier, Christ is wearing a yellow silken garment with blue trimmings."- "He had also a vision of Christ in the movies on the screen, of course his friends thought that this is the newest joke invented by the great jester." - "Un peu de religion c'est le dosage du bourgeois" disait-il.

L'ARBRE & L'ARBRE DE VIE

ARBRE. LUA, 59. 23 mars 1926. "J'adore les arbres plus que les hommes, & les hommes plus que l'art"; LLG,46. 22 juill. 1938. "Je prends pour moi le mot de Beethoven. J'aime mieux un arbre qu'un homme. [...]. Du temps d'Apollinaire nous disions: 'Il y a de l'arbre dans un tel' ou bien 'Il n'y a pas d'arbre dans un tel' pour signifier la beauté produisante"; Morhange écrit dans la revue Philosophie "L'arbre jacobique donne toujours les plus beaux fruits du pays."

ARBRE DE VIE. R. Guiette. Op. cit. 39. "Je me souviens qu'on se moquait beaucoup de moi parce que, quand mes dessins étaient finis, j'ajoutais toujours un arbre qui cachait tout. Depuis, j'ai compris la signification de cet arbre. C'est le fameux arbre de vie, que nous devons déraciner, si nous voulons conquérir la vérité spirituelle & mourir à nous-mêmes. L'homme brut est un arbre"; VM, 21-22.

L'IMAGINATION EST UN ARBRE. G. Bachelard. La terre & les rêveries du repos. Corti, 1948. 300. Selon Bachelard l'imagination "a les vertus intégrantes de l'arbre. Elle est racine & ramure. Elle vit entre terre & ciel. Elle vit dans la terre & dans le vent. L'arbre imaginé est insensiblement l'arbre cosmologique, l'arbre qui résume un univers, qui fait un univers". Cité par Elisabeth Démiroglou. "M.J. un poète sans purgatoire dans le LC & DP."Coll. de Pau.Op. cit. 161.

L'ARSENAL

Documents & souvenirs conservés à la Bibl. de l'Arsenal, recueillis par René Fauchois.

ART POETIQUE

ADEQUATION DU MOT A LA SENSIBILITE. LLG, 89. 18 fév. 1942. "Qu'est-ce que le style? [...]. Le style pour un poète pur est l'absence des clichés [...] c'est l'adéquation du mot à la sensibilité. (Cf. Rimbaud & plutôt Verlaine). Bien penser un mot avant de s'en servir, y penser dans sa beauté encore plus que dans sa signification, bien penser un vers, le penser dans les voyelles & les consonnes, mais surtout penser le mot comme une plaie dans la chair. Dès lors, avoir tous les mots prêts, un dictionnaire de mots actuels dans la tête."

AFFINITES COSMIQUES. LJF, 249-50. 16 déc. 1935. "Les mouvements réels en art sont faits des affinités cosmiques (mauvaises ou bonnes).[...] Ce qui a manqué aux surréalistes ce sont les affinités cosmiques. Ils sont tous brouillés entre eux; les cubistes sont restés amis."

ARTISTE A UNE VOIX. LMM, 100. 17 oct. 1941. "Un grand artiste qui n'a qu'une voix ou deux peut [...] être un faible ou un médiocre & avoir besoin de se coller [...]. De là les rassemblements & les groupements [...]."

L'ARTISTE EST DANS SON OEUVRE. SM, prem. éd. 10. "Or, nous sommes dans nos oeuvres comme Jéhovah dans les siennes."

ARTISTE MODERNISTE. Conf. d'Hélène Henry. "Vie & Visages de M.J." Université Inter-Ages de Saint-Nazaire. 16 avr. 1991. "Un artiste moderniste n'est pas l'illustrateur plus ou moins heureux de son époque, mais l'artiste dont le tempérament est précisément d'accord avec elle. Watteau fut un moderniste, David aussi";

LE MODERNISME in "Projet de Préf. à Léon-Pierre Quint sur L'Homme Moderne." "Quand il nous arrive une envie de modernisme, c'est que nous allons changer de peau. Nous: l'humanité. Nier ce qui a plu à nos pères, n'est pas cela?" (St.-B. 1924). Théâtre à Toulouse, no spéc. 15.

"LES ARTISTES NE SONT PAS DES PENITENTS QUI ETALENT LEURS PECHES." LBEG,14. 17 mai 1924.

BEALU A TOUS LES DONS DU POETE MODERNE. Extr. Préf. Pouce. Jean Digot. Feuillets de l'Ilot. «J’entend par là: la complexité dans la forme du vers, la prééminence de l'harmonie intérieure sur le sens, la rapidité dans l'association des images, des idées ou des mots, la façon personnelle de ces associations, le vocabulaire aimé, les surprises volontaires ou non, l'air de rêve ou le rêve lui-même, les rythmes invisibles;" D, 36. Nlle éd. Festin, 1994.

LE BEAU. A J.-E. Blanche. Coll. de Quimper. Intr. 25, Collet, 134. «C’est quelque chose que le beau quand il veut bien être amusant ou réciproquement.» BEAUTE par Cocteau. «La beauté d’une oeuvre se mesure au nombre de questions qu’elle sème.» Intr. 33.

LES 'BOUTIQUIERS' DE LA LITT. LJF, 245. 7 nov. 1935. "Pense à t'élever dans la Revue [les Feux de Paris] contre les "boutiquiers" de la litt. & à louer la litt. de l'Olympe."

LE CHANT. PJ,185. A Mme Aurel. Clos Marie Roscoff Finistère. 12 sept. 1923. "Mais je ne suis pas le prem. à me demander si Corneille & Malherbe c'est de la poésie ou même si les développements à beaux vocabulaire de Hugo sont autre chose que de la prose libre assez riche. Villon, c'est de la bonne langue & du bon style, ce n'est pas de la poésie [...]. Un vers n'est pas une formule à bien dire le vrai ou le faux: un vers est le chemin du rêve & non un sujet de méditation, un vers est la découverte du rapport des choses entre elles & avec le poète, un vers c'est l'indéfini dans le fini. Et le lyrisme c'est tout cela chez l'inspiré, que la mélodie emporte au-dessus de la terre."

CHANTEUR. LMM, 111. 14 août, 1942. "Un poète est un chanteur & un chanteur ne peut pas s'empêcher de chanter."

CHEF-D’OEUVRE. «Faire pleurer les gens en leur parlant du temps qu’il fait.» 25 intr. & 140 Georges-Paul Collet. «M.J. & J.-E. Blanche une confluence inattendue.» Coll. de Quimper.

CIEL DES IMAGES. ONIRISME. PR, 290. "La déformation des formes visibles, leur altération & transfiguration, la 'fixation d'un détail jusqu'à l'hallucination', que le poète admirera chez Reverdy (PJ,486), sont aussi l'un des aspects de l'écriture jacobienne, notamment dans le p. en prose. - 291. L'onirisme des textes ne caractérise pas l'ensemble du recueil. Ce n'est qu'une direction dans un ensemble très hétérogène. [...]. Le titre l'annonce: le hasard a joué: on secoue les dés & la diversité surgit." On y trouve "des rêves de la nuit, ou parodiant le rêve; certains autres inspirés de visions prophétiques, ou les parodiant, mais conjointement à des courts récits plus cohérents, des aphorismes, des paraboles ou des exercices de calembours."

«LE CIEL N’EST PAS AU-DESSUS, IL EST AU-DESSOUS & l’oeuvre doit gagner la gravité de la terre, de la matière.» (LML, 70); PR, 538. Méd. inéd. coll. Gompel."

CLICHE DE PENSEE. LMM, 42. 15 OCT. 1938. "Le seul cliché repréhensible est le cliché de pensée."

CLICHES. CJP, 19. "Le cliché est un mot de passe commode en conversation pour se passer de sentir. Un poète doit sentir tous ses mots, mais le bourgeois n'a pas le temps, de là des ponts commodes qu'on appelle 'clichés'. Le poète dose ses clichés: il ne peut y renoncer que sous peine d'être incompréhensible, à lui de savoir quand il peut placer le mot qui n'est pas une formule toute faite de façon à être nouveau sans être obscur"; Charpier & Seghers. Art poétique. Op. cit. 467.

"LE CLICHE - LES PUNAISES DU STYLE: recherchez le mot qui puisse être compris par le cantinier du régiment! [...]. Le meilleur style est le style humain, ému, coeur à coeur: c'et le plus difficile à attraper, mais il est celui des grands maîtres & assure le succès. Ce n'est pas le mien, hélas! [...]. Tout l'art se résume à un état d'âme du créateur [...] pour profiter de cet état d'âme du créateur. [...] il faut être prêt. Pour être prêt il faut travailler." LFF, 27. 10 oct. 1918.

PAS DE RATURE SINON POUR EFFACER UNE PLATITUDE, UN CLICHE. LUA, 41. 2 oct. 1924.

LE COEUR. LJRB, II. 150. [mars [1919]. "Je commence pourtant à m'intéresser au coeur humain: il se pourrait bien que ce fut comme tu le crois, le centre de tout. C'est très grave car il faudrait l'introduire dans l'art moderne entre le style télégrafuturiste & les idéogrammes apollinairiens."

COLORER PAR UN OBJET. LLG, 72. 9 déc. 1941. "N'emploie jamais le mot 'mauve', en général il vaut mieux pour colorer se servir d'un objet de la couleur que de cette couleur même. Au lieu de 'vert' dire 'herbe'. Par exemple: au lieu de: cette dame a une robe verte dire:  cette dame a une robe d'herbe"; PR. 533.

COMMENT ECRIRE? LBEG, 13-14. 17 mai 1924. "Le 'verbe' est au littérateur ce que le marteau est au cordonnier, c'est un instrument de travail. Etudier pour nous, c'est apprendre notre langue, connaître le maximum de mots usuels, notre grammaire & un grand nombre de formes syntaxiques de manière à n'être pas enchaîné par des questions de mécanique. Un littérateur est d’abord & avant tout un 'ouvrier du verbe.' Quand l'ouvrier est aussi un penseur, & un homme complet, on a un grand écrivain. Les raffinements d'esthétiques viendront tout seuls. [...] il n' y a pas de grandes vies sans grandes souffrances & notre réussite est le plus souvent proportionnée à ce qu'elle nous a coûté d'efforts."

COMMENT TRAVAILLE LE POETE?

D,57-58. "Tu me demandes comment je travaille [...]. Surtout à mon réveil, la nuit, pour les p. ou la prose poétique [...]. Ma méd. chrétienne du matin ou mon chemin de croix quotidien me servent aussi. J'ai trouvé là mes meilleures images ou les moins mauvaises"; U. Pfau. Op. cit. Elle cite d'une l. à Emié. "Généralement il faut que l'on soit à la fois assez mal & assez bien. L'assez bien est une question de chanteur de table, de lumière, & de mille infiniment petits inanalysables. L'assez mal, c'est une question de contrariétés affreuses, de manque de bonnes paroles qui vous enferme dans votre cabinet 12 heures de suite. Ah! Tout pour le travail."

CONSEILS A JABES. LEJ, 65-66. fin janv. 1938. "1. Le nombre des pages ne compte pas, mais la qualité & la densité: c.à.d. le mot miraculeux, inattendu & surtout expressif de l’inexprimable; en poésie expressif de l'inexprimable. 2. Ça coule, ça coule!! Ce laisser aller peut te contenter mais non le lecteur. Dans le genre sentimental surtout lequel ne peut vivre que de mots, de style, de serré, de serrures. 3. L'unité donnée par la continuité du sentiment contrairement à ce que l'on pourrait croire sauve le p. long de la monotonie. 4. Les haï-kaïs raffinés sont le fond de ta nature; les voici unis par un sentiment ou une idée commune. 5. Un poète se plaignait à Mallarmé de n'avoir pas d'idées. M, répondit: "Ce n'est pas avec des idées qu'on fait des p., mais avec des mots." 6. Les meilleurs mots sont les mots concrets table, chaise, tenailles [...]. Travaille avec sur ta table des objets: équerre, tenailles, vieilles clefs, tiroirs, etc. [...]. Descends! le ciel est en bas! 7. L'absence de mots, de mots concrets donne la monotonie. 8. On est enchanté de trouver L’accent humain chez un poète moderne [...]. Mais pourquoi imiter Mallarmé quand tu es riche toi-même. 9. Quelque chose à dire, c.à.d. une image neuve, un site, un rythme, une idée poétique etc... Chaque poème doit contenir "quelque chose à dire." 11. Ce n'est pas ce qui se passe en toi tout brut qui importe, mais cela extériorisé, en relief. 12. Il ne suffit pas d'être sincère, ah mais non! la sincérité n'est qu'une force & tu sais bien que la force n'est pas tout. 13. La poésie est un jus. Concentre toi. 14. La seule bonne litt. est celle qui n'en est pas...sinon par l'excellence du style, les images, etc... 15. Le grand courant chantant qui est la poésie ou décrochement de l'étoile ne s'obtient non plus que par la méd. 16. L'amour tient-il lieu de méditation? Oui, c'est pourquoi tes meilleurs vers sont les vers d'amour [...] l'excès de la sincérité t'amène à des clichés qu'on emploie seulement au lit."

LA CREATION POETIQUE. Clancier, G.-E. La poésie & ses environs. Gallimard, 1973. 66, n. 1. "Toute création, poème ou roman, ou théâtre, ou peinture, est d'ordre poétique."

LE DANGER DE L'HALLUCINATION POUR LE LECTEUR. PR, 292-93. «Le danger que peut représenter la pratique de l’hallucination chez le poète importe moins [...] que l’angoisse qu’elle engendre chez le lecteur, qui, par le biais du p., se voit saisi des mêmes visions, angoisse d’une frontière abolie entre réalité & irréalité, angoisse également d'un sens impérieux mais impossible à décrypter.- Le rêve donnera lieu à un récit [...]. La vision relève de la vue, qui saisit tout de suite & globalement un phénomène généralement rapide [...]. Le recueil de 1917, plus onirique que visionnaire, privilégie cette écriture là; l’absurde y règne, & le narrateur ne s’ètonne guère des événements invraisemblables.» 296. « [...] le titre disait assez un monde voué au hasard dont aucun fil d'Ariane ne pouvait, ne devait nous aider à sortir." [Tandis que dans sa poésie religieuse le fil est donné] "le fil chrétien qui permet de sortir du labyrinthe."

LA DENSITE DU STYLE JACOBIEN. Folio, no. spéc. G. Kamber. "André Gide & M.J." 44-45. "In 1939, J. Denoël, then editor of Aguedal, dedicated an issue to Jacob. He apparently addressed a question such as: what do you like about M.J.? to a number of literary figures, & printed their replies. A. Gide replied [...]: 'C'est aussi qu'il ne laisse jamais le mot dépasser l'émotion, la pensée; sa phrase les revêt étroitement & sans aucun effet de draperie.'"

DIALOGUE. LLG, 96. 1er avr. 1942. "Je crois que c'est dans le dial. que le caractère se révèle. Donc! ne mettre dans les bouches que des mots révélateurs, dût le public te traiter de singe, d'imitateur, de parasite, de Fregoli & autres injures qui m'enrageaient jadis & me font sourire quand je pense à la mort & à l'enfer. [...] étudie les caractères humains dans le zodiaque élémentaire des almanachs & aussi dans la vie de tes élèves & dans leurs parents[...]"

DOTER LA TERRE DES FORMES D'ART NOUVELLES. Corr. I. 124. A Doucet, 17 janv. 1917. "Je pense que doter la terre de formes d'art nlles, c'est bien faire [...]."

ECRIRE AVEC LA POITRINE. AP, 26-27. "De grands esprits pour n'avoir écrit qu'avec la tête, n'ont pas eu la gloire que des médiocres ont eue pour avoir écrit autrement."

EMOTION - VENTRE. LEJ, 54-55. 13 fév. 1937. "Là où il y a la profondeur insondable, je veux dire la parole qui vient des entrailles mêmes de l'homme, il y a la beauté. Ailleurs il n'y a que bibelots d'art. Cette profondeur ne peut venir que de la conviction de l'amour ou de la haine. C'est l'émotion réelle - ah oui réelle! - qui donne la profondeur de l'accent & donc la beauté. Profite donc de ce que tu es amoureux pour écrire. Oui, cette fois ça y est, c'est de la poésie."

L'EMOTION EST LE TOUT DE L'ART. "c'en est l'Alpha & l'Oméga [...]. L'émotion!!! en ces temps de coquetteries exquises!!!" L.-Préf. à l'expo. J. Colle à la Galerie Carmine. Paris, 1er-15 mai. LJColle, 9; LMM, 131. 29 juin 1943. "L'émotion est le tout des oeuvres."

ENFANT, L'HOMME, L'ARTISTE. J. Maritain cite M.J. RB, 74, in Art & Scolastique. Desclée de Brouwer, 1965. 231. "Pour un enfant, un individu est seul dans une espèce; pour un homme, il y entre; pour un artiste, il en sort."

ETRE SOI! LJF, 266. "Gare à la dépersonnalisation par l'influence & par désir de l'inexistante perfection [...]. Quelle perfection? suivre qui, quoi? au nom de quoi? C'est être soi, toi, qui compte... non? Je ne nomme personne. Ton goût seul m'intéresse non pas l'arbitrage."

FAIRE PARLER LES AUTRES. LAL, 47. 2 nov. 1922. "Je ne sais faire parler que les autres hommes."

FIEVRE. LJF, 243. 19 sept. 1935. "Profitons de la fièvre pour écrire des p. & gardons-la toujours de quel nom qu'on le nomme."

FRANCHISE DANS LE STYLE. L. à Charles Vildrac. Nov. 1910. Création V (1974): 14. "Verlaine est le seul poète qui ait écrit comme il faut, c'est-à-dire un peu plus & mieux que Châteaubriant & pas si bien que Rousseau. [...]. La franchise dans le style est la vraie Rareté [..]."

FUIRE LE LIEU COMMUN. DV, 247. 13 nov. 1941. "Que dirais-tu d'un serrurier qui ne saurait pas faire une serrure? Tu es ce serrurier! "[...] la base de l'art d'écrire, c'est la fuite du lieu commun."

LE GENERAL & LE SYNTHETIQUE. LJF, 252. 21 déc. 1935. "[...]je suis comme toi, partisan du général & du synthétique. C'est la théorie des très grands classiques à ne pas confondre avec le chromo du vraisemblable des romanciers de 1880 à 1900. La découverte des types, ça n'est pas chromo & G. Ohnet n'est pas chromo. Même Paul Bourget ne l'est pas toujours. Marcel Proust n'a rien découvert & c'est l'homme des cas par excellence. Il est lui-même un cas...cas..."

HALLUCINATIONS - INSPIRATI0N - CIEL DES IMAGES. PR. 288, n. 194. "Il s'agit de la croyance au voile cosmique contenant toutes les formes existant dans l'univers [...]. M.J. voit confirmée cette croyance dans le fait que ses propres hallucinations recoupent celles d'autres poètes dont il n'avait pas connaissance: il a vu une hyène à la porte du monastère 'ce qui est curieux c'est qu'elle a été dessinée par Cocteau dans cet album [...] que je ne connaissais pas. C'est ainsi que j'ai trouvé dans le théâtre de Cervantès la description d'un démon qui est décrit dans Matorel.' (LUA, 47). Voir Charensol. "Comment écrivez-vous?" NL op. cit. 5 et Comment ils écrivent? Op. cit. Eds. Montaigne, 1932. 107-12. In "Clef des songes." Philosophies 2:5-6 (mars 1925): 573-83. Voir 578, M.J. affirme que la vision n'est pas le produit de la volonté du visionnaire [...] il est une manière de favoriser 'la rencontre de l'esprit avec le Ciel des Images.' Il s'agit d'être 'absorbé par ce qui nous entoure. Le contemplatif est absorbé sans se douter qu'il l'est & conduit à une insensibilité [...] un état anormal entre l'apathie & la souffrance.' Ces visions ne contredisent pas à la méthode poétique de la voyance, de regarder les objets 'comme s'il avaient été fabriqués il y a deux mille ans.'" Voir «La Clef des songes.» 580.(L. à Leiris. 21 sept. 1922. Corr. II. 123); LML.

HOMME DE LETTRES. PR, 531. L. inéd. au Dr. Szigeti. "Ecris sur la guerre étant dans la guerre, ainsi tu intéresseras après la guerre." Et c'est 'en médecin' qu'il doit écrire non en 'homme de lettres', car la seule manière d'être excellent homme de lettres c'est de l'être le moins possible. (exemple Pascal, Montaigne, le cardinal Retz, Rabelais, Saint-Simon & tutti quanti)."

IMAGE NEUVE. MJ/JC, 81. St.-B. 1 mai 1922. «Une image neuve est une image inventée en réalité [...] le travail de l’esprit [...] métamorphose les choses & les gens & c’est cela la poésie. - Il ne suffit pas de prendre ses comparaisons dans les gares ou au Racing Club pour faire des images neuves, on fait ainsi tout au plus des comparaisons neuves non des images. Images: imaginer: forger des imaginations!»

INSPIRATION POETIQUE: SEPARATION DE DIEU. PR. 675-76. "Alors que 'l'état de grâce est un état de certitude qui donne envie de jouir de Dieu pas d'en parler' (D, 175), la parole poétique se nourrit du déchirement intérieur, de la séparation d'avec Dieu.

'J'ai séché jusqu'à l'os, j'ai lavé ma vaisselle/ j'ai passé mon orgueil sous des roues d'autobus/ & je n'aurai pas pu l'atteindre par ma mort car ma mort même à Dieu n'aura livré mon âme.'" Act. Et.

INTELLIGENCE. LMM, 136. Oct. 1943. "L'intelligence est la faculté de recul par l'examen - la faculté de placer les idées dans le cadre des autres idées, & surtout de descendre les idées sur la terre, ou dans les enfers, de donner le coup de pied au cul des idées ou de les embrasser. [...]. L'intelligence est la faculté de concrétiser l'abstrait & d'abstraire le concret & surtout la fac. de ne pas perdre pied."

LE LYRISME. LFF, 28. 10 oct. 1918. "Le lyrisme est le son produit par l'instinct d'une âme musicienne quand la pensée l'ébranle & qu'elle ne l'exprime pas."

MAXIMES. AP, éd. L'élocoquent, 1987. 7. "Les grands hommes vivent les grandes maximes. Les petits les écrivent."

MAXIMES POUR MARCEL. Août, 1937. Max Jacob Quarante ans déjà. No spéc. No 85, s.p. "Il faut acquérir le coeur & ne pas se complaire dans la raide brutalité intelligente. Etudier les anciens est bon - pour apprendre à ne pas faire... ce qui a déjà été fait. Musicalité propre: par exemple répéter un air & y mettre des paroles, ainsi aura-t-il des rythmes non utilisés... Y A-T-IL UNE POESIE SANS DESESPOIR? no. 86. 1. "La poésie ne vit que de sentiments; elle n'a pas d'autre but & un poème développe un sentiment.» 2. «Ce qu'on appelle inspiration est le fait d'être possédé d'un sentiment. Le bon style & l'expression différencie un p. d'une romance.» 3. «Songe que les créations de Balzac & de Molière sont des étiquettes derrière lesquelles il y a le creux & apprends ainsi à apprécier le travail des maîtres!» 4. «En peinture le dessin est ‘amour’: y a-t-il quelque chose de tel en littérature?» [16 maximes].

LA METAPHORE. PR, 147-48. "Le magicien joue sur 'l'attirance des semblables', tout comme le regard du poète décèle la parenté secrète de réalités étrangères & les met en lumière par la métaphore."

METTRE EN CAVE. Corr. T. I. 126. A Doucet, 17 janv. 1917. "[...] un événement récent ne peut inspirer un poète parce que les événements habitent longtemps en lui & avant qu'ils aient assez travaillé en matière animale pour en sortir, il faut du temps,[...] le temps d'assimiler les coordonnées, de s'accrocher à son passé, à tout ce qui dort d'images en lui"; PR. 135.

«METTRE EN MOUVEMENT L’AME DU LECTEUR, par une parole qui le déconcerte & le bouscule ou par une parole qui chante & qui l’entraîne.» André Guyon. «M.J. à la confluence.» Intr. Coll. de Quimper. 25.

LE MONOLOGUE NE VA QU'EN LA POESIE. LMM, 133. 29 juill. 1943. "Ton devoir [en écrivant un article] pour faire du bien est de te mettre à la hauteur basse du lecteur. Le monologue ne va qu'à la poésie."

LA MUSIQUE DU VOCABULAIRE. D. Nlle éd. 36. L. 1941. "Je crois que l'on doit se laisser asservir par les fantômes délicieux du rythme, de la musique, du vocabulaire: je crois que là est la poésie..."

LE NATUREL DOIT ETRE REFAIT. PR, 528. Inéd. au Dr. Szigeti. "[...] tout naturel doit être refait, éloigné de soi, recrée, ou tout au moins très surveillé."

NE PAS ANALYSER. D. nlle éd. 41. "N'analyse pas, fais vivre les résultats de tes analyses."

NE M'IMITEZ PAS! Ibid. 39. "Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais puisque je l'ai déjà fait."

NOMMER C'EST CREER. LML, 60. 28 juin 1937. «nommer c'est créer» écrit-il à Levanti, «en s'appuyant sur l'enseignement de la Kabbale»; PR, 147.

L'OEUVRE D'ART EST UN ILOT. LMM, 111. 14 août 1942. "[...] une oeuvre d'art est un îlot sur l'Océan ou bien elle n'a pas de grandeur."

L'OEUVRE SE RESSENT DE TOUT LES HABITS QU'A PORTE L'AUTEUR. LFF, 38. 19 déc. 1918. "Il y avait un précieux dans le passé de Racine, un peintre dans Tolstoï, un fantastique dans Dostoïewski."

LES OEUVRES D'ART SE FONT AVEC L'ESPRIT, LE SANG, LES LARMES. LTB, 80. "C'est avec l'esprit, le sang, les larmes, la terre qu'on fait des oeuvres d'art"; voir la suite de cette pensée in Aguedal no. spéc. (1939): 138 à Paul Petit: "car la vraie poésie est fait avec du sang & non avec du vernis pour les ongles"; PR. 511.

ORIGINALITE. LMM, 136. Oct. 1943. "Il faudrait être érudit, mais ne pas connaître la littérature... tout de même... savoir sans être influencé."

PAUVRETE, DESESPOIR MENENT A LA BEAUTE. Ibid, 105. 7 mars 1942. "Tu écris dans la pauvreté & le désespoir. J'ai idée que ce sont les meilleures conditions pour la beauté."

PENSEE EGALE INVENTION. Palacio. "M.J. & Apollinaire: doc. inédits." Op. cit. 471. "L'idée artistique n'est pas l'idée philosophique. Exemple d'idée artistique: mettre du papier collé sur les tableaux cubistes... Idée dans un p. d'Apollinaire d'avoir figuré les mannequins d'un magasin de confection comme des guillotinés." L. à Alain Messiaen, 7 août 1933. Cité in LMM, n. 2, p. 154; LMM, 121. "[...] les pensées en littérature, sont les inventions littéraires & non la métaphysique: l'intelligence littéraire, n'a rien à voir avec les autres intelligences, lesquelles sont sous-entendues, pour donner de 'l'aura' aux oeuvres gratuites."

PENSER CLAIREMENT. LMM, 133. 29 juill. 1943. "On peut toujours dire clairement ce qu'on pense clairement."

PLONGEON DANS LE PASSE. Corr. I. 135. A Doucet. 6 fév.1917. "De-ci, de-là, on est amené à retoucher, & puis on se complaît ou on se déplaît à se relire. On retrouve tout un passé: la jeunesse, les regrets de la campagne. J'étais dans telle situation quand j'ai fait ceci: ça donne envie de travailler, de revoir les figures qu'on a connues & toutes les vies qu'on a vécues, quelquefois aussi de pleurer"; DT, 35.

POEME EN PROSE. A. Beucler. Op. cit. 150. "Un poème en prose! L'accouplement de ces deux mots produit sur moi l'effet d'autres expressions, par exemple: l'air liquide."

POEME - ORFEVRERIE. LEJ, 31-32. L. de 1935. "Un poème est une orfèvrerie: la passion n'est pas le but, elle est un moyen! plus elle est contenue, plus elle anime [...]. Le désordre ne signifie que le désordre."

LA POESIE EST UN SENTIMENT. LCHG, 73. QUIMPER, 21 fév. 1930. "La poésie ne peut plus s'accommoder du mélange de l'ironie & du sentiment. C'est fini! C'était bon dans la mauvaise époque qui fut aussi la mienne. La poésie est un sentiment; plus il est sérieux & grave & profond, plus elle sera belle. La plus belle poésie serait la romance si la romance était écrite & faite d'images neuves & vraies."

POESIE - SOUFFRANCE. "Les enfants de la Poésie sont ceux du malheur." LPM, 64. Rue Nollet, 17 mars 1931.

LA POESIE UN CHANT SANS THESE. LMJ, 107. 2 juin [1924]. "Quel Dieu donnera à ce cher Leiris le coup de pioche au ventre qui videra ce qu'il contient. [...] je l'ai aiguillé vers la poésie telle que je la croyais belle: un chant sans thèse, il n'a vu que 'sans thèse', car il n'avait pas de chant en lui."

LE POETE EST UN ACTEUR. Corr. II. 232. A Leiris. 1er nov. 1923. "Un poète est un acteur convaincu" LMLE; Cadou. Esth. Op. cit. 27. "Talma entrant dans la chambre mortuaire de sa mère poussa un cri puis dit: 'Oh que ne puis-je retenir ce cri-là: Comme c'était bien!'"

LES POETES TRAVAILLENT POUR EUX-MEMES. LMM, 106. 7 mars 1942. "[...] les poètes véritables ont toujours travaillé pour eux-mêmes."

POING FERME. LTB, 45. A Moricand. 27 août 1933. "Une oeuvre d'art est un poing fermé ou n'est pas."

PROCEDES. LLG, 78. 18 déc. 1941. "Les procédés ne donnent pas la beauté évidemment mais ils y contribuent quand ils sont maniés dans l'état dit poétique. C'est comme une peinture. Il faut savoir... ni la naïveté sans art, ni l'art sans naïveté! V. Hugo est plein de procédés & les grands peintres aussi. En principe lutte contre la froideur, la description & le ton du récit. Je ne vois pas en quoi l'augmentation du vocabulaire est un procédé ou l'abondance des formes syntaxiques. [...]. Et surtout chante davantage!"

LE QUOTIDIEN INTERESSE. LPM, 91. Rue Nollet, 22 avr. 1933. "Cela seul qui intéresse est l'humain, le quotidien même, ou en tous cas les sentiments non les idées."

REFUS DE SYSTEME. PR, 109. "La poétique jacobienne, dans la théorie comme dans la pratique, affirme avant tout le refus de tout système & proclame par là-même la liberté totale du créateur."

RELIEF. LCHG, 73-74. 21 fév. 1930. "Cocteau disait qu'Apollinaire avait une grosse goutte de gloire au bout de la plume. [...]. Comment acquérir le relief? [...]. Il faut penser son poème longuement ou sa strophe, ou son vers. Il faut 'porter' longuement avant d'écrire. Et, pour éviter que cette grossesse ne donne l'effet contraire, c'est-à-dire trop d'escargot individuel & d'obscurité, choisis des mots gros & voyants faisant image forte."

RENDRE AUX MOTS LEUR SENS PRIMITIF. D. Nlle éd., 27. "Rendez, rendons aux mots leur sens primitif & nous écrirons mieux que les parnassiens."

REPONSE. LTB, 123. A Moricand. "sa fameuse théorie de la réponse des oeuvres [celle de Paul Petit] est bien la recherche du sens caché [...]."

ROMAN. VIVRE AVEC LES PERSONNAGES. LLG, 140. 9 fév. 1943. "On est certes mené par les caractères! En vivant avec les personnages on apprend à les connaître & on rectifie sans cesse leurs conduites, leurs répliques & par conséquent à modifier le plan. La grande affaire est de 'faire vivant.' [...] les considérations critiques de l'auteur devant les personnages sont détestables [...]. Le personnage doit vivre & l'auteur doit se taire. [...]. L'humain commence avec le mystère. C'est ce mystère qui est la grandeur de Dostoïevsky."

RYTHME. LCHG, 75. Ty-Mad Tréboul. Août 30 [1930]. "[...] ne néglige pas le rythme, c'est la grande puissance du vers, compose en chantant sur un air, peu importe lequel. L'image est moins puissante que le rythme, l'image s'adresse à l'oeil qui n'est rien en poésie, le rythme va directement au coeur, la romance c'est la poésie même! Ce qui nous la fait mépriser, c'est son manque de style & ses clichés, mais pourquoi ne pas 'écrire' la Belle Romance [...]."

SINCERITE. LFF, 37. 19 déc. 1918. "Il faut dire enfin son fait à la sincérité. Cela n'a jamais existé & ne peut exister. Ce que l'on prend, pour tel, c'est la force, c'est la nécessité du masque de la sincérité. Voilà le secret des grands prêtres de l'Art. Il faut avoir l'air sincère, c'est un but à atteindre."

STYLE CLASSIQUE & L'ESPRIT NOVATEUR. D. Nlle éd., 27-28. "Ayez le style classique & l'esprit novateur!"

STYLE CRITIQUE. G. Duhamel. Le Temps de la Recherche. Gallimard, 1947. 141. "Notre ami M.J. est venu passer quelques jours & je lui lis des poèmes; c'est sans doute une preuve de confiance & plus encore peut-être une preuve de jeunesse. Max écoute, jette un regard sur le papier & dit, presque incidemment, cette phrase que je citerai souvent, car elle est très intelligente: 'Attention! Voilà deux vers de style critique.'"

SYMBOLES. Plantier. MJ, op. cit. 29. "Et qui de vous ou de moi voulez-vous étonner par les symboles? ils se greffent sur votre pensée, ils l'empèsent: parlez simplement." [Inéd. Gompel].

SYNTAXE. LEJ, 37. [1935]. "[...] fais des phrases en vrai, c'est dans la syntaxe que se révèle l'individu. Si tu n'as pas de 'forme' de phrases dans la tête, prend-en dans Shakespeare ou bien là où il y en a: dial. d'Aristophane. La phrase en dial. masqués a de la vivacité & c'est des phrases. Le mot est beaucoup, la phrase porte l'émotion."

LE TALENT - UN EXCES DE BON SENS. A R. Lacôte. "Douze lettres..." Op. cit. PR, 507. "Le talent n'est qu'un excès de bon sens & de l'intelligence avec le don d'exprimer cet excès".

TO WRITE BETTER. Roger Shattuck. The Banquet Years. N.Y.: Doubleday, 1961. 356; Vintage Books. A Division of Random House. Revised ed. 1999, 356. "The new review Littérature conducted a well-remembered symposium in 1919 on the subject: Why do you write? The question caught every writer, without exception, trying to be wittily destructive of his profession. Jacob: 'In order to write better.'"

TRAVAIL SUR SOI-MEME. LEJ, 56. Quimper, 8 mars 1937. "Le seul travail qui compte est le travail sur SOI MEME: établir avec fidélité un carnet de corr. entre soi & l'objet extérieur (ou les gens) ah! voilà le vrai chaud travail. Tout travail qui n'est pas cela ou le résultat de cela est nul et non avenu. Temps perdu."

TRAVAILLER TOUT LE TEMPS. LLG, 78. 18 déc. 1941. "Bouhier n'a pas tort quand il dit qu'il ne faut pas travailler. C'est à dire qu'il faut travailler tout le temps, retenir les gestes, les regards, généraliser les situations, les transplanter dans les lois de la nature, se faire une expérience humaine, étudier l'histoire au point de vue des sit. humaines"; PR, 509.

TROUVER LE MOT PROPRE. LPM, 94. 24 juill. 1933. "Trouve le mot propre, le mot trop propre, le mot excessivement propre. Et sans autres prétentions. Ainsi atteindras-tu la vérité artistique, la vraie & seule vérité sans souci ni rimbaldien, ni classique. Ordonne ton esprit dans la composition. Et c'est là tout. Sois humain, surtout humain."

UN HOMME NOUVEAU. D, nlle éd. 28. "Devenir un homme nouv. c'est résister aux courants modernes. Pour devenir un homme neuf, il faut se placer devant la vie avec un coeur d'enfant [...]."

VERITE PERSONNELLE. PJ, 401. A Jacques Nielloux, 3 fév. 1936. "Saignez davantage, descendez en vous-même & sachez que votre vérité personnelle est inscrite sur vos entrailles & non sur le ciel.- Auscultez-vous devant la terre & n'ayez pas peur de vous-même. Un poète est le centre de l'univers & il a la responsabilité du cosmos tout entier."

ASTROLOGIE

ADHESION AUX VIEILLES TRAD. ASTROLOGIQUES. Préf. de M.J. 7. Paul Dermée. Cirque du Zodiaque. Cah. du Journal des Poètes. 1937. "Il fallait les découvertes du XXe siècle sur l'illimité de la matière pour amener l'adhésion aux vieilles traditions astrologiques. Si toute matière irradie, que dire des planètes? Si toute irradiation se chiffre ou se rythme, que dire des rythmes d'irradiations astrales? [...]. Les antiques astrologues qui ont expérimenté l'effet des irradiations astrales sur le moral & le physique humains nous ont légué une science d'observation toute constituée."

A LA PREM. RENCONTRE AVEC BEUCLAIR. op. cit. 143. "Vous êtes poisson du prem. décan, n'est-ce pas? Oui? Bon. Je ne m'étais pas trompé. Donc esprit de sacrifice, intuitions justes mais cruelles, obligation de ne compter que sur soi, les meilleures dispositions pour être un incompris [...]."

ARTICLE D'ASTROLOGIE ZODIACALE. Nov. ou déc. 1936. LRV, 94. "J'avais un article d'astrologie zodiacale dans un journal de modes. [...]. J'ai envie de demander à une des revues si riches de médecins de me prendre quelque chose sur la symbolique du corps humain & des animaux."

ASTRA INCLINANT SED NON DETERMINANT. Préf. de M.J. Conrad Moricand. Les Interprètes. Essai de classement psychologique d'après les correspondances planétaires. Sirène, 1919. VM, 61. "En 1920, reprenant la doctrine de St. Thomas, 'Astra inclinant sed non determinant', il a écrit dans la préf. des Interprètes de son ami, l’astrologue Conrad Moricand :‘A quelque tentation qu'un astre nous expose, l'âme a les mêmes droits & les mêmes devoirs. L'astrologie ne supprime pas les tribunaux ; elle pourrait les éclairer"; LRR, 98. n. 4.

ASTROLOGIE N'EST PAS PROPHETIE. LJF, 253. Quimper, 27 déc. 1935. "Astrologie... cela dépendrait de ce qu'on me demanderait... Psychologie... prophétie d'événements j'en suis incapable"; voir ce qu'il disait à F. Fels. Voilà. Fayard, 1957. 76. "L'astrologie n'est pas une manière empirique de prophétiser. C'est un moyen d'investigation qui se vérifie en dévoilant, grâce aux nombres, le destin des hommes dans le passé aussi bien que dans les champs inexplorés de l'avenir."

ASTR. & INTERPRETATIONS SYMBOLIQUES. LRV, 29. Roscoff-Clos Marie, 13 août [1924]. "Je me suis occupé d'astr. après les années 1900 & d'interprétations symboliques surtout vers 1909 après ou avant la première apparition." 32, n. 14. "M.J. eut une vocation plus précoce pour l'astrologie." Voir ‘deux prédictions à R. Villard & Hippolyte Piouffle du temps où ils étaient lycéens.’ Ibid. 117-19.

CARACTEROLOGIE ASTROLOGIQUE. LRR, 97, n.2. Envoi à Picasso du SJ. "J'ai voulu appliquer pour la première fois mes connaissances astrologiques à la construction des caractères. Chacun de mes héros représente une planète." Coll. Sicklès; voir à propos du Cinématoma in Le Terrain Bouchaballe, comédie. Op. cit. 20-21; Emié. D, 58. "Le lexique de mes personnages appartient à des dossiers multiples & secrets"; F. Garnier. "M.J. & le théâtre." Europe no. spéc. 40. [A propos du SJ]. "M.J. s'était astreint à la collecte des idées, des sentiments, des vocabulaires, en fonction des types astrologiques de leurs sujets. Il classait les l. qu'il recevait d'après la date de naissance de leur auteur. Des constantes de pensée & d'expressions s'inscrivaient dans les épais dossiers. Il y avait là une source de types humains & des styles qui leur conviennent. Quiconque a connu M.J. a pu voir, jusque sur les murs de sa chambre, en hautes colonnes d'une écriture serrée, des adj., des substantifs, des verbes qui correspondent [...] aux mots qu'emploient de préférence certains êtres, en vertu du signe sous lequel ils sont nés. En classsant des l. reçues, il fit le dict. de chaque signe astrologique.- "Environ 36 dossiers & 36 caractères, tout près à être mis en oeuvre." 41. En parlant d'Isabelle & Pantalon, Garnier écrit: Cette technique [astrologique] mise au service du réalisme psychologique se retrouvera dans la construction & le style de l'opéra-bouffe; voir "Suite de la l. de A.J.J. Colligo au Dr. A. Ségal" qui cite Garnier. "Bibliophile Rémois 14 (avr. 1989): 11; l’envoi à Picasso in Maria Green avec la collaboration de Christine Van Rogger Andreucci. Bibliographie de M.J. PUP, 2001. 138.

DATE DE NAISSANCE. LML, 36. A Denoël, St.-B., 7 déc. 1936. "Ton Michel Levanti m'est très sympathique. Sache-moi sa date de naissance."

DEMANDER AU PERE F... SA DATE DE NAISSANCE? Blanchet. La Litt. et le Spirituel. Op. cit. 45. Note du journal de M.J. lors de sa conversion. "Oserai-je demander au Père F... en quel mois il est né, pour faire son horoscope; j'imagine la scène... On verra." N. 27 d'A.B. "Il s'agit du Père Ferrand que le père Schafner lui avait donné comme catéchiste."

"DERAIN EST DE LA 3E DECADE DES GEMEAUX, entre Rembrandt & Radiguet, Pascal & Sade sont aussi de la même maison. Derain: nous sommes des chercheurs de secrets." F. Fels. Voilà. Fayard, 1957. 41.??

DONNEZ-MOI VOTRE DATE DE NAISSANCE! Envoi à Roger Toulouse du Cinématoma souvent cité. Pfau. Op. cit. 244, n. 52; Rousselot. Max Jacob au sérieux. Op. cit. 155. "[...] m'étant persuadé que chacun des mots que nous employons révèle notre caractère, je fis une coll. en 12 dossiers du vocabulaire des humains: je conservai les l. des gens dont je connaissais la naissance; alors commença un travail géant qui consistait à ne mettre dans la bouche d'un personnage que les mots du dossier qui lui revenait. Voici le résultat de ce labeur! Là-dessus, on a déclaré que j'avais un don de mimétisme, de singe & d'acteur. Cette opinion, entre autre mépris, est la cause de mon silence actuel"; Pfau, op. cit. 179-86. Malgré son système astr., ses personnages ne sont ni rigides, ni schématiques, même les 36 types de femmes dans le MA, probablement car il ne les a pas transposées littéralement de ses coll. de vocabulaire créées, mais il a ajouté ce qu'il a observé d'une manière directe. [Résumé M.G.].

LE FILET DES IRRADIATIONS EST UN UNIVERS. Préf. de M.J. Moricand. Interprètes. Sirène, 1919. "Le filet des irradiations est un univers: les fils changent à tous les instants; l'univers aussi; les animaux nés dans des mondes diff. sont diff. Les dessins du filet sont innombrables comme ceux des caractères humains. Cependant les astronomes séculaires ont remarqué la disposition identique de certains astres à certaines époques, & les astrologues, des identités correspondantes dans le moral des terrestres. De là un cat. des types, même une science des caractères."

«IL Y A M.J., LE THAUMATURGE qui, familier avec les astres, s'efforce d'acclimater leurs signes fatidiques aux destinées qui lui sont chères." Henri Hertz. «M.J. en dix minutes.» Esprit nouv. 8 (mai 1921): 878.

"J'AI TOUJOURS EU LA CONVICTION QU'IL N'Y A D'AUTRES VERITES DES CARACTERES HUMAINS QUE LES VERITES ASTR." Envoi à Bonet sur C en 1943. Cat. Op. cit.; R. Lannes. «M.J.» Arts. Op. cit. 3; MJ & P op. cit. 167, n. 94. "Je me mis donc à classer les l. que je reçois, chacune dans un dossier propre, & je me fis ainsi le dictionnaire de chaque signe astrologique"; Garreau. Op. cit. 113.

"JE NE VEUX PAS QUE MES HOROSCOPES AIENT UNE INFL. QUELCONQUE SUR LA VIE DE MES AMIS." LBEG, 30. 28 mai 33.

JE PRENDS DES NOTES DANS TON MOIS ZODIAQUE. LTB, 49. A Briant. 30 nov. 1936. "Gide est nettement un Sagittaire. Tu fais erreur pour Musset qui est du 11 déc. & en a le physique, l'esprit, la chasteté & la débauche. Tu n'as pas cité Giraudoux du 29 oct. ni Keats du 30."

POUR LE PORTR. MORAL LE MOIS DE LA NAISSANCE INDISPENSABLE. LAL, 74. 31 janv. 1924. "Que Pruna vienne![...] Pour le sculpteur [Fenosa] quelques photos me suffiront si Pruna m'apporte le mois de la naissance du sculpteur & d'ailleurs aussi la sienne propre. [...] je me demande comment font les autres critiques d'art qui ne s'y connaissent pas en astres. Ils se trompent & trompent le public."

LA PREM. & LA SECONDE QUESTION. Collier. "M.J. Astrologue." Cah. d'Hist. & de Folklore (oct. 1955): 6. "La prem. question qu'il pose au visiteur: 'Etes-vous croyant?'; la seconde: 'Quelle est votre date de naissance?' [Il trace] dans les rides de sa main, le courbe de son existence, à dresser transits & horoscopes qu'il enfouit dans un énorme dossier où se trouvent côte à côte [...] Goethe & un pauvre petit commis orléanais, Shakespeare & le boucher du village." 10. "[Ses lettres envoyées de St.-B] indiquent que, loin d'être ce diseur de bonne aventure qu'il a dû apparaître aux compagnons de la Butte, M.J. était un des occultistes les mieux enseignés de l'époque"; Intr. LTB.

PSYCHOLOGIE NOUVELLE. APR, op. cit. Postface. "Il prétend avoir trouvé une psych. nlle basée sur l'astrologie."

TRAVAUX D'ASTR. POUR VIVRE. LJF. Quimper, [prem. semaine de déc.] 1935. 247. "Elle devrait m'aider un peu."

"VISITA A M.J." Lionelleo Fiumi. Gazzetta del Populo [Turin] (16 mars 1932). "In che mese siete nato? In aprile? Oh bel mese, voi dovete amare molto i viaggi. Si? Amate molto i viaggi. Si? Non stupite, amico mio, l'astrologia è una cosa seria, assai piu seria di quanto non si creda. Aspettate, vi diró di più..."

AUTOPORTRAITS.

"AUJOURD'HUI AU MOINS LEVE-TOI & regarde ce salmigondis de folies qui constitue ton existence ivre, livresque, sensuelle & orgueilleuse. Et demande-toi ce que cela constitue au point de vue de la vie." Hasquenoph. Op. cit. 148.

AUTOBIOGR. Dictionnaire biogr. des artistes contemporains. Edouard-Joseph, t. II. 1931. Dern. par.: "Me voici à Paris, appelé 'Maître' par les uns, 'imbécile' par les autres. Je ne suis ni ceci ni cela, je suis un homme laborieux, pas aussi saint qu'on le dit, pas aussi dépravé qu'on le croit"; Cat. Gal. de la Poste. Op. cit. 16.

AUTOBIOGR. TYPIQUEMENT JACOBIENNE. Soffici. "M.J." Lacerba 12 (15 juin 1913): 126; Letterari. Florence: Vallecchi, 1919. 126-27. "M. M.J. est né aux environs de 1880 [...]. Après une enfance maladive, il s'évada du foyer paternel & fit le tour du monde comme mousse avant d'avoir fini ses études au collège. Quand elles furent terminées, la nostalgie de la mer le fit s'engager dans la marine de l'état. Ses contes & les chansons qu'il improvisait le soir pour l'équipage le firent remarquer d'un amiral [...]."

AUTODENIGREMENT. Abbé Morel. Homélie, 12 juill. 1976 à Quimper. D. Gompel. "La Commémoration du Centenaire de M.J." M.J. 3. RLM. 170. "Les descriptions qu'il offrait de son être physique ou moral étaient plus impitoyables que des fiches de police..."

---. «Ma nature est poreuse & emboîtable.» «Choix d’une vie.» DT, 209.

AUTODESTRUCTION. LRV, 12. Intr. "[...] l'autodestruction sous la forme d'une bouffonnerie qui fit douter du sérieux de l'oeuvre, du sérieux de la conversion & du sérieux même de l'homme, le pas est aisément franchi"; l. Quimper, 5 sept. 1929. 34. "Je suis émerveillé du talent de mes contemporains & à jamais écrasé. Chouette!"

AUTOPORTR. DANS Filibuth, 219 & suiv.; A. Blanchet. «La Conversion de M.J.» La Litt. & le Spirituel. Op. cit. 66, "En somme, mon entrée au presbytère fut une entrée de clown! [...] ma mine est plutôt celle d'une exhumation de la Terre parnassienne ou montparnassienne [...]. Donc, dans cette chaumière de Trianon le Presbytère, imaginez mon arrivée, l'arrivée de mes brusques activités inattendues! Imaginez dans ce Paradis de la discrétion, mes excès de langue, mes méchancetés involontaires, ou non, mes inerties amères [...]. 221. Jusqu'ici, personne n'a eu l'air de se formaliser de la barbarie de mon culte, l'orage de mes larmes, l'épanouissement de mes remords & repentirs avec gestes en excédent [...]. Il n'y a que les enfants de choeur pour s'en moquer, mais je vous promets qu'ils ne s'en privent pas."

AUTOPORTR. DANS SM. U. Pfau. "Portr. de l'artiste en dévot." Op. cit. 24-25. "Pauvre garçon! il était pourtant de bonne santé il y a trois ans: un petit homme mal chaussé! les passants des rues se moquaient de lui; un chef de rayon le traita un jour de grotesque. Sous l'uniforme il était moins ridicule"; SM, 16.

AUTOPORTR. PEJORATIF. J. de Palacio. "Liminaire." 3. M.J. 3. RLM. "[...] constante tentation de l'autoportr. péjoratif que cherche à cerner U. Pfau, où la figure centrale du dévot se situe à égale distance du clown [...] & du démon, la figure de Tartufe était évidemment appelé à jouer un rôle de prem. plan; mais elle n’est pas seule à tenir la scène puisque, de SM à F & à HCH (1924), l'auteur relève de bien curieuses constantes autobiographiques, dont les traits dominants sont le dédoublement de la personnalité & le recours au grotesque."

AUTOPORTR. SOUS LES TRAITS DE MAX LELONG. HCH, 169. "Oui, je t'aime, Maxime, parce que tu es timide, craintif, réservé, docile & respectueux! Je t'aime parce que tu as plus de confiance dans les autres qu'en toi-même parce que tu doutes de toi-même & que tu t'étonnes de tes moindres succès, parce que tu n'as eu de chance ni par ta famille, bien qu'elle t'aît élevé à Stanislas, ni par ta femme; je t'aime parce que tu es philosophe dans le vieux sens populaire de ce mot & dans le sens savant. Je t'aime parce que tu es faible & que je voudrais te protéger. Tu dis bien un peu de mal de ton prochain, mais qui n'en dit pas? tu bois peut-être plus qu'il n'est raisonnable, mais qui te blâmerait de te consoler de tes chagrins ou de ranimer tes forces? Tu es bien orgueilleux dans ton humilité aussi, mais ton esprit est poétique, contemplatif & attiré vers le ciel & la perfection; tu es bien railleur, à l'occasion même caustique, mais qui résiste à cette tentation: montrer son esprit?"

BAVARD. "Mon ange a plaidé: charité/ Douleur toujours fidélité/ Les diables disent carapace/ Luxurieux, meurtrier méchant,/ Orgueilleux, bavard chez les gens." HC, 109.

BIOGR. ENVOYEE A BEUCLER se termine ainsi: "A pris une part de prem. rang à tous les nouv. mouvements d'art de son temps." Op. cit. 151.

BIOGR. PROPOSEE A KAHNWEILER pour le prospectus de SM. "M.J. par M.J." Cat. Gal. de la Poste, op. cit. 13. "Né sur les confins de la Bretagne, au bord de l'océan, M. M.J. a été marin pendant cinq ans, & les expéditions qu'il a suivies l'ont mené en Orient & en Australie [...]."

COMMENT ILS ECRIVENT? G. Charensol. Op. cit. Eds. Montaigne, 107-12 & "Comment écrivez-vous?" NL 5. "Autrefois, avant mon accident d'auto, quand je pouvais marcher facilement, je suivais le trottoir depuis la Place de la Nation jusqu'à la cascade du bois de Boulogne. J'avais un carnet de blanchisseuse sur lequel j'écrivais le roman ou la nouvelle que j'étais en train de faire. Les idées que j'avais trouvées ainsi me semblaient sacrées & je n'y changeais pas une virgule. Je crois que la prose qui vient directement de la méditation est une prose qui a la forme du cerveau & à laquelle il est défendu de toucher."

"CONFESSION PUBLIQUE OU CARICATURE DE M.J. PAR LUI-MEME. Prem. publ. Renaissance 4:12 (déc. 1931): 331-33; Réalités Secrètes XXVII (sept. 1966): s.p.; Cah. de Saint-Martin 12 (été 1955): 4-5. Incipit. "Alors vous l'avez connu à dix-neuf ans?" Cette confession dépeint M.J. de la rue Gabrielle. "Le monde des Beaux-Arts & la vie en commun m'ont guéri de la suffisance philosophique, & de mes instincts dominateurs & bavards mais pas tellement guéri. Il y a encore des gens pour me juger dogmatique, absolu [...]. Les jeunes me croient raisonnable [...] les autres me trouvent un enfant, un vieil enfant un peu mou. Ailleurs on me prend pour un monsieur très bien, assez instruit. Ailleurs pour un monsieur qui conte des anecdotes à table & qui a des prétentions grotesques aux élégances. Un prêtre cath. me dit: 'Pas d'horoscopes, hein! laissez le spiritisme, l'occultisme, la mysticité.'" [Il y a quelques changements de style quand ce texte a été repris dans plus. Revues].

DENIGREMENT. Pfau. Op. cit. 199. [Trad. Maria Green]. "Il se voit grotesque, insignifiant. Les raisons: 1. son extérieur. 2. ses rapports malheureux avec ses parents. 3. L'animosité contre les Juifs. 4. sa tendance homosexuelle qu'il a sublimée dans ses rapports avec ses amis, mais ce qui a mené à une dépendance unilatérale."

DEVALORISATION. Andreucci. Qui (ne) connaît (pas) M.J.? No. spéc. 39. "Honteux de son corps, hanté par le péché, par sa faute, M.J. donne de lui les images les plus dévalorisantes "homme perdu au milieu des arbres/ d'apparence joyeuse avec mille petits cris de rat."

DIEU ME PROTEGE. "Je cherche un coin pour la paix, personne ne veut de moi. Je suis sans foyer, sans ressources régulières, [...] réussissant à vivre à force de miracles de Dieu qui me protège malgré mes fautes dont quelques-unes ont été graves." LBEG, 34-35. 30 déc. 1935.

DIEU SERA DUPE. "Pauvre cher Seigneur? Demain matin, je me roulerai à ses pieds, & il sera encore une fois dupe!" Cité maintes fois. Chanoine Weill. "Les Ascensions de M.J." Les Doc. Du Val d'Or. No. spéc. 18; voir L. Hatton. "La 'liturgie' de M.J." Ibid. 31. "Parfois on l'entend prier à haute voix. Il se frappe la poitrine. 'Pardonnez-moi Seigneur, je suis le bon larron...' Il pleure, il sanglotte..."

"L'EGLISE LE MATIN, & LA BOMBE LE SOIR!" F. 268. éd. 1994. 269. Pfau le cite in "Portr. de l'artiste en dévot." Op. cit. 10. "Qui fait l'ange, fait la bête." (Paraphrase de Pascal par M.J.).

ETERNULLITE. PJ, 385. A H. Hertz, début juill. 1934. "on me pardonne mon éternullité."

"EXAMEN DE CONSCIENCE." "Et moi sur cette chaise/ un ver coupé en deux qui biaise..."

"EXAMEN DE CONSCIENCE FAIT SUR L'HUMILITE." DT, 151. "L'habitude de me plaindre de mes amis ne va pas sans orgueil, parce que je pense que c'est une manière d'affirmer que je suis digne d'un meilleur traitement; [...]. J'ai secouru un tel, j'ai vécu avec lui! nous n'avions qu'une même pensée! or ceci est pour que l'éclat de sa gloire rejaillisse sur moi."

LA FORTUNE M'AURAIT RUINE. A Moremans, 21 déc. 1924. Op. cit. 40. "Dieu sait bien ce que nous sommes & ce que nous méritons. Quant à moi, il m'a donné juste ce bout de notoriété que je méritais, de quoi vivoter comme j'en ai le goût, il savait bien qu'avec de la fortune, j'aurais été grisé, affolé, paresseux & raté."

"GOURMAND, SUSCEPTIBLE, ORGUEILLEUX..." P. Paret. "M.J. insaisissable." Sud-Ouest (28 mars 1982).

"L'HOMME EST A LUI-MEME SA 'TOUR DE BABEL'." Canet. "La Bible dans FE." Op. cit. 52. "M.J. reprend en les inversant les images de l'Anc. Test. & les utilise avec une violence hyperbolique pour sa propre dérision: le 'juste' est-il peint 'vêtu de blanc' (Exode XIX-10) "Mon linge n'est que crasse & crasse", écrit-il dans le p. 'Sur la Mort'. Si le 'juste' est comparé à un bel arbre (Psaume CXII-13): 'Le juste fleurit comme un palmier/ Ils sont pleins de sève et verdoyants'), il se compare lui-même à un 'végétal ébranché' par l'enfer. Au symbole de la plénitude, il oppose l'hyperbole dans le néant: 'Plus rien, plus rien en moi/ les ombres du péché qui se régalent/ un grand banquet du néant." ('Nuit').

HUMILITE MALADIVE. DT. Op. cit. 162. "Au point de vue de mon caractère général, il est fâcheux que mon humilité, plus maladive & foncière que vraiment chrétienne, ait été renforcée par un avertissement astrologique auquel je donne malheureusement trop d'importance dans ma vie: '11 juill.: espérances qui ne se réaliseront pas.'"

HUMILITE QUI N'EST PAS GROTESQUE. "Amour du prochain." DP, 151. "Qui a vu le crapaud traverser la rue? C'est un tout petit homme: Une poupée n'est pas tellement minuscule [...]. Personne n'a remarqué le crapaud dans la rue. Jadis, personne ne me remarquait dans la rue, maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune. Heureux crapaud! tu n'as pas l'étoile jaune!"

INEPTIE GENERALE. LJC, 47. 29 mars, [1926]. "Ne me fais plus de compliments qui ne me font que mieux sentir ma faiblesse, mon ineptie générale, comme littérateur, poète, peintre, chrétien, individu & être social. Ou si tu veux m'en faire, ne parle que de mon coeur [...]" ; MJ/JC, 412.

INSPIRATION. LLG, 93. 13 mars 1942. "Tu parles du RB. Il date d'une époque de grand travail de style, je crois. A part les "Nuits d'hôpital" griffonnées dans la fièvre & pas retouchées à cause du respect que j'ai pour l'inspiration - les jours où elle existe."

J'AI BEAUCOUP DE FACES. A Bonet, 7 déc. 1943. Cat. Op. cit. P. 84. "Non! je n'ai pas donné de tintouin à mon confesseur: je n'ai jamais discuté les dogmes, ni douté à cause du côté 'bon élève, appliqué' qui est en moi & du côté réceptif de ma nature. L'homme n'est pas ‘un’. Il y a des hommes qui sont 'un'. Ce sont les grands caractères bien définis & prêts pour l'Histoire. Moi je suis un faible, j'ai une face critique, analytique, & même comique. Et une autre face ingénue, croyante, recevante, obéissante. J’ai beaucoup d’autres faces: le côté bourbeux, terrestre, gourmand, sensuel, ignoble (plus ignoble que je ne peux dire) & le côté spiritualiste, idéaliste. De là une apparence de fausseté, de déloyauté, de tartuferie qu'on joint à cela le besoin de plaire, d'épouser les opinions des autres si j'en vois les beaux aspects, tu vois le menteur que je puis être!!! Un côté paresseux, flegmatique qui m'empêche d'étendre même le bras pour prendre le compas ou le décimètre...& un autre côté actif, bouillant, brouillon (parfois méthodique jusqu'à la manie). Bon élève, je n'ai pas trompé mon confesseur mais je l'ai peiné par mon obstination dans le péché."

J'AI FAIT TOUS LES METIERS. A Moremans, op. cit. 45. l. de 1927. "Ma vie a été une vie de misère - toutes les misères! Jusqu'à ma conversion, je ne gagnai rien ou presque. J'ai fait tous les métiers y compris le pire: parasite & bouffon chez les grands de ce monde. Depuis ma conversion tout s'agrandit, s'éclaircit, mais je suis resté meurtri, affamé de tendresse, trop timide & trop audacieux quand on m'encourage. Je me trouve maintenant riche & j'en suis surpris mais célibataire & comme manchot. Vous avez du coeur, donnez m'en un peu."

"J'AI HONTE D'ETRE 'LE VIEUX DE L'HOSPICE' dans une espèce de douloureux bien-être que je n'apprécie même pas. V. Hugo disait 'Vous êtes l'aurore, je suis le crépuscule.' Crépuscule, le veinard!" Cadou. Esth. 65.

"J'AI PASSE MA VIE A CHERCHER LE BEAU, LE MIEUX, LE MEILLEUR." A Doucet. 17 janv. 1917. Corr. I. 123; Cat. Gal. de la Poste.13.

"J'AI LA SOIF DU MALHEUR." LJF, 5 juill. 1936. 269. "J'ai envoyé un p. assez moche à R. Lannes: je me coule volontairement [...]."

"J'AVAIS PEUT-ETRE DIX ANS quand on découvrit mon cahier de vers." Texte ms. Renaissance XIV:12 (déc. 1931).

"JE CONNAIS LA DANSE, LE CHANT & LE PIANO, LES MADRIGAUX." Prem. publ. Expo chez Bernheim-Jeune, mars 1920; Gal. de la Poste. 14; publié maintes fois. trad. en ang. & en italien.

"JE CRIE TRES FORT QUE J'AI DU TALENT pour me persuader que j'en ai, mais je ne le crois pas." A Tristan Tzara, 26 fév. 1916. Corr. I, 117; Cat. Gal. de la Poste. 14.

"JE N'AI PAS HATE QUE VOUS ME VOYIEZ, étant assez honteux de mon personnage" A Rousselot. Roeping no. spéc. 82, Cahs. du Nord. 206-07.

"JE NE M'AIME PAS." A Andreu, 25 juillet 1932. "j'aime Dubief & toi, quelques autres aussi; je ne m'aime pas moi-même & je te dis merci. M.J. homme soucieux & libre."

"JE NE SUIS PLUS QU'UN VER DE TERRE, qu'un coup de bêche a coupé!" LLP, 119. 22 mai 1933. Cf. Psaume de David, 22. "Je suis un ver non un homme." A la même,p. 80, 11 mars 1927. "Je n'ai le droit de mépriser personne parce que je suis un animal grossier, livré aux plus ignobles tentations & qui n'a aucun autre espoir que de s'y dérober tant bien que mal!"

"JE SUIS DANS LE GROS LAROUSSE." M.J. se présente aux Noctambules, pendant une de ses prestations poétique du print. 1936.

"JE SUIS GAI." A T. Tzara, 26 fév. 1916. Corr. I, 117. "Je suis gai; j'aime à conter des anecdotes; j'adore mes amis, j'aime la musique & je fais des dessins qui ne se vendent pas."

"JE SUIS INDEFINISSABLE." A Belaval. Op. cit. 4 mars 1927. 16-17. "Je suis petit, chauve, rasé, blanc, 50 ans, à peine voûté; j'ai un gros front bête ridé [...]. En réalité je suis indéfinissable: une bonne personne bavarde, méchante en paroles vengeresses, commère [...]. Au moral, j'écris six l. par jour, j'entends deux messes, je fais quelque poème & je peins toute la journée."

JE SUIS MECHANT. LRR, 17. 27 déc. 1921. "Je suis un petit vieux avec une grosse figure rougeaude, de grands pieds. Je suis chauve, bête [...]. distrait, méchant, pieux, larmoyant, conteur, bavard. Je ne parle que de moi, me plains de tout le monde." Cité par André Calas. «MJ.» Arcadie 206 (fév. 1971). Voir aussi in LC ‘il pleurait & disait : hélas![...]’.

JE SUIS RIDICULE. A Barney, St.-B. 3 fév. 1939. Autour de N.C. Barney. Op. cit. 43. «Chère Miss Barney, Je suis un homme tout à fait ridicule. Ce qu'il y a de mieux à faire, pour moi & pour mes amis, c'est de s'y résigner - Apollinaire me considérait comme ‘l’homme le plus bête’ de Paris (sic). Picasso ne disait pas non.»

"JE SUIS TRES TIMIDE DEVANT UN GRAND PUBLIC & j'ai fait la triste expérience que mon physique excite le rire. J'ai une grosse tête, vieille avant l'âge, un corps trop petit & je n'ai pas l'air sérieux qui en impose aux masses." Gabriel Bounoure. "Souv. sur M.J." Délirante 4-5 (1972): 56.

"JE SUIS UN PETIT VIEUX BONHOMME CHAUVE, coquet, aimable, très raide au fond, très cath., torturé par les péchés, buveur, bien portant, vantard gaffeur, susceptible, astrologue assez bête, amoureux, aimant les petites gens & ne fréquentant hélas que les grands." A Simenon, [1933]. Simenon. Lausanne: L'Age d'Homme, 1980, 210.

"JE SUIS UN PIETRE CRITIQUE, je n’ai pas l’esprit d’analyse [...]." "Souvenirs & critique." NL (13 mai 1933); LRV, 82. 25 janv. 1939. «Je suis un bien piteux critique»; rue Nollet, 10 août 1933. "je ne suis pas ou plus un critique;" VM, 272. Evrard cite d'une l. de M.J. in trad. ang. des CJP. "Il préférait, d'ailleurs me parler de 'questions générales' s'estimant 'très mauvais critique' & plutôt à son aise en ‘pédagogie esthétique’"; LJE, 24. 17 juill. 1941.

"JE SUIS LE VIEUX REMPART QUI CHANTE A MAREE HAUTE/ l'éternel rescapé, la toupie du Très-Haut./ Je suis le double six & le double zéro/ un gendarme esthétique, apôtre & polyglotte/ devenu le dupeur effrayé par les mares./ A chaque lunaison on le sort de la gare/ le foetus sans alcool, grenouille du préau." "Réponse à Manon." HC, 46.

"JUGEMENT DE L'AUTEUR SUR LUI-MEME" Anth. de la Nlle Prose Fr. Kra, 1926. 5; APR. Postface. Op. cit.; Tristan Maya. Phréatique 14 (1980): 39; Pour en revenir à M.J. no. spéc. 54-55; LNF, 106; Poligono 4 (fév. 1930): 188. Inc. "M.J. est un petit bonhomme chauve & bizarre, il cherche sa voie depuis trente ans Il a abandonné tous les genres de poésie après avoir marqué tous les genres de son passage. Sa prose ne vaut rien, sa poésie encore moins. Il prétend avoir trouvé une psych. nlle basée sur l'astr. Or son astr. est dépassée par les psychologues qui ne se servent pas de cette science. [...]. S’il veut faire le poète, il ressemble à tout le monde sauf à lui-même (bien qu’il soit assez original pour avoir été pillé, imité & foulé aux pieds [...]."

LITTERATEUR MANQUE. A Kahnweiler de 1910. Corr. I, 49-50. "Quimper est pleine de charmes [...]. Ah! vive la province pour les littérateurs manqués comme moi ou pour les moitiés des peintres."

"MA MERE & MA SOEUR SONT [...] la vivante image de ce que j'aurais pu être [...] si je n'étais pas un ancien bachelier, un ancien montmartrois, un chrétien, etc..." "Je suis écorché vif avec l'incapacité ou l'impossibilité de rien dire." LTB, 59. A Moricand, Quimper, 17 déc. 1935.

"MA PETITE PEINTURE M'A AIDE A MENDIER CHEZ LES RICHES mais... il faut savoir quelles platitudes mondaines cela suppose, sans parler des entorses données à sa propre conscience & le lent écoulement du sens moral... Ah! ce n'est pas bien beau d'aller faire le clown chez les marquises pour placer un tableau; on y perd son paradis sur la terre qui est dans une bonne conscience, & son paradis du ciel qui est donné à la droiture & non aux parasites mendiants comme j'en fus un pendant trente années." Vincent Détharé. Images & pèlerinages litt. "Le poète assassiné." Paris: La Colombe, 1962. 165. Il cite d'une l. à Rousselot.

"MA POLTRONNERIE!" LJC, 56. St.-B. 11 juin 1926. "Je ne te parlerai ni de mon état de santé, ni de ma pauvreté trop réelle, mais seulement de l'inutilité absolue de ma présence. Ma faiblesse! ma poltronnerie! un certain ridicule attaché à ma pauvre personne!" [M.J. s'excuse de ne pas être présent à la répétition générale d'Orphée à la Compagnie Pitoëff]; MJ/JC. 422. 

MASOCHISME. H. Henry. "M.J. & Quimper." Cah. de l'Ir. (1962): 135. "De 1903 à 1942, Quimper, pour Max, représentera de longs séjours irréguliers entre des parents sceptiques qui parlent pension & morceaux de sucre, mais observent d'éloquents silences en feuilletant ses poèmes & ses romans, en regardant ses aquarelles; ce sentiment pénible - mais provoqué, cultivé - d'être regardé, critiqué, critiquable & raillé."

MASOCHISME MENTAL PROPRE A SA RACE. M. Béalu. Le Chapeau Magique. Paris: Belfond, 1980. 204. "Clairvoyance vis-à-vis de lui même qu'aggravait le goût de l'humiliation, des mea culpa publics, l'éternel masochisme mental propre à sa race. M.J. signait souvent ses lettres 'pauvre Jacob'. J'en possède même une, suivie de cette étonnante mention: 'Nabot-Jacob, dit Pauvre Jacob, dit le Pauvre sous l'escalier.' Ironie dira-t-on. Certes! Mais souvent aussi de cuisantes avanies. Le quiproquo, la maldonne furent toujours monnaie courante dans sa vie. Déconvenues, mésaventures, son irréductible non-conformisme s'ingéniait à les faire naître. En tout cas s'y aiguisait le pathétisme, fond de son être."

M.J. A CINQUANTE ANS. A Moremans de 1926. Op.cit. 44. "Je vais avoir 50 ans révolus le 11 de ce juill. Ah! dame! ne t'attends pas à voir un beau mirliflot! mes cinquante ans m'ont pris mes cheveux & ont blanchi ceux qui restent; ils ont épilé des sourcils jadis orientaux & mes cils qui furent ceux de la génisse: les pauvres yeux sans ombrage sont devenus sans ombres. Les souffrances de dents les ont fait supprimer. La graisse rouge du métier d'homme assis a défait l'ovale jadis délicieux [des épaules], dit-on non sans raison: il ne reste plus qu'un vieux petit polichinelle bavard, sympathique aux uns, antipathique aux autres."

M.J. NE S'AIME PAS. Mourier. Op. cit. 96. "Ce ton sarcastique d'autodénigrement, qui ici reste drolatique, qui ailleurs peut devenir amer, ne trompe que les sots & les insensibles, pour qui il est d'ailleurs fait. Contrairement à Picasso, à Braque, à G. Apollinaire, ces conquérants, M.J. ne s'aime pas."

"MAX JACOB OU LE JONGLEUR DE DIEU." Augustin Jeanneau. Cité d'une l. Soc. des Lettres (1965): 85. "Je te préviens que je suis un pauvre petit vieux, avec une grosse tête, ovale dans tous les sens, rose, d'âne, chauve. Court encore plus que petit, mal ridé à tort & à travers, avec de gros pieds mal chaussés & des mains d'araignées aux ongles rougis...Les airs dévots ne me vont pas longtemps, les airs fous leur succèdent avec le rire caractéristique de Bicêtre, le rire gâteux. Brochant là-dessus, des airs pédagogiques, durs & grincheux. Je suis grotesque, encore plus que ridicule, bête encore plus que méchant...Une bonne personne bavarde, méchante en paroles vengeresses, commère."

MEDISANCE. A Moremans. Op. cit. 40. "Je suis un 'vinaigrier' a dit Rouveyre. C'est vrai que je suis un peu pointu, mais le coeur est tendre sinon bon. Et si je parais méchant, la vérité est que je ne souhaite de mal à personne sinon dans des paroles aigres. Je suis mou, lâche, superstitieux, ami du confort, inconstant & fidèle, dur comme un rocher & prêt à fondre en larmes pour un mot d'amour, ingrat envers Dieu sinon envers les hommes, trop actif, répugnant à ce qui est décisif, moine & dépourvu du vrai sens moral, archi-frivole & pourtant méditatif, modeste & fou d'orgueil quand on touche à mon Dada qui est la symbolique religieuse où je me crois génial."

"MISSIONNAIRE, COMMISSIONNAIRE, ENTRE-MISSIONNAIRE. [...] Tel est mon état." A H. Hertz. Europe (janv. 1970): 140.

"MOI JE SUIS UN OEUF SUR UN JET D'EAU." Guilloux. "C'était il y a trente ans." No. spéc. 35; Charles Le Quintrec, op. cit. 624, cite Guilloux de Absent de Paris. Gallimard; voir F. Lefèvre. "Un entretien avec M. M.J." NL (12 avr. 1924): 4; Ibid, 53:2513 (déc. 29 1975): "On se plaît à répéter que je suis rempli de malice (avec ou sans s). J'affirme que je n'ai jamais voulu être qu'un oeuf, l'oeuf qui s'élève & danse sur le jet d'eau."

"MON SEUL RECUEIL DE VERS NON MEPRISABLE EST LE SI. LLG, 96. 1er avr. 1942.

"NE EN 1876 M. M.J. N'AVAIT PAS 30 ANS AU DEBUT DE CE SIECLE au moment où les arts, sous l'impulsion de Picasso pour la peinture, de G. Apollinaire & André Breton dans la poésie, se dégageaient d'une part de l'impressionnisme & d'autre part du symbolisme." Au dos d'une l. à R. Toulouse.

"NE PAS PERDRE DE VUE MON ETAT DE GNOME aux ongles rouges, au gros nez, gros pieds, stupide, hargneux, le nain inutile, le champignon de l’asile des fous, sans enfant ni femme." Garreau,121.

"ON A LES DEMONS QU'ON MERITE: voilà mon portrait." "Ethnographie du démon." VI, op. cit. 39.

"ON NE SAIT PLUS TRES BIEN QUI JE SUIS." Beucler, op. cit. 151.

PAUVRE. LML, 43. St.-B. [fév. 1937]. "Si je n'étais pas un pauvre j'irais vous voir mais je suis vieux, ergotant & TRES pauvre."

"LE PAUVRE JACOB." Follain. "Max, rue Nollet." Pour en revenir à Max Jacob. No. spéc.26. "Parlant de lui, il s'exclamait: 'Le pauvre Jacob', ou encore 'le pauvre bonhomme Chiappe!' car, de traits, il ressemblait à ce préfet de police avec lequel on le confondait parfois dans la rue, que d'ailleurs il mimait au besoin."

PENCHANT A L'AUTOCRIT. A LA DEVALORISATION: LE CLOWN. U. Pfau. "Le portr. de l'artiste en dévot." Op. cit. 17. Elle voit dans les autoportr. "Cette mise en opposition du côté 'mondain' de M.J. & de son côté religieux [...] l'autocrit. [...] l'a toujours porté à se sous-estimer. C'est en clown qu'il se plaît surtout à se voir [...] nous en avons de nombreux témoignages, [...] dans les rapports de ses amis, qu'il a tendance à faire le clown."

"PEINT PAR LUI-MEME." Provençal (19 fév. 1956). [A propos de Corr. II].

LE PETIT HOMME DE L'EGLISE QUI RESSEMBLE A MJ. RB, 120. Prem. publ. Sous le titre "Bonnes intentions." "Il est si petit, il a si peu de corps qu'on ne le remarque pas; il a les traits si rougeauds, si ronds, si effacés qu'il semble n'en avoir aucun. Plus de cheveux, pas de moustaches, point d'âge."

"PETIT MOUVANT MENHIR CHAUVE." DV, 51.

"PLUS DE PAYSAN EN SABOT & VIEUX PANTALONS EN VELOURS: un vieil Anglais en superbe costume anglais! Il était courbé sur ses gouaches, reculant, clignant les paupières, écrasant pour obtenir quelque couleur cendrée de la cendre de cigarette sur son travail." Andreu; Pfau. «Portr. de l’artiste.» 19. Elle cite du MJ de P. Andreu; voir H. Sauguet. "Rue Ravignan." Cah. M.J. no 3 (1980): 85-87.

PORTR. DE M.J. PAR N. BARNEY. Aventures... Op. cit. 106. "Ai-je vraiment rencontré cet homme aux regards en fuite, truite sous la minceur de l'eau, puis aigle à fixer le soleil, dans une tête de légionnaire converti?"

"QUAND JE PARLE, J'INTERESSE ENORMEMENT & SANS ACROBATIE. C. Op. cit. 103. "Portr. de l'artiste." Op. cit. 19. U. Pfau trouve M.J. sous les traits de Gualbert in "Le Monsieur qui se mêlait de ce qui ne le regardait pas." Elle voit M.J. sous les "traits comiques, les traits grotesques de Gualbert, les complications qu'il rencontre dans ses relations avec les femmes, le mélange de prétentions mondaines & de gaucherie; s'exprimant dans une conduite névrotique d'autoaccusation."

LA RAIDEUR: TARE JUIVE. A Doucet. 25 janv. 1917. Corr. I. 129-30. "Quelquefois aussi on m'a reproché d'être maniéré. La raideur & la frivolité constituent l'homme de lettres. La frivolité [...] parce qu'ils vivent dans l'irréel, la raideur parce qu'ils détachent tout de la vie pour en faire du matériaux: l'importance du détail pour l'art fait qu'ils le rejettent en avant & restent derrière lui sans s'y mêler. [...]. Mélangeons raideur & frivolité nous avons cette attitude qui vous a [...] paru hostile & qui cachait, [...] le meilleur homme de sa corporation, de sa bande en tout cas. Frivolité & raideur égalent maniérisme. J'ai, ajoutons encore, que tous les baptêmes du monde ne m'empêcheront pas de supporter les tares juives qui sont de ma race [...]."

SENSUEL. Lachgar. Op. cit. 26. Elle cite de la DT un passage qui contient la liste des défauts de l'auteur. "Sensuel, gourmand, susceptible, orgueilleux, joyeux à l'excès, triste sans raison. Avide sinon avare; égotiste, sinon égoïste, maussade, méprisant, envieux, capricieux, bavard, blessant, dur, méchant, flegmatique, insensible, prétentieux, mesquin, outrancier, rancunier."

LA SOURCE DU MASOCHISME DE M.J. U. Pfau a parlé à Nino Frank en 1967 à Paris. Selon celui-ci "le masochisme de M.J., son manque de confiance en lui-même trouvent leur source dans son complexe de mère. Dès sa tendre jeunesse, il s'est forcé de se retirer de la vie sexuelle, cette tendance a été renforcée par sa conversion qui a aussi influencé son oeuvre littéraire. L'ironie qui restreint trop d'émotions, l'idéal classique qu'il a adopté. Il n'était jamais content de ce qu'il a écrit. Dans ses autoportr. il se voyait faible, bien qu'en réalité il donnait l'impression d'être fort." Zur Antinomie. Op. cit. 238, n. 14. [Trad. M.G.].

TIMIDITE-ORGUEIL. DT, 152. "je suis timide jusqu'à ce qu'on m'ait mis à mon aise; mais cette timidité est aussi de l'orgueil."

TOUT LE MONDE EST RATE DE QUELQUE CHOSE. A Bonet, Cat.Op. cit. no 258.L.15 janv. 1944. "V. Hugo est un raté de Shakespeare & de Byron. Il est probable que ceux-ci sont des ratés d'autre chose. Quand on compare les résultats de la cinquantaine avec les rêves de l'adolescence, on est toujours un raté [...]. En tout cas moi je me sens bien raté... & comment!"

"TU VERRAS UN VIEUX BONHOMME GONFLE & ridé mais qui travaille encore juvénilement." 11 fév. 1939, à P. Bertin de sa coll.

VER DE TERRE. N.C. Barney. Aventures... Op. cit. 106. "Je dépose à vos pieds le ver de terre que je suis. (Au fait, les étoiles n'ont pas de pieds...qui sait?... il paraîtrait que l'univers a la forme du corps humain)."

LA VERITABLE HUMILITE. U. Pfau. "Le portr. de l'artiste en dévot." Op. cit. 16. Cité d'une l. à Leiris. 1921. Corr. II. 49. "La véritable humilité, vous apprendrez, je l'espère, un jour, consiste non à se méconnaître mais à se connaître sans se dépasser."

VIEUX. "Attente au guichet de la poste." B, 22. "A me voir si vieux j'ai peur j'ai peur des reproches du passé. La jeunesse a versé le vin qu'il te faut boire. Or, ce vin était la beauté: c'est la hideur qu'il te faut boire."

AVARICE

France-Asie no. spéc. [360]. "Ce marchand de gouaches [...] quand il apprit qu'un autre me donna le double de ce qu'il me donnait, lui, il se mit dans une grande colère. Il allait & venait dans son magasin & s'arrachait les cheveux. Mais lui dit-on, ce n'est pas ton argent! Et lui de se retourner & de lever les bras au ciel en s'écriant. C'est pire! C'est pire!"

LE BEAU

A BAS LES ACCOUCHEURS DE BEAUX CADAVRES. LRV, II. Avertissement par Yannick Pelletier. Op. cit. 8. Le jeune M.J. écrit: "A bas les impassibles & les accoucheurs de beaux cadavres, les dandies & leurs sonnets: je veux vibrer & celui-là qui ne sait pas me faire vibrer est un pleutre!- "le beau pour faire autour de l'homme une atmosphère qui entraîne souvent la beauté morale de l'individu."

"LA BEAUTE NAIT D'UN DESEQUILIBRE." Cocteau. Poésie critique. Gallimard, 1959. 121. "Il [M.J.] boîte comme la beauté boîte, car la beauté ne saurait naître que d'un déséquilibre, & elle évite l'équilibre, lequel engendre la mort."

LA BEAUTE - REVELATEUR. Manoll. "L'Aventure poétique ..." Op. cit. 9 "Il partait de ce principe que la poésie est dans tout, à condition de savoir l'en retirer, qu'il ne saurait y avoir de divorce entre le réel & l'imaginaire, le positif & l'irrationnel & que le poète ne dispose pas de meilleur moyen pour parvenir à cette fusion, à cette adéquation, que de se tenir en état constant d'invention, de disponibilité, en cherchant dans une dissociation & un éclatement du langage, son sens secret & son essence poétique. Et ainsi la beauté n'agit-elle pas comme un stupéfiant, mais comme un révélateur."

LE BEAU, C'EST L’INUTILE. LLP, 114-15. Rue Nollet, 6 janv. 1932. "A l'heure de la misère parisienne votre beau portefeuille arrive comme une ironie mais c'est l'ironie charmante de Heine."

"LA BELLE LITT. VIENT DE LA GRAVITE & du sérieux: l'autre est périmée. C'est pourquoi les époques de danger sont les périodes artistiques: Napoléon Ier, Beethoven, Châteaubriand & le grand romantisme byronien, le petit aussi." Cadou. Esth. Op. cit. 24.

"IL N'Y A DU BEAU QUE LE SERIEUX QUE LA VIE MEME. Envoi d'un dessin à R. Toulouse. Pour en revenir à M.J. no. spéc. 93.

LA SOUFFRANCE LA VRAIE BEAUTE. A Massot. 3 fév. 1923. Arfuyen 1 (printemps 1975): 41. "J'attends de vous de la souffrance & de l'amour, de la vraie beauté enfin! La beauté est grave, elle est profonde, elle touche à la terre, elle est émue, émouvante, grande, elle ne cherche pas la couleur, elle la rencontre, elle ne prétend à rien, elle est logique, elle est construite, elle est dramatique, harmonieuse, chantante."

LA VOCATION DU BEAU. Merle. "Le cas de M.J." Op. cit. 22. «Il préféra, refusant tout ‘engagement’ (à gauche & à droite), la prière & le recueillement dans la paix de St.-B., les pieux entretiens avec les bons religieux de l’abbaye romane & la conversation avec le curé de la paroisse chrétienne pour arriver à cette conclusion: ‘Dieu est plus beau que le beau.’ La vocation de M.J., d'après ce contexte historique apparaît donc comme «la vocation du Beau assimilé à Dieu.»

LA BONNE

INTERPRETATI0N DE LA PATRONNE ET DE LA BONNE. LJF, 246. 15 nov. 1935. "J'assiste aussi à la manière dont une patronne 'interprète' sa bonne & dont la bonne 'interprète' la patronne. Sur un même fait."

"THE MAID." "LA BONNE," unpubished ms. owned by D. Gompel. "Using the time-honored techniques of dialectic, M.J. divides himself in two to discuss the rights & wrongs of a contemporary murder case. Memories of his real-life mother, as well as fictional middle-class ladies & their servants, encountered in his readings, blend with newspaper reports of the trial [two maids murdered their mistress for ‘no apparent reason’]to produce a disturbing piece of social commentary." Hesitant Fire, 145. Op. cit.

LML, 71. St.-B. 3 juill. 1938. ‘Oui! La façon de parler aux domestiques est une révélation sur le caractère des patrons ainsi que la manière de traiter les enfants [...].’

LLP, 125-26. Rue de Duras. Oct. 1934. ‘Je dis avec plaisir: ‘Madame votre concierge’ parce que nous appelons notre femme de ménage ‘Madame’ ce qui me donne toujours un peu envie de rire. De mon temps on appelait les femmes de ménage uniformément Marie & elles étaient flattées d’avoir le nom de la T.S. Vierge.’

M.J. EN COMMUNION AVEC LES DESHERITES. «[...] cette pitié s'exprime en raccourcis poignants à propos des domestiques dans les féroces tableaux de la Bourgeoisie.» J. Lanoë. C'était il y a trente ans. No. spéc. 45; 46. «De tout son oeuvre s'élève, comme la rumeur de la mer, la plainte, plus pitoyable que ridicule, des pauvres hères pour qui Max crie miséricorde, moins avec des mots qu'avec cet accent meurtri qui est la marque de son génie.»

BONTE

LA CROIX SYMBOLE DE REDEMPTION. Canet. "La Bible dans FE." Op. cit. 53. "Si la Croix, rappelant par sa forme la mâture du navire, évoque le supplice des réprouvés, elle apparaît aussi symbole de rédemption qui 's'avance' vers l'homme malgré son indignité. M.J. s'écarte ainsi de l'Anc. Test. que domine la crainte du châtiment plutôt que l'espoir de pardon, pour trouver dans l'esprit du l'Evangile & des Epîtres de St Paul le moyen de dépassement de l'angoisse & de la dérision. 'On se demande s'il est un homme,' St Paul dit: 'Vous êtes des dieux'- écrit-il dans 'Mystique' (DP, 68). Mais les 'Colloques', dial. avec Dieu, traduisent mieux encore que les p. la réconciliation de l'homme avec lui-même ('Je m'aime en Vous.' 'Colloque III.') [...]." 

NOUS SOMMES DES DIEUX QUAND NOUS AVONS DIEU EN NOUS. A Bonet, cat. no. 260. Op. cit. (Litt. 1910 signé M.J. 1943). "On dit que Dieu seul est bon cela signifie que l'homme qui est bon a Dieu en lui-même. C'est ce qui explique pourquoi St Paul écrit: "Vous êtes des Dieux!" Oui nous sommes des Dieux quand nous avons Dieu en nous. Je crois que vous avez Dieu en vous. C'est peut-être Lui que j'aime en me disant votre ami."

BOURGEOIS, BOURGEOISIE, BOURGEOISISME

L'ARGOT DU BOURGEOIS. MP, 18. Op. cit. "L'argot est de ces connaissances qu'on acquiert subsidiairement à la caserne & à l’Université L'homme des noces fut un an un gros soldat sale & toujours puni, & un an un étudiant maussade."

LA BETISE BOURGEOISE. F. Hellens. "M.J. & Stendhal." Disque Vert no. spéc. 45-46. "Stendhal qui redoute & abhorre la bêtise, comme vous & moi, nous donne le conseil de la regarder de près pour en rire & finalement y prendre de l'intérêt. N'est-ce pas ainsi que fait Jacob? Et cette bêtise qui nous paraît d'abord si méprisable finit par ne plus l'être du tout, puisque nous nous sommes amusés. Bien plus, nous y découvrons peu à peu un ordre naturel inattendu, une sorte de déterminisme supérieur, qui nous le font admettre sans répugnance, & respecter en quelque sorte. Il y a des insectes qui, lorsqu'on les regarde distraitement, ont l'air de tourner en tous sens, comme des idiots. Fabre nous explique leur activité & nous fait admirer l'instinct qui les conduit. C'est ainsi que Jacob, comme Stendhal, nous fait admirer la bêtise. Et pourquoi? Parce que l’un & l'autre n'ont pas craint de s'y mêler, & de prêter aux plus stupides le meilleur de leur parfum. - Tous deux enfin ont saisi de secrets rapports qui unissent les hommes, les paysages & les objets. Les anciens mettaient l'harmonie au seul compte du bien & du beau ; notre siècle a découvert le rôle des dissonances; Stendhal l'avait prévu"; Style & caractère: Essais critiques. Bruxelles: Renaissance du Livre, 1956. 10-11.

LE BOURGEOIS. A. Blanchet. La Litt. & le spirituel. Op. cit. 23, n. 3. "Le bourgeois de M.J., c'est d'une façon très générale, l'homme formé par la société moderne"; "Ma vie est amère, [...] leurs affaires me blessent, leur cupidité me blesse, leur vie me blesse, leur égoïsme, leur laideur, leur bêtise, leurs préjugés ridicules me blessent, leur mesquinerie me blesse." 82. "Je ne me moque de personne, je pleure sur tous."95.

BOURGEOIS - CONNOTATIONS PEJORATIVES. Pfau, Zur Antinomie, op. cit. 159, n. 160. Littré. Dict. De la langue fr. T. I, 1958. 1176-77. 'Chez les artistes, le mot bourgeois n'est plus une qualification, c'est une injure.' (Cité de Henry Monnier. Les Bourgeois de Paris. 1854. P. 311). In Paul Robert. Dict. Alphabétique & analogique de la langue fr. T. I, 1951. P. 536. 'Bourgeois' non seulement 'commun, 'vulgaire', mais aussi 'béotien, philistin.' Gide in Journal (22 août 1937) cite le slogan de Flaubert: 'J'appelle bourgeois quiconque pense bassement.' Selon Jacob il peut y avoir des 'bourgeois' tout aussi bien parmi les nobles que parmi les ouvriers & les pauvres. 'Je reconnais le bourgeois non point à son costume & à son niveau social, mais au niveau de ses pensées...le bourgeois a la haine du gratuit, du désintéressé... Il... haït tout ce qu'il ne peut s'élever à comprendre.' 160; LMB. 22 mars 1939. 'Tout ce qui n'est pas surnaturel est bourgeois.'" DV, 163.

BOURGEOISIE. R. Riese-Hubert. Folio, no spéc. 40, 41. "The bourgeoisie appears like a vast collection of bottles bearing different labels but all too similar and familiar contents." - "M.J. deflates by means of a seemingly unchecked abundance of words, by applying in an overtly unsuitable manner borrowed patterns. And by these linguistic devices, he focuses on the most important bourg. activity: speech [...]. The bourgois is an eternel parrot & a poor imitator at that."

LE BOURGEOIS QUE M.J. DETESTE. Garreau, op. cit. 121, cite Béalu. "Je ne déteste vraiment qu'une seule sorte de gens: le bourgeois... Il ne peut vivre qu'en troupeau, en cadres, moi j'ai toujours vécu individuellement."

LE BOURGEOIS MANQUE D'HUMANITE. Cah. de Saint-Martin 12 (été 1955): 4-5. Texte inéd. de 1934. "Un bourgeois est un homme qui manque d'humanité."

THE BOURGEOIS SUPPRESSES ALL PROGRESS. Riese-Hubert. Folio, no. spéc. 42. "He suppresses all gradations, excludes all possibilities of progress."

LA BOURGEOISIE EST COMIQUE. La bourgeoisie, l'humanité est admirable & comique, plus comique que chez Shakespeare. [Réf.?].

BOURGEOISISME. LFF, 115-16 n. 59. Ch.-A. Cingria. "Vieille lettre à Max & réponse." Cahs. de la Pléiade 13 (1951-52). 29 oct. 1924. "[...] le mot bourgeois a conservé une signification péjorative parce qu'on n'a pas encore inventé un autre mot pour désigner ce qui est mesquin, intéressé, sec & lâche. Je propose le mot 'bourgeoisisme' qui n'est pas dans les dictionnaires [...]. Nous connaissons des actes de bougeoisisme à l'actif des artistes & des nobles: avarice, dureté, inhumanité, etc."

LE BOURGEOISISME EST DANS LA TETE. LBEG, 20. 12 juill. 30. "n'ayez pas peur de vous embourgeoiser, le bourgeoisisme est dans la tête & non dans les moeurs."

CONTRE LE BOURGEOISISME. F, 20. "Il n'y a pas de rapports entre notre situation & notre caractère."

CRITIQUE OF THE BOURGOIS THE SCALE OF VIRTUE. Pfau. Zur Antinomie, op. cit. 14. [Trad. M.G.]. Since his vision in 1909 & even more since his baptism, M.J. combines every criticism of others with the analysis of his own shortcomings. His scale is Cath. virtue, & the bourgeois imbued with his positivistic way of thinking is his negative scale.

CRITIQUE OF THE BOURGEOIS REFERS TO M.J. HIMSELF. Ibid. Conclusion. 123-25. [Trad. M.G.]. He does not give a systematic criticism of bourgeois society in his novels, rather represents a closed world with its system, rules & norms. He criticizes mainly bourgeois rationalism. He does not represent from a position of distance, but often takes up the judgments & style of these characters. (Cf. ironic style). He includes himself in his critique, he recognizes his characters' shortcomings within himself.

DEFINITION DU BOURGEOIS. Pérard. Op. cit. 71-72. ‘Et le bourgeois?’ [...] c'est un «animal égalitaire, consommateur & dénaturé, xénophobe»...(ici un 'fouillis' de 48 adjectifs) [...]. Enfin que repousse la bourgeoisie? 1. En général, tout défaut dans autrui. 2. En particulier 'une douzaine de choses', depuis les parvenus, les aristos, le nu sur la scène, la morgue (des autres), jusqu'au plus-que-parfait du subjonctif. 3. Le pas sérieux: une trentaine de 'frivolités' depuis le merveilleux, le miracle, le surnaturel, les saltimbanques, jusqu'au spiritualisme, à l'idéalisme, au platonisme. 4. Le trop sérieux, depuis le cassement de tête jusqu'aux joueurs qui ruinent leur famille. 5. L'excessif: une soixantaine d'objets, [...] 'les gens trop brillants, trop vivants, les mots trop vrais, les avares, non les hommes d'affaires, les prodigues, non leurs repas, ce qui est antérieur au 19e siècle, siècle créateur de tout ce qui existe dans le monde civilisé, sauf en ce qui concerne le mobilier, les reproches, les domestiques, les mensonges (des autres), la tyrannie (des autres), ce qui dérange, moins le meurtre que le vol (chez les voisins), le vrai confort anglais, la misère, les souffrants (non les malades ni les morts), le naturel, la sensibilité, les femmes débauchées non mariées, un vieux parent qui ne nous nommera pas dans un testament, le Fisc, l'inconnu [...].» ‘Morale: aux bourgeois ‘évolués’ on préfère les bourgeois chrétiens, qui ont la charité.’

GRIMACES DE M.J. A. Bosquet. "Relire les poèmes de M.J." NRF 37:218 (fév. 1971): 59. "M.J. est l'enjeu de ses railleries: il vit de grimaces comme d'autres de pain. A-t-il peur de paraître sérieux?"

IL N'Y A PAS DE BOURGEOIS. LMB, avr. 1939. DV, 163. "Il n'y a pas des bourgeois, il y a des hommes, des situations à étudier, des biographies, des destinées."

LE LANGAGE DU BOURGEOIS. MP, op. cit. 16. "Les vocables de la langue fr. ne suffisent pas au reflet de ses multiples impressions, il s'est résigné à se servir toujours des mêmes 'énorme', 'effroyable', ‘épouvantable’, 'extraordinairement rigolo' 'épatant’, 'épastrouillant', donnent selon lui la peinture des sit. les plus diverses. Pour celle des sentiments, il est plus exigeant, tenant à passer, lui, pour un intéressant sujet, un héros du coeur: ‘J'étais là tout tremblant, - je frissonnais, - j'avais des sanglots dans la gorge, parole d'honneur! je vous jure...pourtant Dieu sait que..."

M.J. SE DEGUISE EN BOURGEOIS. Cassou. "M.J. & la liberté." Op. cit. 461. "Mais là où M.J. montre sa plus vive agilité & le comble de son insolence, c'est quand, ayant dissous les expressions des hommes en une insignifiance illimitée & sous laquelle nous ne pouvons le saisir ni lui, ni personne, ni rien au monde, il se déguise lui-même en bourgeois & reprend imperturbablement à son compte les interminables discours où le bourgeois fait éclater ses vertus, sa raison, son sens de l'utile & du grave, sa cupidité, sa solennité, sa bienséance [...]. Et la plus cruelle satire qu'il en puisse faire, c’est d’en avoir adopté si exactement les tics les plus courants, c'est de s'appliquer avec tant de soin à cette vertigineuse singerie."

MOBILIER DE LA BOURGEOISIE. Tab.B. Op. cit. 36. "[le] XIXe siècle, siècle créateur de tout ce qui existe dans le monde civilisé, sauf en ce qui concerne le mobilier."

LE PORTR. DU BOURGEOIS. MP, 12. "Par ex., croirait-on que ce gros enfant qui ne vit que de la fortune de sa femme, se révolte à la pensée que d'autres sont comme lui."

LE RELIGION DU BOURGEOIS. A Cocteau [1926]. "En province on voit ce que c'est qu'un Chrétien: c'est un Monsieur qui est avare, ou orgueilleux, ou envieux & qui vient déplorer de l'être une fois par mois au confessionnal. Dieu se satisfait de ce petit repentir."

SERIOUS-MINDED BOURGEOIS SO DIFFERENT. Riese-Hubert. Folio, op. cit.42. M.J.'s "versatile humor, awareness of the supernatural & self-imposed poverty set him apart from so many readers."

BONHEUR - PORTE BONHEUR

IL PORTE BONHEUR A SES JEUNES AMIS. LCHG, 55, n. 11. "N'avait-il pas le sentiment de porter bonheur à ses jeunes amis? Il est vrai que nombre d'entre eux connurent une réussite certaine: Béalu, Dior, Leiris, Masson, Manoll, Rousselot, Sauguet, Toulouse, Dubuffet."

BOUDDHISME

LE BOUDDHISME PAR LE LIVRE D'OLDENBERG. "[...] c'est un livre introuvable mais quelle perle ou plutôt quelles perles! 110 ms traduits, etc...Il y a assez de christianisme là-dedans pour qu'on ait cru à des voyages de N.S.J.C [...]. Quant aux rapports des rel. orientales avec la nôtre... je n'ai qu'une réponse: 'Qui est dans l'Hostie? est-ce le Bouddha?'" LRR, 94. 21 août 1943.

OPPOSITION DU CHRISTIANISME ET DU BOUDDHISME. PR, 449, n. 136. Le bouddhisme "s'exprime dans les 'horribles magots chinois dont le ventre proéminent enseigne qu'il faut savoir pour profiter' tandis que le ventre pur de Jésus-Christ parle d'une sagesse céleste."

LA BRETAGNE

L'ACCIDENT EN BRETAGNE. Témoignage par Henri Dion. Cah. M.J. no. 5 (1983): 41. "Je me souviens qu'un jour j'avais un accident en Bretagne. On m'avait ramené à la maison & j'avais soudain repris conscience, dans ma chambre. Ma mère survenant m'avait trouvé en larmes. Et comme elle m'interrogeait, je lui répondis: 'Je pleure de joie.' Jamais je n'avais trouvé tant de charmes à la vie que sur le point de la perdre. Je n'avais jamais senti aussi bien toute la beauté de mes arbres, de mes fleurs & de tout ce qui m'entourait."

"ADAM ET EVE SONT NES A QUIMPER." Le plus bref p. du CD. LUA, 40. 21 sept. 1924. "Que te dirai-je? Que je suis un exilé breton? que mon coeur y est toujours dans ce pays, que je m'ennuie de lui & que je n'ai de ma vie jamais fusionné avec rien d'autre."

"A PROPOS DU TB" par H. Henry. Cah. M.J. no, 5. 37. L'interview de F. Ménez avec M.J. in "Chronique de La Dépêche" (29 oct. 1929). "La destruction du Vieux Collège fut une prem. atteinte à la beauté du Quimper héroïque qui ...depuis... ... Depuis, on a a battu, saccagé, réédifié à tort & à travers sans le moindre égard pour la poésie des vieilles choses. D'abord ce fut le théâtre, un coin adorable planté de pommiers ..." Ménez: "Votre Terrain Bouchaballe?" M.J. "C'est cela même; vous voyez ce qu'on en a fait...(Et il compare l'indifférence des Fr. au souci des Italiens de préserver leurs richesses architecturales & naturelles)... Chez nous, on a tout permis, le théâtre d'abord. Et puis, la porte couverte, les banques, les bazars, la préfecture sont venus; pour finir par la poste neuve...Gardons-nous de trop critiquer. Quimper, malgré cela, garde bien du charme &, en toute saison, sous cette teinte gris bleuté qui, glissant du Frugy sur ses vieux toits & ses vieilles places lui donne une grâce particulière? Dans vingt ans, qu'en restera-t-il?" "Dans vingt ans", ajoute H. Henry, en 1941 citant d'une l. à L. Guillaume, M.J. désespéré écrira: "On a rasé mon Finistère & ce n'est pas fini; en le rasant, on a écorché la terre de mon coeur que les racines des arbres cicatrisent toujours."

"AU POINT DE VUE BRETON, VOUS AVEZ CET ACCENT DEBONNAIRE, CET AIR DE BON SENS &, parfois, cette éloquence naïve & passionnée qui caractérise l'art de notre Armor." LCB, [2]. Août, 1934.

LA BRETAGNE A MON COEUR. LRV, 55. 18 mars 1936. (Les étudiants de Rennes publièrent un poème de M.J. dans la revue des étudiants rennais l'A de mars 1936). Ce p, reparut sous le titre: "Phèdre(Hippolyte"). "J'ai reçu la grande page des Etudiants de Rennes. Tu devines la joie qu'elle m'a causée puisque tu sais que mon plus vrai désir (le seul qui me reste) est d'être connu des gens de chez nous, de chez moi." 57-58. 7 juill. 1936. "Certes la Bretagne a toujours mon coeur & mes vieux amis mais tu sais combien ma famille est hostile à la religion & tu peux deviner le mal que j'ai à faire mes devoirs à Quimper"; 80. 11 sept. 1938. "[...] depuis la mort de ma mère, il n'y a plus d'indulgence rue du Parc pour mes heures de messe. Je l'ai su. Adieu donc, chers marroniers [sic] & leur banlieue jusqu'à l'Océan."

"LA BRETAGNE EST MON COEUR." LAL, 105, [fév. 1925]. "C'est vrai que je sens profondément la Bretagne, elle est mon coeur & ma vie entière. Dernièrement un de mes amis a fait un article sur moi Poète breton dans la Bretagne Touristique & aucun article ne m'a fait tant de plaisir;" à Grenier, l'auteur de l'article. LUA, 49. 4 fév. 1925. "C'est la prem. fois q'on parle véridiquement de mes profondeurs rénales armoricaines." - A R. Mendès France, 30 avr. 1925, PJ, 242. "J'ai mis tout mon coeur dans les trois personnages [gouache] qui me semblent toute la Bretagne."

"LA BRETAGNE TOUJOURS REDECOUVRABLE, toujours inconnue. Ah! quelle merveille! Les courbes sont gracieuses & la verdure sévère: voilà son cachet. Les gens sont laids & leur âme douce." A R. Toulouse, 27 juill. 1939. Cah. Bleus no. spéc. 74; Ibid. Pour le cinquantenaire de la mort de M.J. 1994, 108; LRT, 49.

CE QUE LES BRETONS DISENT. A Moremans, [1926]. Op. cit. 41-42. "Dans la dite Bretagne, un Breton disait à une bonne femme: 'J'ai la clientèle du sanatorium 600 livres de pain par jour.'- 'Boulanger, est-ce que ta femme a du fil? Parce que tu gonfles tellement que tes boutons vont éclater.' - Une autre femme se désolait de tant engraisser: 'Je ne pourrai pas entrer dans ma chemise de morte (la chemise d'ensevelissement qu'on conserve toute sa vie).' - 'Soyez tranquille! la mort vous fera maigrir de souffrance avant de vous prendre.' La même disait: 'S'il me fallait pisser sur un agonisant pour le sauver, je ne le ferais pas sans être payée.' Que dis-tu de cette force & de ce pittoresque inattendu?"

"CETTE BRETAGNE EST TOUTE MA VIE; elle m'arrache des larmes à chaque tour de roue de mes autos, si bien que je n'en peux plus verser en arrivant là où je devrais pleurer pour de bon [...]." LTB, 35. A Briant, 28 août 1925; Ibid. 47. A Moricand. 16 sept. 1934. «J'ai séjourné aussi dans une chère ville bretonne en colline sur une rivière verte [...].» [Permis gratuit Paris-Quimper en retour].

LA CHERE BRETAGNE. "Je préfère à tout un pommier breton/ Y a pas de cloche en haut du Panthéon." HC. 110.

LE COEUR DE M.J. RESTE EN BRETAGNE. VM, 181. "Pendant son voyage [...] son coeur restait en Bretagne. [...] Grenier raconte que faisant visiter à Max les environs de Naples, celui-ci les jugeait très touriste & lui avait dit devant la baie de Pouzzoles: 'Je trouve la baie de Douarnenez aussi belle.'"

"DONNEZ-MOI LE REFLET DES PAYSAGES CHERIS PAR MON ENFANCE ARDENTE, LE REFLET DU TRES AIME PAYS BRETON, le val de Stangala où nous avons couru pieds nus dans les champs nouvellement moissonnés, dans les fougères en forêts minuscules, les cerisiers, les pommiers sauvages; les aubépines, les coudriers formant des îles limoneuses au milieu du torrent verdoyant. Oui, ces paysages-là, je voudrais y vivre à jamais, sans cesser de les contempler en présence des anges & des saints. Ou encore revoir la mer bleue entre les arbres ou au bout des champs, ou encore la plage de Plozevet, bordée de vieilles fermes & de landes. Chers pays où mon coeur n'a jamais cessé de vivre depuis soixante années." "Le Paradis." MR. T.r. Op. cit. 61; Gallimard. 89-90. "La Mort". "Adieu ma tant & tant aimée Bretagne émouvante [...]." T.r. 84; Gallimard, 108.

"IL ETAIT DE BRETAGNE/ PAYS QUI TIENT DU PRETRE & DU TZIGANE!" DP. Op. cit.

"IL ETAIT ETONNANT QUAND IL IMITAIT L'ACCENT BRETON." Oberlé. "M.J., poète & Martyr." Op. cit. 102-04. "Mon père est l'inventeur du gilet breton, me dit un jour Max, &, comme je le regardais stupéfait, il ajouta en souriant...’du point de vue commercial’ ... Personne n’était moins breton, & personne n'a mieux peint la Bretagne: les filles mères, consternées & tenaces, les filles de ferme qui vendent leur chevelure au coiffeur ambulant, qui la leur coupe d'un seul coup de ciseaux sur le champ de foire, les vieilles à coiffe blanche qui prient à genoux dans la chapelle illuminée de mille cierges aux jours de pardons, les pêcheurs de la côte, & puis, par-dessus tout, le paysage, l'admirable paysage de rochers, de bruyères, de rivières que la marée remonte, le ciel gris, la mer grise, les maisons blanches, le vent du large, l'air si doux & si parfumé, les coiffes blanches, les vêtements de velours noir. Autant que ses p. sur la Bretagne, ses gouaches ont fixé la Bretagne comme Gauguin ou Sérusier l'ont vue, & bien au delà des ‘bretonneries’ innombrables de Messieurs Simon & Cottet."

"L'IMAGE DE LA CARTE M'A FAIT PLEURER, c'est le pont avec les branches d'arbres dans la rivière & le soleil. Ces branches c'est tout le centre de ma vie & je n'ai PAS D'AUTRE CENTRE & PAS D'AUTRE VIE. Dieu le sait. Et c'est plus vrai que je ne peux dire." LGL, St.-B. 13 juin 1936.14.

"J'AIME A ME TROUVER DANS CETTE VILLE INTESTINALE. J'entends parler du percepteur, de la cuisinière, etc... c'est ce que j'aime le plus au monde." LEJ, 41 [1935]; 8 mars 1937. P. 57. "Ici, je suis tellement moi-même dans ma rue, mes arbres, mes bretons adorables & terribles que je sens mieux. Tout collabore à moi-même. Je prends l'accent breton & mes amitiés le prennent aussi. Cet accent est affirmatif comme la terre quand elle s'oppose à la mer. Il y a des amis éloignés dans l'espace qui deviennent tout près, parce que, trempé dans mon élément, je sens mieux. Et toi tu es ainsi vraiment près de moi."

"J'AIME QUE MON PAYS TE PARLE DE MOI. H. Henry cite Grenier. L. 1936 in "A propos du 'Terrain Bouchaballe.'" op. cit. 36; p. 37. à J. Denoël, 1936. "Quimper est touffu, touffu d'arbres, touffu de verdures, touffu de coiffes, de gens bariolés. Ma cathédrale est touffue de prières & de coiffes"; Xavier Grall. "M.J. le poète: tribulations d'un funambule de Quimper à Drancy." Op. cit. 6. "Hélène Henry, l'inlassable enquêtrice des heures cornouaillaises du poète."

"JE DEMANDE AUX PEINTRES BRETONS DE ME RAPPELER MON ADOLESCENCE." Villard cite de "M.J. à Quimper, hist. d'une classe de lycée." Op. cit. 80. "Pourquoi demanderait-on aux artistes d'élever le particulier au général? sinon pour qu'ils aient la chance d'éveiller ce qui dort au fond de chacun [...]."

"JE ME DEMANDE SI ON PEUT ADMIRER AUTRE CHOSE QUE CE QUI A FORME NOTRE COEUR & si autre chose que la Bretagne peut me toucher." "Carnet de voyage: Italie, Naples." Table ronde 66 (juin 1953), Plon; Pfau. Zur Antinomie. Op. cit. 313; LRR, 106, n. 64.

"MA BRETAGNE ELUE. "[...] me voici [...] dans cette unité rattrapée & centripète de ma Bretagne élue - c'est bien ici, ici que je devrais vivre [...]." LTB, 55. A Moricand, 18 nov. 1935.

MAX JACOB SUR QUIMPER. Anonyme. "Week-end du souvenir à Quimper" Télégramme (19 juin 1961). "Un jour, il dit à Carlo Rim: "Je voudrais me promener avec toi dans les rues de Quimper, ma ville natale. As-tu remarqué que rien ne ressemble à une autre ville que sa ville natale? La ville natale, c'est une cité magique où l'on marche sans bruit sur les trottoirs de feutre, où les maisons sur un signe de toi, prennent instantanément toutes les formes que tu désires, les formes qu'elles avaient autrefois." Allocution à l'Expo de Quimper, inauguration de la 'Salle permanente M.J.'

"MAX'S PIETY IS BRETON EVEN MORE THAN IT IS HEBRAIC." Intr. LJF, 233. "Brittany is important for Max because he is one of the most concrete of poets, with an extraordinary ability to fix in an image, persons, places & things. [...]. Max's major novel TB, is set in Brittany. B. is, therefore, the soil out of which the images of his poetry grow, yet he is also alienated, detached, from his native province."

"ON NE CHANTE BIEN QUE DANS LES BRANCHES DE SON ARBRE GENEALOGIQUE." A Armand Lanoux. H. Henry. "A propos du 'Terrain Bouchaballe.'" Op. cit. 31.

LE PRINCE GHIKA A PROPOS DES PMG. LLP, 83. 10 avr. 1927. "Le ton indéfinissable de la Bretagne la réalité la plus criarde a un goût profond [...]. On n'a jamais rien dit de si vrai sur notre adorable pays unique."

LES QUIMPEROIS N'AIMENT PAS M.J. LRV, 50. Villard écrit ce que M.J. lui a dit à l'oreille: "Les Quimpérois ont été rosses pour moi. Au cours de mon procès ils me disaient: 'Vous ne gagnerez pas.' Ils désiraient un insuccès. En réalité, ils sont jaloux; jaloux de ce qui m'arrive; de ma Légion d'honneur, de tout..."

RIEN NE VAUT MA CHERE BRETAGNE EN FR. "Vive Quimper! vive nos Bretons, chère amie, & nos Bretonnes ou bien alors vive le Boul. de l'Opéra à la Madeleine." LLP, 20. Avr. 1920.

BRULE MES LETTRES

AVANT DE MOURIR, car il ne faudrait pas que l'on sût le mal que je pense de tant de gens." A Cocteau. MJ/JC, 506 2 mars 1927.

M.J. BRULE TOUTES LES L. QU'IL RECOIT depuis qu'il a été victime d'un vol d'autographes importants en nov. 1938. LTB, 122. A Moricand, 3 avr. 1941.

BURLESQUE, SATIRE, COCASSERIE, JEUX DE MOTS, HUMOUR, IRONIE, GAITE

LE BOUFFON DE DIEU, LE CLOWN MYSTIQUE. Merle. Op. cit. 21. S. Fumet in RFl. 1970, no. spéc. se pose la question: «quelle était la vocation de M.J.?» Réponse: «Dieu avait besoin d'un bouffon, il a créé M.J.» C'est approcher la vérité de tout près. Car un 'bouffon' n'est autre qu'un ‘poète.’»

LE BURLESQUE & LE COMIQUE. Rousselot. Vie & langage.(août 1974).Op. cit. 443. "Il faut en finir avec la légende d'une mystification constante. Belle mystification, en vérité, que celle qui consiste à vivre agenouillé pendant des années & à mourir comme un saint! Alors pourquoi 'Toto? pourquoi Totel?' Simplement parce que 'dans cette vieille cité de Chartres qui est si connue', il y a des gargouilles sardoniques à côté des verrières sublimes & des prophètes-colonnes du portail & que ce symbole du sel dans la plaie, du grincement dans le concert, du bouffon dans le temple, Max le préférait à tout autre."

LE CALEMBOUR. Plantier. "Au service de M.J." Op. cit. 40-46. Plantier poursuit ses recherches [qu'il a déjà publiées entre temps] sur le plan des techniques, pour approcher d'une déf. du style tenant compte de la variété des genres & des tons. Il s'est limité (si on ose le dire) à l'oeuvre poétique en vers & en prose. - Il a procédé d'abord à un dépouillement systématique de tous les 'écrits pédagogiques', suivant l'heureuse expression de Rousselot, & des corr. publiées, en y ajoutant celles échangées avec G. Cattaoui & avec le poète genevois H. Ferrare jusqu'alors inéd. Cela lui a permis de faire une synthèse de l'esthétique jacobienne.- Ensuite, dans le cadre d'une vaste enquête sur l'analogie, il a étudié le calembour, procédé injustement méprisé par les lettrés. Cette étude fait apparaître les structures cachées des mots, des groupes & des phrases. Ces structures engendrent des champs sémantiques nouveaux. Il s'en dégage une vision de l'univers, un sens des emboîtements des êtres & des choses. (Cf. Rousselot). 45. Parfois aussi le calembour révèle une tentative romanesque pour enchanter le réel, pour l'asservir ou pour l'oublier, par des déroulements de formules incantatoires dont la gratuité n'est qu'apparente. Dans ses dépouillements des comparaisons & des métaphores s'éclairent les constituants de l'imagination & de l'intelligence. C'est ainsi, par ex. que l'on découvre dans l'univers des comparaisons, l'impérialisme du regard au détriment des autres sens, de là l'importance des couleurs, des lignes, des mouvements & la présence du règne végétal & du règne animal. En éclairant les enchaînements du langage & des formes syntaxiques il précise les constantes de la pensée créatrice.

"C'EST L'HUMOUR QUI SERVIT DE PONT ENTRE LA POESIE PURE DE M.J. & L'ESPRIT DE SA MED. REL." S. Fumet. "Drôle de Frère Matorel pénitent et martyr." RFl. (Pacques 1969): 14.

COCASSERIE. Rousselot. Vie & langage. Op. cit. 438-39. "Et l'on ne dira jamais assez ce que la nlle poésie doit à ce jeune homme qui jette sur le papier le tohu-bohu fourmillant de son esprit fantasque, retors & ingénu, bousculant la rhétorique, jonglant avec les mots, mélangeant tous les genres, passant du réel au rêve & du rêve au réel avec une aisance, une logique une conviction désarmante, & réintroduisant dans la poésie fr. une cocasserie, une liberté, une audace que l'on n'y avait guère rencontrées depuis les fatrasies du Moyen Age & les vers macaronique de Saint-Amant. Le calembour, l'allitération amusante, l'image insolite, la comparaison burlesque, le déplacement ou l'interpolation systématique des articulations grammaticales & syntaxiques, voilà ce que M.J. emploie sans désemparer; c'est le goût de la nouveauté, mais c'est aussi celui de la simplicité qui le poussent à bouleverser ainsi les notions de gravité & de solennité attachées à la déf. trad. de la poésie."

LA DERISION LE PROTEGE. J.-M. Tasset. Figaro 11-12 déc. 1976. "Un M.J. pétri d'inquiétude & de doute. Celui pour qui l'humour & la dérision étaient les armes qui le protégeaient des assauts d'un pessimisme latent, obsédant."

DIVIN ET BURLESQUE. Discours de Cassou par Théophraste à l'occasion de l'inauguration de la Salle M.J. à Orléans. "J.C. montra pourquoi & comment l'ironie est le plus haut degré de l'esprit réfléchissant sur lui-même & sur la vie, se regardant lui-même & regardant les hommes. M.J., doué de cette vision, était ainsi parvenu au plus haut degré de lui-même, là où l'ironie participe du divin aussi bien que du burlesque, dans le sentiment de ce qui est exceptionnel comme de ce qui est ordinaire & quotidien, & parce qu'ainsi l'ironie provoque à la fois la bouffonnerie & la pitié."

EVOLUTION DANS LE RAPPORT DU SACRE & DU COMIQUE. Thèse de doctorat de Saint-Thomas. Bibl. Sorbonne III. 258. "Quand nous lisons l'ensemble de l'oeuvre de M.J. nous discernons une évolution dans sa manière de mêler le comique au sacré. Et [...] nous discernons une évolution correspondante dans sa propre vie intérieure."

LA FANTAISIE. Ibid. 11. "Ce genre [la fantaisie] permet les inversions, les répétitions, les interférences, les accumulations, enfin, tout un rassemblement de procédés du comique, qui le plus souvent ne sont pas recherchés pour eux-mêmes mais proviennent de l'imagination en liberté."

"LES FORMES DU COMIQUE [...] peuvent,en réalité, être considérées comme les divers aspects d'une seule & même forme: l'ironie. Toute l'oeuvre poétique de M.J. est en effet ironique. Elle énonce ce qu'elle invente & feint de croire que cette invention est réalité." Ibid., 282.

L'HUMOUR DE M.J. APPRECIE PAR APOLLINAIRE. Ibid. 87. "Apollinaire écrit à son sujet: 'C'est le poète le plus simple qui soit & il paraît souvent comme le plus étrange. Cette contradiction s'expliquera aisément lorsque je dirai que le lyrisme de M.J. est armé d'un style délicieux, rapide, brillamment & souvent tendrement humoristique.'" (p. 91, n. 3). G.A. "Les temps héroïques" conf. à la 24e expo. des artistes indépendants, 25 avr. 1908, Serres de la ville de Paris.

L'HUMOUR & DIEU - PEUR DE LA DERISION. Secrétain. "Le Mythe de M.J." Op. cit. 45. [M.G.] Dieu fait des jeux de mots dans la poésie de M.J. car on sait "qu'il n'aime pas les gens trop sérieux."- M.J. écrit dans OBM, 245."Le poète demande pardon à l'Eternel des plaisanteries continues dans ce recueil. Noé a dansé devant l'arche, pourquoi les poètes, ses petit-neveux ne danseraient-ils pas devant la Sagesse?" - Saint-Thomas, op. cit. 89: "La poésie de M.J. - l'un des phénomènes de l'époque - est apparue sous le double signe de l'extase sacrée & de la grimace. [...] Le 'double signe' révèle une tension intérieure chez le poète entre un besoin & une peur. D'une part, M.J. sentait le besoin profond de se faire connaître tel qu'il était &, d'autre part, il y hésitait par peur de devenir l'objet de dérision. Il est question de tension qui tournera au déchirement."

L'HUMOUR PROTECTION DE M.J. Tristan Maya. "Autour du l'humour noir." A la page 53 (nov. 1968): 1700. "Quand M.J., renversé par une voiture en traversant une rue, demande que l'on prévienne sa fille, alors que tout le monde sait notre poète célibataire & misogyne, on peut véritablement dire que M.J. fait de l'humour noir. Il a une attitude de réaction immédiate. Il ne veut pas laisser entamer son 'moi' vulnérable & réagit aussitôt par une boutade. Ce premier exemple nous permet de considérer que l'humour, & de ce fait, cet humour au second degré qu'est l'humour noir, est une attitude." [Malheureusement, M.J. a démenti cette anecdote maintes fois répétée].

L'HUMOUR SE MELE AU SACRE. Par le même. "L'humour noir chez M.J." Pour en revenir a M.J. no. spéc. 53. "Mystique il ne fut jamais au sens canonique, mais plutôt au sens poétique, pour ne pas dire humoristique du terme."

L'INATTENDU EST COMIQUE. Saint-Thomas. Thèse, op. cit. 122. "Les images insolites, les rythmes imprévus, les inventions surprenantes sont trois aspects de l'inattendu dans la poésie de M.J. Ils sont aussi trois caractéristiques qui contribuent à y créer le ton spirituel."

MASQUE DE L'HUMOUR POUR CACHER SON ANGOISSE. André Calas. Publié où?? 36. "Il invente le p. en prose. Il se fait un masque de l'humour, du burlesque, du fantasque, derrière lequel il dissimule sa faiblesse, son besoin de tendresse & son angoisse."

M.J. FAIT DU COMIQUE OU DU BURLESQUE L'EGAL DU TRAGIQUE. Attal. Op. cit. 197, n. 7.

M.J. INIMITABLE ON NE PARODIE PAS UNE PARODIE. Saint-Thomas. Op. cit. 116. "L'originalité de M.J. ne se prêtrait que trop facilement à être imitée. [...].Il reconnaît ce danger & se munit d'une arme: l'élément comique, qui empêche que d'autres parodisent son art."

"MAX SAUTE DU GROTESQUE AU SUBLIME." C'est pour cela que "J. Pérard a subdivisé les pièces non par thème mais par le ton." J.-M. Dunoyer. Monde no. spéc. 1976.

MELANGE DU MYSTIQUE ET DU COMIQUE. Plantier. MJ, op. cit. 39-40. "Le P. Blanchet a insisté sur le fait que M.J. 'n'a jamais admis, ni même compris, que le mystique pût exclure le comique, & le spirituel le burlesque.' Cela participe sans doute de sa liberté à l'égard des moyens de la création, mais nous pensons que le poète a fort bien compris tout le parti qu'il pouvait tirer du mélange des genres, dans la confession de ses désespoirs & de ses doutes. Raoul Auclair a dit spirituellement: ‘Après tout, il n'est pas interdit d'aller au Paradis en marchant sur les mains.’" Pour en revenir à M.J. 70.

SYNTHESE DES CALEMBOURS. Plantier. L'Univers Poétique 404. "La métaphore invente le dépassement de ce qui est conforme. En frappant, & avec quelle constance, le rythme de la définition, M.J. fait entrer le lecteur dans la mobilité de l'univers, en même temps qu'il exorcise ses échecs. Ainsi le réseau syntaxique des présentations métaphoriques exerce son pouvoir sur la sensibilité du lecteur, par la seule présence de ce qu'on appelle les 'outils' grammaticaux. [...]. Nous voyons donc se déployer sur l'oeuvre même les mailles du filet: synthèse des calembours; synthèse des similitudes; synthèse des métaphores. Les lois d'une syntaxe façonnent les lois d'un univers."

LE CAMBRIOLEUR - MON AMI

LJRB, II. 145. Fin [1914]. "J'ai fait la connaissance du roi des Cambrioleurs, champion du monde pour le Cambriolage & qui travaille pour nourrir sa mère & ses petites soeurs; il s'habille avec grâce mais sans recherche & écrirait ses aventures s'il mettait l'orthographe aussi bien que moi. Il renoncerait au cambriolage pour se faire écrivain dit-il. Je pense faire oeuvre pie en lui donnant des leçons de fr."

---. Jules Romains. Amitiés et rencontres. Flammarion, 1970. 83-84. "Quand à table on prononce le nom d'un assassin dont parlent les journaux, les regards gênés se tournent vers moi. Non pas qu'on me soupçonne d'être un assassin moi-même, mais pour ne pas risquer de toucher à la personne d'un de mes amis."

CHASTETE

AIMER S'EST S'UNIR! "La chasteté & l'intelligence sont des synonymes." "Vin, Esprit, Sang. Op. cit. S.p.

L'AMOUR & LA PURETE - L'ESPRIT CHRETIEN. Plantier. "M.J. & le plus grand amour de Dieu." Op. cit. 12-13. L. inéd. à G. Cattaoui, 20 mars 1925. "Personne ne dit ce qu'est l'esprit chrétien, la douceur épandue dans le corps tout entier, cet optimisme de la chair & de l'esprit, l'amour & la pureté joints ensemble, tout cela c'est l'esprit chrétien."

A PROPOS DE CHASTETE. CJP, 41. "Savez-vous qu'il est ordonné aux magiciens de ne faire aucune opération avant le 40e jour après le coït (volontaire ou non).- Or une oeuvre d'art est une opération magique. - Balzac disait: "Une nuit d'amour, c'est un livre de moins."

CANTIQUE DES CANTIQUES. LRR, 45. 24 sept. 1924. "Ils [les prêtres] rougissent du Cantique des Cantiques qui est dans l'Anc. Test. Ils n'en veulent que pour symboliser le mystique amour de l'Eglise pour Dieu. O ingénue ingéniosité! je me demande quelle tête on va faire de la trad. littérale de cet admirable poème par le docteur Mardrus, pur chef-d'oeuvre!"

"LA CHASTETE N'EST UNE OBSESSION QUE POUR CEUX QUI Y SONT LE MOINS ENCLINS", remarque René de Ceccaty in Gay Pied. Op. cit. 42.

"L'EMERAUDE EST SYNONYME DE CHASTETE." LJC, 59. [11 juin 1926]. Parlant sur la propriété de pierres. "Quant à l'émeraude elle est synonyme de chasteté & j'imagine qu'elle est un brevet que je me suis décerné. Vivement le Paradis!"[La date est fausse, in MJ/JC, M.J. avait écrit une autre l. à cette date].

"ESSAYEZ DE LA CHASTETE." A M. Leiris, 7 fév. 1922. Corr. II, 87. "L'étude c'est de l'ascétisme. Ce que l'étude vous a donné, augmentez-le par un autre ascétisme. Essayez de la chasteté: vous m'en direz des nouvelles, c'est très facile! affaire d'habitude."

"JE M'EFFORCE DE TOUT PURIFIER EN MOI; IL N'Y A DE BONHEUR QU'EN DIEU!" LJC, 24-25. [25 janv. 1926]; A propos d'un petit paysan "qui a fait voeu (ou presque) de chasteté avant son mariage & qui passe sa vie à être amoureux [...]. Chemin faisant, il abuse des plaisirs solitaires. [...]. Toutes ces grandes puretés n'existent que très haut ou dans les simples simples. Nous sommes ceci & cela; MJ/JC, 381.

LANGUEURS DUE AU MANQUE DE CHASTETE. LMM, 91. Début juin 1941. "Tu as le devoir de mettre en valeur tes dons. C'est à dire de persévérer dans ton oeuvre [...] en dépit des langueurs, dues sans doute aux privations ou au manque de chasteté (question ultra grave je t'en ai déjà parlé)." Dans une autre l. M.J. déclare que sa santé "est bonne, grâce à la pureté charnelle, seul secret de la santé."

MON DIEU DONNEZ MOI LA CHASTETE. PJ, op. cit. 302. Prière de M.J. atteint d'une affection pulmonaire. 10 juin 1928. Fac.sim. "Mon Dieu, si vous existez pensez à moi, guérissez moi protégez moi indiquez moi mon chemin donnez moi la chasteté."

"NECESSITE! NECESSITE DE VIVRE CHASTE & SANS PARESSE." PMR.

"LES OEUVRES D'ART N'ONT PAS ETE FAITES POUR DES FESSES & les mille & une nuits ont été écrites dans les déserts [...] Ce n'est pas épuisé par la bombe qu'on peint les femmes de Titien mais, au contraire, dans le désir, c'est à dire dans la chasteté." A Moricand. LTB, 80. 13 fév. 1938.

"ON NE DIRA JAMAIS ASSEZ DE MAL DE LA LUXURE, la cause de malheurs incalculables & des miens en particulier: perte de mon âme, de mon honneur, de ma vie & de la plus grande partie de mes talents." L. 1er fév. 1936. P.S.LMLE

"LA PATRONNE DES ARTISTES est la Ste Vierge. Plus qu'estimer la pureté, c'est une discipline qu'il en faut pratiquer." LUA, 24. 4 déc. 1923.

LA PLUS PARFAITE CHASTETE EST INDISPENSABLE A LA VIE DE L'ESPRIT. LMM,59. 26 mars 1940. "N'est-ce pas à toi que j'écrivais que le magicien ne peut rien entreprendre que 40 jours après le dernier coït? A la santé aussi! Cette question est la plus importante de toutes."

"LA PREM. CONDITION POUR ETRE MAGICIEN, c'est la beauté morale, la pureté absolue, la bonté, etc... LJC, 41. 14 mars 1926; MJ/JC, 406.

"QUAND J'ETAIS CHASTE & VERTUEUX/ POUR PLAIRE A MON ANGE A MON DIEU." "Agonie." ("Mort!... la mort est déjà là?")

SI LES CURES NE SE MARIENT PAS, «C'EST POUR POUVOIR CONSERVER LA CHASTETE & la pureté convenables devant l'hostie-consacrée.» "Le vrai sens de la rel. cath." Op. cit. 21.

"UNE NUIT D'AMOUR, C'EST UN LIVRE DE MOINS." L. Guillaume. "R.M. Rilke & M.J." Lettres. 14-16 (1952):104-08. Comparant l'attitude de Rilke à celle de M.J. il trouve que cette phrase de Balzac est une boutade bien sèche.

CHEMIN DE CROIX SENTIMENTAL

Guilloux. "Max Jacob." France-Asie no. spéc. 359. "C'est là [à Nantes été 1926] qu'il m'apprit le ‘Chemin de Croix sentimental’ (par opposition au Chemin de Croix anagogique). - Mais l'anagogique est trop difficile pour toi, me dit-il. - Devant la prem. station: - Tu vois cet être, pétri d'azur, qui connaît les étoiles & les cheveux de la tête, il est là comme un déménageur avec un piano sur les dos..."

CHEVAUX FIDELES - FEU HESITANT

LRR, 88. 28 fév. 1942. "J'ai reçu la visite d'un innocent fermier qui m'apporta des vers de jeune fille de 14 ans: il en a 40. J'allais me moquer de lui quand un mot me frappa, en parlant du laboureur il dit: 'les chevaux fidèles'. J'ai trouvé cet épithète si belle que je lui ai parlé comme à un homme, je lui ai expliqué la diff. qu'il y a entre Villon ou Verlaine & Hugo & la beauté du mot à la fois simple, souple & adhérent. Pensant que 'fidèles' était venu du hasard je lui demandais de trouver le mot qui convenait à mon feu de bois: 'C'est un feu hésitant' me dit-il. Alors [...] je lui ai dit 'vous êtes né'"; DV, 259. "Je ne t'en parlerais pas si tout d'un coup je n'ai eu une lumière vraiment magnifique. Dans un poème insignifiant sur le laboureur, ce mot: les chevaux fidèles! J'ai trouvé ce mot si poignant, si réaliste, si évocateur, si pâle & fort à la manière de Chateaubriand que je me suis mis à lui parler comme à un homme. 'Voyons, lui dis-je, si vous aviez à décrire ce feu, que diriez-vous?' Voilà mon homme qui se plonge dans la méditation & qui me sort ceci: 'Feu hésitant!' C'est tout juste le mot qui convenait. Je lui ai conseillé d'écrire toujours ainsi, c'est-à-dire de ne rien mettre que de pensé, senti profondément. Je lui ai expliqué Villon, Verlaine, opposés à la défroque hugolienne. Il a compris je crois."

CHOIX, CONTRAINTE, VOLONTE

L'ART CHRETIEN EGALE L'ART CLASSIQUE. Corr. I. 138-39. A Doucet, 21 fév. 1917. "Je n'entends pas par art chrétien, l'art gémissant, mais au contraire l'art du choix, de l'examen, de la composition, cela est l'art classique qui a fleuri dans les époques de foi. L'art class. c'est le carême de l'artiste. Le chrétien est l'anti-naturel & l'art par conséquent. Vous allez penser aux Russes, mais les Russes de la grande époque russe, sont des extases romantiques & leurs successeurs les ont imités. La rel. n'aime pas le bafouillage de Dostoïewski. Elle enseigne à se taire comme l'a fait Racine, le poète de la France, cette fille aînée de l'Eglise."

LA DENSITE. G. Kamber. "André Gide & M.J." Folio,no. spéc. 45. "il ne laisse jamais le mot dépasser l'émotion, la pensée; sa phrase les revêt étroitement & sans aucun effet de draperie. D'où chez lui cette qualité si rare du style, qu'il appelle: la densité." - [This answer of Gide] appears to be the typical effusion, perhaps a bit condescending, of a noted man of letters towards a poet & novelist who, while not exactly obscure, had never enjoyed the recognition his admirers thought he deserved." No. spéc. Aguedal, 101.

ESTH. DE M.J. DIFF. ENTRE LUI & LES SURREALISTES. Andreu. "M.J. & les mots en liberté." Op. cit. 77. "Ni 'mots en liberté', ni demain 'écriture automatique' mais choix, contrainte, volonté." Andreu rapproche cette esth. à celle du cubisme chez les grands peintres. CUBISTE, nul ROMANTISME, nul désordre, mais construction & rigueur. Dans ce sens limité on peut dire que M.J., comme il l'a écrit lui-même un jour a été 'un littérateur cubiste'. Obscurité & incohérence apparentes ne l'effraient pas mais les réelles (écrivait-il dans Nord-Sud); ce n'est que par les lois sévères qu'on se sépare du charlatanisme."

"IL N'Y A PAS D'ECRITURE AUTOMATIQUE: le p. est aussi un désordre concerté." Secrétain. "Le mythe de M.J." Op. cit. 41. [...] "il savait bien, en dépit des conseils qu'il donnait aux jeunes poètes, qu'il n'y a pas d'écriture automatique & que le style, ce n'est pas seulement l'homme, que le p. est 'un objet construit', que cette imagination proliférente, il fallait la mettre en ordre, ou en désordre, car le poème est aussi un désordre concerté."

MODERNISME - TRAD. CLASSIQUE. Plantier. "Au service de M.J." Op. cit. 41. "C'est là que l'on perçoit les dangers d'une étude limitée au CD, symbole de toutes les tentatives 'modernes'.L'étude de l'oeuvre entière permet de voir que M.J. ne rejette aucun 'moyen' ancien & qu'il n'a d'idolâtrie pour aucun 'moyen' moderne. Si, comme il n'a cessé de le déclarer, 'le style est la volonté de s'extérioriser par des moyens choisis', la création poétique & nous insistons sur le mot création, exclut toute monomanie. Aux questions de l'enquête des Cahs. du Journal des Poètes 16 (1936) 'le poète doit-il être de son temps? Comment doit-il l'être?' Il répondit: 'Eternel, autant que possible, mais pas trop ennuyeux.'" Après l'étude soigneuse de toute l'oeuvre jacobienne, Plantier conclut que "cette éternité, le poète la fonde sur un dépassement par certains côtés ou par une neuve distribution des moyens, de la trad., sans jamais la renier." Selon lui, M.J. est "le maître d'un langage qui s'enracine dans les siècles & se dépasse dans un homme."

SOYEZ DIFFICILE AVEC VOUS-MEME. LEJ, 33. [sept. 1935]. «Ce n’est pas cela que nous avons voulu, mes amis & moi, mais une harmonie, une harmonie nouvelle. Soyez profond & non bizarre."

LE CIEL

ACTIONNAIRE DU CIEL. MR. T,r. 6.; Gallimard. 40. "Nos péchés." "Cependant, Dieu, bonté judiciaire, poursuit sa faction au dedans des humains, ayant pitié de moi, & vers la 30e année de ma vie il attenta à mon inaction par un miracle: par une extraordinaire apparition il m'a dévoilé la preuve de son existence. Indispensable A.B.C. me voilà actionnaire du ciel."

CIEL DES IMAGES. NL (20 fév. 1932). "On dit que je me servais de mes rêves de la nuit pour faire mes p. Je ne le nie pas absolument, je prends mon bien où je le trouve, même s'il est au Ciel des images de Platon, dont nos rêves nocturnes ne sont que le reflet;" Blanchet. La Litt. & le spirituel. Op.cit.26.

CIEL DES IMAGES DE PLATON. "Givre." Lafranchis. Marcoussis. Op. cit. s.p. "Nous avons au ciel des images (un ciel exploré par Platon, le neuvième, prétendent les mages). Nos portraits purs de tout démon & de la boue du Phlégéton"; prem. publ. Sélection 7 (1929); Rivage. 199-201; Alice Halicka. Hier, souvernirs. Paris:Pavois, 1946, 270-72; poème en prose & en vers in l. à Marcoussis. 30 août 1919.

"LE CIEL EST EMPLI DU REFLET DE LA TERRE avant que soient advenus les événements de l'histoire & quelle que soit leur insignifiance." VM, 93. "Et M.J., dès le prologue du SJ, 'une ville gothique allemande', nous glisse la clef qui doit nous permettre de le lire."

"JE CHERCHE LA PLANTE QUI FAIT VOIR LE CIEL. Mais j'ai oublié son nom & je ne la trouverai pas." Secrétain. "Le Potager de St.-B." Mail, no. spéc. 231.

PAYSAGES DU CIEL. MR. T.r. 64; Gallimard. 93. "Choix entre Paradis & Enfer." "Soyons déjà dans ces [...] paysages du Ciel, les anges dont la foi déplace les montagnes, fabriquent pour chaque élu au gré de ses desseins, de ses goûts de sa nature. Une matinée d'été ou de printemps! Les pins touffus en haut d'une falaise, le soleil filtre par les branches dans le silence, & moi, allongé dans l'herbe épaisse, avec un livre. Le fleuve au travers des arbres, & les voiles d'un bateau qui passe au fond, en bas. Un geai qui va d'un arbre à l'autre, que je reconnais à ses plumes bleu pâle, à son cri. Un écureuil qui glisse d'un arbre à l'autre & s'arrête sans peur devant mon livre ouvert comme devant quelque chose de très naturel."

CINEMA

MAX JOUE AU CINEMA. MJ/JC, 233. 5 avr. 1925. «Presque tous les jeudis de jeunes messieurs viennent avec leur abbé jouer au Cinéma avec un appareil Pathé Bébé, à St.-B. Ils viennent d’Orléans. Ils se déguisent & on va au bords de la Loire. Ils font des films qui sont la synthèse de tout ce qu’ils ont vu; c’est une synthèse admirable du cinéma. J’aide dans les rôles de père noble en redingote. Jeudi dernier je devais être grillé dans une hutte au Canada. Ma redingote qui est un souvenir de famille & qui à mon âge a été entièrement grillée sur moi. N’oublie pas que nous sommes au pays de Jeanne d’Arc; la couleur locale n’est pas morte.»

COMIQUE & GAITE

LE COMIQUE EST LA CLEF DE L'OEUVRE JACOBIENNE. Saint-Thomas. Op. cit. 9-10. "Chez ce poète le comique est si répandu qu'il nous paraît être la clef de toute son oeuvre." L'auteur distingue ‘la fantaisie, l'ironie, la satire & l'humour.’"

"LA GAITE, SURTOUT LA TRISTE EST LE FEU DIVIN." J. Lanoë le cite in "Les gaités tristes de Morven le Galéique." Monde, no. spéc.1976. 12.

"L'HUMOUR & L'ESPRIT DE M.J." Pérard, op. cit. 73-74. "Pas d'humour sans esprit. Max était 'un diamant d'esprit'. Tout ce qu'il disait, écrivait, était traversé d'un rayon. Où trouver des associations d'idées, d'images & de mots aussi personnelles, aussi rapides que les siennes? Pas d'humour sans gaîté. Max avait la plus rare, la gaîeté triste, 'celle qui a passé par le gouffre du sérieux' & qu'il appelle 'le feu divin'. Il dit encore: 'le grand sérieux est la cond. prem. du beau pour qui sait rire.' [...] R. Escarpit in L'Humour, note qu'à l'aube de ce siècle 'ce sont les poètes qui ouvrent enfin toutes grandes les portes de la pensée à l'humour' & que M.J. est des prem. qui le définit ainsi: 'une étincelle qui voile les émotions, répond sans répondre, ne blesse pas & amuse...' ‘C'est retrouver, [...], le sens social de l'humour [...] de façon créatrice, en profondeur, comme un moyen d'exorciser les angoisses de l'hommme social.' Autre définition jacobienne de l'humour: 'sorte d'ironie mouillée de larmes qui empêchent que les imbéciles nous prennent au sérieux, parce qu'ils ne savent pas que là où il y a amour, il y a une pensée & une douleur.'" (Cadou. Esth. 43). - "Complétons la prem. déf.: 'L'humour est le gai résultat de plus. pensées ennuyeuses; il est souvent la preuve de la grandeur. [Il] est attendri & charmant.'" CJP, 81.

REPONSE DE M.J. A UNE ENQUETE SUR L'HUMOUR. Soc. d'études du XXème siècle. Aventure Dés. J.M. Place, 1975. "Questions: 1 Est-il vrai que l'art fr. tire ses racines profondes de l'humour, comme le dit M. Maurice Verne dans un feuilleton litt.? I L'Humour, c'est l'ironie indulgente. L'ironie de Molière ne l'est guère ni celle de Voltaire. 2 Pensez-vous, avec celui-ci, que les oeuvres de Rimbaud, de Lautréamont & de Jarry constituent une expression suprême de l'humour? II Non. 3 En ce cas, ne seraient-elles pas les premières à influencer l'art à venir? III 40 ans d'humour! D'Aurélien Scholl à Cami est-ce qu'on n'a pas assez de rire? Amour! que votre règne arrive dans les oeuvres & partout! Mais cette antiquité de Rimbaud!!! Une question à mon tour. Ne croyez-vous pas, si l'humour quadragénaire n'abdique pas avec les rois, qu'on le doive plus à Charlot qu'à Lautréamont, ce Chateaubriand malade?"; Cah. M.J. no. 2 (1979): 122.

COMPLEXE DE PATERNITE

"LEQUEL DE NOUS, MONSTRUEUX CELIBATAIRES - je n'en parle pas pour vous faire la leçon - lequel n'a pas senti une fois que l'animal humain fut créé pour être père?" HCH, chap. IV. 55.

"N'OUBLIONS PAS LE SUCCES CONTINU POUR NOTRE FILS CHERI (A TOUS LES DEUX)." LJColle, 23, n. 2. L. 28 déc. 1928. "Pierre Colle avait demandé à M.J. d'être son père spirituel. Ce voeu fut d'autant plus exaucé que Max eut toujours un pathétique désir d'être 'père.' Les j. gens qu'il aime deviennent ses 'fils'."

LE CONCRET

LE CONCRET, LE REEL DANS LA POESIE DE M.J. Manoll. "L'Aventure poétique..." Op. cit. 9. "Il s'appliqua à saisir les données de l'inconscient, se livrant assidûment à ce travail de décantation spirituelle & d'élaboration, par lequel la réalité se transmue en poésie. Mais, quelle poésie? Celle de l'événement pur & du quotidien, qui emprunte ses matériaux aussi bien au style roman-feuilleton, aux lieux-communs de l'époque, 'aux suggestions verbales, à l'imagerie onirique, aux visions hypnagogiques.' Jamais il ne sacrifie à l'intellectualisme ramenant sans cesse la poésie au concret, le seul, selon lui 'à nous donner le sentiment intense du réel, qui dépasse en authenticité celle qui pourrait naître en nous' de n'importe quel agencement de concepts."

CONCRETISER, L'ABSTRAIT EST ENNUYEUX. CJP, 25. "Ayez un style concret où il soit question de choses, d'objets, de gens. Qui fait l'ange fait la bête, dit Pascal & il sort de la poitrine de Dieu de l'eau avec le Sang Esprit. L'eau est matière. Très important: Concrétisez!"

FUYEZ LE STYLE CRITIQUE. VM, Annexe X. 316. F. Sentein voulut lui rendre aussi hommage dans l'Echo des Etudiants, mais son article - très beau -, après de longues hésitations, ne fut pas publié, on avait peur des Allemands. Il en a, heureusement gardé les morasses : [...]. 'Fuyez le style critique' [...] découvrant par ce simple mot des exigences que tant de pensées n'entrevoient même pas."

L'IMPORTANCE DE LA TERRE, DU CONCRET. LRR, 111, n. 97. "L'éloge da la souffrance, de l'ascétisme & du repentir nous donne quelquefois l'impression que, dans une vision manichéenne, M.J. condamne toute participation à la vie terrestre. Or, son analyse des chutes du Seigneur sur le chemin de croix réhabilite la terre. De même qu'en esth. la tête doit s'unir au coeur, l'abstrait au concret, le chrétien affirme la nécessaire conciliation du regard sur les joies terrestres & de l'aspiration au ciel: 'Chutes de Dieu. Dieu se donne à la terre. L'Homme dans la mystique de l'esprit ne doit pas se séparer de la terre.' 'Antée dans la myth. grecque se donnait à la terre pour retrouver ses forces.'" Pérard. 117.

LUTTE CONTRE L'ABSTRAIT. L. à Henri Lesserre. 29 juill. 1942. (Collection J.P.). Palacio. "M.J. & Apollinaire..." Op. cit. 473. "Qui fait l'ange fait la bête» de Pascal signifie la lutte contre l'abstrait. Faire descendre en soi, dans sa propre boue. Le mot [d’Apollinaire] ‘Il faut pécher’ n’est qu’une exagérartion poétique de cette pensée de la concrétisation, un ‘mot syntétique’ d’ailleurs dangereux."

PARLER DES CHOSES DU CIEL DANS LE LANGAGE DE LA TERRE. A Pérard, op. cit. 19. 29 déc. 1926. «Dante est un homme qui a marié le ciel & la terre: il a eu l'audace de parler des choses célestes dans le langage de la terre... Ne parlons de rien dans un autre langage si nous pouvons.» Dans un P.S. «Le centre de l'Esprit est au centre de la terre.»

THE WORLD ENTERS LJF. Intr.226. "Max effaces himself in his poetry; he allows the world to enter, the world that he is attempting to transform."

LA CONVERSION

Lannes. Poésie 20. Op. cit. 37. "Au moment de sa conversion, Francis Jammes lui avait écrit: 'Monsieur Jacob, quel courage il vous faut!' A quoi il avait répondu: 'Je me suis jeté dans les bras du Christ mort de peur. Ma conversion n'est pas d'un héros, elle est d'un lâche.' [...]. A la fin de ses jours, il était devenu un paysan, ne quittant plus le sarrau noir & les sabots, avait laissé en quelque confessionnal le monocle derrière lequel du temps de ses années parisiennes, il se jouait de soi avec un humour inimitable."

LE CORNET A DES - CHAGALL EN MUSIQUE.

Carlo Rim. C'était il y a 30 ans. 60. "Un étudiant autrichien Hans Vogel (qui sera tué quelques jours plus tard), eut ce mot: "On dirait du Chagall en musique!"

LE CORNET A DES COMMANDE PAR LE COMTE DE GOUY

LPM, 69. 28 avr. [1931]. "Le comte de Gouy qui ne parle que de gentilhommerie m'a commandé pour lui-même une suite au CD: je l'ai faite. Il a été enthousiasmé & m'a donné un bouquet de fleurs qui appartenait d'ailleurs à l'Hôtel. 'Cette belle lumière argentée de l'Ile de France.' moi: - 'Il n'y a plus que la lumière qui soit argentée.'" Par contre le 10 juill. 1931 in LBEG, 25, il écrit: "Le comte comprit & me fit de longues plaintes sur ses dettes, ses disettes, un héritage volé, etc... Une autre nuit il me fit admirer une montre de famille [...] je m'extasiais. 'Elle est à toi, dit le comte. Tu m'a fait un cadeau princière, je te fais un cadeau royal.'" Voir ces poèmes en prose, coll. Didier Gompel, in Poèmes épars: Le Cornet à Dés II (Une suite). Op. cit.

CORRESPONDANCE

AIMER PAR CORR., pour M.J., ce n'était pas aimer moins. LMB, 29 nov. 1941. DV, 250. 'J'aimais profondément ce garçon [Michel Levanti] par correspondance. C’est un des rares êtres qui aient eu la connaissance intuitive de mes intentions terrestres.'". LML, intr. 22. ‘En mourant il a pensé à moi & a prié le curé de sa paroisse de me faire un adieu. J’en suis remué jusqu’au fond de mon coeur’; LRR, 19. mars 1922. "Je ne croyais pas que l'on pût aimer par corr., mais il faut croire aux effluves & je ressens nettement que je vous aime."

AMI PAR CORRESPONDANCE. LLP, 60. St.-B. 21 fév. 1926. Au prince Ghika: "J'ai trouvé votre cher mot en arrivant &, bien entendu, sur 92 l. qui m'attendaient, la vôtre est la prem. qui n'attendra pas. J'étais à Madrid où j'ai fait une conf. sur n'importe quoi devant n'importe qui [...]. Chemin faisant je me suis fait décevoir à Lourdes & décevoir à Bordeaux où j'avais par corr. un ami [Emié] qui a cessé de l'être devant mes yeux expérimentés. Egarements! J'ai bu de mauvais vins, réputés & dansé à un bal masqué sans joie." [M.G. Si on lit ses l. à Emié, on dirait juste le contraire!]

«AUSSI FAUDRAIT-IL REUNIR CETTE CORR.: ELLE CONSTITUERAIT UNE DE SES OEUVRES MAITRESSES." Belaval. Op. cit. 33-34. «La corr. ne formerait pas seulement un témoignage nuancé sur la personnalité de l'écrivain, elle serait un doc. sur une époque litt.»

LES CLES DU CD DANS SA CORR. Fréderic van Ermengen.[Franz Hellens]. "Max Jacob." Essais de Critique intuitive. Bruxelles: Soc. Gén. d'Eds. 1968. 81. "La musique intime & l'énergie fondamentale de l'oeuvre de M.J., c'est sa corr. qui nous en fournit la clé. J'allais dire les clés & les manettes, songeant à la diversité de ton & de rythme d'ouvrages comme LC, CD, F.- 83. "Van Gogh écrivait ses tableaux dans sa corr. avec Théo; M.J. dessinait ses p. dans quelques-unes des ses plus vivantes l. à ses amis."

LA CORR. AVEC SALMON. Salmon. SSF III. Op. cit. 286. Chap. "St.-B. chez Mme Persillard." "Me connaissant incapable de la méthode nécessaire, j'ai confié les l. qui me vinrent de St.-B. à un spécialiste, M. Marcel Adéma, le scrupuleux biographe & bibliographe de G. Apollinaire. Ce n'est pas à moi, le défaillant qu'il appartient de s'étonner du long délai que doit s'accorder M. Marcel Adéma."

LA CORR. AVEC MAURICE FOMBEURE. M. Fombeure. "Rencontres avec M.J." Simoun, no. spéc. 33-34. "J'ai rencontré M.J., pour la prem. fois, à St.-B., au mois de déc. 1925. - De là date une amitié qui ne devait finir qu'avec sa mort. Et encore? Et une abondante corr. semblable à celles que possèdent tous ses amis."

LA CORR. DE L'AUTEUR DU CN. LMB, août 1937. DV,48-49. Cette corr. fut variée & multiple. "Ne me félicite pas de mon empressement à répondre aux l. Ce n'est guère flatteur [...] ça a plutôt l'air d'une liquidation. Je liquide aussitôt reçu. Je n'ai fait d'ailleurs que cela dans ma vie: liquider. Je liquide mes amis, mes prières, etc."

"LA CORR. EST-ELLE UN GENRE LITTERAIRE?" Cadou. "La vie du poème." Op. cit. 147; Cahs. du Nord, op. cit. 191-92. "A cette enquête des NL. M.J. répondait: 'Les l. sont des oeuvres d'art en liberté (le plus bel art). Une l. c'est comme son écriture. L'écriture révèle le scripteur: les poètes écrivent des l. de poètes; le génie, une l. de génie. Je reçois des l. très intelligentes & même des l. de penseurs...,il y aura toujours de l'esprit en Fr. & ailleurs. Mais le genre épistolaire? Il me semble que personne n'y songe plus. Plutôt la l. sublime que la 'belle lettre'... au moins parmi mes correspondants (ce ne sont pas ceux de l'Institut)."

LA CORR. DE M.J. Sauguet. "Une journée de M.J..." Europe no. spéc. 28. "Sa corr. est, sans doute, la part la plus considérable de son oeuvre, celle dans laquelle il se livrait, non sans détours; mais ces détours mêmes le livrent tout autant que des confessions. On n'en finira pas de découvrir Max dans ses l. & on ne finira jamais de les publier: il y en a partout"; à Belaval, op. cit. 17. "[...] j'écris six l. par jour."

LA CORR. ETABLIT "UNE CHAINE, UN CHENE." LMM, St.-B. 21 ou 22 nov. 1940. 69. "La vérité est que nous ne nous écrivons pas assez souvent - quand on s'écrit souvent, les détails de la vie connus par l'un & l'autre correspondants éveillent d'autres détails moins ou plus connus [...]."

CORR. - PROSELYTISME. PSICHARI. LES CONVERTIS DE LA BELLE EPOQUE. Eds. Rationalistes, 1971. 101. "J'ai eu récemment par un ami, communication d'une l. inéd. de M.J., qui est bien le reflet de son état d'esprit de convertisseur. M.J. apprend qu'un de ses amis, pendant la guerre vient de perdre son père & se met en devoir de lui écrire une l. de condoléances (16 janv. 1940). Mais après deux lignes sur le sujet, la l. relève en réalité du prosélytisme le plus évident. Et sur quoi doit être fondée la conversion espérée par Max? Sur la crainte de Dieu, sur la mort qui est la terreur suprême: 'Dieu te frappe en ce moment parce que le malheur général ne suffit pas à te faire réfléchir. Il ne suffit pas d'être aimé, aimable & plein de talent, cela c'est la terre & tu t'en tires très bien; il y a la mort, tu le vois & tu dois songer à ton âme. Que n'ai-je plus tôt songé à la mienne, je ne vivrais pas dans la crainte (salutaire mais tardive) de la Justice immuable de Dieu.'"

COULEUR DOMINANTE DE SON ESPRIT. Béalu. DV, 50-51. "A travers une flatterie souvent exagérée, une complaisance excessive quoique rarement intéressée, le sarcasme caché sous l'hyperboliques protestations d'amitié, plus souvent une bonne humeur qui, enveloppant larmes & pires soucis, était la couleur dominante de son esprit, il épanchait tour à tour sa causticité proverbiale & sa générosité naturelle dans ses l. à ses amis."

"LE COURRIER L'ATTENDAIT A LA POSTE, dont la rue, depuis, prit le nom de M.J. Immédiatement il répondait à toutes les l. qu'il venait de recevoir. Et chacun pouvait alors penser qu'il était le seul & l'unique ami." R. Szigeti. "Amitié de M.J." Europe, no. spéc. 34.

DANS SA CORR. IL DISPERSE SES DONS. Lannes. "Max Jacob." Art, op. cit. "Sa conversation, sa corr., ses gouaches assumèrent d'autre part une dispersion presque démoniaque de ses dons."

DE RETOUR D'ITALIE, LE 2 JUILL. 1925, «200 l. L'ATTENDAIENT sur son bureau», il répond «à raison de 20 l. par jour.» VM, 182; ibid. 257. Il se dépeint l'épistolat.

"DEVOT EPISTOLIER." Jean Chalon. Préf. LLP, 10. "Dans ses Portr. de famille. (éd. Janin), Léon-Paul Fargue se déclare comblé par 'des lettres exquises.' N. Barney, dans ses Aventures de l'esprit, qualifie le poète de ‘dévot épistolaire’."

ENGAGEMENT TOTAL. Sauguet. "Une journée avec M.J." Créer no. spéc.30-31. "Il écrivait comme il conversait, avec une absolue liberté d'allure, d'idée, d'opinion, d'humeur, mais surtout il écrivait toujours avec cette extraordinaire passion qu'il mettait en tout & sans aucune préoccupation d'ordre litt. Il n'écrivait pas pour l'avenir, dans la pensée d'une publ. possible, & future, ses l. étaient des moments qu'il consacrait vraiment à son correspondant & dans ce grand élan d'amitié qu'était le mouvement même de sa vie. [...]. Comme les ouvriers du bâtiment, Max chantait en travaillant, & toutes sortes de musiques fleurissaient ainsi sur sa bouche."

EN REL. COMME EN LITT., M.J. A RECU VOCATION DE CONVERTIR. Père Jean. "M.J. ou les chemins de la conversion." Rfl. no. spéc. (1981): 4.

"LES FAUTES D'ORTHOGR. NE ME DEPLAISENT PAS" il a horreur des ratures. LLP, 67. 28 juin 1926.

"JE SUIS COUPABLE ENVERS VOUS, MAIS SONGEZ QUE J'AI PARFOIS VINGT OU TRENTE L. A ECRIRE & un travail double de peintre, d'écrivain, etc." A Moremans de 1927. Op. cit. 38.

L. AUX SOLDATS. Tuarze. Op. cit. 97. à Leonardi. 3 fév. 1940. "je suis emberlificoté dans des morceaux de l. à des indifférents: depuis 4 mois je n'ai pas d'autre occupation que d'écrire à des soldats du front. Il paraît que le vaguemestre est leur seule joie: ils vivent du courrier & par le courr. Ils vont d'un courr. à l'autre &, dans leur ennui qui est immense, ils ne pensent qu'au courr. En ce moment j'ai l0 l. par jour"; LLP, op. cit. 152. "Mon métier c'est d'écrire au front à 81 adresses. Ces jours-ci les l. arrivent par vagues de fond & s'étalent en monceaux."

---. LRV, 90. 13 sept. 1939. "Je passe mon temps à écrire des l. aux soldats, j'ai 49 adresses, & j'écris quatre l. par jour en plus de mon train ordinaire; VM, 257. "En janv. 1940, il écrira à la princesse Ghika qu'il a 81 adresses & appelle ses correspondants insatiables, 'les Danaïdes'. Pour se dépeindre, il créera un joli mot, l'épistolat."

"LES L. DE MAX SONT DES CHEF-D'OEUVRES INNOMBRABLES." La séance à la mémoire de M.J. au théâtre d'Orléans [avec les témoignages écrits de Claudel, Cocteau, Delteil, Cingria].

L. VOLEES DE M.J.

Salmon. SSF III. Op. cit. Notes. [385]. "Le poète M. Béalu a réuni en vol. les l. que lui écrivit M.J. L'une de ces l. démontre clairement que c'est avec permission de M.J., alors en vacances à Quimper, qu'un autre poète, très jeune, très pauvre, put faire dans la chambre de Max, chez l'incomparable Mme Persillard, un abondant choix de l. à revendre au libraire Lipschutz [sic]. Je maintiens que ce dernier se montra singulièrement généreux en détruisant, histoire de n'affliger personne, le coûteux cat. des l. en question. Il le fit aussitôt qu'on l'en priait. De rares exemplaires ont circulé. C'est un doc. d'importance capitale." [L. volées & retrouvées dans le cat. du libraire Lipschitz].

M.J. A ECRIT DES MILLIERS & DES MILLIERS DE L., TOUT AU LONG D'UNE VIE 'A CIEL OUVERT' qui ne concevait point qu'on pût oeuvrer sans répandre, croire sans propager, aimer sans enfanter l'amour [...]. Aussi bien, ces milliers de l. ne sont-elles que le prolongement naturel & ininterrompu d'une oeuvre qui, p. ou prose, drame ou essai, pastiche ou roman, se veut, avant tout, dialogue, conversation, qui en appelle constamment, par son écriture même (l'apostrophe, l'interjection, la parenthèse, les points de suspension...) & sa tonalité (la blague émue ou acide, la confidence nue, le mot familier) au jugement d'autrui, à sa critique, qui provoque l'échange ou le refus, l'adhésion ou le sarcasme, & qui, dans tous les domaines - pictural, poétique, fidéiste, amoureux - est une entreprise de prosélytisme autant qu'une volition de créateur." Rousselot. "M.J." Cahs. du Nord no. spéc. 205-06; J. Morgenroth Schneider. Op. cit. 113 conteste l'idée du prosélytisme, elle parle du désir "to get in touch with oneself through others, by the need, to corroborate the fact one is there.The pursuit of identity through self-objectivization is one meaning of dialogism [...] (not proselytism as J. Rousselot claims)."

"MAX JACOB AIMAIT LES POETES DANS L'OEUF. Sage-femme de la jeune poésie." U. Pfau. Zur Antinomie cite Béalu, DV, 48. Elle cite aussi J. Rousselot de M.J. au sérieux soulignant la manière dont il a critiqué gentiment les oeuvres que les jeunes lui ont soumis, par des louanges en général; & Emié, (D, 136-37) affirme "Quel que fût le livre qu'on lui soumît, il ne le lisait jamais qu'avec la plus pointilleuse minutie [...] & le mimétisme qui lui avait permis de 'prêter la plume' aux héros de son C entrait en jeu à son tour, dès que, penché sur un roman ou un p., il se mettait automatiquement dans la peau de son auteur."

"M.J. DISCOVERS EVERYBODY BEFORE ANYBODY ELSE." Folio no. spéc. 47. A. Thau. "M.J's letters to G. Stein." G.S. asserts this in Everybody's Autobiography. N.Y.: 1937: 42. In "Eternité du poète." no spéc. Aguedal (1939): 168. "Et il fait les découvertes de chaque jeune âme qui paraît dans le monde & il fait cette découverte avec son âme de poète."

M.J. EST DE MILLE PIECES DANS SES L.. Rousselot. Cahs. du Nord. No. spéc.206. "Il était 'tel' - non tout d'une pièce, mais de mille - dans ses l. comme dans sa personne, & merveilleusement 'livré.'"

M.J. GRAND EPISTOLIER. M. Sachs. La Décade de l'Illusion. Gallimard, 1979, 202; cité in LLP, 9. "Le poète avait une immense corr. qui lui prenait plusieurs heures. [...]. Il s'en acquittait sans fatigue. Sa plume courait alerte sur le papier, racontant mille nouvelles & se plaignant des injustices humaines [...], conseillant, aidant, recommandant le bien en toutes choses";"Il est l'homme de son style &, qu'il converse ou crée qu'il ajoute une image au p. ou griffonne un billet, son style ne cesse de le refléter, [...] de l'épouser jusqu'en ses moindres malices, jusqu'en ses plus secrètes angoisses."

"M.J. N'A CERTES PAS FINI DE NOUS ETONNER, l'avenir nous livrera sa vaste corr., on verra quel merveilleux épistolier il fut, combien sensible & profonde fut son influence sur la poésie de son époque. Bien des inédits restent encore à paraître." Denoël. "Deux poètes morts." Parisienne (avr. 1954): 414.

"ON PEUT GLANER & ON GLANERA DANS LES INNOMBRABLES L. DE M.J. A SES AMIS, mille réflexions drôles, mille anecdotes amusantes, mille pensées profondes. M.J. tenait à ne pas rompre les liens qui l'unissaient aux hommes de son temps. Toute sa corr. aimable & vive, porte la marque du plus sincère souci de l'existence d'autrui." Parrot. "Pur comme un enfant." Op. cit.

PLAISIR DE LA CORR. DV, 49. ‘Ma vie, c'est mes amis’... «en décachetant son courrier de cet oeil amusé, gourmand, qui savait parfois à l'avance, ce que renfermait chaque enveloppe»; LJC, 31. 21 fév. 1926. «Je suis près d'un tas de l. comme on est près du feu & je tisonne»; MJ/JC, 390.

POST-SCRIPTUM. CJP. Béalu. "Circonstances." 8. "M.J. aimait réserver le plus important d'une l. pour le p.s., condenser dans une note en bas de page l'essentiel de sa pensée, cacher ses intentions entre les lignes, enrober ses conclusions dans un sourire."

"QUAND ON PUBLIERA LA CORR. DE MAX, QUELLE REVELATION. (Aussi grande qu'a pu être vive la déception devant celle de Proust). L. de J. Paulhan à Gabriel Andisio, 28 mars 1944." Intr. Paul Vallotton. Dir. Radio & Télé Suisse Romanche, Lausanne.

REPETITION DANS LA CORR. Des échos parcourent sa corr. car il doit répondre à des dizaines de lettres.

"SA CORR. SERA, AU JOUR DE LA PUBL., L'UNE DES PLUS CONSIDERABLES DE LA LITT. FR. Calquée sur la parole directe, elle conservera sa présence mieux que tous ses écrits publics. - Il y a matière à au moins dix vol., sans tenir compte de la corr. actuellement dispersée entre les mains d'un nombre peu ordinaire d'amis." Lannes. Poésie 20. Op. cit. 36, 38.

SES AMITIES DANS SA CORR. Secrétain. Intr. TB. Comédie. Op. cit. 14. "Face à l'ensemble de son oeuvre, à ce qu'on connaît d'une foisonnante corr., où s'éparpillaient ses amitiés & ses cogitations, à ce qu'on sait de lui après tant de gloses & d'hommages, éparpillés eux aussi, la difficulté est toujours grande de le saisir dans une analyse exhaustive & dans une classification sécurisante."

SIGNIFICATION DE LA CORR. LRV. Intr. 12. "[...] que signifie pour son auteur l'entretien d'une abondante corr. si ce n'est la nécessité intime de se sentir entouré d'amis nombreux & qu'il veut chaleureux."

SIGNIFICATION LITT. DE LA CORR. LML. Intr. 9. "La corr. de M.J. est en effet étonnamment vaste, & présente - en dépit de son allure spontanée, familière - un très grand intérêt litt. A chaque ligne l'écrivain fait sentir sa marque: d'ailleurs le Max épistolier ne s'invente-t-il pas un personnage, parmi les plus curieux, les plus séduisants & les plus profonds de la litt. contemporaine? [...]. La corr., comme les autres usages - poétique, rel. - qu'il avait coutume de faire de l'écriture, était pour lui une manière d'exercice spirituel. De là provient, sans doute, l'étrange rayonnement qui se dégage du moindre de ses billets. Modestement mais avec éloquence, ceux-ci attestent que pour M.J., comme pour Rimbaud 'la vraie vie est absente.'"

SI QUELQU'UN SE PREOCCUPE UN JOUR DE REUNIR LES INNOMBRABLES L. DE M.J. & DE LES PUBLIER (mais 50 vol. n'y suffiront pas!) il apparaîtra que ce poète pour qui 'travailler' était synonyme de 'se pencher sur soi' fut, dans sa corr., un créateur; non d'un style, mais d'une manière. M.J. épistolier dit 'tout ce qui lui passe par la tête' (& par le coeur) &, si ce qu'il a dans la tête ou le coeur l'obsède, il le redit & le redit encore, avec ou sans variante, à ses autres correspondants de la journée; a-t-il quelque mal à dire d'un ami, il le mande sans aucune précaution à un ami de cet ami; quelque bien? il fait de même, quitte à se contredire dans une l. suivante, sur la mal ou sur le bien ou, si on lui en reparle, à déclarer de bonne foi qu'il a oublié, ou qu'on l'a mal compris. [...]. Mais, comme nous sommes loin de la préméditation d'un Voltaire, d'une Mme de Sévigné, d'un Marcel Proust, triant sentiments & pensées avant même d'approcher l'écritoire & construisant méthodiquement, ensuite, l'image d'eux-mêmes qu'ils ont dessein d'offrir: M.J. est aussi étranger à ce 'beau style', qu'il l'est, dans son art, à la logique rationnelle. [...] M.J. ne fait rien d'autre, mais l'existence, telle qu'elle sort de ses mains [...]." Rousselot. Cahs. du Nord, no spéc. 207-08.

TON PARTICULIER DANS LA CORR. H. Henry. "Jalons chron. pour une amitié..." Op. cit. 191. "Il y a un ton particulier dans toute corr. de M.J. Elle est le miroir de l'interlocuteur autant que le banc d'essai des humeurs, des méditations ou des thèmes poétiques du scripteur. Il y aura donc le Picasso de P. Eluard, le Picasso d’A. Salmon, le Picasso de M. Béalu ou de R. G. Cadou. A ne pas prendre trop ... à la lettre, par conséquent."

"UNE PASSION DE LA 'BOTANIQUE HUMAINE'". Ch. Pelletier. RFl. (Noël 1970) No. spéc.11. "C'est peut-être à ce goût du contact avec son prochain que nous devons de dénombrer autant d'écrits relatifs à la biogr. jacobienne & aussi peu de publ. élucidant les oeuvres mêmes."

LA CRITIQUE DE 1970-1980

L'APPORT CRITIQUE DE LA PREM. GENERATION. Plantier. "Au service de M.J." Op. cit. 43. On ne devrait pas négliger "les témoignages apportés par les peintres, les poètes, les musiciens qui connurent M.J. [...]. L'entreprise est trop délicate pour que les avis aussi précieux ne viennent soutenir l'analyse & nourrir l'intuition. Le seul danger pour le chercheur est de croire le problème résolu & de se laisser ligoter par des souvenirs & surtout par des anecdotes [...]."

CE QUI RESTE A FAIRE. Quelle place accorder au romancier par rapport au poète? Belaval. C'était il y a trente ans. No. spéc. 18. "la prem., jugeait Thibaudet, la seconde répondons-nous le plus souvent."

CONCEPTION GLOBALE DE L'OEUVRE DE M.J. Plantier. L'Univers poétique. Op. cit. 12. Pour ne pas tomber "dans les pièges d'une explication fragmentaire de la psych. ou de l'art de M.J., nous partons d'une conception globale de l'oeuvre. Il s'agit de rendre perceptible, avec ses contradictions & ses variations, l'univers poétique de M.J."

CRIT. FONDEE SUR LE SEUL CD. Ch. Pelletier. "Un écrivain sans purgatoire." Monde 1976 sect. spéc. op. cit. 12. "Les jugements qui se sont imposés furent exclusivement fondés sur le seul CD. Il est vrai que ce fut un ouvrage le plus justement célèbre & que ses autres livres, non réédités devinrent introuvables. Et durant une trop longue période, les dénominations de ‘magicien’, 'fantaisiste', voire 'joueur' revinrent fréquemment au fil des publ. Le titre même du recueil y invitait, son contenu semblait confirmer le bien-fondé de ces jugements."

CRIT. HAINEUSE. Marcel Say. Montparnasse (1er août 1921)."Mais pourquoi ce disciple de Porphyre débarbouillé à l'eau bénite cet hermite casuiste & libertin d'une puberté curieuse & friande d'une virginité lubrique de pourceau nègre s'amuse-t-il uniquement à trouver du bout d'un cierge ou d'une baguette de sorcier des farces érudites les bancroches à l'ésotérisme truffé de gravelure & prodigieuse de fantaisie? Puis ensuite Paul Hussa fait son éloge (il est de Montparnasse)."

---. Garreau, Op. cit. "Il était si malléable, si à l'affût de la mode qu'il aurait bien pu finir, après tout communiste ultrasnob, comme la plupart de ses derniers amis." P. 125. "Maintenant, le miracle est réalisé, ce grand volage est fixé pour toujours."

LA CRIT. RECENTE DE M.J. Nesmy, Jean Dom Claude. "Apollinaire..." Op. cit. 58, n. 10. "Les oeuvres principales ont été rééd. chez Gallimard, La vie de M.J. est un document de prem. ordre, puisque rédigé d'après les confidences de M.J. lui-même en 1928. R. Plantier a étudié à la fois L'Univers poétique de M.J. dans une grosse thèse (op. cit.) & M.J. (op. cit.), car il insiste 'l'itinéraire religieux & l'itinéraire esthétique se confondent'. La RLM commence une série M.J. dont le 2-e fascicule est consacré aux oeuvres romanesques. Les Cah. Bleus [...] ont publié un no. spéc. M.J. avec fac-sim. des autogr. & des textes qui forment un ensemble particulièrement remarquable (no. 9, 1977) avec prolongement dans le no. 10. Les l. à R. Villard, ami d'enfance de M.J. suivies du 'Cah. des Maximes', rédigé par lui à l'âge de 16 ans (op. cit.) sont aussi un doc. important."

LA DEUXIEME GENERATION DES JACOBIENS. Plantier. "Au service de M.J." Op. cit. 43. "Il nous manque actuellement des études objectives tant sur le plan de l'hist. litt. que sur le plan des techniques du langage jacobien. [C'est ce que Plantier a accompli]. Le temps est venu pour la seconde génération des amis de M.J., c'est-à-dire, pour ceux qui ne l'ont pas connu, de donner à l'oeuvre toute son ampleur, toute sa mouvance créatrice." Plantier nous assure qu'une attitude scientifique à l'égard de l'oeuvre n'exclut en rien la ferveur, le dévouement & la sympathie & c'est ce qu'il a prouvé par sa thèse magistrale.

ETAT PRESENT DE LA CRIT. JACOBIENNE. Cadou. Ibid.11. "On n'a pas assez insisté, à mon gré, sur l'oeuvre en tous points capitale de M.J. Ce n'est pas lorsqu'on aura situé Max sur les trétaux du Bateau-Lavoir ou dans l'embrasure d'une petite fenêtre en ogive de St.-B qu'on aura fait un pas en avant dans l'explication de son oeuvre."

---. Palacio. "Le sang et la crucifixion." Op. cit. 593. 'Je n'ai fait qu'ouvrir un chantier. Les études jacobiennes commencent à peine.' "Ainsi s'achevait récemment l'avant-propos d'une des rares exégèses crit. consacrées à un livre de M.J. (DT, 1964). Si en effet la vie de l'homme s'est vue consigner dans d'assez nombreux ouvrages, portraits ou souvenirs pour la plupart, qui trop souvent ressortissent au panégyrique ou à l'hagiographie, l'oeuvre de l'écrivain en revanche n'a guère jusqu'à ce jour (n. 2 les choses vont-elles changer? On note 3 thèses de doctorat récemment déposées sur M.J.) (Cf. Plantier, Pelletier, le travail de Mme Henry) retenu l'attention des commantateurs. Un quart de siècle après la mort, M.J. reste prisonnier des images que lui-même avait plus ou moins consciemment contribué à répandre. Pour beaucoup l'homme est le dilettante à moins qu'il ne soit le martyr; l'artiste demeure le caméléon, l'acrobate du verbe, le virtuose d'un nouveau & éphémère cultisme du XXe siècle. Et la consécration hésite à venir sur une oeuvre considérable dont on commence à peine à soupçonner l'ampleur & la complexité."

---. Plantier. L'Univers poétique. Op. cit. 10-11. "L'étude d'A. Billy laisse l'impression qu'à travers les remarques sur l'humour, le calembour, la dérision, c'est toujours l'image du joueur & du clown qui domine & qui semble organiser une hiérarchie défavorable à M.J.[...]. Tout semble s'organiser à partir de 4 recueils, le cycle de SM, CD, DT, & LC [...]qui donne encore la primauté au burlesque & à la fantaisie. Il n'est donc pas étonnant que presque tous les articles écrits sur M.J. développent ces aspects, en les reliant [...] plus à la biogr., à ses amitiés du Bat.-Lav., de Quimper, ou de St.-B. qu'à son oeuvre litt. Si l'on met à part l'éd. crit. de la DT, procurée par le P. Blanchet, aucune étude complète n'a été entreprise sur un de ses livres ni [...] sur son oeuvre entière."

FACILE IRONIE DE LA CRIT. Plantier. Ibid. 400. "A l'arbitraire des jugements portés de l'extérieur, & avec quelle facile ironie, il faut substituer les motivations profondes de M.J. & la continuité de sa méthode. (n. 5). Pour le dernier en date: l'article de Pierre Ajame. Nouvel Observateur (22 janv. 1973). 'M.J. converti, voyait un peu la foi comme un gros cachet d'aspirine.'"

L'HOMME EST PLUS IMPORTANT QUE SA CREATION. Dunoyer. C.r. de M.J. quotidien par A. Peyre. «La légende allégée.» Op. cit. Monde 1976 sect. spéc. 12. Peyre affirme que l'homme est plus intéressant que l'oeuvre. Dunoyer lui répond avec pertinence que ‘la création inexistante ou ratée, l'homme ne nous intéresserait pas’.

"IL EST TEMPS D'IMPOSER A L'OEUVRE JACOBIENNE LE TRAITEMENT QU'ELLE AVAIT PRESCRIT A LA LITT. DU SIECLE PRECEDENT pour l'émonder de ses arborescences, la guérir de ses tics, de désencombrer de son bric-à-brac." Dunoyer. Ibid. 11-12.

LA LEGENDE DE M.J. Plantier "Au service de M.J." Op. cit. 40. "Lorsque l'on aborde l'étude de l'oeuvre jacobienne, c'est la légende que l'on rencontre. Il faut dire, [...] que l'auteur s'est amusé, non sans malice, à brouiller les cartes [...]. De là une foule de malentendus qui séparent l'oeuvre du lecteur." Les crit. semblent oublier «que M.J. a écrit une trentaine d'ouvrages divers» pourquoi donc «le ranger sous l'étiquette simple & commode d'auteur du CD

M.J. A SUSCITE D'INNOMBRABLES D'ECRITS A PROPOS DE SA VIE. Ch. Pelletier. "Un écrivain sans purgatoire." Op. cit. "Si M.J. n'a pas vraiment pâti du purgatoire litt., il est peu d'écrivains qui ont suscité autant d'écrits relatifs à leur vie &, en comparaison, aussi peu concernant leur oeuvre. Le rythme n'a guère varié durant ces trois dern. décennies: le plus souvent des notules, de brefs articles dévolus à des échos biogr. Tous ces récits anecdotiques ont bien entendu le mérite de perpétuer sa mémoire en trahissant sa riche personnalité (au double sens de révéler & de falsifier)."

MAX JACOB DEVENU SUJET DE THESE. Plantier. "Au service de M.J." 44. "Thèse d’Université de Soeur Loretto [Saint-Thomas] sur l’humour jacobien, thèse brillamment soutenue en mai [1969] & qui n'aura pas la diffusion qu'elle mérite, pour des raisons matérielles. Un mémoire de diplôme présenté par Mlle Château, sur le p. en prose de M.J. permettra d'élargir l'étude faite dans la thèse de Mme S. Bernard. «Le p. en prose de Baudelaire jusqu'à nos jours.»

---. ---. C'était il y a trente ans, 57-58. "Voilà que vous êtes devenu sujet de thèses& sujet d'un 'examen pédagogique', vous qui n'aviez que sarcasme & ironie pour les agrégés. [...]. Une thèse à la durée d'un long renoncement, [...] ceux qui cherchent ont besoin de votre présence. Et n'invoquez pas le règlement:'Vous ne concourez pas, Monsieur Max? - Je ne suis pas inscrit.'[...]. Bien sûr nous divisons 'le sujet en paragraphes' & nous déployons 'beaucoup d'érudition', mais nous entrevoyons ‘aussi quelque autre chose'. Je ne dis pas que nous volons 'sur un fond sérieux & d'un vol vif', mais tous ensemble, nous travaillons à cette éducation spéciale qu'il faut donner à tous les enfants des hommes pour qu'ils aient des lèvres vivantes pour tous les poèmes des hommes."

---. INTR. DE L’Univers poétique de M.J. 150 ARTICLES SUR M.J. PAS UN SEUL SUR SA TECHNIQUE. P. 12. "Le dépouillement de plus de 150 articles, écrits dans les périodiques fr., révèle cette suprématie de l'hist. litt. & du témoignage historique sur toute approche plus technique de l'oeuvre. Ce qui fait ressortir avec plus de force les quelques analyses accomplies en ce domaine par Y. Belaval, J. Cassou & J. Rousselot. L'orientation de notre recherche vise à rétablir un équilibre entre l'approche linguistique & l'approche littéraire; [...]. Elle vise à multiplier les points de vue pour mieux saisir la complexité & la vie de l'oeuvre." - Plantier porte la plus grande attention aux images & au traitement de l'analogie. "A cela s'ajoutait le dépouillement des textes 'pédagogiques' de M.J. [...], ses réflexions sur l'art d'écrire, dans sa Corr., dans la préf. du CD, dans son AP [...]."

---. RESULTAT DES RECHERCHES DE PLANTIER POUR SA THESE. 404-05. "Dans toute notre rech., nous n'avons cessé de mettre en avant les pouvoirs de communication du p. dans l'oeuvre de M.J. Nous avons montré chez ce précurseur du mouvement surréaliste le souci constant de l'unité: non pas l'imitation du réel, non pas la description d'une part & d'autre part l'irresponsabilité du rêve, la supériorité du rêve, mais l'alliance du corps réel, en son approche sensorielle du monde & du corps profond, non moins réel, en sa capacité de transformer les données de sens."

M. Décaudin. RLM. MJ 2 no spéc. 187-88. "En juin 1972 Christian Pelletier a soutenu à la Sorbonne une thèse de Doctorat de 3e cycle: 'M.J., Un regard sur la vie quotidienne vers 1920.' (323 p.). Le jury était composé de MM. Michel Décaudin (rapporteur), Raphaël Molho, Louis Forestier. Cette thèse de doctorat présentée à l'U de Paris-X Nanterre comprend 2 parties bien distinctes. Dans la prem. M. Pelletier corrige l'idée admise sur la fantaisie de M.J. par une enquête sur la présence de la vie quotidienne dans l'oeuvre, du CD au CN. Il étudie ainsi successivement 'Personnage & toponymes', 'La Botanique humaine', 'The Way of life', pour montrer comment, chez ce 'funambule au ras du sol', qu'est M.J., le caractère ludique de l'art est inséparable d'un regard acéré sur les choses & sur la vie.- Le point de vue est intéressant & pourrait renouveler la lecture de M.J. Malheureusement, M. Pelletier s'arrête en deçà des développements attendus & se contente trop souvent de simples relevés qui tendent à l'énumération, alors qu'on était en droit d'attendre une analyse menant aux processus de la création [...]."

---. ---. Ibid. 188. "Le 1er déc. 1973, R. Plantier a soutenu à la Sorbonne la prem. thèse pour le Doctorat ès-lettres consacrée à M. J. "Le système poétique de M.J." Le jury était composé de MM. J. Mazaleyrat (président), F. Deloffre (rapporteur), Mme M. Parent, M.A. Angès.»

---. ---. 188. "En 1972, à l'U. de Berlin, Mlle una Pfau a soutenu sa thèse 'Die Antinomie der bürgerlichen Satire. Untersuchungen zu Leben und Werk Max Jacobs,' sous la dir. du Prof. Pabst ;" Dans la conclusion de cette thèse U. Pfau propose ce qui reste à faire: (trad. de M.G.) 1. Examiner l’ironie de M.J. tournée contre soi-même d'une manière systématique. 2. La technique narrative, les variations des 'Incognito' sous lesquels l'auteur se présente dans ses romans. 3. La métamorphose du réel au fantastique.

M.J. EST DOUBLEMENT PRESENT: dans son oeuvre & dans la mémoire de ses amis. Amis de Max Jacob.

M.J. POETE EXEMPLAIREMENT MARGINAL. J. Bens. «La poèsie par le revers.» NL 2539 (1 juill. 1976): 7. M.J. [...] "suivit ses chemins de traverse sans s'inquiéter de personne [...]."

NOTE DE LECTURE DE PLANTIER. Cah. M.J. no 1 (1978): 135. A. Garreau. Inquisitions II. Op. cit. Ayant lu l'intr. de Garreau, qui affirme sa splendide objectivité Plantier avait des craintes, elles furent confirmées. Il ne discute pas sur le mélange des données biogr. & des citations qui construisent une perspective cavalière, par contre il cite abondamment pour ne pas gauchir la pensée de Garreau. [M.G. Nous avons relevé les mêmes citations qui ont irrité, à juste titre, Plantier]: 'Mettre en doute que M.J. soit un martyr, un grand mystique, un saint canonisable, c'est aux yeux de ses amis intransigeants passer pour un nazi & un imbécile.' 'C'est alors que sa mère a cru qu'il n'était qu'un froid ambitieux - ce qui devait être certes un trait caractéristique de son judaïsme.' 99. 'Le cubisme litt. serait de son invention, ainsi que le cubisme pictural qu'il aurait enseigné à Picasso. Quel était des deux le plus malin singe?' 101. 'Il a beau dire, il serait assez commerçant & avec quelle persévérance il aurait excellé dans l'art familial de plumer le chrétien.' (110). 'Ses derniers amis ont voulu faire de lui un communiste mystique.' 115. ‘Décidément’, ajoute Plantier, ‘l'inquisition est l'une des périodes les plus atroces de l'église’ & c'est ainsi qu'il termine son c.r.; ajouté par Maria Green p. 108. 'Elle [sa foi] lui vient de la 'glorieuse apparition' qui lui a été donnée le 22 sept. 1909 vers 4 heures du soir. Comme Georges Delaw & Ortiz de Sarate qui eurent des apparitions vers la même époque: était-ce une épidémie à Montmartre?' 110-11. 'il est le poète & l'artiste le plus avancé, le dévot le plus mystique, l'occultiste le plus savant, le dandy, le fantaisiste. C'est un numéro que les maîtresses de maison férues de litt. tiennent à présenter dans leurs réceptions d'art ultra-moderne. Bientôt il aura un cortège de jeunes admirateurs fanatiques, dont quelques-uns ont survécu jusqu'à ces temps derniers: si vous ne l'admirez avec componction vous n'êtes qu'un philistin'; in MJ, op. cit. 128. Plantier écrit: "Nous avons pu mesurer le mépris, c'est le mot, dans lequel certains tiennent le poète ou plutôt l'homme"; Belaval, in C'était il y a trente ans, no. spéc. 18. "Peu à peu, dans la zone d'ombre, les mauvaises langues se taisent [...]."

"L'OEUVRE DE MAX N'A PAS FINI D'ETRE DECRYPTEE, l'essai de Plantier en laisse entrevoir les perspectives infinies. C.r. de Dunoyer. "M.J. entre le diable & Dieu." Monde 22 mars 1973. A propos de M & M.J. par Plantier.

ON REEDITE M.J. Ch. Pelletier. "Un écrivain sans purgatoire." Op. cit. 12. "Une nlle gén. de lecteurs & de chercheurs, qui ne l'a pas connu, n’est plus obnubilée par le personnage. Des revues d'inspiration universitaire consacrent de plus en plus fréquemment d'articles à des études détaillées des oeuvres de Jacob."

RLM M.J. 2. Palacio. "Liminaire." "L'Univers romanesque de M.J." Le 2e no. spéc. consacrera une partie de son sommaire à l'univers romanesque du romancier de F, pour commémorer le cinquentenaire de la publ. du TB; le 3e abordera le thème plus vaste de réalisme & spiritualité. L'un & l'autre contiendront, avec le concours de Peter C. Hoy, la biblio. jacobienne courante habituelle. Il faut aussi dresser bibliogr. & tables chron. de la corr., pour constituer sur l'écrivain un véritable outil de travail. Il faut aussi donner aux spécialistes jacobiens une occasion de s'exprimer & une tribune pour le faire, élaborer entre eux une liaison, susciter & encourager les travaux.

LE ROLE DE PALACIO. H. Henry. C'était il y a trente ans. 38. "la légende hagiogr. dont la démesure est actuellement combattue à très juste titre par J. de Palacio. RLM M.J. no 1. "Autour du poème en prose."

SA PERSONNALITE DEPASSAIT SON OEUVRE. Expo. "Hommage à M.J." Quimper. 1961. Op. cit. Texte de M. Jouhandeau. S.p. "La personnalité de M.J. dépassait de beaucoup l'importance de son oeuvre. Cependant, le CD annonce le surréalisme, dont il semble la préf. Son charme relevait de la magie & sa mort, en faisant de lui un martyr, nous invite à le vénérer comme un saint. Posthumément, personne ne semble mieux désigné que lui pour servir le lien entre les trad. les plus reculées & les aspirations des gén. actuelles. Né de la même couvée qu'Apollinaire, ami intime de Picasso & de Reverdy, il ne méconnaissait rien des exigences de l'avenir, sans rompre en visière avec le passé ni perdre de vue l'éternel."

SE CONCENTRER SUR L'OEUVRE. Palacio. Liminaire du no. spéc. M.J. 1de RLM. P. 4. "C'est le propos de ces Cah. que d'accomplir ce travail de lustration nécessaire & d'hygiène des lettres dont M.J. semble avoir, plus qu'un autre, besoin. L'image tenace du 'poète assassiné,' si on en reste là, risque de devenir un cliché rebattu & ne fait point progresser la connaissance de l'oeuvre." - L'équipe de Palacio ne s'occupera pas de souvenirs sur l'homme, des récits de rencontres, d'entrevues passagères de visites à St.-B. ou à l'Hôtel Nollet car ses amis ont dit tout ce qu'ils pouvaient dire. «Il faut ce concentrer sur l'oeuvre.» [...]. Le but de Palacio est de donner au lecteur les moyens de mieux aborder l'oeuvre.

SECRET DE LA CRIT.: ENTRER DANS LE SYNCRETISME. Plantier. L'Univers poétique. 400. "Découvrir les oppositions ne conduit qu'à l'incompréhension. Il faut au contraire entrer dans le syncrétisme de M.J. avec l'attention passionnée qu'un néophyte apporte dans l'accomplissement des rites de l’initiation." C'est dans cet esprit que Plantier a travaillé. [...]. Il a évité "de trop en appeler à l'alibi de la science pour étudier des p. de chair & de sang." [...]. L'itinéraire rel. & l'itinéraire esth. se confondent dans une volonté. Cf. contrastes, contradictions, unité.

LE TEMPS DE LA LEGENDE EST FINI COMME AUSSI CELUI DE LA DESINVOLTURE & DES IRONIES. Plantier. "Au service de M.J."46. "L'oeuvre de M.J. a l'appui des amis qui l'ont connu, & nous avons, pour notre part, mesuré leur ferveur & leur générosité. L'oeuvre de M.J. a l'appui de ceux qui ne le connurent pas."

TEXTES INED. A QUIMPER. Xavier Grall. "Tribulations d'un funambule." Op. cit. H. Henry constate que dans Quimper il y a encore "bien des textes inéd. de M.J. qui se baladent. Ou plutôt ne se baladent pas! Les bourgeois qui les possèdent se taisent ou mentent à qui mieux mieux. Tout ça fleure la salade de famille, l'histoire d'héritage!"

UNE MOISSON D'ANECDOTES INED. C.r. du livre de Peyre, Monde 1976 op. cit. "On a beaucoup glosé sur l'oeuvre du poète du CD. Restait à découvrir le personnage."

L'UNITE DE L'OEUVRE. M. Décaudin. "Etudes sur la poésie contemporaine." Op. cit. 226. «Très tôt, M.J. eut sa légende, que d’ailleurs il ne lui déplaisait pas d’entretenir. Mais, comme l’a observé R. G. Cadou, ‘ce n’est pas lorsqu’on aura situé Max sur les trétaux du Bateau-Lavoir ou dans l’embrasure d’une petite fenêtre en ogive de St.-B qu’on aura fait un pas en avant dans l’explication de son oeuvre.’ Ce n’est pas non plus en concentrant l’attention presque exclusivement sur Le CD, comme on l’a fait parfois.»

[HEUREUSEMENT DEPUIS 1980 DES OUVRAGES CRITIQUES TRES IMPORTANTS ONT ETE PUBLIES].

LA CRIT. DE M.J. - TU ES LE SEUL CRITIQUE

CRIT. CLAIRVOYANTE DE M.J. Emié. D. 236. "La clairvoyance & l'acuité de son esprit, la sûreté d'un jugement qui, par la suite, se confirmait toujours [...] la vérité de ses pronostics, la hauteur de ses regards, la netteté de ses formules & cette verve de l'écriture qui établissait le courant même de la vie entre Max & son lecteur."

LETTRE INED. A MASSOT DE [1922] sur un livre de crit. Op. cit. "Un livre ne contente personne [...], fût-il Pierre Benoît qui l'ait écrit. Les plus grands succès sont les plus discutés. Un livre de crit. mécontente tout le monde."

M.J. SE SENT QUALIFIE POUR PARLER POESIE. LML, 14. Intr. "[...] bien qu'il ne cesse d'avouer combien ses connaissances sont modestes, se sent parfaitement qualifié pour parler de poésie."

TU ES LE SEUL CRITIQUE. LJC, 27. [29 janv. 1926]. "Tu ne m'embêtes pas du tout quand tu fais de la crit. litt.: tu es le seul crit. qui m'intéresse;" MJ/JC. 386. ["Tu es le seul critique" titre décerné par M.J. à plusieurs jeunes poètes. M.G.].

CRUCIFIXION

"Ce beau jeune homme [...] qu'ils ont cloué tout nu au bois de la croix!" Sentein. "Visite à M.J." Op. cit. 54.

LE CUBISME

"APOLLINAIRE CHANTAIT LE CUBISME sans le pénétrer profondément" - disait M.J. Jeanine Warnod. Le Bateau Lavoir. Op. cit. 106.

CE FUT M.J. QUI VERS 1909 ME CONDUISIT AU BATEAU LAVOIR, BERCEAU DE L'ERE CUBISTE - dit Metzinger.

CE QUE M.J. A DIT DU CUBISME C'EST DU PAPOTAGE. Crespelle. Montmartre vivant. Op. cit. 197. "Quant à ce qu'ont dit Fernande Olivier, M.J. & surtout Gertrude Stein sur les origines du cubisme, c'est du papotage: inutile d'en tenir compte."

CUBISME AU DETRIMENT D'AUTRES ASPECTS

Plantier. Univers poétique. 11. "En fait tout ce qui permet de rattacher M.J. à un groupe ou à un moment litt. placé sous le signe d'Apollinaire, voire sous le signe du cubisme, est privilégié, au détriment d'une vue globale de l'oeuvre, dans sa liberté & dans son mouvement." Plantier ajoute que "toutes les études citées font la plus grande part à l'hist. litt. & n'abordent pas, de façon systématique, les techniques mises en oeuvre dans le langage, pas plus que l'évolution de ces techniques à travers les recueils."

LE CD OBJET CUBISTE. Edmond Humeau. Pour en revenir à M.J. No. spéc. 36-37. "En réalité, le CD, s'il constitue l'objet le plus cubiste de notre litt., demeure d'une vivacité aux arêtes qui ne cesse de surprendre le simple curieux collectionneur de cristaux & de papiers découpés dont il est loisible de tirer 'L'horrible aujourd'hui' aussi bien que 'Le Coq & la Perle' dont les cent seize facettes sont autant de fenêtres donnant sur l'incendie des mots."

LE CUBISME DE M.J. Jean Lacouture. André Malraux. Seuil, 1973. 33. "Malraux écrit dans son prem. article qu'il ait publié: 'M.J. apportait au cubisme une ironie fluette, un mysticisme un peu charentonesque, le sens de tout ce qu'il y a de bizarre dans les choses quotidiennes & la destruction de la possibilité de l'ordre logique des faits." "Les origines de la poésie cubiste." Connaissance (janv. 1920): 39.

LE CUBISME ET LE CD. Cadou. "La vie d'un poème." 137; Cahs. du Nord. No. spéc. 184. "Par sa façon de présenter le mot, exactement comme un dé, sur toutes ses faces & dans son volume [...], M.J., ainsi que le fait très justement remarquer Carco, se rattachait au cubisme."

CUBISME & POESIE REL. Mortimer Guiney. Cubisme & litt., University of Connecticut, 1972. 131. "S'il est vrai que la direction que lui a donnée le Cubisme dans son art reste un acquis permanent, il n'en est pas moins vrai [...] que la rel. va y jouer un rôle catalyctique de plus en plus important & qui finira par l'emporter sur tous les autres facteurs qui, à l'époque de la floraison du Cubisme, faisaient de lui un si grand novateur."

LE CUBISME LITT. & PICTURALE. "Hommage à M.J." Expo. au Musée de Montmartre, 1976. Op. cit. 19, no 26. L. à sa mère, 4 juin 1927. M.J. donne dans cette l. une explication du surréalisme, du futurisme & du dadaïsme. "Le cubisme en peinture est l'art de travailler le tableau par lui-même en dehors de ce qu'il représente... ne procédant que par allusion à la vie réelle. Le cubisme litt. fait de même en litt. se sert seulement de la réalité comme d'un moyen & non comme une fin. Ex.: mon CD & l'oeuvre de Reverdy"; Folio, no. spéc. [1].

LE CUBISME PICTURALE DE M.J. VM, 87-88. "[...] il a fallu attendre [...] l'expo. organisée en 1977 par la gal. Rousset-Altounian pour en saisir [des dessins cubistes de Max] l'importance. [...]. Les prem. essais cubistes de Max datent [...] de 1909-1910. [...]. 89. Entre 1909-1910 & 1914, Joseph Altounian avait acheté [à Max] les "Carnets" dans lesquels celui-ci avait groupé [...] une cinquantaine d'oeuvres environ."

EXPLICATION PSYCH. DU CUBISME DE M.J. Grall. "Tribulations d'un funambule." Op. cit. Selon H. Henry "toutes les femmes Jacob avaient de la rudesse. Savez-vous que sur la fameuse toile de Picasso, Les demoiselles d'Avignon, on peut voir la grand-mère de Max? Vous n'aurez pas de mal à la reconnaître, c'est la moins avenante. Elle était native d'Avignon, en effet, Max avait certainement parlé de son caractère à Pablo. - Ah critiques savants, si vous saviez! La fameuse révolution cubiste n'est peut-être tout simplement, tout prosaïquement que la représentation de la volumineuse & marâtre méchanceté humaine. La charité, c'est tout rond. Et le cube est sans pitié...»

"JE ME SUIS REMIS A LA PEINTURE pour me distraire." LTB, 73. A Moricand. 9 avr. 1937. "Quelle bonne fumisterie que le Cubisme & le Cézannisme; il n'y a que l'amour qui compte, le reste est pour faire chef-d'oeuvre; or le chef-d'oeuvre n'est pas prévisible."

"M.J. AURAIT PU SE RALLIER AU CUBISME, LA PEINTURE DE SON EPOQUE." "Interview de Claude Morgan avec R. Toulouse." Créer, no. spéc.19. "Il ne l'a finalement pas voulu. [Se rallier au cubisme]. Il refusait de se plier à des règles. Le cubisme était trop contraignant pour lui. Il a donc construit son propre monde où règne la même fantaisie créatrice que dans son oeuvre de poète & pour les mêmes raisons."

M.J. & LE CUBISME. Gérard Bertrand. "SM & SJ." L'Ill. de la poésie à l'époque du cubisme: 1909-1914. Klincksieck, 1971. 77. "En effet, les poètes l'ont compris, le Cubisme, selon la propre expression de M. Cassou (Panorama. 379), 'montre comment le tableau crée lui-même sa propre organisation, se faisant soi-même son objet.'" 81. la déf. [du cubisme] de M.J. "montre à quel point la contemplation des tableaux cubistes a rendu les poètes attentifs à l'importance capitale de la construction dans une oeuvre d'art."

M.J. INVENTEUR DU MOT 'CUBISTE'. Cabanne. Le Siècle de Picasso. Op. cit. 212. Selon Uhde c'est M.J. qui est le parrain du mot 'cubisme'.

M.J. LE MALLARME DU CUBISME. M. Décaudin. "Cubisme litt.: Le cas Dermée." Europe (juin-juill. 1982): 133, n. 3. "Frédéric Lefèvre écrivit: 'Dans une très curieuse conf. sur M.J. [...] Paul Dermée nomme son maître: ‘le Mallarmé du cubisme.' Et voulant définir le p. en prose tel qu'ils le conçoivent, il n'hésite pas à citer cette formule 'théorique lapidaire de M.J.: Alors que toutes les proses en poèmes renoncent à être pour plaire, le p. en prose a renoncé à plaire, pour être. C'est quelque chose comme un tableau cubiste.'" Conf. 3 déc. 1916 sous les auspices de l'ass. Lyre & Palette.

MAX JACOB SE SITUE PARMI LES FANTAISISTES & LES CUBISTES LITT. Dom Claude Jean- Nesmy. "Apollinaire..." Op. cit. 58-59. "Mais en 1927, le poète précise lui-même à sa mère: 'Les Fantaisistes: Apollinaire, M.J., Salmon sont les gens qui ont mêlé la vie moderne à la poésie lyrique, libéré le vers fr., accueilli les rêves de la nuit, les calembours, & les hallucinations. Le Cubisme en peinture est l'art de travailler le tableau par lui-même en dehors de ce qu'il représente, & de donner à la construction géométrique la prem. place, ne procédant que par allusion à la vie réelle. Le cub. litt. fait de même en litt., se servant seulement de la réalité comme d'un moyen & non comme d’une fin. Ex.: mon CD, & l'oeuvre de Reverdy.'"

MIXTURE OF ANGUISH AND BUFFOONERY. L.C. Breunig. "M.J.& the Poetics of Cubism." Romanic Review LXIII:2 (April 1972): 163. C.r. du livre de Gerald Kamber. "[Kamber] is deeply sensitive to that strange mixture of anguish & buffoonery which characterizes so much of Jacob's writing, & he particularly loves the word play, which makes him see Jacob as the great precurser of Desnos, Duchamp, Prévert, Queneau. Beckett, & Ionesco."

"LES MYSTERIEUSES ARCHITECTURES DE PICASSO trouvent davantage leur réponse dans le CD que dans Alcools ou Caligrammes" - selon Cocteau. H. Henry. "M.J. & Picasso." Op. cit. 192-93.

LA NAISSANCE DU CUBISME SELON M.J. Extr. l. à J. Cassou in Palacio. "M.J. & Apollinaire" Op. cit. 470. "Aucun mathématicien n'a servi le cubisme & Apollinaire a été aussi surpris que moi de sa naissance. Le cubisme est né un matin, ou plutôt un soir. Apollinaire, Picasso & moi dînions chez Matisse lequel montra une statuette nègre. Picasso la regarda longuement & le lendemain en arrivant au 13 de la rue Ravignan, je trouvai sur le plancher de grandes feuilles de papier, études au trait du canon nègre. A partir de ce jour, Picasso s'enfonça dans la méditation & le silence...Bien entendu Apollinaire mit de la très belle litt. autour de ce chou nouveau, comme il en avait mis autour des arlequins. Je crois que ceci se passait en 1906."

CYPRIEN - CHOIX DE M.J.

PR, 76. "[...] selon la Légende Dorée, Saint Cyprien martyr, avait été mage & consacré au diable. [M.J. l'explique à Guiette]. A Béalu il dit que ce nom signifierait croissance." Andreu in VM, 102-03 trouve que Vénus c'est Cypris, divinité du même genre, mais Cypris est Cyprien est-ce la même chose? Les deux noms ont-ils une étymologie commune? Et n'y a-t-il pas une contradiction plus grave, qui nous est suggérée par M.J. lui-même, Vénus-Cypris, c'est l'accroissement par le bas, l'accroissement de la chair, tandis que Cyprien, c'est l'accroissement par le haut, l'accroissement de l'esprit, c'est-à-dire la renonciation & l'ascèse. Ne serait-ce qu'un jeu de mots? Il y avait d'autres raisons pour que Max s'appelât Cyprien, Cipriano de la Trinidad était le septième prénom de Pablo & Cyprien d'Antioche, vrai patron & ancêtre de Max, avant la sainteté, avait pratiqué la magie."

DEFINITION DE LA POESIE

L'ART EGALE EXORCISME. M. Jouhandeau. "Le Mage." Disque Vert no. spéc. 60. "Max n'en a pas moins chassé les démons & 'délivré des anges': ce qui est pour lui la seule excuse de l'art: qu'il soit un exorcisme."

L'ART EGALE UN EXERCICE SPIRITUEL. LML, 14. Intr. "Si Max écrit [...]. 'La poésie n'est pas dans les choses, elle est ou non, en nous', cela ne l'empêche pas de revenir à plusieurs reprises sur l'obligation implicite, pour le poète, de sonder les profondeurs de sa psyché. Ainsi l'entraînement poétique qu'il recommande à Michel, & qui doit permettre à celui-ci d'enrichir & surtout de rendre plus intensément humaine sa vie intérieure, c'est la méd. rel. à la manière de saint François de Sales"; dans une l. à Andreu de 1938. VM, 231. "J'ai découvert la gravité, la réponse intérieure, attendue, espérée, écoutée."

‘L'ART EST LA CONFLAGRATION APRES RENCONTRE D'UN HOMME HARMONIEUX AVEC LUI-MEME’. AP, 26. ibid., 63. "[...] l'image est l'étincelle qui jaillit quand le marteau de l'homme frappe l'enclume de la réalité!"

"L'ART EST UN MENSONGE, MAIS UN BON ARTISTE N'EST PAS MENTEUR." Ibid.9.

"L'AVENTURE POETIQUE..." Par M. Manoll. Op. cit. 9."M.J. a participé, dans une tension constante de l'être tout entier, à la grande aventure spirituelle qui forme la trame de sa poésie. Celle-ci, selon une expression qui lui était chère, se trouve donc immédiatement 'située': elle ne saurait, à aucun instant, échapper à l'artiste, qui en fait l'objet de sa recherche & s'efforce d'en accroître la portée, jusqu'à atteindre ce noyau où elle se confond avec le mystère de l'être, pour devenir un objet humain transfiguré par la lumière intérieure."

CISELEUR DE PHRASE. Béalu. "M.J. Poète." Cahs. du Nord. No spéc.197-98. "Tous ceux qui ont approché Max savent quelles diff. lui causait l'élaboration du poème apparemment le plus gratuit. 'Je suis un styliste', nous dit-il un jour avec le plus grand sérieux, 'un ciseleur de phrase dans le genre de Léon Bloy.'"

COMMENT ECRIRE UN P. M.J. dit à R. Toulouse. "Je jette quelques mots à intervalles réguliers ou irrég., puis l'imagination cimente, le ciment doit être léger, le mot est l'embûche du lecteur." C'était il y a 30 ans. 74. Secrétain: "Ce qui est lourd ne vole pas."

LA CONFIANCE POUR DEVENIR UN VERITABLE POETE. A Massot. 19 avr. 1923. Op. cit. 32. "4e principe: la confiance. Ne vous en faites pas: tout ira bien pour vous!"

LA DEFINITION DU POETE, DE L'ARTISTE. P. Dermée. Le Cirque du Zodiaque. Préf. de M.J. Bruxelles. Cahs. du Journal des Poètes,1937. 8. "Un poète ou un artiste, c'est un don d'expression. Tout le monde sent, seul le poète exprime."

---. "Le monde dans un homme, tel est le poète moderne." AP, 27.

---. Charpier & Seghers. L'Art poétique. Op. cit. 465. Cité de AP. "Le poète effile les tranchants sur la roue d'Ixion. Ah! que les étincelles montent plus haut, encore plus haut, qu'elles embrasent le ciel!"

"[...] CONSTATATION, DESCRIPTION EST ANTIPOETIQUE, fut-ce une description lyrique, épique, apocalyptique. Pour avoir méconnu cette vérité les 90 % des modernes sont caducs. Le langage du p. est le langage ému de la mère à l'enfant etc... le reste est prose. Et quand bien même 'la rue s'écoule par la fenêtre ouverte'. Qu'avez-vous dit là? une curiosité dont vous n'êtes pas effrayé. Il faudrait au moins l'être... Surveillez l'inconscient mais laissez-le aller..." Cadou. Esth. 22-23. Op. cit.

DE QUOI NAIT UN P. DE M.J.? Manoll. "L'Aventure poétique."Op. cit. "La poésie de M.J. est en état perpétuel de mutation. Figée, sclérosée, elle deviendrait ce 'cadavre phosphoréscent' dont parlait Reverdy. En la présentant sous ses multiples aspects, il nous en démontre les immenses virtualités. Elle naît d'un mot, d'une boutade, d'un signe, d'une impression, d'un fluide secret, d'un mouvement du coeur, d'un scintillement de l'intelligence, d'une émotion, du doute, de la déraison, de la tristesse, de l'angoisse, d'une joie éphémère, mais aussi un banal, d'un humble objet isolé dans le silence & qu'un simple effleurement de l'imagination transfère dans un espace humanisé."

DIFF. ENTRE POESIE & PROSE. Pierre Béarn. "Robe verte, robe d'herbe." Cah. Bleus no. spéc. 20; ibid. Pour les cinquante ans de la mort de M.J. 12. "De cette rencontre, je n'ai retenu qu'une déf. de M.J. qui marqua ma vie d'écrivain: 'la diff. entre la Poésie & la Prose? Mais, mes enfants, c'est tès simple: un romancier écrira: une robe verte & un poète: une robe d'herbes...'"

EXPLOITE, VOLE A PARIS - DEPART. LLP, 140. 18 mai 1936. "Je n'énumère pas les causes de mon ennui. La moindre fait crier au 'délire de la persécution' ...c'est incroyable! Bref je pars, exploité, volé, perdu, injurié comme vous savez & pire, & ailleurs!! sans parler même de ce coeur troué comme une écumoire mais cela est du domaine de la volonté non de la chance."

LA FANTAISIE EST UN VOILE. M. Béalu. Cahs. du Nord. No. spéc. 200."Originalité, sincérité, l'art de M.J. est dans ces deux mots pour lui synonymes. Il fut de ces écrivains dont l'expression ne dépasse jamais la pensée, mais lui sert de tremplin. Sa phrase vise à imprimer un élan à la réflexion. L'élan donné, elle retombe, d'où l'étonnement de ceux qui aiment les explications. Vingt quiproquos s'ensuivent qu'il s'amusait à entretenir. Quelle erreur, pourtant, de croire que le talent du poète est dans ces dissonnances & ces jongleries! Tant de précautions ne sauraient être superflues: comme chez Laforgue, comme chez Corbière, la fantaisie ici est un voile, une écharpe de pudeur autour d'un tourment sans issue."

GRILLE SYNTAXIQUE. Plantier. Univers poétique. Op. cit. 13. Avant toute recherche des thèmes, Plantier a établi une "grille syntaxique de l'oeuvre, dans les présentations du calembour, des similitudes & des métaphores." Dans son analyse, Plantier a visé à mettre en évidence à travers les variations & les nuances une expérience de la vie. M.J. ne l'a-t-il pas dit que 'le monde dans un homme, tel est le poète moderne.'" 396. "Toutes les métaphores sont le corps même de M.J. Son style est sa propre chair. Il a submergé ses luttes intimes sous des flots de lumière, parce que la lumière est la connaissance des secrets. Etranger au monde & tiraillé, il s'est frayé un passage dans les emboîtements de l'univers des choses & des êtres, dans les abris profonds. Il a construit sa propre métaphore pour échapper à la mort."

"JE REVAIS DE RECREER LA VIE DE LA TERRE DANS L'ATMOSPHERE DU CIEL." AP, 73.

"NOUS SOMMES TOUS DES FUTURISTES dans la mesure où nous pensons avec Apollinaire que l'on ne peut pas porter partout avec soi le cadavre de son père." [Ezra Pound le dit in P.O. Walzer: Le XXe Siècle. I. Ed. Artaud, 1975, 15e vol.].

"LE POEME EST UN OBJET." LCB. [18], 20 mai 1943. "Il faut traiter un p. comme un objet qu'on tient devant soi & qu'on fabrique avec des mots - écrire avec des objets, avec des faits."

"LA POESIE MODERNE SAUTE TOUTES LES EXPLICATIONS. AP, 17.

LE CONTRASTE DU BURLESQUE ET DU MYSTIQUE. A Kahnweiler. 5 oct. 1911. Corr. I. 63. "[...] tout le sel du livre est dans le contraste qui existe entre le burlesque & le mystique, & c’est là l’essentiel. Victor Hugo, dont la mémoire m'est chère, faisait rimer ombre avec sombre & orange avec ange, ne l'oubliez pas en excusant mes dernières volontés. O mon exécuteur testamentaire! donc! laissons les pièces les plus burlesques, les plus étranges aussi & ne remettons aux calendes que celles qui font double emploi ou triple emploi, comme disent les blanchisseuses."

CREUSER LES COTES. Cadou. Esth. Op. cit. 20. "La poésie n'est rien que de se creuser les côtes. De tout cela on meurt comme de toutes les passions."

LA DEF. DE LA VERITE. LRV, 35. 9 janv. 1930. «j'entends par vérité l'accent & non l'exactitude [...].»

DOULEUR. Cadou. Esth. 27. "Qu'est-ce que la poésie auprès de la vraie douleur? à moins qu'on se serve de l'une & de l'autre pour l'une & pour l'autre. La vraie poésie est faite de ces douleurs-là, & la poésie sublimise ces douleurs dont elle se nourrit. Talma entrant dans la chambre mortuaire de sa mère poussa un cri puis dit: 'Oh que ne puis-je retenir ce cri-là! Comme c'était bien!' C'était un acteur, diras-tu! Nous n'avons pas assez de poètes qui soient des acteurs en puissance... Je souhaite que ton chagrin si profond te soit une leçon de ce qu'est la poésie: un hurlement mélodieux. Hélas qui le sait aujourd'hui sinon Lorca, Maïakovski & feu Milosz."

LE DOUTE. Corr. I. 31. A Doucet. Sept. 1907. "On a recommandé aux artistes 'd'étonner' (j'aborde la question psych.). Il y a là une erreur de mots. L'étonnement est un état stable. Les vieux psych. disaient avec raison, selon moi, le plaisir est dans le mouvement, il faut ballotter le spectateur: l'émotion esth., c'est le doute. Le doute s'obtiendra par l'accouplement de ce qui est incompatible (& ceci sans amener l'étonnement stable), par l'accord des langages diff., par la complexité des caractères: montrer l'homme dans le héros, la vertu dans le vice, comme dans Racine & Molière. En poésie, l'intérêt naîtra du doute entre la réalité & l'imagination, la perturbation dans les siècles & les habitudes positives. La musique & la peinture n'ont pas d'autres lois. Le doute voilà l'art!"

ECLAT LYRIQUE. Au même, ibid. 132. 30 janv. 1917. "J'entends par l'éclat lyrique, cette folie, cette exaspération de plusieurs sentiments élevés qui, ne sachant comment s'exprimer, trouve un exutoire dans une sorte de mélodie vocale dont les amateurs de vraie poésie sentent les dessous, la légèreté, la plénitude, la réalité: cela est du lyrisme: il y en a très peu de par le monde & très peu même chez les très grands poètes; il n'y en a pas chez Hugo, ce rhéteur."

"EXAGERER POUR SE FAIRE COMPRENDRE, décevoir & rassasier, rassembler dans un seul bloc tout ce qui se rattache à une sensation pour le définir, ne définir que pour agrandir ou diminuer, pour caricaturer ou pour le contraire de caricaturer, dérouter pour l'amour d'un mot ou pour un coup de folie lyrique, se servir rarement des moyens anciens, mais parfois pour le repos ou pour le ton du madrigal, faire frissonner l'inconscient, sonder ses reins, faire servir la poésie à tous les déversoirs pour affirmer qu'on est poète même en dehors du livre à faire. Telle devrait être la poésie moderne si quelqu'un la pratiquait intégralement. Mais combien peu savent que l'image est l'étincelle qui jaillit quand le marteau de l'homme frappe l'enclume de la réalité! Pour être un poète moderne il faut être un très grand poète." AP, 62-63.

L'IDEAL DE M.J. - L'IDEAL DU POETE. Barney. Aventures... Op. cit. 103-04. "J'ai lu avec un plaisir plus litt. que personnel les louanges que M.J. m'adressait. Plus révélatrice peut-être de lui que de moi. (S.d.) [...] - 'Mon cher idéal, Je m'explique: j'ai toujours rêvé d'un poète qui résulterait d'un conflit entre l'esprit & l'esprit, entre la réalité des moeurs & l'esprit, qui aurait de vraies racines dans le coeur des autres, dans le sien propre: le poète conflit & sans ambages ni jambages, un poète qui chanterait ne chantant pas, qui définirait ne définissant pas. Ce poète que je n'ai pas su être (mais là! pas du tout!) voilà que je le rencontre! c'est vous.'"

JUGEMENT D'UNE OEUVRE EN 4 LIGNES. Cadou. Esth. 44. "Tout ce qu'on dit de la poésie est vague c'est-à-dire peu intéressant. On ne peut rien dire sur un poète de plus de 4 lignes. Pourquoi pas plus de 4 lignes? à cause de la forme du cerveau humain, à cause de l'intelligence humaine qui est faite pour juger & non développer artificiellement. Le jugement de 4 lignes & le reste est littérature."

MALRAUX SUR M.J. Stefan Morawski. L'Absolu & la Forme. Klincksieck, 1972. 129. "Malraux a cité le CD dans sa prem. étude crit. [...]. 'Celui-ci affirmait que le style est la volonté de s'exprimer soi-même à l'aide de moyens choisis, que l'oeuvre véritable devrait être autonome & susciter chez le lecteur un choc qui l'arrache à la vie quotidienne [...] enfin, que les critères de valeurs fondamentaux sont l'originalité & une structure limpide, fermée.' La conception de l'art poétique de Jacob met au jour un dilemme (forme-expression) qui a accompagné la pensée esth. de Malraux depuis le début. Bien plus, le fameux aphorisme de Jacob: 'Le monde dans un homme, tel est le poète moderne' - exprimait dans son imprécision révoltée toute la situation de la conscience artistique que j'ai retracée dans les grandes lignes."

M.J. IMPOSE A LA FANTAISIE L'ORDRE. M. Raval. "Le Coup de Dés chez M.J." Disque Vert no. spéc. 51. "M.J., vous êtes le seul à avoir imposé à ce qu'il est convenu d'appeler la fantaisie un ordre sans lequel elle passait à la jonglerie & au truc. Vous apprivoisez le hasard[...]"

L'OBSCURITE DANS LA POESIE, CE SANSCRIT, CET HEBREU. Cadou. Esth. 35. "J'essaye exprès de lire des vers & j'éclate de rire. Est-ce possible que nous ayons cru dans ce sanscrit, cet hébreu? Mais - les - gens meurent - comprends-tu que les gens meurent encore dans les hôpitaux."

ON NE PEUT PAS COMPRENDRE L'ART PAR LA VIE. AP, 29. "On peut comprendre la vie à travers l'art, mais non l'art au travers de la vie."

LA PAIX RESTE TOUJOURS DEPUIS MON IDEAL DE BONHEUR. S'AMUSER TOUT SEUL A SE RIRE & A SE PLEURER EST PEUT-ETRE CELA LA POESIE EN SOMME. LLP, 84-85. 10 avr. 1927, "Quand j'étais enfant ma seule joie était que le dimanche tout le monde sortît alors je faisais mes devoirs de fr. avec amour & je me jouais du Beethoven en sanglotant. Ce que je regrette de la jeunesse c'est la faculté de s'émouvoir laquelle s'émousse."

"PEINTRE TAILLE TON DIAMANT." AP, 71; "Poète, taille ton diamant. Taille-le avant de travailler."

LE P. EST UN CHANT, PAS UNE MELOPEE. LML, 89. 4 mars 1940. "Mais si! Le poète doit ‘rester captif du chant & du cri!’"

POEMES & PROSE INSPIRES

MJ/JC, 139. 21 oct. 1922.1. ‘La Dame aveugle.’ 2. ‘Ils ont ri ensemble au café.’Ce n’est pas ce que j’ai fait le mieux. 3. ’Le ténor.’C , la pièce la plus faible. 4.Tout le premier Matorel.

P. NOYEAU NOUVEAU DANS L'UNIVERS. Secrétain. "Le Mythe de M.J." Créer, no. spéc. 45. "Car l'esprit de cet homme était une matière inflammable d'où jaillissaient des gerbes d'étincelles. 'Qui laisse reposer son cerveau est perdu.' C'était un improvisateur au sens absolu. Il eût fallu enregistrer ce génie verbal sur les magnétophones de l'amitié. Si l'on avait le répertoire des pensées de Max, de ses inspirations, de celles qu'il n'a pas écrites, lui qui écrivait tant, de ses conversations que nul n'a jamais pu bien rapporter, parce qu’elles échappaient au rapport, de ses souvenirs constamment transfigurés, on serait en face d'un phénomène incomparable d'imagination créatrice; Corr. I. 30. A Doucet, sept. 1907. "Un artiste doit considérer deux objets: la création ou réunion de forces constituant un noyau nouv. dans l'univers, & l'émotion esth. qui doit résulter de la création. L'émotion esth. est une joie"; Saint-Thomas. Op. cit. 78. "La création artistique apparaît, comme la réunion des forces constituant un noyau nouv. dans l'univers."

LA POESIE BATTEMENT DU COEUR DU MONDE. Béalu. Cahs. du Nord. Op. cit. 196. "Si ce monde nous semble malade, n'est-ce pas parce que nous ne prenons plus le temps d'écouter son battement de coeur qu'est la Poésie?"

"LA POESIE DIARRHEE INCOMPRESSIBLE." Expo d'Orléans, 1947, op. cit. A Toulouse. 30 août 1943. "Je ne garderai plus que des dessins pour m'occuper & la poésie diarrhée incompressible"; LRT, 93.

LA POESIE EST EN NOUS. LML, 47. 12 avr. [1937]. "La p. n'est pas dans les choses, elle est, ou non en nous."

LA POESIE EST LE MENSONGE. Cadou. Esth. 55. "on n'éprouve pas le besoin de dire ce qu'on ressent quand on le ressent mais seulement quand on ne le ressent pas ou pas encore."

"LA POESIE EST UN CRI HABILLE." Ibid. 30. Sur la "Ballade de la Visite Nocturne". "Oui! mille fois oui! la Poésie est un cri mais c'est un cri habillé (!)"

LA P. PAS DISTRACTION. LMB, DV, 53. "Faire de la p. pour se distraire, quelle erreur! J'ai écrit le LC comme ça, pour me reposer, & beaucoup de gens ne me connaissent que par ce livre!..."

"POESIE SAISIE PAR LE REVERS." Bens. Op. cit. 7. "Aucun auteur n'a jamais, dans une préf. de 150 lignes, accumulé autant de déf., de pensées, de maximes, de sentences, d'aphorismes, d'axiomes [...] juste de quoi faire gagner beaucoup de temps aux fabricants de dictionnaires spécialisés." Bens se demande que comme c'était tout de même un écrivain de quarante ans, "comment peut-il être aussi affirmatif, aussi péremptoire, aussi sûr de lui? Il suffisait de lire le CD pour découvrir que cette certitude, sommairement affichée, ne résistait pas à l'épreuve de la gravure quotidienne."

LE POETE DOIT RESTER DANS SA VERITE. Cadou. Esth. 28. "Reste dans la vérité, ta vérité & tu es un grand poète pour longtemps. Surveille-toi à ce point de vue 'vérité envers toi-même' ainsi éviteras-tu le babillage de tous ceux qui ne sont pas vrais: c'et là la clé de l'excellent."

"LE POETE EST UN IMPOSTEUR." S. Lévy. "Jeu et poésie... Op. cit. 27. "Mais de la tête jusqu'au coeur/ le poète est un imposteur."

QU'EST-CE QUI DECLENCHE EN M.J. LA REVERIE? Plantier. MJ. Op. cit. 23-24. Plantier pense que les livres ne sont que d'incitations, que de tremplins quand il s'agit de créer. "Moins tourné vers le passé qu’Apollinaire, qu'il juge 'entaché de livresque', il a attaqué l'érudition [...] mais il est attiré par tout ce qui peut déclencher en lui la rêverie ou l'assoc. poétique. Il est l'apôtre des 'livres de seconde main'! Il ne vise pas au savoir, il vise à la création [...]."

LE ROI DAVID DONT ON LIT LES P. 30 SIECLES APRES SA MORT. H. Dion. "M.J. & la Basilique de St.-B. ou La Maison de Dieu." Cah. M.J. no. 5. 40. "Puis nous montrant David avec sa harpe à ses pieds, il nous fait remarquer, qu'il est le seul poète qui ait eu les honneurs de la Messe. 'N'est-ce pas merveilleux, ces oeuvres redites encore, tous les jours, en tous lieux, après tant de milliers d'années?'"

"SI MON FILS VOULAIT ENTRER DANS LA LITT., JE PENSE QUE JE LE TUERAIS pour lui rendre un grand service & lui prouver mon amour. Vous n'êtes pas mon fils... mais vous n'avez pas besoin qu'on vous apprenne à vivre, faites de vers. Je vous aime." L. inéd. à Massot [début 1922]. Op. cit.

"UN P. EST UNE ORFEVRERIE: la passion n'est pas le but, elle est un moyen! [...]. Un chien qui gratte un paillasson ne fait pas une peinture avec la poussière qu'il lève! Le désordre ne signifie que le désordre." LEJ, 31-32. Sept. 1935; fin janv. 1938. 68. "La poésie est un jus. Concentre-toi."

LA VIRTUOSITE DE M.J. - UN MALAISE. Raval. "Le Coup de Dés chez M.J." Disque Vert no. spéc. 51. "Ce qu'on prend pour de la virtuosité n'est qu'une façon d'exprimer le malaise qu'il y a au fond de toute poésie."

DEFINITION DU BONHEUR

"LE BONHEUR c'est des miettes de petits bonheurs assemblés." LLP, 108. 26 juill. 1931.

"LE BONHEUR est un gâteau fait de miettes dont le cuisinier fut maladroit." A S. Fillacier, 26 juill. 1927. Europe no. spéc. 93; PJ, 283.

LE DIABLE

LES ANIMAUX - FORCES NATURELLES - LE DIABLE. Plantier. "M.J. & le Prince des ténèbres." Rfl (1969), no spéc.3-4. "Mais, inlassablement, les forces 'naturelles' assaillent le poète. Il est investi par un animal sournois qui n'est plus le serpent de l'Ecriture, mais le ver, 'ce ver solitaire' (CD II, 34) parasite de l'âme & destructeur de l'espoir."

LE BIEN ET LE MAL. Dr. R. Szigeti. Europe, no. spéc. 36. "Il aspirait au bien. Il avait une horreur du mal, qui l'attirait."

"COLL. (ENTRE LUI ET MOI). Essais & Poèmes. Roseau d'Or. Paris: Plon, 1931. 167-68. "Moi! Il y a un peu de mon intérieur qui n'est pas moi-même ou qui appelle. Lui: Je suis l'Habitant de votre âme & j'habite la demeure que je crée. Moi: Vous perquisitionnez dans mes côtes & les démons fuient votre lumière. Lui: Vos paroles vous cachent. Moi: Vous me connaissez à mon silence. Lui: Engourdissez-vous! dégourdissez-vous! Moi: Votre clarté éblouit mon corps."

II

Moi: Mon coeur craque parce que c'est de la glace. Lui: Soyez reconnaissant. Moi: Quand on sait que vous êtes là, faut-il mourir ou s'il faut vivre. Lui: Il est vrai que j'avais envoyé un ange pour vous adoucir. Moi: Vous m'avez élevé, pourquoi me suis-je rabaissé? Donnez-moi le secret. Lui: Ce n'est pas à vous que je donnerai le secret mais à d'autres. Moi: Une épine de votre couronne a piqué ma prunelle."

"CREATION DE L'HOMME QUE JE SUIS." Cahs. bleus no. spéc. 51. "Or vous me demandez seulement de ne pas appartenir au diable, & moi je ne fais que cela"; Ibid. Pour le Cinquantenaire. 93.

DECRIVANT LE DEMON IL EVITE SES PIEGES. C. Poinas. "L'enfer..." op. cit. 26. "Mais peut-être faut-il voir là, plutôt qu'une croyance sincère à la prédestination - ce qui ne serait guère en accord avec les dogmes établis! - un avertissement qu'il se donne à lui-même pour éviter les pièges que lui tend le démon. Car c'est là un des sens de ce recueil: essayer, en décrivant ces visions, de se constituer un garde-fou contre l'emprise démoniaque & ses horreurs. Le mot d'’avertissement' revient à plusieurs reprises [...]."

DEDICACE DU LC A Y. BELAVAL. "J'ai essayé d'y donner toute ma mesure. Une mesure pour rien, me souffle le diable." M.J. a aussi dit qu'il s'est donné tant de mal pour rien. Préf. de LC, op. cit. 5; LRR, 101,n. 19.

DEMON CONSUBSTANTIEL. Poinas. "L'enfer..." Op. cit. 26. "il avait le sentiment de porter déjà en lui cet univers démoniaque. Le sens du péché est si fort en M.J. qu'il a conscience qu'une scission essentielle s'est produite dans l'âme humaine. De là le sentiment de dualisme manichéen qu'il éprouve si fortement & qu'il perçoit tant dans l'organisation du monde que dans la nature humaine. Il intitule un de ses p. (84): 'L'enfer est sur la terre' & écrit ailleurs (58): 'Chacune de mes paroles est une faute puisque le diable est en moi.' Prenant le contre-pied de V. Hugo dans le p. célèbre 'La conscience', il affirme pour sa part: 'L'oeil n'est pas dans la tombe mais dans la griffe. L'oeil imputateur est sur terre.' (94). L'enfer est donc déjà une réalité de la vie terrestre pour l'homme à la recherche d'une impossible unité. Cette notion de dualité est telle pour M.J. qu'il en arrive à parler de prédestination, non pas au sens janséniste du terme, mais comme une fatalité. De même que les chromosomes de chaque individu sont formés, dès l'instant de la conception, des gènes qui portent les caractéristiques définitives de l'être humain, de même, pour M.J.: 'Le monde est polarisé entre ces deux divinités & chaque être est attiré vers l'une ou l'autre selon qu'il contient d'éléments de l'une ou de l'autre.' (109). P. intitulé (précisément!) 'Le chromosome.'"

Ibid. IRONIE MEME EN DECRIVANT LES DEMONS.27. "Même si l'ironie de M.J. est moins évidente ici que dans d'autres recueils, elle est présente néanmoins - quelle porte sur lui-même ou sur d'autres. Tantôt il se caricature lui-même: 'On a les démons qu'on mérite: voilà mon portrait!' 39, tantôt l'ironie fait place au calembour qui, par le jeu de la paronomase, ramène le pécheur à une plus juste notion de sa petitesse: 'Mes grelots! maigre lot!' 56. Ou encore 'Il avait visé le foie ou la foi.' 108."

Ibid. SATAN N'EST PAS ROMANTIQUE MAIS HIDEUX. 24. "Nous voici bien loin du Satan romantique - celui d'un Hugo, celui d'un Vigny - qui est avant tout l'ange déchu & n'est jamais hideux ni bestial. Pour M.J., quand Satan prend figure d'ange, ce n'est qu'apparence trompeuse & il redevient vite ce qu'il n'a jamais cessé d'être: 'Je ne suis pas celui que je parais être. J'ai le visage d'un ange & le coeur d'un ogre...Alors ce fut la métamorphose de cette apparence: l'ange devint monstre'(44), ou encore: 'Les anges qui vinrent étaient noirs, ils avaient des cornes comme un masque nègre.'" 113.

LE DEMON EST PARTOUT. R. Secrétain. "Le Potager de St.-B." Mail no. spéc. 231. "Du fond de son siège de bois, il m'explique que Dieu est partout: dans le ciel, dans le jardin, dans le bras du fauteuil. Et le Démon, qui est partout aussi, occupe l'autre bras [...]. Dans sa jeunesse de sa foi, M.J. a voulu voir le Diable &, au risque de mourir, il a bu 'sur la jusquiame' dont on a dit qu'elle mène en enfer."

LES DEMONS. Dunoyer. "M.J. entre le diable & Dieu." Monde 22 mars 1973. 14. "Rien d'étonnant donc que l'univers de M.J., celui du dedans, comme celui qui l'entoure, soit peuplé de démons. L'enfer pour lui, bien avant les M a été une réalité quotidienne. Non seulement l'enfer métaphysique, mais l'enfer des hommes, l'enfer fabriqué par les hommes, l'enfer du travail & de la misère, ‘l'enfer de Paris’, l'enfer des banlieues avec les enfants nus en hiver, les femmes malades & battues, les vieillards traités comme des ordures. - A cette présence du mal, la contrepartie était nécessaire."

LES DEMONS SONT LES DEMONS DE L'INTELLIGENCE. U. Pfau. "Portr. de l'artiste..." Op. cit. 37. Conclusion. "Est-ce que les démons de sa vie intérieure ne sont pas plutôt ceux de son intelligence, qui traduisent la peur de la damnation, plutôt que ceux de la chair, la vie intérieure consistant précisément chez lui pour une grande part en ce contrôle intellectuel & en cette prise de 'distance' par rapport à l'expérience vécue?"

DIABLE - ANGE. G. Desse. "M.J. de Quimper." Europe no spéc. 5. "Tout objet pour lui portait l'empreinte d'une aile d'ange ou d'une griffe diabolique."

ECARTELE ENTRE DIEU & DIABLE. Manoll. France-Culture, 25 mai 1974 "L'Homme de chair & l'homme reflet", "M.J. entre Dieu & diable" de Ch. Prakish. Manoll évoque un homme de chair qui a su se dépouiller jusqu'à devenir 'cristal’. Il évoque ce cheminement.

EVOCATIONS DEMONIAQUES DANS L'OEUVRE DE M.J. Plantier. "M.J. & le Prince des ténèbres." Op. cit. 1-3. "Aussi, le lecteur qui pénètre dans l'univers de M.J., doit-il se garder de hausser les épaules & de sourire lorsqu'il rencontre le diable. Quel plus intime compagnon peut-on trouver pour l'homme à la recherche de son visage? [...]. Il croit au diable, de toutes ses forces & de toutes ses faiblesses humaines. [...]. L'enfer, c'est la honte de frapper l'amour. De voir que l'amour n'oppose aucune résistance. P. 10. Conclusion: L'importance des évocations démoniaques dans l'oeuvre, montre bien les dimensions de la lutte. Elle est quotidienne. Elle est la vie. Elle est la chance d'éternité. L'oeuvre révèle donc dans une 'méthode' de résistance au mal."

LA FAUNE DE L'OEUVRE DE M.J. Cadou. Pour en revenir à M.J. No. spéc.12. "La faune familière de Max, tout entière d'anges & de démons, dérange l'homme dans ses habitudes, fait crier au miracle. Quel miracle de patience, en effet, d'abnégation, de générosité dans cette oeuvre!"

FRAGMENTATION OF LANGUAGE. EXORCISM OF PERSONAL DEMONS. Oxenhändler. "Concealment & Presence." Op. cit. 56. "Yet, quite apart from his religious visions, there is in M.J. a fragmentation of language that even the best exegesis cannot explain; there is a use of language that, at least at times, seems to cross the border into the realm of private incantation & exorcism of personal demons."

"HOMME DU CIEL & DIABLE ANCIEN", tel était ce poète, selon la parole de Saint Pol-Roux. Manoll. "Aventure poétique." Op. cit. 9.

"J'APERCOIS LA MAIN DE DIEU DANS TOUS LES MALHEURS DE LA FRANCE & dans les malheurs de chacun." Plantier. M. 81. "C'est aussi Lui [Jésus] qui nous a donné la douleur comme moyen de retrouver Dieu & de nous retrouver nous-mêmes."

J'APPARTIENS AU DIABLE. Cahs. bleus no spéc. 51. Méd. "Création de l'homme que je suis." "Or vous me demandez seulement de ne pas appartenir au diable, & moi je ne fais que cela;" Ibid. Cinquantenaire... 93.

"JE CROIS AU DIABLE autant qu'à Dieu, & je les connais bien tous les deux." L. Guilloux "Max Jacob parle." L. à lui, juill. 1942. France-Asie no spéc. 368.

LA JOIE DETOURNE DE DIEU selon M.J.

"LUTTE QUOTIDIENNE CONTRE LE DIABLE - SA VIE." VM, 193. Andreu cite du Carnet de L. Guilloux. L. 12 sept. 1926; voir aussi LJC, 49-53. 5 mai 1926. P.S. 51. "[...] désigne le mal par son nom [...]. On nous demande d'avoir le sens du mal [...]. Pas de perfection! pas de perfection! pas de perfection en rel. ni en litt. Tu ne veux pas être une pièce d'anthologie vivante? Fais donc ton petit bonhomme de vie courante en remarquant simplement que tu tombes dans le fossé. 50. A quoi bon le confessional si Dieu n'admet pas le péché;" MJ/JC, 415. [mai 1926].

MAGIE - FORMES DEMONIAQUES. LJF, 251. Quimper, 21 déc. 1935. "Les formes...c'est la magie laquelle est le pis aller de l'intelligence, bête comme un magicien. Les semblables s'attirent, c'est la base de toute magie. Se méfier donc des formes démoniaques qui attirent le malheur puisque les démons veulent & peuvent notre malheur."

"M.J. A VENDU SON AME A DIEU." Zur Antinomie, op. cit. 252, n. 123. [Trad. M.G.]. U. Pfau a parlé à Carlo Rim en 1966 à Paris. Il a souligné la qualité spéculative de la foi de M.J. & a cité le mot de Salmon: "M.J. a vendu son âme à Dieu."

M.J. LUCIFERIEN. Peyre. M.J. Quotidien. Op. cit. 54. Sauguet. "Cet homme pouvait être à la fois poète, peintre, astrologue, un conteur éblouissant, homme d’une grande piété & en même temps presque luciférien dans certaines de ses plaisanteries."

M.J. VEUT SORTIR DE LUI-MEME. Plantier. "M.J. & le Prince des Ténèbres." Op. cit. 9. "Littérature? moyen équivoque de matérialiser une obsession: moyen équivoque, pour crier qu'on n'est pas bien dans sa peau, dans sa famille, dans son pays. Tout tenter pour en sortir: le narcotique, la débauche, la recherche 'sans joie' de l'anormal, & regarder toujours cette face immobile empreinte d'un muet reproche, à côté du ricanement & du triomphe du l'Autre."

MYTHOLOGIE. Plantier. "La Myth. dans l'oeuvre poétique de M.J." Op. cit. 91. "L'Univers fermé de Narcisse devient l'unité mystique. Le visage appartient au Visage. La faute, c'est d'abandonner l'image aux autres, d'abandonner l'Amour pour les amours [...]."

"LA NECESSITE D'ECORCHER LE DOS AUX HOMMES POUR LES RENDRE SENSIBLES, à cause des ouvertures de la colonne vertébrale." SM. Éd. Kahnweiler, 2; Gallimard, 16.

"NINIVE AYANT ETE MENACEE DE DESTRUCTION, PRIT LE DEUIL & JEUNA TROIS JOURS & TROIS NUITS, HOMMES & BETES, & Ninive fut épargnée. C'était substituer la douleur volontaire à la douleur forcée. Si la Fr. se convertissait de façon à substituer le royaume de Dieu demandé dans le Pater ('que votre règne arrive!') au royaume du diable, Hittler (sic) impitoyable & menteur, le démon Hittler tomberait comme les soldats qui venaient arrêter le Christ [...]." Rousselot. M.J. au sérieux. 207.

L'OBSESSION DEMONIAQUE DANS L'OEUVRE DE M.J. Plantier. MJ, op. cit. 96. Cette obsession "ne relève pas d'une fabrication, de l'utilisation d'une veine artistique, ou d'un mode, elle est liée à cette panique du 'fond du ventre' qui possède M.J. Il fut assailli, il fut torturé: 'Je suis l'animal qui te flaire. Je m'appelle Satyre, Satyre/ Je suis serpent & je suis louve..." ["Circé", coll. Gompel. In extenso. Act. Et. 40. Il eut des grâces particulières, il fut 'visité'. Il fut envahi par un amour de plus en plus exigeant, & par la haine de plus en plus grande de l'Autre acharné à sa perte. L'obsession du mal vivant & agisssant le conduisait à la création de la personne."

"ON A LES DEMONS QU'ON MERITE: voilà mon portrait." "Ethnogr. du démon." VI, 39.

"ON ECRIT AVEC LE FOND DE SOI-MEME." LLP, 133. 8 nov. 1935. "Il est assez curieux que c'est avec le fond de soi-même qu'on écrit & que les plus grandes tristesses ne parviennent pas à changer le premier principe du caractère."

"LE PRINCE DES TENEBRES." Dunoyer. C.r. de l'étude de Plantier in Ren. de Fl. (Pâques 1969). Monde 21 fév. 1970. II. "Plantier analyse de façon définitive cet aspect capital du génie jacobien."

LE RIRE STRIDENT DE MEPHISTOPHELES. M.J. 'Givre.' Lafranchis. Marcoussis. Op. cit. s.p. ; Alice Halicka. Hier. Souvenirs. Paris : Eds. du Pavois, 1946. 272. "Toi seul comprendras cette espèce de phrase, laquelle a une valeur cosmique. 'Seras-tu ce soir chez la duchesse???' Le rire strident de Méphistophélès, ce rire est inexprimable."

"LA TRISTESSE EST LA MARQUE DU DEMON; ici règne la joie; la joie du Paradis est tout intérieure; elle ne se manifeste pas; elle rayonne avec un tendre amour réciproque, elle rayonne avec la pensée communiquée de l'un à l'autre sans paroles." "Le Paradis." MR. T.r. 15; Gallimard, 48-49.

LE VISAGE ECARTELE ENTRE LA CONNAISSANCE DU MONDE & DU SOI. Dunoyer. Monde mars 1973. P. 14. "M.J. entre le diable & Dieu." A propos des M. & MJ de Plantier. Op. cit. "Son combat intéreur se livrait entre d'autres adversaires que ses instincts & ses aspirations" - écrit Plantier dans l'Intr. des M. "La quète intime, la requête passionnée pour conquérir son vrai visage était celle d'un être écartelé entre les appels de l'extérieur, la vieille tentation de l'Arbre de sciences & les impératifs de la connaissance de soi, l'occultisme, la Kabbale, l'astr. que M.J. a tant interrogés, étaient-ils des chemins détournés pour aboutir au Christ? [...] si l'infl. du judaïsme ne peut être passée sous silence, la trad. eut plus d'importance encore, & la Bretagne, toute imprégnée de mysticité aussi."

LE DOUBLE

"CHACUN MARCHE PRECEDE DE SON DOUBLE REFLET." PR, 373 & n. 14. Elle cite de OBM, 257. "Douce image, Marguerite du Faust, toi qui marches devant moi, t'invoquerai-je comme mon double? Hélas [...]. Aidez-moi à connaître mon double, toi! le vrai! pas l'autre hélas!" "Il reprend le mythe gnostique de Faust cherchant en Marguerite l'âme céleste qui le ramènera à l'origine." «Notons les liens étroits de Goethe avec l'ésotérisme.»

DOULEUR - SOUFFRANCE

L'ART M'A TOUJOURS FUI. Dans une des dern. méd. offerte à J. Denoël, publiée par Jacques Maret, no 31 Feuillets inutiles (citée in VM, 14, n. 2). "Si vous vous êtes révélé en moi, c'est sans doute par l'effet de la prière de quelque ancêtre, ma sainte grand-mère peut-être, désolée de me voir me perdre ou le désir que j'avais inconsciemment, vu les souffrances que j'avais endurées au service d'un art qui m'a toujours fui."

L'ART: VIE DES MARTYRS. LRV, 55. 17, rue Saint-Romain, 18 mars 1936. "Maintenant que tu es libre tu vas pouvoir te donner à l'Art: tu entres dans la vie des martyrs au moment où lassé, brisé, profondément malade au moins moralement, j'aspire à en sortir."

"A L'ORIGINE DE TOUTE CARRIERE IL Y A D'IMMENSES DOULEURS." LMM, 40. L. 1938.

APPAUVRISSEMENT DE LA PERSONNALITE POUR LE MAXIMUM DE CLARTE. DV, 72. "[...] l'on n'acquiert rien en donnant de la tête en avant, mais seulement en reculant, en s'anéantissant. C'est seulement quand on est devenu comme une planche qu'on voit clair. Ce n'est pas par le gonflement qu'on acquiert, mais par le retrait, le recul & l'anéantissement. C'est le sens de la rel., que dis-je, de toutes les religions orientales, y compris les rel. judéo-chrétiennes: appauvrissement de la personnalité pour le maximum de clarté...On nous apprenait en philo. de misérables chap. sur l'utilité de la douleur qui n'étaient qu'un pauvre reflet laïc de ces rel., lesquelles sont le coffret de toute la sagesse humaine."

"AU LIEU DE NOUS EN DESOLER, IL FAUT NOUS REJOUIR DE CETTE CLEF DU PARADIS QU'EST LA DOULEUR.- & tout en la partageant avec ceux qui souffrent nous devons être heureux de souffrir & d'avoir l'occasion de compâtir." Hasquenoph. Op. cit. 160.

AVOIR TANT SOUFFERT POUR RIEN. VM, 259. A Andreu, oct. 1939: "Si tu vois Mac Orlan, dis-lui qu'il est le meilleur souvenir de la place Ravignan si désolante & si inutile! avoir tant souffert pour rien pour rien, rien rien rien! que servir de marchepied aux autres. Mais Mac Orlan est un brave & un brave homme c'est quelque chose c'est même tout."

"LE BONHEUR TUE, LE MALHEUR FAIT VIVRE." LCB. 26 oct. 1942. [9]. "Mais qui peut durer sans souffrir? [...]. L'Eglise doit souffrir pour la même raison. La Sainte Vierge qui est l'Eglise & St Jean qui est la Synagogue sont au pied de la croix éternelle, éternels comme elle. - Il est bon de souffrir, mais c'est une erreur de croire qu'il soit bon de faire souffrir les autres, & ceux qui assassinent seront assassinés." 19 janv. 1943. [14]. "Je crois au renouvellement du monde par la douleur rédemptrice. Quand Dieu fait souffrir la terre c'est qu'il veut la changer comme il fit après le déluge. C'est après le déluge que Noé planta la vigne qui est Esprit [...] (le vin du calice)."

"C'EST AUSSI LUI [JESUS] QUI NOUS A DONNE LA DOULEUR comme moyen de retrouver Dieu & de nous retrouver nous-mêmes." Plantier. M. 81.

"CET IDEAL FAKIRISME ME SEMBLE ASSEZ PEU CHRETIEN [...]. On ne demande pas à un chrétien de ne pas 'vivre'. Au contraire! la religion cath. est une école de sensibilité. Un chrétien est un homme capable de tous les sentiments. Le Juif est abstrait & sans sentiments humains." LTB, 80. A Moricand. 13 fév. 1938.

"CHACUN NAVIGUE SUR SON CHARNIER & LA DOULEUR DES UNS N'EMPECHE PAS CELLE DES AUTRES. Mon passé est très lourd & empoisonne ma vieillesse,[...] pense à Dieu qui te voit &t'aime." Belaval, op. cit. 43.

"LE CHRISTIANISME INVITE A REPRIMER INSTINCTS, ELANS NATURELS, passions, tout ce qui trouble notre esprit, & échappe au contrôle de la raison. [...]. A l'époque oú Freud démasque l'importance de cette part de nous mêmes qui nous échappe, [...] où le surréalisme désire les exploiter, la peur de ces monstres des profondeurs pousse le chrétien à retourner [...] vers les qualités qui semblent conserver à l'homme son humanité. 467.- L'état chrétien n'est ni l'harmonie ni la stabilité. C'est la tension permanente entre deux directions perpendiculaires [...]." PR, 469.

"COMPRENEZ, COMPRENEZ MA LOI DE LA SOUFFRANCE TRANSFORMEZ LA SOUFFRANCE EN SAINTE PUISSANCE."

"LA CONVERSION EST UNE SOUFFRANCE ABOMINABLE quand on regrette quelque chose. Or nous sommes assez païens pour ne pouvoir être vraiment chrétiens jamais. Tu ne serais pas si fier d'être 'moi' si tu savais ce que je souffre...Mais on ne fait qu'en rire & ceci est une souffrance de plus." "118 l. inéd." 75. A Paulhan, op. cit. (post scriptum) 18 janv. 1928.

"CROYEZ-VOUS QUE CE SOIT EN VAIN QU'ON NOUS AIT IMPOSE LA DOULEUR? Plus vous aurez souffert, plus vous aurez de joie." Merle. Op. cit. 19.

DEDICACE DE 1928 - SOUFFRANCE. LTB, op. cit. 13. "Je couds avec le fil de mes souffrances la trame de ma vie." Sur un exemplaire du CD.

---. Ibid. 70. A Moricand. 4 avr. 1937. "Plus on a été bas & plus on monte haut. Toute carrière commence par la douleur."

---. Ibid. 104. A Moricand, 22 août 1940. "ON NE VA AU PARADIS QU'A COUPS DE PIEDS DANS LE CUL. (les miennes majuscules)."

"LA DOULUER, JE NE ME LASSERAI PAS DE LE REPETER, EST LA SANTE DE L’AME. Et quoi! ne sommes-nous pas habitués à la souffrance comme le cuisinier à ses ragoûts." Guiette. La Vie de M.J. Op. cit. 19.

"LA DOULEUR EST LA VIE, LA RACINE DE LA VIE." "Le vrai sens de la rel. cath." Op. cit. 23. "Le péché originel." "Adam & Eve, en acceptant le fruit de la Terre, ont fait alliance avec le démon. Dans le péché originel, nous avons fait alliance avec le démon pour obtenir notre bonheur sur terre. C'est ainsi que Dieu l'a voulu, perce que sa bonté nous avait fait don de la Terre. Le 2nd acte de la Genèse est le châtiment [...] en nous donnant la douleur. Invention sublime & ingénieuse, car ce prétendu châtiment est un nouveau don de la bonté du Créateur."

"LA DOULEUR EST LE SUCRE QUI CONSERVE." VM, 233. à J. Paulhan. Janv. 1937. "Les juifs pour durer doivent souffrir; la douleur est le sucre qui conserve, comme tu sais. Chacun d'eux souffre, holocauste pour la race."

"LA DOULEUR & LA VOLUPTE SE TOUCHENT SOUVENT au point de se confondre. N'approfondissez pas ceci, c'est une de ces pensées qui, avec des apparences de profondeur, ne veulent, en réalité, rien dire du tout." Cah. des Maximes. 105; Villard. "Hist. d'une classe de lycée." Correspondant. 84.

LA DOULEUR M'A CONDUIT A LA CONVERSION. "L'Enfer." Roeping no spéc. 128. "J'ai connu la vie sans secours, encore en avais-je un certain puisque la douleur m'a conduit à la conversion."

LA DOULEUR REMEDE CONTRE LE PECHE. "Péchés." Boîte à clous no spéc. [8]. "[...] l'Ecriture t'a dit que le renoncement, le sacrifice, la douleur sont un remède contre le péché"; Ibid, [10]. "But de l'homme." "Dieu est libéral! S'il a créé la douleur, c'est que la douleur purifie, elle est l'outil du repentir & le repentir est un échafaudage jusqu'au ciel. Car Dieu ne veut pas seulement une étable terrestre pour l'homme, il lui veut les trônes du Paradis; mais il veut que l'homme mérite ces trônes."

"LA DOULEUR VOLONTAIRE & INVOLONTAIRE EST UN MOYEN DE LA SUBLIMATION." "Il attend le martyre vers la fin de la guerre." LTB. A Moricand de 1937 & intr.

"LES DOULEURS QUI NE RENDENT PAS BON, RENDENT EGOISTE." LLP, 119. 22 mai 1933.

LA FACULTE DE SOUFFRIR EST LA FAC. DE COMPRENDRE. PJ, 453. A André David. 29 janv. 1939. "[...] la sensiblité ne se sépare pas de l'intelligence. La fac. de souffrir est exactement la fac. de comprendre complètement, c'est à dire de'compatir'. C'est la Seule intell. profonde, la seule vraie, la seule chrétienne. Rappelle-toi le coup de lance [...] qui unit la goutte d'eau ou matière à la goutte de Sang ou esprit. De là le culte du Sacré-Coeur [...]."

"FAUBOURG SAINT-ANTOINE! TU M'AS APPRIS A SOUFFRIR, C'EST A DIRE A VIVRE. VM, 35. Andreu cite de SM.

LES FORCES DOULOUREUSES. "Le vrai sens de la rel. cath." Op. cit. 23. "Il y a des forces qui nous poussent vers la joie, elles redoublent notre activité, elles nous stimulent l'esprit, elles profitent à notre santé. Il existe par contre d'autres forces de destruction qui nous déchirent, nous remplissent de remords, & font que nous nous penchons sur nous mêmes. Ces forces agissent aussi sur le physique, elles nous amaigrissent, nous rongent, nous purgent, nous ramassent sur notre être. Ce sont ces forces douloureuses qui nous poussent au fond de nous mêmes, nous arrachent les illusions & nous font voir clair dans notre coeur & dans celui des autres. Mais tout ceci nous a conduits [...] à l'explication du symbole admirable de la Croix. Le bois transversal de la Croix est notre propre nature, pleine de ces infl. auxquelles nous sommes soumis chaque jour & chaque minute: Le bois transversal, c'est nous mêmes, comme une proie de la nature [...] du prochain & de nous mêmes. - Le bois vertical signifie, lui, les forces que nous opposons à ces influences naturelles: toutes nos forces; car il signifie toutes les forces douloureuses y compris la raison, la volonté, la prudence, l'énergie, &, jusqu'à la conscience de nos gestes.- La rel. cath. avec sa Croix du Sauveur [...] nous lance un appel à la raison, à la volonté, afin que nous construisions [...] en nous notre moi individuel [...] en l’opposant à toutes ces infl. extérieures [...]."

LES HEUREUX SONT INSENSIBLES. Cadou. Esth. 47. "Les heureux sont des insensibles & l'insensibilité tue la vie intérieure & encore plus la vie éternelle. Souffrons recherchons la souffrance ou plutôt établissons-la en nous d'une façon complète, définitive."

"IL FAUT APPRENDRE A SOUFFRIR DAVANTAGE & A SE TAIRE. UN VRAI POETE EST TORDU SUR UN BUCHER EN SILENCE. Ibid, 45. Ne te plains pas d'être désespéré: c'est l'état de désespoir qui est désirable. Le XXe siècle n'a pas souffert, c'est pourquoi il n'a pas donné de poètes fr. (Milosz ni Apollinaire ne sont Fr.). Extérioriser trop tôt, c'est le contraire de la souffrance."

"IL Y A DIEU! AUTRE SISYPHE!" LMM, 45. 11 déc. 1938.

"IL Y A LA TRISTESSE MORNE QUI EST LAIDE & LA TRISTESSE VIVANTE QUI EST BELLE." Béalu. "Propos, souvenirs & anecdotes de M.J." Boîte à clous. [33].

L'IMPORTANCE DE LA SOUFFRANCE. Pfau, Zur Antinomie,261, n. 211. Réf. in innombrables lettres. [Trad. M.G.]. Par ex. l. importante à Moricand sur ce sujet. 13 fév. 1938. P. 81, dans laquelle M.J. explique la signification de l'ascétisme. Surtout depuis la 2e retraite à St.-B., il souligne l'importance de la souffrance pour le progrès de l'homme. Il n'a pas dévelopé systématiquement la phil. de Kierkegaard, mais l'a adoptée d'une manière eclectique. C'est clair de la plénitude de ses spéculations & de ses images dans lesquelles il traduit cette philosophie.

"JE CROIS QUE DANS LA DOULEUR SEULEMENT L'HOMME SE RECONNAIT HOMME, CONNAIT & RECONNAIT LES HOMMES." "Présentation de l'auteur par lui-même." Prem. publ. Cat. Expo. Gal. Bernheim-Jeune. Op. cit.; Eternelle Revue 1 n.s. (déc. 1944): 23-26; "Hommage à M.J. " Cat. Musée de Montmartre. Op. cit. 5-6; Cat. expo. "Le Cornet à dessins de M.J." Quimper & Pont-Aven, Gal. de la Poste, 1981; Gal. de la Poste. Op. cit. 14-15. "Si vous voulez une confession plus complète." Théâtre à Toulouse no spéc. 3; "Hommage à M.J." Pluri-Voyages. Cah. Litt. no 5. 14 & 15 Juin 1986. 4; "L'Artiste se présente." Cat. expo à Rome. Op. cit. 7-9. Texte bilingue; A. Billy. Vingt-cinq ans de litt. fr. Vol. II. Libr. de Fr., 1927. 238; du même. Intimités litt. Flammarion. 1932. 57-58; trad. en ang. Hesitant Fire: Selected Prose of M.J. 39-42.

"JE CROIS QUE LES DEUILS HUMANISERENT LA POESIE." "[...] les vers les moins inhumains d'Apollinaire sont ceux de la cellule." LMM, 109. 22 mars 1942; au même fin juin 1941. 94. "Il faut qu'ils [les poètes] apprennent à écrire, à penser, à souffrir, non en mots mais en vrai"; au même 29 oct. 1941. 102. "C'est dans la grande douleur que je trouve la vérité."

JE NE SAIS QUE SOUFFRIR.VM, 84. Andreu cite de OBM. "Sur la pointe d'une fougère, le regard du soleil couchant se pose, ou sur la fleur qui a un coeur de miel & une couronne d'acanthe; & sur moi qui ne sais que souffrir j'ai senti quelque fois la main d'un ami"; Andreu. "M.J. prem. poémes." Points et Contrepoints 110 (mars-avr. 1974): 42.

"JE REGRETTE DE N'AVOIR PAS PLUS SOUFFERT, je saurais davantage. Vous savez mieux que moi que la seule école est la souffrance, la joie n'apprend rien." L. à Jouhandeau. Corr. II, 254. 24 nov. 1923.

JESUS DOULEUR - VERONIQUE L'AMOUR. LTB, 112. A Moricand. 27 oct. 1940. "[...] la patronne des peintres est Sainte Véronique, initiatiquement parlant: en effet quand Jésus qui est la Douleur rencontre Véronique qui est l'amour, il en sort l'effigie du Seigneur. Or cette effigie est l'esprit de création [...]. Véronique [...] devrait s'appeler Véricone [...] la vraie image."

"JE VOUS REMERCIE DE M'AVOIR FAIT NAITRE DE LA RACE JUIVE SOUFFRANTE, car celui-là seul est sauvé qui souffre & qui sait qu'il souffre & offre à Dieu sa souffrance. Or vous m'avez fait souffrir dès mon enfance étouffée, abominable (dans cette race humiliée déjà) & si vous ne m'en avez pas donné conscience alors, vous m'avez réservé de pouvoir un jour vous offrir cette contribution à mon salut." "Bienfaits de Dieu." MR. T.r.4; Gallimard, 35-36.

"LA JONCTION ENTRE LES MOTS ET LES MAUX." Emié. D. "La jonction entre la tête & ton coeur pour devenir un très grand poète."

LE LANGAGE DE DIEU: LA SOUFFRANCE. LLP, 81. 26 mars 1927. "Bonne Princesse, Dieu vous avertit. Je reconnais son langage: Dieu parle par les occasions qu'il crée de souffrances quand il veut nous avertir [...]. Il veut de l'offrande de vos douleurs en expiation, la soumission absolue & gaie, la patience complète, l'abandon de vos propres volontés & le projet de nous préparer à la mort seul but de la vie."

MALHEURS SALUTAIRES. A Toulouse. 16 mai 1942. Pour en revenir à M.J. 105; LRT, 73.

LE MARTYRE DONT LE SANG FECONDE. LEJ, 76. [Janv. 1939]. "[...] la nécessité de faire souffrir alternativement l'Eglise & les Juifs; car la souffr. seule peut conserver une race ou une société. Il faut [...] retrouver le martyre dont le sang féconde. Quant à moi, j'y suis préparé dès longtemps & comme juif & comme cath. fervent. [...]. Ajouterais-je que je l'ai toujours été: enfant martyrisé, jeune-homme qu'on a laissé mourir de faim (sic), vieillard abandonné."

M.J. SE SENT PERSONNELLEMENT RESPONSABLE DE LA SOUFFRANCE DU CHRIST. Plantier. MJ, 117. "C'est cela qui a exalté M.J. toute sa vie: les cris, les sueurs de sang témoignent d'une souffrance dont il est personnellement responsable. Il est le bourreau de la tendresse & de l'amour, non pas abstraitement, mais dans la chair d'un homme comme lui."

"MON NOM EST DOULEUR." "Ballade de la campagne-exil." "Les paysans m'appellent par mon nom sur les routes, comme ils reconnaissent une alouette d'une grive mais ils connaissent mieux les noms des gibiers que le mien/ car mon nom est douleur." Parrot. Op. cit. 1.

MORTIFICATION POUR EFFACER LES PECHES. Selon Toulouse: M.J. prenait sa cigarette allumée & il a brûlé la dernière phalange des cinq doigts de la main gauche, pour se mortifier. 'C'est ma mortification pour effacer mes péchés. J'ai besoin de ma main droite pour peindre.’ Juan Gris, selon M. Béalu, caressait son chat de la main gauche également de peur d'être gratté, pour épargner la main droite. (1938-39).

MOTS PLAIES. Cadou. Esth. 53. "As-tu lu l'extr. de maître Eckart dans la N.R.F. de Mars. Il y parle des régions de l'âme & réclame en faveur des vestibules & du Saint des Saints qu'il faut atteindre. Voilà ce qu'il faut faire: atteindre la région de l'âme où Dieu habite & ne travailler que là - & avec des mots-plaies.- La lecture des mystiques est le seul conseil esth.- Les grands poètes sont des mystiques sans Dieu (ou avec Dieu) ce que tu appelles la poésie de tonnerre & de source. Non! tu ne divagues pas! tu es dans le vrai."

LA NECESSITE DE LA SOUFFRANCE. "ON N'AVANCE QUE PAR LA DOULEUR. A quoi peut mener la joie, rendez-vous-en compte par des exemples. La joie est elle-même un aboutissement, la fumée d'un feu, le repos. La douleur au contraire est une mise au point de soi-même avec la réalité; elle amène la réflexion qui est un départ. Ce n'est pas pour rien que la Sagesse de Dieu a dit: 'Heureux ceux qui pleurent.'" CN. "Réponse de l'Abbé X...à un jeune homme découragé." Op. cit. 195.

"NOS DOULEURS SONT UNE EPREUVE BIENFAISANTE." DV, 251. 3 déc. 1941. "J'ai un grand chagrin de la mort de L. [Levanti]. Dieu est bon d'une bonté infinie [...] nos douleurs sont une épreuve beinfaisante"; au même: "Un vrai chagrin rend très sensible & meilleur... La douleur est vraiment l'état de vérité [...]. J'ai une soeur qui est un obus, une locomotive de charité, je reçois une l. où elle écrit 'Elle' avec un grand 'E' en parlant de sa mère: c'est splendide. Oui, l'état de douleur est l'état de vérité."

NOTES SUR LA PASSION. VM, 250-51. "D. Gompel possède [...] un important lot de Méd. datées de 1926 & qui toutes introduisent à une explication symbolique de l'Ecriture. [A présent ces méd. se trouvent dans la Coll. Spéc. de la B.N. Donation de D. Gompel]. Dans une Méd. sur la Passion qui annonce les extraordinaires 'Notes sur la Passion’... envoyées à J. Pérard [...], M.J. qui a dessiné en visionnaire tant de descentes de Croix avance que Marie n'est pas seulement corporellement la mère de Dieu, l'annonce de l'Eglise, mais avec Origène, la Raison de la Terre. - 'Rencontre de la Mère. C'est la raison d'après Origène. D'après l'Eglise c'est l'Eglise. Si c'est la raison cela signifie que l'Homme tel que Dieu le synthétise ne rencontre la Raison que dans la Douleur. Qui de nous ne sait pas qu'on n'apprend pas dans la Joie. Initiés! souffrez pour apprendre apprenez en souffrant."

"OH! LA JOIE DES DOULEURS PURGATIVES!" "Bienfaits de Dieu." MR. T.r. 41; Gallimard, 74.

"ONLY SUFFERING MAKES US TRACTABLE & HUMANE. Have I not learned the usefulness of pain and suffering? [...]. Suffering is the most excellent gift of God for it is in suffering that we rediscover ourselves." "Blessings of God." Hesitant Fire. Op. cit. 206.

"ON NE SOUFFRE BIEN QUE DE SOI-MEME, de sa propre bêtise, de ses propres péchés, de ses propres repentirs. L'écharde dans la chair dont parle St Paul & que l'apparition du chemin de Damas lui a laissée, c'est la propre bêtise humaine, la sienne propre quand on a le malheur d'avoir juste assez d'intelligence pour s'apercevoir de la carence." Guilloux. "Max nous parle." France-Asie no. spéc. 365. L. à lui. 2 oct. 1941.

"ON RECONNAIT LES HOMMES VERITABLES A CECI QUE LEURS DEBUTS ONT ETE LA VRAIE SOUFFRANCE. Je me méfie de l'avenir de nos petits gigolos qui ne se refusent aucune jouissance & sont couronnés de palmes avant d'être assis dans le berceau des muses." PJ, 277. A un jeune ami poète. St.-B., 11 avr. 1927.

PAR LA SOUFFRANCE ON MERITE LE PARADIS. LRV, 72. 5 janv. 1937. "J'ai écrit ou dit & on a imprimé cette phrase: on ne monte au Paradis qu'à coups de pieds dans le derrière. Ceci est applicable à la gloire. Les injures c'est comme de marcher dans la crotte; la dignité est de n'y répondre nullement."

PASSAGE DE LA VIE EXTERIEURE A LA VIE INTERIEURE PAR LA SOUFFRANCE. VM, 268. "Si vous n'êtes pas blessé par l'extérieur ou réjoui par l'extérieur, jusqu'à la souffrance, vous n'avez pas la vie intérieure & si vous n'avez pas la vie intérieure votre poésie est vaine." Andreu cite des CJP.

"LA PERTE DU PARADIS EST LA CREATION DE LA DOULEUR, COMME REGLE DE L'ERE ADAMIQUE - don & non Châtiment, la douleur est la clef de tout[...]." LTB, 67. A C.M, 28 janv. 1937.

LE PLAISIR DETOURNE DE DIEU. "La Messe du Visionnaire." Album cat. de l'expo. A. Derain, 15-21 oct. 1916, Gal. Paul Guillaume, Paris, 16 Ave de Villiers. S.p. "Ne souris plus si c'est la fin du monde! Mourant, Jésus fait l'envoi glorieux de quelque image en manière d'adieu: Ailes au casques est pour la Gaule blonde; La Vierge au fond se laisse deviner. - Nuages ronds, auréoles de nues. - Soldats, casques font la garde en la rue. Avec le vol d'un insecte ocelle l'Amour vers toi lève des yeux connus. Ange gardien, pourquoi ce chandelier? Si c'est d'amour que tu veux me lier, ne me fais pas curieux d'hyperespace. Je ne veux pas d'autre don que la grâce! Pendant que Dieu agonise à l'autel! Est-ce l'instant de se réjouir du ciel? Pour me sauver des dangers de la terre M'envoyais-tu des esprits planétaires? Mais le plaisir me détourne de Dieu. Coeur de croyant n'a pas besoin de yeux."

"POINT DE VUE DE SIRIUS." "QUE L'AMOUR SOIT LE VESUVE/ POURPRE & SANG JUSQU'A DOULEUR!/ ENTASSEUR, VIDEZ L'ETUVE DU PLAISIR USURPATEUR." LTB, 57. A Moricand, 26 nov. 1935. [Le p. consiste de 4 strophes].

LA POESIE DE L'EMOI. LMJ, 342. 4 août 1933. "Il n'y a pas de doute que tes oeuvres sont de la poésie lyrique. Je tiens au mot lyrique: c'est la poésie du moi, de l'émoi, des mots, des maux [...]."

"POUR SAVOIR COMPATIR IL FAUT AVOIR SOUFFERT & vous pensez certes que ce n'est pas que l'amour de Dieu qui m'a jeté ici." LLP, 70. 21 juill. 1926.

PURGER LES FAUTES PAR LA DOULEUR. LTB, 108. A Briant. 24 sept. 1940.

"QU'APPORTES-TU, VENT DE LA TERRE?/ La douleur baisée par l'amour./ Magie te prêtera secours/ & ces trois graines de fougère." "Magie blanche." Expo. à Orléans, 1947; HC, op. cit. 19; Ibid. 31. "Nudité et plus." "Nudité blanche reine/ que je chante & poursuit/ tout le reste est gangrène/ Dieu ne veut que nos cris"; ibid. "Douleur." 66. "Et pourtant la douleur est un présent des Dieux!/ Elle abolit en nous ce qui n'et pas notre âme/ Elle nous rend à nous; elle nous donne aux cieux./ Ce que Dieu veut de nous, c'est sa Divine Trame."

"QUATRE GARDE-CROTTES CONTRE LES EVENEMENTS DOULOUREUX. Le prem. est la proximité de Dieu! Le 2e est une conscience connaissante! Le 3e est une fine accessibilité! Le 4e est l'amitié d'un Homme grand!" Parrot. Op. cit. L. 20 juill. 1942.

QU'EST-CE LA DOULEUR? "Les dix plaies d'Egypte & la douleur." "La Genèse." Op. cit. 14. "Dieu a voulu nous donner la douleur parce qu'il sait qu'il n'y a pas de bonheur pour l'homme hors de lui & que son seul bonheur est de se posséder lui-même. Tout ce qui n’est pas soi-même, tout ce qui n’est pas nous-mêmes, c'est-à-dire les richesses, le désir, les passions, les curiosités, l'influence des univers, les ambitions, etc. ne sont que troubles, inquiétudes, hésitations pour l'homme. Mais la possession de soi, c'est-à- dire la possession de son propre esprit, de sa propre volonté, est par contre une grande joie, supérieure à toutes. Dieu nous a donné aussi d'autres joies, qui sont celles de la vie, des joies impures; inférieures, mêlées. Mais il a pensé que, si nous parvenons à nous soustraire à ces joies, nous pourrons atteindre la plus grande de toutes, qui est la possession de soi. Posséder Dieu, c'est se posséder soi-même. Mieux, nous ne pouvons posséder Dieu, qui est si différent de nous, que lorsque nous nous possédons nous-mêmes. Nous sommes le chemin de Dieu. Et pour nous posséder nous-mêmes, il est nécessaire de nous arracher, de nous séparer de tout: & c'est cela la douleur.- La douleur est un mal nécessaire, car elle est source de nouveaux biens. C'est là que réside le véritable sens de la Genèse, & aussi celui des dix plaies d'Egypte [...]."

---. Ibid. 23. "Dieu qui nous avait donné les joies de la terre, voulut aussi nous donner les joies de l'esprit. Avec la douleur Dieu montre à ceux qui veulent le comprendre le chemin qui mène à l'esprit. En nous donnant la douleur, Dieu nous donne la porte à franchir pour aller jusqu'à lui. [...] Par ce prétendu châtiment, Dieu le Père a ouvert, pour son fils & pour nous, la voie vers le paradis perdu par Adam. Comprendre la douleur comme voie de l'esprit, c'est comprendre la rel. cath."

---. Ibid. 15. "Dieu, dans sa bonté, a voulu nous donner les joies de la terre; mais, en nous donnant ces joies, il a voulu nous donner aussi le moyen de trouver celles de l'esprit & de le posséder. Et ce moyen, c'et la douleur. - Mais il ne s'agit pas ici de châtiments. L'histoire si authentique & véritable de la Genèse a un sens caché, & ce sens est la bonté de Dieu qui veut nous donner les joies de la terre, en même temps que la joie de la posséder lui. Et il nous donne ainsi la clef pour que nous puissions passer de l'un à l'autre. Le travail n'est pas un châtiment, c'est un moyen. Il faut exténuer notre chair pour conquérir notre joie [...]. Travail & douleur sont donc la porte de l'esprit."

---. LA DOULEUR PURIFIE. Idem. LA CROIX. "La croix accompagne Jésus-Christ [...] & J.-Ch. accompagne la Croix de J.-Ch., & nous devons être comme Simon de Cyrène. Nous prenons la place de Dieu dans la douleur qui purifie. 16. [...] après que le Seigneur a annoncé aux filles de Jérusalem la Loi de l'Univers, qui est celle de la douleur, apparaît l'affaire de la tunique qu'on lui arrache, & qui signifie la grâce [...] la tunique [...] tachée par le sang & la chair de J.-Ch., qui sont l'esprit. [...]. Partout, donc, nous voyons la douleur unie l'esprit."

---. Ibid. 13. LA DOULEUR DU MONDE DE LA MATIERE. LA SOUFFRANCE DE L'ESPRIT - PLAISIR. "Un peu de métaphysique." "C'est quand notre esprit est prévenu contre nos sens qu'il peut entrer au monde de l'esprit. Si notre chair ne se préserve pas ainsi grâce à l'esprit, elle vivra dans la douleur du monde de la matière. La matière appartient au démon; & quand Dieu ne défendra plus notre pauvre chair, le démon la torturera. Après la mort comme avant. Par contre, les peuples du monde de l'esprit sont parfaitement heureux, jusque dans les douleurs exquises de leur propre sensibilité. Dieu nous a enseigné à souffrir avec complaisance, parce qu'il nous a enseigné le plaisir de la souffrance."

---. Ibid. 14. DIEU. "[...] si Dieu est la force la plus grande, il doit être la plus grande bonté: parce que la méchanceté va avec le manque de satisfaction, & que la force ne peut être cause que de satisfaction. La méchanceté est par définition, ce qui veut détruire. Et comment la force qui a construit peut-elle vouloir détruire, puisqu'elle est la force la plus puissante, c'est-à-dire celle dont dépendent toutes les autres, celle qui les fait durer ou les crée? Dieu étant fort, ne peut qu'être satisfait. Or, étant satisfait, il ne peut qu'être bon, puisque la méchanceté est la destruction par mécontentement.- C'est donc,[...] par bonté que Dieu a créé la douleur, puisqu'il ne peut créer que par bonté. La douleur est donc un bien."

LA RELIGION - UNE EXIGENCE TERRIBLE. PR, 472. "Il convient de constater que d'une rel. conçue comme un réconfort pour les faibles,[...] nous voilà passés à une exigence terrible, une morale ardue fondée sur la remise en question permanente des acquis, & de soi, une morale pour les forts." 477; CJP, 68. Dieu "il vomit les tièdes."

SEIGNEUR - SAIGNEUR. LMM, 33. Chez le dr. Benoiste, 21 juin 1937. "Confions les au Seigneur. Celui que j'appelle Saigneur;" Le poète offre une autre variation de ce jeu de mots: «Le jeune cheval henissait/ & montrait les dents; il/ disait au garçon d’écurie:/ ‘Vous me faites souffrir!’/ La vieille jument regardait/ son soigneur ou saigneur/ d’un oeil triste.»‘Les deux chevaux.’ Inédit. Monde, 8 juill. 1976, p. 12 ; LMM, 144, n. 3.

"LA SEULE ECOLE EST LA SOUFFRANCE, LA JOIE N'APPREND RIEN." VM, 35. D'une l. à Jouhandeau du 24 nov. 1923. Corr. II., 254. "Huit mois de commerce ont fait ma carrière & quelques années de divers emplois. Je regrette de n'avoir pas plus souffert, je saurais davantage."

"SI C'EST LA CE QU'ON FAIT AU BOIS VERT QUE FERA-T-ON AU BOIS MORT?" LTB, 108. A Briant, 24 sept. 1940. "J'en viens à me féliciter des douleurs qui m'adviennent, tout en souffrant des peines de mes amis, je ne puis plus les voir que comme je vois les miennes: une nécessité. 'Si c'est là ce qu'on fait au bois vert que fera-t-on au bois mort?'- dit le Seigneur. C'est pas le bois mort. Il a peut-être fallu que le Seigneur passe par la purification de la terre avant de regagner son ciel. Quelle purification nous faut-il à nous?"

SIMON DE CYRENE PREND LA CROIX DU SEIGNEUR. A Briant. Goëland 28 (15 fév. 1938) cité in VM, appendice VI. "[la douleur] Ce don est confirmé dans la montée du Calvaire, où Simon de Cyrène qui représente la terre, prend la croix du Seigneur. Simon ignore le don qui lui est fait; il faut que les soldats le forcent à se charger de la croix."

LA SOUFFRANCE: CLE DU PROGRES & DU BONHEUR. Cadou. Esth. 28-29. "La souffrance est la seule clé du progrès & du bonheur. La souffrance ne doit pas être une faiblesse; ça doit être une profondeur de sensibilité & le fait de ressentir davantage."

SOUFFRANCE COMME MOYEN D'EXECUTION POETIQUE. J. Morgenroth Schneider. Clown at the Altar. Op. cit. 59. "At one point, he even proposed the theory of suffering as the ultimate technical solution to poetic execution: 'souffrance comme moyen d'exécution.'" In Lagarde. M.J. mystique & martyr. Op. cit. 29.

SOUFFRANCE DE DIEU. Plantier. "M.J. & le plus grand amour de Dieu." Op. cit. 2-3. "Chemin de Croix." (HC, 29) où se développe le thème des souffrances, par ce vers: "Dieu va mourir demain pour que tu le possèdes..." Il voit donc bien 'le côté profond qui est l'âme du Christ.' Le supplice n'a d'autre sens que celui d'une rançon payée volontairement & par amour, pour libérer les héritiers prisonniers de la mort, pour que chacun se sente personnellement racheté par amour, pour que soit conférée à chacun, & donc aux bourreaux, la dignité de fils de Dieu." [Voir HC, 38. Inc. «Pendu aux clous...»]

LA SOUFFRANCE MANIERE DE PENSER. DV, 165. A Béalu, 20 avr. 1939. "Tu crois que la souffrance consiste dans la manière de vivre alors que la souffrance consiste dans la manière de penser."

SOUFFRANCE POUR ALLER VERS DIEU. HC. "Si je suis trop lourd pour aller vers Dieu, brancardiers, portez moi. Et si vous n'avez pas de civières, faites-en une de mes souffrances tressées."

SOUFFRANCE QUE DONNE LA LITTERATURE. Corr. I, 148. A Doucet, 30 mars 1917. "La litt. est comme les femmes: on en souffre & on y retourne, & plus elles battent, plus on les aime. En somme, il n'y a pas d'homme qui ait été battu & la litt. n'a jamais tué personne, mais elle en a rendu malades plusieurs."

"LA SOUFFRANCE SEULE FORME DES TALENTS." Inéd. à Massot. 18 sept. 1922. Op. cit. 32. "Vous avez des déceptions! on en fait des p. tout chauds! Attendez-vous à pleurer tous les soirs en rentrant chez vous & au bout de vingt ans de désespoirs, à vous désespérer de n'en plus avoir"; 12 oct. 1922. "Travaillez beaucoup. Souffrez beaucoup! (Vous souffrirez beaucoup)."

Ibid. 33."VOTRE COEUR EST FAIT POUR SOUFFRIR." S.d. "J'ai lu de vos vers qui me semblent en bonne voie. Votre l. m'a ému & j'ai pensé: Pauvre enfant! Comme je l'ai pensé tout bas & qu'il n'y avait personne vous n'avez pas à vous offenser. Ce pauvre enfant était accompagné d'un mot de Chamfort mourant: 'Je quitte ce monde où il faut que le coeur se brise ou se bronze.' Bronzer le vôtre qui me paraît bien tendre & fait pour souffrir de tout & de tous. Ces coeurs-là ont toujours des amis qui les consolent & finissent par les trahir"; 27 juin 1922. "Il y a chez vous quelque chose de tendre qui est très précieux & quand, détaché de toute préoccupation étrangère à l'humanité, vous vous mettrez à rechercher ce qui est roman russe dans la vie, vous le traitrez comme personne ne l'a fait;" 19 avr. 1923. "J'attends de vous de la souffr. & de l'amour, de la vraie beauté enfin! La beauté est grave, elle est profonde, elle touche à la terre, elle est émue, émouvante, grande, elle ne cherche pas la couleur, elle la rencontre, elle est construite, elle est dramatique, harmonieuse, chantante. Elle est en vous! Quel sera le Moïse qui frappera aux portes de votre fontaine?"

SOUFFRIR & SE TAIRE. LJF, 229. Intr. "Max had always known, however, that silence is the only state of grace: 'Il faut apprendre à souffrir davantage & à se taire. Un vrai poète est tordu sur un bûcher en silence.' Elsewhere, in this same Cah. d’esthétique, Max writes that after the first phase of work, which is 'séparation', the second is silence. Le 2e geste du travail est 'silence'. Quoi! Vous allez encourager ces conversations absurdes & insignifiantes en vous y mêlant? Ou bien allez-vous faire le prof. & enseigner à ces gens que leurs conversations sont absurdes. Eh Bien! Taisez-vous!'"

LA SOUFFRANCE - ROYALE ETANT VRAIE. LLP, 70. "On peut toujours offrir (on doit même toujours offrir) la souffrance à Dieu: ce geste lui est agréable & il est utile à notre salut." P.S. de la même l. de St.-B. 21 juill. 1926. "Toute douleur est royale étant vraie."

"Y A-T-IL UNE POESIE SANS DESESPOIR?" VM, 240. cité d'une l. à Béalu, avr. 1937.

LES DROGUES - ETHER

PR, 286. M.J. a eu "recours aux moyens artificiels pour provoquer un état hallucinogène: les stupéfiants sont nommés de manière vague dans l'exergue de la 3e partie de la DT mais ailleurs il évoque l'éther 'qui développe pour un instant les qualités du cerveau.' (Voir "La Clef des songes." Philosophies 2:5-6 (mars 1925): 581) & fait également allusion à la jusquiame, narcotique délirant, dans SM & dans ses méd., laissant à penser qu'il l'a utilisée." MR. T.r. 52; Guiette. Vie de M.J. 84; Belaval. Op. cit. 159. "Il y a une herbe qui s'appelle Jusquiame & dont l'absorption déplace assez l'esprit pour faire entrer en enfer: j'en ai pris: j'ai vu!"

DROGUE & CREATION LITT. CHEZ MAX JACOB? Ch. Pelletier. Qui (ne) connaît (pas) M.J.? Op. cit. 121. Conclusion: "Il ne s'agit pas d'expliquer l'oeuvre de M.J. par l'usage de la drogue, de faire en quelque sorte une poétique de l'étheromanie, comme on a cru bon par le passé de justifier l'art d'un écrivain par le dérèglement de son comportement (passion amoureuse, maladie, drogue). Pour s'en tenir à quelques phares du siècle précédent & faire allusion à des études précises, on rappellera les explications de Lamartine par les démesures de l'amour, de Maupassant par les lésions de la syphilis ou de Baudelaire par l'ivresse alcoolique. Recherches minutieusement documentées qui sous-estimaient la singularité irréductible de ces états au sein même de constantes & surestimaient la fiabilité des moyens d'investigation dans l'ordre litt.- M.J., on le sait, a été en proie de divers démons. La drogue fut de ceux-là. 'Une mesure pour rien, me souffle le diable', confiait M.J. Le diable? Un menteur comme chacun sait..."

ECHEC

AVEU D'ECHEC TEINTE D'IRONIE. LML, 11. Intr. "Tout se passe comme si Max ne prenait pas tout à fait au sérieux ses propres gémissements, & ses perpétuels aveux d'échec sont souvent teintés d'une subtile ironie."

CLEF DE M.J. - CAH. DES MAXIMES DE R. VILLARD. André-Georges Hamon. Interview avec Yannick Pelletier. "M.J. ou l'image d'un raté." La Bretagne à Paris (17 nov. 1978): 3. "Quand il [R. Villard] recevait ses amis à Quimper, chacun mettait un bout de p. ou des aphorismes sur un cah. [...] 'le cahier des maximes'. Il donne en fait les prem. écrits de M.J. On le découvre dans ses tendances suicidaires, son homosexualité, son admiration pour Raoul Bolloré qui apparaît ici avec un brillant incroyable. Ainsi se trouve corroboré par des écrits d'adolescence tout ce que l'on peut découvrir dans la corr. & dans l'oeuvre de M.J. En plus ce ‘Cah. des maximes’ a un réel intérêt litt. car il propose un certain nombre d'images qui reviennent fréquemment sous la plume de M.J.: la femme, l'eau, la mort. Les grandes images romantiques. Et en même temps les grandes images psychoanalytiques. Et puis un appel à l'infini. Infini-néant & infini-mysticisme dans la relation de soi au monde, au cosmos, à la divinité. - A la question ‘comment se situe Y.P., dans son authenticité propre, dans sa recherche sur cet échec qui semble l'entourer?’ 'C'est simple, je réussis tout ce que je fait sur l'échec. Voilà.’"

---. Ibid. LE RATE. THESE DE YANNICK PELLETIER. P. rédige une thèse de doctorat d'état sur 'L'Echec dans la litt. fr. du 20e s.' Après avoir écrit un remarquable travail sur l'oeuvre de L. Guilloux, il se penche sur M.J. Il a écrit la Préf., les notes des l. de M.J. à R. Villard (éd. Rougerie). - Selon P., "M.J. a été un bon poète comme un bon peintre. Mais il n'a jamais dépassé quelqu'un. Il est resté dans le sillage d'Apollinaire, comme dans celui de Picasso, alors que c'est lui qui a employé pour la prem. fois le terme de 'cubisme'. Tout s'est passé dans le cadre de sa fixation amoureuse pour son jeune ami Raoul Bolloré. Il y a là le noeud psych. de l'hist. de M.J. [Dans les l. à Villard] il y apparaît tel qu'en lui-même, comme un personnage d'échec [...]. M.J. est le clown intégral. Personne ne le prend au sérieux. Ni lui ni son oeuvre, litt. ou picturale, ni sa conversion. Seule sa mort est prise en compte [...]. je souheterais que la publ. de cette corr. serve pour une sorte de psycho-biographie à faire sur M.J. Une étude parallèle de l'homme & de l'oeuvre sur ses échecs. En effet, très souvent les p. se cassent la figure, ses préf. n'en sont jamais, & ses romans sont pratiquement lamentables au bout de 30 pages. Mais M.J. a quand-même énormément compté dans son époque."

"J'AI ENVOYE UN POEME ASSEZ MOCHE A ROGER LANNES: JE ME COULE VOLONTAIREMENT: j'ai la soif du malheur comme le Tite-le-Long de Jouhandeau." LJF, 5 juill. 1936. 269; ibid. DEVALORISATION. 239. [14 juin 1935]. "Je t'envoie le p. qui me paraît maintenant détestable. Alors j'ai ajouté des petits cornet à dés pour que tu te consoles & me consoles."

"TOUT LE MONDE EST UN PEU RATE DE QUELQUE CHOSE: V. Hugo est un raté de Shakespeare & de Byron. [...]. Quand on compare les résultats de la cinquantaine avec les rêves de l'adolescence, on est toujours un raté bien que Goethe ait dit le contraire. ‘L’âge mûr réalise les espérances de la jeunesse!' tu crois que c'est rarement vrai. Tu n'as pas été explorateur! Tu as été chapelier. (Mon ami le poète M. Béalu est encore chapelier). Tu n'as pas été peintre, tu es mieux. Tu t'es fait une case bien spéciale dans l'art, tu as crée un art à toi sans rivaux. Alors Goethe a raison! Ça ne fait rien. Tu dois être raté de quelque chose. En tout cas moi je me sens bien raté!... & comment!" A Bonet, 15 janv. 1944. Cat. op.cit. no 258.

ECOLE COLONIALE

INSCRIPTION A L'ECOLE COLONIALE & A LA FAC. DE DROIT EN OCT. 1894. M. J. réside à l'hôtel Corneille, rue Corneille, Paris VI. Le 29 oct. 1896 - il obtient de l'E.C. un congé d'un an pour service militaire. 1er fév. 1897. Réformé. Il reste à Quimper. Dans les prem. mois de 1897 il reprend ses études à Paris. Eté 1897. Vacances à Quimper. Automne 1897 poursuite des études à Paris. 4 déc. 1897 démission de l'E.C. Poursuite des études de droit. Voir. VM, 29. Max s'est inscrit à l'E.C. en oct. 1894. En 1895, il avait été collé. En 1896 il était admis à passer en seconde année de l'E.C. Le service militaire, en interrompant des études, au fond normales, devait changer [...]toute sa vie. VM, 31. Le 4 déc. 1897 il donne définitivement sa démission de l'Ecole coloniale. 34. C'est à 23 ans que, coupant tous les ponts [...] après l'abandon de l'E.C., que Max tourne le dos à tous les espoirs d'une vie rangée.

---. LRV, 14-15.Intr. Y. Pelletier «M.J. ne restera qu'un an à l'E.C. [...]. Au lieu d'étudier [...] il s'était mis à composer ces petits p. en prose qui ont fait sa réputation d'écrivain original. [...] M.J. ne restera qu'un an à l'E.C., donc de 1894 à 1895. Ses biographes datent sa sortie de l'E.C. de 1897, encore que l'on puisse déceler parfois quelque prudence; dire: '1897: [...] il démissionne de l'Ecole & rentre à Quimper, décidé à ne faire qu'une ‘carrière artistique’ ce n'est pas affirmer qu'il ait suivi les cours de 1896, même s'il fut inscrit. [...] 1895: mort de Raoul Bolloré & transformation de la carrière coloniale de M.J. en carrière artistique. Max sera poète comme Raoul 'qui avait du génie'; il sera peintre également mais, au temps de l'adolescence alors qu'il se croyait promu à une grande carrière musicale, il encourageait son ami à devenir peintre.» - 19, n. 20. «Et vouloir la gloire à 20 ans, c'est la vouloir en 1896, un an après la mort de Raoul Bolloré. Etait-ce pour venger le défunt, pour obtenir une parcelle de la gloire qui revenait à celui-ci afin qu'elle ne se perdît entière?» Voir Andreu, VM, 28. «Pourquoi l’Ecole Coloniale, a-t-il dit à R. Guiette? Je pense que mon ange gardien me désignait par là que ma vie devait se faire dans une autre patrie que celle qui semblait alors la mienne. J'entends une patrie morale.»

EDITION DE LUXE

A PROPOS DU TAB.B "& quand il verra le jour ce sera avec tout le luxe inabordable! On dirait que G.G. [Gaston Gallimard] s'amuse à enterrer ses auteurs. Dieu merci! je vais avoir un livre de vers ailleurs." LUA, 46. 21 déc. 1924.

M.J. AURAIT PREFERE UNE ED. POPULAIRE. A. Salmon. "Max Jacob." Simoun no spéc. 21. «Un regret [quand parut son M.J. poète, peintre & homme de qualité]. 'Dommage que ce soit une éd. de luxe, de mes livres chez Kahnweiler.' Il eût préféré lui aussi l'éd. populaire.»

VENTES PUBLIQUES. RLM M.J. no 2. 189. M.J. figurait à la vente de la Gal. Kornfeld & Klipstein à Berne, le 21 juin 1973 à la dispersion de la célèbre coll. Georges Bloch de l'oeuvre gravée & lithographiée de P. Picasso. M.J. y figurait avec 6 vol. de son oeuvre qui furent ill. par Picasso. "Les enchères atteintes témoignent de l'intérêt suscité par l'association du poète & du peintre. SM,1 des 85 Hollande, 44,000 F.S., SJ, 1 de 85 Hollande, 27000 F.S., CD,1 de 14 Japon, 25,500 F.S. P, 1 de 16 Japon, 22,000 F.S. Chronique des temps héroïques, 1 des 30 avec suite, 3000 F.S."

LES EDITEURS

ANECDOTE A PROPOS DE GALLIMARD. Préf. LEJ, 9. "Comme je [Jabès] lui disais que je n'avais pu trouver en librairie le Cornet à dés & que, d'autre part, il n'était jamais parvenu en Egypte, il m'entraîna vers la cabine téléphonique, appela la librairie Gallimard &, avec un fort accent étranger, à l'employé qui lui répondit, se plaignit de l'incompréhension des Français envers l'oeuvre de leur plus authentique poète vivant, critiqua sévèrement les dirigeants de la N.R.F., reponsables de cet état de choses, insista pour que les oeuvres épuisées de Monsieur M.J. soient réimprimées, au plus tôt & les autres mieux diffusées outre-mer: 'Je suis Egyptien, Monsieur, & ce n'est pas à l'honneur de la prem. maison française d'éditions d'omettre, dans ses expéditions, les oeuvres du prem. poète de France...' On réserva à ce mécontent un ex. de luxe du Cornet à dés dans la petite éd. Stock, que j'allai chercher 1 heure plus tard."

"LES EDITEURS, LES EDITEURS/ SONT DES GENS QUI N'ONT PAS DE COEUR/ On se met à genoux pour avoir un volume/ mais les gémissements pèsent moins que la plume/ qui servit à l'auteur à noircir du papier./ Embrasse leurs genoux, roule toi z'à leurs pieds/ ils sont de noirs rochers & non des âmes d'hommes. Non! non! Francis Poulenc n'aura pas un tome!" [...]. L. à Poulenc. Op. cit. 26-27. St.-B. 12 mai 1924.

GALLIMARD. M.J. se plaint souvent de son éditeur, & la plupart du temps à tort. Nino Frank, qui rendit visite à Jacob en automne 1923, décrit ainsi la situation: "Il bénéficiait [...] d'un accord avec son éditeur, qui lui versait chaque mois quelque 300 francs. C'est à ces mensualités que remonte le drame de la période. [31 mai 1923] dont il est question ici: Max supposait qu'elles constituaient une sorte de salaire, alors que l'éd. les considérait comme des acomptes sur des livres venus ou à venir. Ces livres ne se vendaient guère (RB, F, puis les VI), & comme ce qu'il s'était engagé à fournir, notamment certain TAB.B, tardait à venir, comme l'écrivain, facilement tenté, ne se gênait point pour publier ailleurs, ces versements finirent par s'arrêter. C'est alors que, changeant son fusil d'épaule, Max déclarera la guerre à son éditeur: il prétendra ne plus composer que des poèmes, qu'il signait désormais Morven le Gaélique, & se consacrera à la peinture. De ses gouaches, avant, il ne tirait qu'un profit irrégulier: quand après livraison de son TAB.B. & de nouvelles chicanes avec son éd., il renoncera définitivement à la prose, c'est avec la Gal. Percier, rue de Téhéran, qu'il établira un modus vivendi, expression à prendre à la lettre." Nino Frank. Mémoire brisée. Op. cit. 141-42.

-- A. Beucler. Op. cit. 91, 93. "Gaston Gallimard était un homme de charme [...] je me trouvais en présence d'un homme aux yeux superbes, attendris, faits de grâce & de curiosité, un homme bien en chair, rose de teint, jeune d'allure, accueillant & mesuré, très agréable à regarder, à la fois attentif & comme un peu timide, certainement désireux de plaire, mais en même temps ne craignant pas de déplaire. (il se faisait très vite une raison), un homme qui paraissait ouvert & magnanime mais qui pouvait être aussitôt après tenace & ferme sans cesser de sourire; un homme chez qui, précisément, on avait le désir & le temps de deviner tout cela: c'était Gaston Gallimard."

---. Ibid, 95-96. "Oui, oui, disait M.J., il est judicieux, harmonieux, délicieux, mélodieux, bien sûr, bien sûr, nous le savons tous, mais il est aussi un peu luciférien... non?" [Beucler fait la connaissance de M.J. vers la fin de l'année 1926].

---. VM, 167. "En oct. [1924] G. Gallimard est venu le voir 'avec des traités plein les poches', Max nage dans la joie; c'est l'âge d'or de leurs relations. Il touchera une mensualité régulière de 500 francs & il s'engage un peu légèrement à donner à son éditeur 2 nouveux romans. Pour le moment, tout le monde est content [...]."

---. Annette Thau. "M.J.'s letters to Gertrude Stein." Folio, no spéc. 52. L. de Benodet, Grand Hôtel. 6 mai 1930. "Mais je suis très dégoûté à cause de la goujaterie des éditeurs, de l'imbécilité du public."

---. Autour de Natalie C. Barney. Op. cit. 43-44. A elle, St.-B. 3 fév. 1939. "Voici la liste incomplète des gens qui m'ont nettement dit que j'étais ‘fou’! C’est par ordre de dates:1. Bernard Zimmer 2. Maurice Constantin-Weyer 3. Roger Lannes. Gaston Gallimard me l'a fait savoir indirectement. On excuse tout des fous, des bêtes, & des ridicules."

---. LML, 35. A J. Denoël. St.-B. 7 déc. 1936. "Mais je doute qu'ils paraissent encore, (les Morceaux choisis) sous prétexte de l'affaire du copyright, tous les prétextes leur sont bons quand il s'agit de me nuire."

---. M.J. NE PEUT PLUS PUBLIER. LBEG, 47. 9 nov. 1943. [L. importante sur Apollinaire]. "Il m'est interdit de rien publier. Je ne sais même pas si on a le droit de me citer"; in coll. Gompel l. inéd. à J. Denoël, 22 sept. 1941. M.J. affirme qu'il ne peut plus rien signer & 'tu sais pourquoi'; à Frédéric Mégret dans un p.s. d'une l. de 13 mai 1943. "Supprime le Jacob suspect sur les enveloppes."

---. Perrin. "M.J. Portrait sans légende." Op. cit. 42. "Quand il échouait [à convertir], il levait ses petits bras au ciel & s'écriait: 'Alors tu iras en Enfer, comme Monsieur Gallimard, mon éditeur!'"

EMOTION

ADES, J.V. Expo. Gal. Pierre Colle, fév. 1933. Paris: Chroniques du jour, s.d. [1933]. Intr. de M.J. 8. "Nous appelons émotion tout ce qui vient des instincts, de l'inconscient, & des sentiments."

AMOUR, ELOQUENCE, ENTHOUSIASME. L. inéd. à Pierre Masson. 27 fév. 1922. Op. cit. "J'aime votre appel plein d'amour, d'éloquence & d'enthousiasme: nous n'avons presque personne capable de ces bons & beaux mouvements."

ANDREU, VM, 149. "Dans l’AP,M.J. affirme, pour la prem. fois, ce qui n'était qu'implicite dans sa Poétique, que l'émotion est l'essence de la poésie. L'essentiel est dit: 'On ne donne la vie que par l'émotion.' 'Vous oubliez que l'émotion est le tout.' 'On trouvera toujours mille qualités d'esthétique à une oeuvre qui aura plu. Vous plairez par l'émotion.'"

LE BESOIN D'UNE FOLIE HARMONIEUSE. AP. "L'art chrétien." 63. "Il y a quelques chose en moi qui demande plus que des accords, fussent-ils faux, plus que des couleurs fussent-elles désaccordées, plus que des mots fussent-ils néologiques, & ce n'est ni le sentiment, ni l'intelligence, c'est [...] un besoin exquis de vrai lyrisme qui n'est que bien rarement satisfait & par aucun auteur ... sauf par les poètes de notre temps."

"L'EMOTION EST TOUT. AP, 71. "Vous oubliez que l'émotion est le tout. La distinction de votre tempérament vous empêchera d'être vulgaire."

"LE COEUR D'UN AUTEUR EST SENSIBLE COMME UN PORTE AIGUILLE, & délicat comme le duvet qui l'emplit. Style Barbey! style Barbey! style Barbey!" Corr. I. 165. A R. Manuel. 17 sept. 1917.

CONFLAGRATION. CJP, 17. "Mais la véritable invention vient d'une conflagration de pensées ou de sentiments."

DEFINITION DU SENTIMENT. Ibid. 9. LMB, DV, 18 juill. 1941. "J'ai reçu une lettre de J.E. [Jacques Evrard] qui me demande ce que c'est que le sentiment, de le définir [...]. Je lui réponds que le sentiment ne se définit pas, il se nomme: Amour, haine, douleur, méchanceté, pudeur, honte, deuil, patriotisme, etc." A Béalu. 1er août 1941. 10-11. "Je ne suis pas un homme à définitions scientifiques. Il ne s'agit pas de savoir ce qu'est l'âme ou le sentiment. Il s'agit de FAIRE VIVRE SON AME [...]. Une déf. qu'est-ce que ça veut dire? ça ne rend pas. Une méthode, ah oui! or 'vie intérieure' c'est une méthode. Je n'ai pas de déf. de 'vie intérieure' mais j'ai sa réalité. Il faut vivre les choses & non les définir. Assez de 'spectacle', vivons & chantons: c'est la poésie. La poésie n'a rien à voir avec les déf., même de l'esthétique. Dis à J.E. que M. Picasso n'a jamais pu 'expliquer' le cubisme. Il l'a réalisé, vécu... L'essentiel est d'être un homme un définisseur n'est pas un homme, c'est une trique."

"DEUXIEME PRINCIPE POUR DEVENIR VERITABLE POETE; L'EMOTION. L. inéd. à Massot. 14 mars 1923. Op. cit. 32. "2e principe: l'émotion. Vous avez grand besoin de vous nettoyer de l'influence des Picabia ou des Dada - très charmants amis mais qui diminuent & dessèchent des poètes tout pétris de sentiment. N'oubliez pas que l'émotion est le seul essentiel de l'art. Il n'y a que l'émotion. Enlevez l'émotion à Rimbaud, que reste-t-il? Il reste Breton. Vous valez par l'émotion, ne la tuez pas."

L'EMOTION. Corr. I. 30. A J. Doucet. Sept. 1907. "mes principes d'esthétiques actuels [...]. Un artiste doit considérer deux objets: la création ou réunion de forces constituant un noyau nouveau dans l'univers, & l'émotion esthétique qui doit résulter de la création. L'émotion esthétique est une joie."

---. Ibid. 31. "On a recommandé aux artistes 'd'étonner' (j'aborde la question psychologique). Il y a là une erreur de mots. L'étonnement est un état stable. Les vieux psychologues disaient avec raison, selon moi, le plaisir est dans le mouvement, il faut ballotter le spectateur: l'émotion esthétique, c'est le doute. Le doute s'obtiendra par l'accouplement de ce qui est incompatible (& ceci sans amener l'étonnement stable), par l'accord des langages différents [...]."

---. Cadou. Esth. 25. "Oui je crois que l'émotion est l'essentiel. Il s'agit de la rendre 'non vulgaire' soit par la surprise, les surprises, soit par le style. Le style n'est que la force de ce qui a été longuement porté, fortement conçu.- Pensez-y! la différence entre la romance de la rue & le poème le plus raffiné (s'il est ému) n'est que dans le style ou les surprises. La force du folklore est dans la surprise que la candeur nous occasionne aujourd'hui & d'autre part dans le fait du style humain qui l'a porté au travers des siècles (car cela seul qui est humain dure)."

---. Jean Rousselot. "Contribution à une esth. de M.J." in M.J. au sérieux. Op. cit. 143. Il cite d'une l. de 1942: "Les intellectuels ont ceci de caractéristique qu'ils ne pardonnent pas aux gens de sentiment d'avoir plus qu'eux l'audience des hommes. Je parle par expérience, car j'ai été d'un camp & de l'autre & je sais ce qui se passe dans les deux... Il n'y a que l'émotion qui compte, dit Picasso. L'émotion de qui? Tout est dans 'de qui'? Or, il faut être ce 'qui' puis, ensuite, avoir l'émotion. Que la culture formatrice ne soit pas la déformation de notre coeur. Tout est là."

L'EMOTION ESTHETIQUE, C'EST LE DOUTE. Corr. I. 31. A J. Doucet. Sept. 1907.

EMOTIONS FORTES. PAS DE POESIE SANS EMOTION. LML, Intr. 15 & 59-60. L. 28 juin 1937. Chez le dr. Benoiste, Lorient (Morbihan) "ne sois pas prudent en art. Au contraire! Aime fort, très fort! & déteste fort! très fort!"- P. 72-73. St.-B. 27 oct. 1938. "La poésie c'est l'émotion & il n'y a pas de poésie sans émotion: il faut biffer tout ce qui n'émeut pas ou n'amuse pas ou ne fait pas pleurer ou n'élève pas." - P. 87. "je ne trouve rien de marquant dans le no. de Goéland, consacré à son prix de poésie. L'émotion ne se suffit pas à elle-même contrairement à ce que j'ai cru longtemps. Il faut de l'art! Et toute ma vie est à refaire." - P. 91. St.-B. 12 avr. 1940. "Ce qu'on appelle sensibilité, imagination, fantaisie n'est rien à côté du désir, du rythme & de la fécondité. Et si cette sensibilité, etc... suffisaient nous aurions 60,000 poètes comme il y a 60,000 peintres." [...]. "Tu es d'ensemble comme un tableau & c'est cela la poésie, le reste est 'Beaux-Arts.'"

"L'Enfance demeure la dernière au fond de l'homme qui s'éteint./ Le poète-enfant demeure un renaissant matin." A. Blanchet. cite des DP in La Litt. & le spirituel, op. cit. 74. [& dans «Vers sans art» DP. 64]: «je laisserai content ce que d’autres m’envient, un coeur d’adolescent gardé comme une amphore» ; Attal, op. cit. 198. 

ESTH. DE M.J., SES CANONS. Rousselot. "Extr. d'une contribution à une esth. de M.J." Créer no. spéc. op. cit. 36. "S'il ne fait aucun doute que l'émotion soit une des canons majeurs de l'esthétique de M.J., nous ne la voyons pas sans étonnement contrariée par d'autres canons qui se nomment invention, hasard, humour, dérision, mais aussi: retranchement intemporel, refus de chanter juste & surtout de chanter en choeur, occultisme, enfin. Pour M.J. la poésie qui se laisse pénétrer trop facilement n'est pas bonne: il lui faut une marge de secret; s'il préfère aux gens de tête les gens de poitrine, il ne tolère pas que ceux-ci se laissent aller, se promènent tous nus: Pas de création sans invention!"

G. Antoine. "M.J.: une doctrine littéraire." Op. cit. 17. "Bien écrire, c'est tout à la fois bien penser, bien sentir, & bien rendre. - Or certaine l. de M.J. à Jean Grenier apparaît comme un commentaire - aussi passionné que passionnant - de cette authentique 'définition' du style par Buffon: 'Penser fort son paragraphe [...], & surtout, penser fort ses mots. Ecrire, c'est penser & surtout rien d'autre. Il n'y a pas de grammaire, ce sont les écrivains qui la refont; il n'y a de dictionnaire que pour éveiller l'image. Il y a la sensualité verbale d'un homme débridé & bridé à la fois.' 'Il y a l'émotion à faire naître.' (Corr. II. 328)."

LE GOUFFRE DU SERIEUX. J. Charpier & P. Seghers. L'Art poétique. Op. cit. 467. CJP. "En tout cas ne vivront que les oeuvres non superficielles, je veux dire celles qui, ayant l'apparence du superficiel, ont passé par le gouffre du sérieux.- donc soyez d'abord perméable, c'est à dire sérieux."

LJColle, 9. "Or l'émotion habite l'âme de M. Jean Colle! L'émotion!!! en ces temps de coquetteries exquises!!!"

LES MAXIMES DE M.J. SUR L'ART. P. Merle. "Le cas M.J." Op. cit. 18-19. "Tout est suicide dans la vie, puisque la vie est une combustion." "Les oeuvres qui ne viennent pas de l'instinct, c'est-à-dire du plus profond de nous-mêmes, perdent beaucoup en qualité; elles n'ont pas de conviction, ni de force, ni de sensibilité." "La vraie manière d'être compris c'est d'être aimé." "En poésie l'art naîtra du doute entre la réalité & l'imagination... La musique & la peinture n'ont pas d'autre loi. Le doute, voilà l'art." "L'enfant commence par dire, en apprenant de sa mère... & il a toute la vie pour comprendre ce qu'il dit.» «Surtout n'oubliez jamais que l'émotion est tout, absolument tout.»

LA POESIE DE M.J. A LA DIMENSION DU COEUR. Béalu. "M.J. poète." Cahs. du Nord no spéc. 204. «L'éternelle jeunesse de ces poèmes, la densité de leur émotion que l'expression ne corrompt pas, que l'ironie rend plus poignante, répandent sur l'oeuvre de M.J. un éclat velouté, insinuant. Certains détails que cachait l'ombre froide du sarcasme apparaissent dans leur authenticité. On s'aperçoit que ce visionnaire glacé, ce parisien spirituel, ce fantaisiste dédaigneux, puis plus tard ce peu banal paroissien de St.-B., parfois burlesque, souvent cocasse, toujours pathétique, sous ces apparences variées & peu communes, n'en reste pas moins sans cesse ‘à la dimension du coeur.’»

POETRY OF INCARNATION. N. Oxenhändler. "Concealment and Presence." Op. cit. 53. "In M.J., we find that emotion has a pulsing or dialectical quality, for sometimes the poet conceals emotion - that is, his relation to the world - &, at the other extreme, he overcomes his alienation so completely that he incorporates himself into the world or is incorporated by it. A poetry of alienation becomes a poetry of incarnation."

"POUR DEVENIR UN HOMME NEUF, IL FAUT SE PLACER DEVANT LA VIE AVEC UN COEUR D'ENFANT & inlassablement regarder, approfondir, rire & pleurer." "Conseils & confidences." Boîte à clous no spéc. [4].

THEORIES VS L'EMOTION. Ibid, [5]. Extr. des l. à Emié. "Il faut se méfier des théories & de l'essai que l'on en fait de les appliquer à ses amis. Ce dont il ne faut pas douter, c'est de l'émotion: ça c'est définitif. Le public a pleuré ou n'a pas pleuré, le public a ri ou n'a pas ri."

«TOUT CE QU'ON COMPREND VRAIMENT DEVIENT EMOUVANT. Habitue-toi à comprendre profondément une seule chose plutôt qu'à en comprendre superficiellement deux.» Cadou. Esth. 26.

"LE VOYAGE ALLER & RETOUR DE L'ESPRIT EST L'EMOTION ARTISTIQUE; celui de l'imagination n'en est un qu'’autour de ma chambre’ & ne la produit pas." "Les mots en liberté." Nord-Sud 9 (nov. 1917): 5; Giovanni Lista. Futurisme: manifestes, documents- proclamations. Lausanne: L’âge de l’homme, 1973. 422.

ENFANT

"L'ART EST INDISPENSABLE A L'HOMME, LES JEUX DES ENFANTS & DES SAUVAGES LE PROUVENT." Idem.

"L'ART EST UN JEU. TANT PIS POUR CELUI QUI S'EN FAIT UN DEVOIR." CJP, 24; Attal le cite in chap. "La vocation de M.J." Op. cit. 19

COMPLEXE DE PERE. VM, 180. "Accompagné de Salmon [en 1925], il était allé voir son ami l'abbé Weill au collège Sainte-Croix d'Orléans. C'était un dimanche matin, les enfants attendaient dans la cour pour aller à la messe. Quand ils virent Max derrière la grille, ils se précipitèrent vers lui en criant: ‘C'est Max! Max! Max! Max!’ Quel moment de pure joie. Dans la même lettre, Max confie à Jouhandeau: 'Il m'a semblé que j'étais père & j'en aurais pleuré. Salmon était ému... Quelles délices dans l'amitié réelle des enfants! Il semble qu'ils soient les interprètes de Dieu lui-même & qu'il vous fasse dire son amour par leurs bouches.' Note 1. Max nous dit aussi que pour faire plaisir à ces enfants il acceptait de jouer dans de petits films quand ils venaient le voir à St.-B: 'J'ai entièrement brûlé ma redingote dans l'incendie au Canada d'une cabane de trappeur.'"

---.LEL, Op. cit. 64. 26 mars 1926. "Que vous êtes heureux & comme je vous envie (mais vous ne pouvez savoir l'amertume que laisse en moi votre vie & le regret de n'avoir pas osé être père & grand-père). Ayez des enfants, beaucoup d'enfants."

COTE ENFANT DE M.J. DV, éd. Calligrammes. 77. "Max, en tout ce qui concerne le côté pratique de l'existence, était appliqué à la manière des enfants: laborieux dans les détails, mais d'une négligence absolue dans l'essentiel."

DEFINITION DU POETE. Carlo Rim, vice-prés. du festival de Cannes, metteur en scène cite M.J. Qu'est-ce qu'un vrai poète? "Un enfant qui ne reniera jamais ni ses rêves, ni ses éblouissements, mais qui, à l'heure de la vérité, n'osera pas se regarder dans la glace." "Week-end du souvenir à Quimper." Télégramme (19 juin 1961).

"DON RARE & PRECIEUX, L'ESPRIT D'ENFANCE!" G. Gabory. Apollinaire, M.J... Op. cit. 49.

ENFANT. LTB, 119-20 A Moricand. 14 fév. 1941. «Tu as parfaitement compris! ‘Vous n'entrerez pas au Paradis si vous n'y entrez pas comme un enfant!’ ‘Laissez venir à moi les enfants car le Paradis est à ceux qui leur ressemblent.’ Oui aussi. ‘Heureux les faibles, les déshérités’ - mais le sens de 'pauvres en intention' d'êtres pauvres (comme Picasso affectant de s'habiller avec ce qu'il achetait avenue de Maine) n'en est pas le vrai sens. Et d’ailleurs qu’a-t-il de plus pauvre qu’un enfant?»

LES ENFANTS A St.-B. Garreau. Op. cit. 115. "Le dimanche, il fait jouer les enfants au croquet, au tonneau, aux boules; il fait répéter la comédie aux jeunes filles & le catéchisme aux enfants dans le jardin du presbytère."

"IL FAUT REGARDER COMME UN ENFANT." LMB. DV, 150. L. 15 juill. 1938. «Sache que l’humilité est à la base du vrai grand art: il faut regarder comme un enfant. C’est ce regard d’enfant qui fait les oeuvres neuves, c’est-à-dire belles.» 

"IL FAUT SE PLACER DEVANT LA VIE AVEC UN COEUR D'ENFANT. Si l'homme est neuf, l'oeuvre le sera malgré lui. Pour devenir un homme neuf, il faut se placer devant la vie avec un coeur d'enfant & inlassablement regarder, approfondir, rire & pleurer." A Louis Emié. «Conseils & confidences.» Boîte à clous. 4.

"LE GENIE C'EST L'ENFANCE FORMULEE." Peyre. Op. cit. 54. "H. Sauguet: «Il avait enfin, un extraordinaire pouvoir d’émerveillement de l’enfance. Baudelaire a dit: ‘Le génie c'est l'enfance formulée.'»

"JE RESTE UN PETIT ENFANT." LRV, 28. "J'ai vieilli une fois à 23 ans, une autre fois à 33 depuis que j'ai eu 45 ans je vieillis chaque jour & je reste pourtant un petit enfant très joyeux sous ses chagrins." Note 12, p. 31. Ses jambes courtes symbolisent "l'impossibilité à 'grandir', l'incapacité d'accéder à l'état adulte, ‘la tragédie de la maturité impossible.’"

MAX JACOB AIMAIT ECRIRE POUR LES ENFANTS. Villard. "Hist. d'une classe de lycée." Op. cit. 89.

MAX JACOB ENFANT IMITE LES RIDICULES DES AUTRES. "Il regarde, & déjà il aime à se moquer, à contrefaire les uns & les autres, à les imiter dans leurs ridicules." Charles Le Quintrec. "Le Centenaire M.J." Op. cit. 619.

M.J. AIMAIT S'IDENTIFIER A UN ENFANT. LRV, 31, n. 12. "H. Fabureau (Max Jacob: Son oeuvre. Op.cit. 28-29) rapporte une anecdote dans laquelle on voit M.J. se définir comme 'un enfant perdu'. Qu'entendait-il par là? N'est-ce pas au fond l'aveu tragique d'une maturité inaccessible?"

M.J. AIME LES JEUNES. L. à R. Toulouse. Roeping no spéc. 121. "Je ne peux vivre qu'avec des jeunes gens, des jeunes filles ou des enfants. - Le reste me laisse respectueux & glacé;" LRT, 51. 1er août 1939.

M.J. ET L'ENFANCE. Belaval, op. cit. 69. "Personne mieux que M.J. ne connaît le détail qui touche toutes les enfances."

MJ/JC, 241. 8 avr. 1925. «Dieu merci, je suis allé voir des enfants à l’école Ste Croix. ‘Max! Max!’ dans une cour de récréation. Joie! Elevage d’autruches, a dit Salmon.»

---. 444. Oct. 1926. «J’ai une crise de solitude. Les coups que j’ai reçus depuis 17 ans me font très mal. Sans un certain enfantillage qui reste intact - je succomberait.»

"LE MIEUX SERAIT D'ETRE UN ENFANT: c'est impossible à moins d'un formidable piochage de soi-même (je ne peux pas!)." LMM, 135. Oct. 1943.

LA POESIE POPULAIRE & ENFANTINE. "Conseils & confidences." Boîte à clous. Op. cit. [6]. "[...] je crois que l'on doit se laisser asservir par les fantômes délicieux du rythme, de la musique & du vocabulaire; je crois que là est la poésie. Sinon tu effaces toute la poésie populaire & enfantine qui est le plus clair héritage de l'humanité."

"QUAND L'ENFANT NAITRA EN MOI, FAITES MON DIEU QU'HERODE NE LE TUE PAS." Cité par Michel Ozenne. "M.J. le joueur mystique." Op. cit. 17.

"REBATISSONS." "Il suffit qu'un enfant de cinq ans, en sa blouse bleu pâle, dessinât sur un album pour qu'une porte s'ouvrît dans la lumière, pour que le château se rebâtît & que l'ocre de la colline se couvrît de fleurs." ‘Rebâtissons.’DP, 103; H. Henry. C'était il y a trente ans. 40.

"TOUT CE QU'IL VOYAIT SE RENOUVELAIT SANS CESSE." PAUL ELUARD. Oeuvres complètes. II, op. cit. 861.

"TOUT DANS LE VIE LUI EST THEATRE. (A propos du 'Au Cirque'). «Il y avait en M.J. une sorte de pouvoir d'émerveillement qui lui était demeuré de son enfance. Tout, dans la vie, lui était théâtre & son imagination ne sut jamais faire le départ exact entre les données du réel & du rêve.» Cat. Hommage à M.J. Musée de Montmartre. 37.

LA VISION EPIQUE DE L'ENFANCE. M.J. écrit à Eugène Parturier qui fut son prof. de lycée à Quimper de 1891-92. St.-B., 8 avr. 1927. "Cher Monsieur, vous avez eu des professeurs & vous savez quelle place ils prennent dans la vie quotidienne d'un marmot: il voit tout en colossal & le monde lui paraît définitif & gigantesque: il n'a pas encore l'intelligence qui classe. A cause de cette vision épique de l'enfance, les souvenirs en restent persistants...& pour d'autres raisons. Vous savez que nos professeurs, héros de nos prem. jours, ne s'effacent pas plus de notre mémoire que le savoir qu'ils nous ont donné." Maurice Parturier. "M.J. Notes biographiques."Paris: Le Divan, 1944. 7; Kraus Reprint, 1968. 399.

YEUX D'ENFANT. Dunoyer. Monde 5 nov. 1976. 27. "Max voyait le monde avec des yeux d'enfant, il représentait avec une main de 'professionnel'"; H. Henry. Le poète «savait que l'enfance & la poésie, c'est un peu la même chose & qui a voulu garder jusqu'au bout ses yeux d'enfant [...]». C'était il y a trente ans. No. spéc.40.

L'ENFER

ADHESION A SES PAROLES. MR. "Nos Péchés." T.r. 8; Gallimard, 42. "O mon Dieu, donnez-moi l'adhésion à mes propres paroles. Ainsi soit-il."

"CREATURES SATANIQUES SOUS FORME D'ANIMAUX, pour lesquels M.J. éprouve personnellement une vive répugnance. Ce sont parfois des animaux - tout ou partie - indiqués simplement sous le terme générique (VI, 43, 46, 52), mais voici aussi 'un pourceau (43), 'une bête visqueuse' (83), 'un cheval noir' (55), voici surtout 'deux serpents qui saignaient & ne pouvaient se mordre’ (84) [...] 'paon à tête chauve, au regard stupide & terrible'. Parfois au contraire il s'agit d'animaux fantastiques, par ex. lorsque 'le mur s'anime; chaque fleur du papier a du sang sur les ailes, chaque animal a du sang sur les pétales. Tout cela s'anime & s'avance, tout vient au milieu du tapis'. (83). Ce grouillement inspire au poète une insurmontable répulsion, tout comme les frôlements de ces êtres qui ne sont à ses yeux que des créatures avilies, répugnantes." Poinas. "L'Enfer, notes sur les VI." Op. cit. 25.

"ELECTIONS DE LA VIE DEVOTE." MR. T.r. 35; Gallimard, 64. "[...] j’offense mon Créateur éternellement, morceau de carton plié par le péché jusqu'au chiffon d'ordure bon à être jeté au feu de l'enfer."

L'ENFER - L'EAU. C. Poinas. Op. cit. 20. "L'eau, cet élément inquiétant quand elle est stagnante, devient plus terrifiante encore lorsqu'elle a la puissance brutale de l'Océan."

L'ENFER MERITE. VI,99. "Carême 1922." "Des flammes en cercle autour d’un poteau, il fait nuit. Un homme noir & suant est au poteau, ses pieds sont dans la flamme. Il n’y a pas de doute, cet homme, hélas! c’est moi. Je ne l'ai que trop mérité ce supplice"; LTB, 111. A Moricand, 20 oct. 1940. "j'ai si peur de l'Enfer & je le mérite tant & si bien;" au même 26 mars 1942. P. 135. "Ce banquet que tu me décris si bien & mieux encore que tu ne le crois est une page de l'Enfer. Ces hommes sont pareils à Frédéric Lefèvre & pis. Que tout cela d'ici me paraît infernal. Et ce Céline qui m'écrivait un jour: 'Vous ne savez pas ce que c'est que de ne rien hasarder sans se demander si ça plaira au public.' Et toi là-dedans! régent des fêtes épouvantables: tickets 10 Kilog. de boeuf en filet, dans le filet, l'ambassade! Oui! le Dante aussi à l'Ambassade."

ENFER - INSOMNIE. LJC, 88. 23 déc. 1926. "Ta pensée en toutes ces nuits d'insomnie ne me quittait pas, car je te savais dans une position parallèle. Ces nuits font penser à la mort & à l'enfer. L'enfer ce serait ça indéfiniment & sans médecins ni médecines, sans lampes, sans feu & sans morphine ni reposoir. On ne peut pas y croire: tant d'horreurs & pourtant... c'est dit, prédit. P. 90. de la même l. Et j'ai si peur de l'enfer depuis mes insomnies;" MJ/JC, 464.

L'ENFER - PURETE. Plantier. "La mythologie..." Op. cit. 59. "Cette peur de la mort fait que toute évocation des enfers révèle dans l'oeuvre de M.J. une passion de pureté [...]. La pureté totale, recherchée par tous les moyens, donne à la moindre souillure la force d'une déchéance. L'enfer, les enfers, les ténèbres & la boue manifestent de façon concrète une obsession du poète. La mythologie fait surgir l'image & renouvelle certaines références chrétiennes."

HELL AND PURGATORY ENLARGED EARTHLY SUFFERINGS. Pfau. Zur Antinomie. Op. cit. 220. [Trad. M.G.]. He never found peace in his religion. In his last years he still tormented himself with his guilty conscience which he projected into the concrete images of Hell & Purgatory & its sufferings. He imagined these sufferings as greatly magnified earthly sufferings while being totaly forsaken.

"JE SUIS IMPUR PAR EN HAUT ET PAR EN BAS." Andreu. VM, 99-100. "Dans une pièce inéd. du fonds Doucet, "Dial. sur les trente-deux signes de la Beauté du Bouddha", que l'on trouve dans les chemises où s'accumulent les notes sur la Symbolique. [...]. - 'L'auteur Je suis impur par en haut et par en bas. - Le démon des Bibliothèques (il est femme) C'est très grave! Eh bien! Il faut vous faire baptiser pour chasser le démon. - L'auteur Ce serait faire de la peine à mes parents.'"

"JE SUIS LE BAOBAB DE LA CHAIR." MR. T.r.5; Gallimard, 39. "Nos Péchés." "J'écoute dans moi-même la clameur des péchés; j'en suis le cimetière; revenants ils s'éveillent pour m'accrocher vivant aux poternes de l'Enfer [...]. Je suis le baobab de la chair, mon auréole est noire, je suis le rajah de la faiblesse & le nabab des scandales."

M.J. PROMET L'ENFER A J. DELTEIL. Disque vert no. spéc. 59. "La prem. fois que M.J. me fit l'honneur de m'écrire, ce fut pour me promettre les flammes de l'Enfer."

MISOGYNIE - ENFER. Poinas. Op. cit. 24. «C'est que le démon n'en est pas à une ruse près, & la misogynie de M.J. l'aide à deviner le piège sous l'apparence féminine que le diable aime parfois prendre. En réfléchissant un peu, on comprend la véritable nature des 'dames souriantes accrochées aux aspérités des rochers - deux vieilles bourgeoises laides & pauvres.' (VI, 85) - tout aussi peu attirantes que 'la laide vieille demoiselle brune des jarretelles' (61). Mais laides ou belles, vieilles ou jeunes, elles finissent toujours par se trahir que ce soit, pour l’une , parce que ‘sa main laissait une empreinte charbonneuse, & son ombre dessinée par le soleil levant était celle d'un diable encorné' (45); ou, par une autre, parce que 'je vois qu'elle a du poil sur les lèvres la femme qui s'avance vers moi. Ce doigt qui me désigne, il lui manque une phalange: elle a une bête sur la lèvre: péchés de paroles, péchés d'autorité.' (104); une autre encore est dénoncée par sa mule: 'Je sais que les démons ont de très petits pieds.' (102)."

M.J. SE SENT MAUDIT POUR TROIS RAISONS. 1. "Je n'ai pas de lignes dans la main. 2. J'allume mes cigarettes avec le soufre des allumettes. 3. Ma colonne vertébrale se termine comme celle de Belzébuth." Briant rapporte les paroles de M.J. sept. 1920. Francis Carco. Nostalgie de Paris. Gallimard, 1952. 244-45.

MENACE PAR L'ENFER. LUA, 64. L. [1927]. "mes membres fonctionnent sauf l'apparail reproducteur de la race qui est menacé, chez les célibataires, du pilon ou pilori des Enfers, quand il se meut. Or des enfers seuls les héros de Cocteau reviennent [...]. Je pense que tu comprendras cette allusion à l'admirable Orphée de Cocteau, pièce frêle & solide & entièrement nouvelle. C'est sérieux comme la matière & léger comme le verre."

"NE PAS S'EN FAIRE/ SAUF DE L'ENFER." Pour en revenir à M.J. 106. P.s. à une l. inéd. [1942] à R. Toulouse

"NOS PECHES. MR. T.r. 8; Gallimard, 42. "O mon Dieu, donnez-moi l'adhésion à mes propres paroles. Ainsi soit-il"; ibid. 45; Gallimard, 79. "Péché." Je ne crois pas qu'un mot d'un prêtre puisse enlever de mes mamelles le lait empoisonné du péché"; 46-47; Gallimard, 80. "or tout est tentation pour le vrai pécheur. Je suis né pécheur comme d'autres sont nés justes."

L'OBSESSION DE L'ENFER "L’obsession démoniaque, telle qu’elle apparaît dans l’oeuvre, ne relève pas d’une fabrication, de l’utilisation d’une veine artistique, ou d’un mode, elle est liée à cette panique du 'fond du ventre' qui possède M.J. Il fut assailli, il fut torturé [...]." Plantier. MJ. 96."

PECHE. MR. T.r. 43-44, 45; Gallimard, 76-77, 78. "Péché." "O péché, que tu pèses lourdement sur l’arc de mes épaules velues! O péché, que tu courbes violemment, jusqu'à le déformer, l'arc bientôt brisé de mes épaules fragiles! Sur cet arc où jadis passait la main de Dieu, le poids, le poids tranchant du péché, - le péché! - fait d'abord jaillir un sang noir [...]. J'ai honte de moi & de ma boussole brisée! J'ai honte de cette folie, honte de moi, grenouille malsaine, lune maléficiée."

PECHE - NID DU MAL.Ibid. 43; éd. Gallimard.76. "Je suis le nid même du mal & du péché, sans pouvoir jamais m'en dépêtrer. Sans essayer même de sortir de ce filet infernal, de cette empoisonnante glu." PMR, 247. "Je suis le diable & sa clique/ & c'est moi qui te réplique./ Pèche à droite, pèche à gauche/ Tourne-toi comme tu veux/ Va! c'est chez moi que tu loges tu n'appartient pas à Dieu."

"LE PECHE ORIGINEL." "L'HOMME EST UNE OUATE MOUILLEE DE L'EAU D'ENFER." Act. Et. Op. cit. 115.

PEUR DE L'ENFER. LMJ, 275. 7 oct. [1926]. "je souffre de mon impuissance & de la lutte dans mon plexus solaire entre des amours trop réelles & la peur effroyable de l'enfer. C'est ce qui me tue."

PORTR.- PEUR DE LA DAMNATION ET DU PECHE. U. Pfau. "Le portr. de l'artiste en dévot" cite Belaval, op. cit. 70. "D'abord le M.J. public qui parle devant ses amis, lance ses traits, ses anecdotes: l'ironique, l'imitateur: les talents de conversation. Plus haut, le M.J. secret: il est seul, il rêve, il s'angoisse, il peint, il se met en contemplation: ombre & lumière sur fonds troubles."

LE SERPENT - L'ENFER. LJF, 274. Préf. Oxenhändler cite "Et au delà" (Les Feux de Paris 1 (12 déc. 1935). "Mais quand réapparut le serpent du plaisir/ gémissant de brûler nos carapaces/ pour marquer notre corps de lèvres & les noircir/ nous nous attendîmes à l'enfer & face à face/ pour la douleur, unique volupté, ô gladiateurs!/ & pour la volupté, torturantes douleurs."

SIN EQUALS IMPERFECTION OF FAITH. Ibid. 229. Analysing the poem ‘J’ai peur que Tu ne t’offenses/lorsque je mets en balance/dans mon coeur & dans mes oeuvres/ ton amour dont je me prive/ & l’autre amour dont je meurs.‘ Oxenhändler states: "Although the irony has vanished, the act of faith is still imperfect. The 'amours d'enfer' prove this, for, as St. Paul said, sin is itself incredulity, an imperfection of faith."

LES TENEBRES DE L'ENFER. C. Poinas. Op. cit. 21. "[...] les ténèbres sont partout, autour de nous & en nous"; ibid. 20. "O mes amis! Je reviens horrifié! j'ai vu, j'ai prévu! j'ai pressenti notre avenir après la mort! j'ai entendu les cris de ceux qui nous précèdent dans les abîmes. Convertissez vos amis! ("Après la méd. sous un arbre." p. 66); p. 21. "A l'angoisse née de la nuit s'ajoute celle que tout homme éprouve à l'idée de la chute. Or l'enfer est décrit comme 'un gouffre où le mur des machoîres aux gencives violettes s'avance’: c'est 'le précipice' - avec ce que l'article défini au singulier apporte de précision redoutable" (p. 51); p. 22. "Et voici qu'au symbolisme du cercle s'ajoute celui de l'eau stagnante, dans une conjonction des forces du mal: 'Bosses concentriques de la mare'"; p. 20. "Le feu y occupe, bien-sûr, une place de choix. Notons au fil des pages 'ces flammes en artichaut' (p. 42), 'tes côtes un jour illuminées par le feu.' (p. 50) 'des flammes en cercle autour d'un poteau... Un homme noir & suant est au poteau, ses pieds sont dans les flammes.' (p. 99). C'est tout le poème - si justement intitulé - 'Paysage infernal' (p. 71) - qu'il faudrait citer pour montrer sous quel éclairage sinistre le poète voit le royaume du Prince des Ténèbres, illuminé par 'le feu, palettes d'éclair peu innocentes; un soleil intérieur; (des) langues de feu; un punch flambant'"; p. 20. L'eau est également un moyen de torture privilégié. M.J. remarque (p. 53) 'On crucifie les inspirés mais on noie les menteurs.' Une vision s'impose particulièrement à lui, celle de 'l'eau noire' (p. 64, 71, 81), que l'on peut rapprocher de celle de 'la vase' (p. 53, 95). Ailleurs, il est question de 'marais' (p. 61), du 'fond des étangs' (p. 79). Le mystérieux M. Limande d'Histoire absurde' (p. 63) est 'mort dans l'eau', cette eau qui apparaît comme un raffinement suprême dans certains cas: 'Le dernier supplice: ceux qui auront résisté (comment mourir davantage?) seront plongés dans l'eau bouillante.' (p. 57). L'eau cet élément inquiétant quand elle est stagnante, devient plus terrifiante encore lorsqu'elle a la puissance brutale de l'Océan. Dans le poème si clairement intitulé 'Traduction poétique du démon' (p. 101) M.J. écrit: 'L'océan sombre & soulevé par le vent est la figure de sa face énorme.' Pour ce Quimpérois tout imprégné du folklore breton l'Océan déchaîné ne peut obéir qu'au Malin."

THEMES DE L'ENFER & SON CONTRAIRE: SIGNE DE L'AMOUR. Plantier. MJ, 64. "On s'est terriblement mépris lorsque l'on a expliqué l'importance du thème du jugement & de l'enfer par la peur du Dieu vengeur. Parce qu'il existe, entre M.J. & le Christ, des liens - nous allions écrire humains - la continuelle hantise du poète est d'être fidèle à l'amitié comme le Christ est fidèle. Il ne faut pas penser la vie religieuse de M.J., en fonction de rapports de force, mais au contraire, sous le signe de l'amour. - P. 99-100. L'enfer & le démon sont au coeur de son attitude devant Dieu, mais il faut dépasser la prem. conclusion que l'on pourrait tirer de cette obsession. Lorsque Raymond Trillat écrit que le Dieu de M.J. 'n'est pas un Dieu de tendresse, ni de bonté, que c'est un Dieu terrible, puissant, inquiet, jaloux & qui se venge de tout ce mal qu'il lui a fait, en l'atteignant dans sa chair, dans son âme, dans sa vie, dans son amour' (Pour en revenir à M.J. 78) il insiste trop sur les apparences [...]. C'est devant sa propre liberté qu'il ressent l'angoisse du choix. Il n'a pas peur de Dieu. Il tremble d'être un homme. Toutes ses terreurs lui viennent de sa plus secrète dignité. Il est vrai que sa religion est loin des 'fameuses consolations' si chères au XIXe siècle, elle est loin d'un rituel social."

ENNUI - JE M'ENNUIE

"JE M'ENNUIE TANT! mais je crois que l'ennui est la raison primordiale du travail." LFF, 22. Sept. 1918.

"JE TRAVAILLE OU JE M'ENNUIE, JAMAIS LES DEUX A LA FOIS." G. Gabory. Apollinaire, M.J... Op. cit. 49; LFF, 107, n. 5.

EPITHETES DE MAX JACOB

ACROBATE-TRAPEZE VOLANT. J. Bens. "La Poésie saisie par le revers." Op. cit. 7. [...] «dans le domaine particulier du trapèze volant, M.J. représente l’anti-Cocteau (ou le contraire): il est celui qui virevolte sans rire, celui qui ne salue pas à la fin.»

BOLCHEVIK LITTERAIRE. LLP, 169. Salomon Reinach écrit à L. de Pougy le 24 août 1920: "Je ne dis pas du tout que je sois prêt à trouver intéressantes les nouveautés fort étudiées que nous servent les M. Jacob, les Cocteau, les Blaise Cendrars & autres bolcheviks littéraires [...]."

CET HOMME ETAIT PROTEE. J. Grenier. Monde 1976section spéc. IV. "Avec un certain mélange de buffonnerie & de gravité qui le caractérisait, il disait parfois en parlant de lui: saint Max Jacob."

"LE CHANTEUR AUX CENT VOIX." R. Guiette. La Vie de M.J. Op. cit. 166. "Admirable M.J.! dit M. Jean Cassou. Admirable M.J., le génie le plus hypocrite, c'est-à-dire le plus honnête qui soit; car en fait de génie, hypocrisie signifie pudeur, volonté de ne point s'asseoir, inlassable indépendance. S'il parle tous les langages, c'est pour mieux échapper aux réponses que d'aucuns, croyant l'entendre, pourraient lui faire. Mais il repart sur un autre registre; il a adopté un autre visage; il est le chanteur aux cent voix."

CLOWN MYSTIQUE. Michel Décaudin. "Etude sur la poésie contemporaine." Op. cit. 226. "M.J. ne se rattache à rien & touche à tout, avec une virtuosité qu'on a trop souvent assimilé à celle d'un jongleur. S'il est vrai qu'il y a en lui du prestidigitateur satisfait de ses tours, son oeuvre est tout autre chose qu'un jeu gratuit aux mécanismes éprouvés. Elle est à l'image de ce 'clown mystique', ambiguë & complexe, toujours aux limites du bouffon & du tragique; elle implique tout une conception de la poésie & de la fonction du langage."

DEFINITION DE M.J. PAR COCTEAU. Georges Sion. "Contre l'oubli: M.J. 1876-1976." Le Soir [Bruxelles] 7 juill. 1976. «C. qui l'avait si bien connu, a dit qu'il était arrivé à ‘donner en pâture à l'époque un homme de paille qu'elle puisse brûler, sans atteindre le poète.’ Selon Sion: 'si l'homme de paille flambait, une âme brûlait, simple & secrète, qui avait choisi sa route de feu.»

DEMYSTIFIER M.J. Claude Dinant. Pour en revenir à M.J. 82. "Suivons l'exemple de M.J. & tentons de démystifier l'image qu'on a dressée entre lui & nous."

DESACADEMISER LA VIE. Expo. BMO. Mai-juin 1947. R. Secrétain. "L'Humour angélique, au delà des férocités d'une intelligence apaisée, mais qu'un rien suffisait à réveiller avec toutes les tentations du Malin; le rajeunissement de l'art & de la litt., qu'il avait passé sa vie à 'désacadémiser', y compris la vie elle-même; la charité enfin, qui était la prem. & la plus sûre de ses muses; tout cela, en un raccourci rapide & malhabile, ne serait encore que l’ébauche d’un insaisissable portrait."

EPITHETE DE M.J. "LE POETE DU CD. Ch. Pelletier. "Le ms. du CD de M.J." Information litt. 5 (nov.-déc. 1974): 226-28. 226. "Les jugements portés sur le poète sont presque exclusivement fondés sur ce seul ouvrage. Peu d'auteurs se sont vus affublés d'autant de qualificatifs (qui vont à peu près tous dans le même sens). Au fil des publications les dénominations de 'joueur', 'fantaisiste', voire 'loufoque' reviennent fréquemment. On n'omet pas de préciser que son art est à facettes & son génie kaléïdoscopique. - L'étude du ms. du CD impose des nuances."

LES EPITHETES IMAGEES QUI 'CARACTERISENT' M.J. renchérissent sur les légendes, les mythes & les anecdotes. Palacio, in "M.J., autour du poème en prose", (RLM M.J. 1. P. 3), l'un des démystificateurs importants, nous tend un bouquet en contenant 37. Notons que même une humble Bretonne fut inspirée à l'appeler 'une lanterne magique d'homme' (Dom Claude Jean-Nesmy. "Apollinaire, M.J. & le Futurisme." Op. cit. 60; Maria Green. "Max Jacob." Les Litt. de Langues Européennes au Tournant du Siècle: Lectures d'Aujourd'hui. Série A. La Perspective Crit. fr. Cah. V-VI. Travaux du Groupe de Rech. Internat. "1900". Ottawa: U. de Carleton, 1982. 99.

ERUDITION. Cadou. Esth. 51. "Le parfum de l'érudition est comme celui des îles dont nos bateaux sont arrêtés & virés par une force invisible."

FACETTES-MASQUES. M. Hasquenoph. La France n'a pas besoin de poètes. Op. cit. 142. "A travers ses mille facettes & ses masques multiples, M.J. déconcerte & séduit. [...]. Personnage fantastique, poète & mystique [...]."

GRIMACES, PIROUETTES DE MAX DISSIMULE SA PEUR. Cadou. "La Vie du poème." Op. cit. 133; Cahs. du Nord. No spéc. 181. "Il est dommage que certains esprits avertis, & non des moindres, aient jugé Max sur des pirouettes & des grimaces destinées uniquement à dissimuler cette peur bleue, cette immense frousse de choir qui est le lot des clowns équilibristes."

HOMME ORCHESTRE. J.-M. Dunoyer. C.r. Joseph Pérard. M.J. l'Universel. Monde 1976 op. cit. 12. "Ce petit ouvrage prend à coeur d'inventorier le plus succintement du monde,[...] la totalité des 'facettes'. (c'est devenu un lieu commun) de celui qu'on a comparé à Protée. Pourquoi pas à un homme-orchestre? - Modeste travail qui, sans avoir la rigueur ni la puissance de pénétration de l'équipe de J. de Palacio, a du moins le mérite de donner l'envie d'en avoir davantage & de faire profiter le public, partiellement de lettres inédites."

HOMME DU SECRET par Jabès. C'était il y a 30 ans. 42. 'Les voix m'ont dit na, ce qui veut dire secret en hébreux' "avait-il écrit dans la DT. Homme du secret & non d'une légende, M.J., tout en soignant cette dernière, s'acharne à percer le mystère d'une existence vouée au ciel & à l'enfer."

"J'AI TOUJOURS VISE A LA SPHERE, AU PARADISIAQUE." LML, 13. Intr.& p. 60. Lorient (Morbihan), du dr. Benoiste, 28 juin 1937. "Entre nous soit dit, le livre de Fabureau sur moi me déplaît énormément. J'ai horreur qu'on me prenne pour un type à la Callot. J'ai toujours visé à la sphère, au paradisiaque."

LEGENDE DE M.J.- DEMYSTIFIER M.J. Dunoyer. "M.J. Centenaire." Monde 1976. Op. cit. 11. "Que le centenaire de sa naissance - le 11 [le 12]juill. 1876 à Quimper - soit une bonne fois l'occasion de l'alléger de sa légende, de le dépouiller des oripeaux dont cet obstiné travailleur ne s'affublait guère. On a dissimulé son oeuvre sous un fatras de bons mots, d'histoires drôles; on n'a point gravi ces durs chemins de montagne qui menaient directement à la source: à ce grand coeur d'enfant pur". Dunoyer cite du texte de Cadou (texte repris en 1976 in Miroir d'Orphée. Préf. Michel Décaudin. Rougerie. 85-89). Ce texte de Cadou [...] annonçait déjà la remise en place d'un écrivain aussi important [...] par l'influence exercée sur ses cadets que par son propre message."

MAX, C'EST UN AMAS DE BOUTS DE FICELLE. Opinion de Pierre Reverdy. Voir Gabriel Bounoure. "Souvenirs sur M.J." Délirante 4-5 (aut. 1972): 53-74; voir VM, 182-83.

M.J. A MYTHICAL HERO. Préf. LJF,222. "Max lived a succession of contradictory roles. Each person who describes him contradicts, in some way, the preceeding one. Yet there is never any doubt that they are all speaking about the same man, the same poet, the same friend. There are few authors whom we call by their first name [...] it reflects that special feeling of intimacy Max's friends had for him [...]. The diverse explanations [...] show that the mythical archetype is inexhaustible, the mythical hero irreducible to any explanation of his conduct. The hero's vices & virtues are spectacular; he knows strange ecstatic states & speaks with the angels; his triumph & his apotheosis lie in his defeat. He goes against the grain of the world, and is taken for a fool or a madman by society, but ultimately his vision is vindicated. Max possesses all these attributes."

M.J. A TOUCHE LE FARDEAU, MAIS IL N'A PU LE REMUER. AP. "L'art chrétien." 74. «Ils chargent, dit l'Evangile, les autres de fardeaux qu'ils ne voudraient pas même toucher du doigt.» "C'est le cas de l'auteur de ces lignes. Il a touché le fardeau, mais il n'a pu le remuer."

"M.J. DRUIDIQUE" par Yanette Delatang-Tardiff. Boîte à clous. Op. cit. [17]. "C'était un véritable spectacle de le voir passer de la respectabilité à la malice, de l'enthousiasme à la lamentation, de l'inquiétude à l'ironie, de la hauteur à la tendresse, de la virtuosité à la méditation, de la présence à la transparence. Comment! ce mondain devint un croyant, comment cet effectif devint un solitaire, comment ce Parisien des grandes années devint un persécuté, c'est le mystère des destinées multiples à énorme feu central."

M.J. INCLASSABLE. Le Peuple [Bruxelles]. "M.J. est inclassable, indéfinissable. Suivant l'humeur, on le découvre poète, peintre ou romancier: fantaisiste, réaliste ou mystique."

M.J. MULTIFORME. Raymond Trillat "Lecture du poète." Pour en revenir à M.J. No spéc. 80. "A chacun il apparaît différent, mais chacun possède la vérité, car le secret du poète est d'appartenir à tous & de refuser de s'appartenir à lui-même."

M.J. PROTEE. G. Bounoure. Monde mars 22 1969. "Une complainte mystique." "Trop multiforme pour être sérieux."

NU SOUS SES MASQUES. Albert Béguin. "Destin de M.J." Poésie & présence de Chrétien de Troyes à Pierre Emmanuel. Seuil, 1957. 276. "Sous ses masques & ses feintes, son oeuvre lyrique qui est une confession étonnamment complète, où quelque chose fait songer à Verlaine, à Villon, à Laforgue, à tous ceux qui n'ont pas redouté de se montrer à nu dans toute leur misère personnelle."

ON SE DEFINIT PAR CE QU'ON AIME OU DETESTE. G. Bounoure. «Souvenirs sur M.J.» Délirante 4-5 (aut. 1972): 53-74. "Si tu sais ce que tu aimes & ce que tu méprises, tu t'es déjà défini."

SIECLE DE MAX JACOB. Andreu. MJ. Op. cit. 110. "Cadou [...] soutenait que ce siècle mieux que d'être nommé, comme l'avait fait Max, 'le siècle d'Apollinaire', méritait d'être appelé: 'Siècle de Max Jacob.'"

"UN MAITRE EN POESIE" par Gilles Pudlowski. Quotidien de Paris oct. 25, 1976. "Oui, comment parler de ce poète au grand coeur qu'on ne saurait affubler d'une seule étiquette, mais qu'il faut savoir reconnaître tantôt plaisant balladin, tantôt lyrique grave & ému, [...] tantôt agitateur burlesque? Car Max c'était tout cela à la fois & il serait amusant de rechercher d'autres définitions qui iraient compléter un portr. bigarré, baroque, haut en couleurs lyriques."

ESPAGNE

CONFERENCE A MADRID.LJC, 25. [25 janv. 1926]. "Ma foulure n'empêche pas, paraît-il, que je parte pour Madrid. On a arrangé cette histoire derrière mon dos; je vais faire une conf. Je ne prépare rien, je dirai tout ce qui me passera. Si c'est bien, je serai content; si c'est mal, ils croiront que c'est la mode de Paris;" MJ/JC, 381.

L'ESPAGNE - L'ESCURIAL. Ibid. 33. 21 fév. 1926. "L'Escurial est un couvent dans une montagne. La campagne c'est uniquement des taches de buis en poires sur une terre jaunasse, le tout très vallonné avec des grosses coupures de ciel alternant gris, bleu, gris, très dramatique au-dessus de grandes bandes de montagnes découpées dans le même style au loin. Pas une maison! un couvent de temps en temps au loin & sur le dos des montagnes, le dos d'un cheval chargé de deux paniers & d'un brave homme nègre enveloppé dans une couverture de voyage. Il fait froid, il y a une boue épouvantable & il tombe des ondées. Or ces gens-là convaincus qu'ils sont un pays chaud n'ont pas de cheminées, de poêles ni de chauffage central même dans les hôtels. C'est la lande, le rocher, l'ennui!; 32. MADRID est un plateau à air vif & sans arbre. Tout du rocher. - Mais l'intérieur de la cathédrale de Tolède & surtout le trésor de la dite, c'est quelque chose. On n'avait pas idée de ce que c'est: trésor, un trésor, quand on lisait les mille & une nuits de Galland. Maintenant je sais...A cause de cela, vas-y. Quant à la peinture évidemment... On a des surprises dans ce musée du Prado... je te laisse à ces surprises. P. 33. Si tu vas te faire impresarier demande à voir la salle où il y a Jérôme Bosch & Brueghel le vieux. Vraiment ce n'est pas ennuyeux. Moi, je ne suis pas assez peintre - n'est-ce pas - pour pleurer devant un Greco, & puis les photos m'avaient tout gâté d'avance, comme les dessins de Victor Hugo m'avaient gâté Tolède. Tout le XIXe s. vient de Tolède, je t'assure & je te le dis très sérieusement. M.J... est un Monsieur très fréquentable bien que très impresario & tu connaîtras des comtesses qui s'appliquent à représenter une midinette & n'y réussissent pas du tout. Le pays de l'Instar! comme monde, rien de commun avec l'Italie si naturelle & si tendre." MJ/JC, 390-91.

ESPAGNE - PATRIE DU CUBISME. LJRB. I. 146. Printemps [1913]. "Tout est à angle droit dans cette patrie du cubisme les maisons de hauteurs inégales & sans toîts, les devantures des boutiques qui sont plus hauts que larges, pavées de mosaïques & propres, les nez des gens, les épaules des hommes & la poitrine des femmes ainsi que leurs foulards, les aloès des routes, les palmiers des avenues, les oliviers tordus des champs & les mentons des vieux & des vieilles."

"JE N'AI PAS DIT QUE L'ESPAGNE N'AIT PAS UNE VIE INTERIEURE & UNE CULTURE. J'ai dit que c'était un plateau rocheux où les gens sont fermés, malins, sensibles & peu sociables. J'ai dit aussi que je ne comprenais pas qu'on rapprochât cet antipathique pays de la débordante Italie, créatrice, pastorale & chantante. Va donc en Espagne: tu y verras le Prado où des chefs- d'oeuvre remplacent les insignifiances des musées italiens." LUA, 60. 5 août, 1926.

"J'AI VU TOLEDE QUI EST CE QU'ON A FAIT DE MIEUX DANS LE GENRE ROMANTIQUE: c'est un dessin de Victor Hugo en réussi. Vraiment réussi!..." LAL, 133. 23 fév. 1926.

"JE REVIENS DE L'ESPAGNE, pays de plateaux couverts d'arêtes en cailloux, pays à l'air vif où on a bâti des villes closes sur des rochers, sans faubourgs & où les clochers sont des pattes de homards mal blanchis, ou mal rosés plutôt." LUA, 59. 23 mars 1926.

SARDANE ET TENORA. Ibid, 80. 17 mars 1930. "Tâche d'assister à une sardane en Catalogne dans un village. Orchestre de village, compositeur du village & tout le village dansait. J'ai vu ça à Figueras"; 81. 28 juin 1930. "Je n'ai aimé en Espagne que j'ai vue que la Sardane catalane, la ténora & des tableaux. Le reste me fait horreur."

TOLEDE. Andreu. VM, 188-89. "En fév. [1926], Max va à Madrid faire une conf. à la Résidence des étudiants sur la Symbolique des Ecritures, [...]. Max fit un peu de tourisme, il alla à Tolède & il admira le trésor de la cathédrale. Il envoya une c.p. à Cocteau [...] & à M. Sachs, au Séminaire."

ESTHETIQUE EN GENERAL

A LA RECHERCHE DES SECRETS DE FABRICATION JACOBIENNE. Plantier. "Au service de M.J." Op. cit. 46. "[...] la recherche des secrets de fabrication n'implique pas que l'on soit comme un greffier de tribunal en face d'une oeuvre aussi humaine & aussi attachante. Nous pensons bien en apporter quelques preuves dans une étude prochaine qui paraîtra dans la coll. de Ecrivains devant Dieu." [Voir Max Jacob, op. cit.].

ANDRE SALMON, M.J. & APOLLINAIRE. POETES & PEINTRES. Jeanine Warnod. Le Bateau-Lavoir. Op. cit. 117-18. "Ainsi, les poètes & les artistes, par un nouveau langage, changent la fonction de l'image, lui retirent son rôle de représentation de l'objet pour lui donner une liberté totale. - Et cette autonomie ouvre la porte à toutes les possibilités qu'offrent la réalité aussi bien que le rêve. Les formes, les couleurs comme les mots & les phrases, ayant conquis leur liberté, deviennent aptes à traduire des idées & des faits encore inédits parce que puisés dans la réalité d'un monde moderne riche de nouveautés jamais encore exprimées. - En cela, Salmon, M.J. & Apollinaire - que Marcoussis a sciemment réunis sur une même toile intitulée Les Trois Poètes - ont participé au mouvement cubiste & rares sont les époques où peintres & poètes ayant [...] les mêmes révoltes contre la raison, ont été aussi intimement liés. La toile où Marcoussis a réuni Les Trois Poètes, symbolise leur union."

L'ART EN LIBERTE. A R. Manuel 18 avr. 1918. Corr. I. 172. "Le bombardement se fortifie & le affaires faiblissent. Je me retrouve comme jadis & infiniment heureux de la liberté dans l'art, de l'art en liberté, du libre travail d'art, du travail d'art libre."

L'ARTISTE & LE MECENE INFUSENT LA VIE. A Doucet, 25 mars 1918. Ibid. 169. [...] "il me semble criminel d'aller se mettre en cave, quand on doit infuser la vie à la cité & comment & qui peut & doit mieux le faire que les artistes & leurs bienfaiteurs?"

ART POETIQUE EN GENERAL. U. Pfau. Zur Antinomie. 205. "[...] keine geschlossene Theorie, [...] in aphoristischer Form Gedanken über Dichtung mit, die über den Bereich des Literarischen hinausgehen & - in grösserer Konzentration & Bildhaftigkeit - Ratschläge wieder aufnehmen, wie er sie seinen Freunden in Briefen gab.[...]. Eine zentrale Forderung von AP ist die nach leidenschaftlicher Beteiligung des Dichters an seinem Werk, die freilich nicht Gefühlsüberschwang bedeutet, sondern durch strenge Formung in Dichtung umgesetzt werden soll. An Cadou schrieb er [...] 'la poésie est un cri, mais c'est un cri habillé.'"

L'ART POETIQUE - LA POESIE MODERNE. LJC, 15. 4 juill. [1920]. "Exagérer pour se faire comprendre. Recevoir & rassasier. Rassembler dans un seul bloc tout ce qui se rattache à une sensation pour le définir. - Ne concevoir l'objet que pour le définir, ne le définir que pour l'agrandir ou le caricaturer ou le contraire de caricaturer (arrange ça, moi ça me fatiguerait, mais c'est le neuf).- Dérouter l'auditeur pour l'amour d'un mot ou pour un coup de folie légitime. Se servir & non sans mépris de tous les moyens anciens ou par repos ou pour rappeler qu'on est poète ou parce que le ton du madrigal n'est pas celui du poème.- Enfin faire servir la poésie à tous les déversoirs par lésine ou pour affirmer la supériorité du poète même quand il n'est pas devant le lecteur.- Tel (sic) serait la poésie moderne si nous bafouilleurs & amis le pratiquaient ou ennemis mais l'image n'est pas (n'est-ce pas?) ce qu'un vain peuple pense, elle est l'étincelle qui jaillit quand le marteau de l'Homme frappe sur l'enclume de la réalité: toi seul connais cette vérité;" MJ/JC, 56-57.

AUSTERITE & PASSION. A Edouard Cazanian. [Juill.-août, 1910]. Corr. I. 47."[...] ton livre étincelle des plus nobles qualités. Tu as la grande mélancolie & l'austérité des vrais poètes; tu y joins l'éclat & la passion. Tes images sont brillantes & nouvelles. Tu accouples avec goût le mystère de l'imprécision & la précision merveilleuse des mots. On conçoit avec d'autant plus de force ta pensée qu'elle est élaborée avec plus de raison & exprimée avec un plus riche cortège."

BON GOUT, BON SENS UNIS BIEN RARE. A Doucet. 28 nov. 1917. Ibid. 166. "Vos avis me sont toujours précieux, marqués comme ils sont par le bon goût uni au bon sens & à l'expérience des arts & des artistes: ensemble bien rare."

CELEBRATION DE LA VIE. Plantier. MJ. 18. "Car l'oeuvre célèbre la vie, même, & surtout, si l'on y perçoit ce grignotement tenace de la mort, cet appel à la destruction, cette tentation de l'insulte à la faiblesse humaine. En face du vide, M.J. invente une poétique de la volonté, une morale de la solitude: le travail, un immense travail, le travail d'un artiste viril, alors que l'homme était peu; d'un artiste constant dans la recherche & dans l'effort, alors que l'homme était par nature instable & féminin, par sa susceptibilité, par ses réactions & ses tendresses soudaines."

"C'EST A SOI-MEME QUE L'ON ECRIT TOUJOURS QUAND ON ECRIT." S.d. à N. Barney. Aventures de l'esprit. Op. cit. 104-05. "Mon cher idéal, Je m'explique: j'ai toujours rêvé d'un poète qui résulterait d'un conflit entre l'esprit & l'esprit, entre la réalité des moeurs & l'esprit, qui aurait de vraies racines dans le coeur des autres, dans le sien propre: le poète conflit & sans ambages ni jambages, un poète qui chanterait ne chantant pas, qui définirait ne définissant pas. Ce poète que je n'ai pas su être (mais là! pas du tout!) voilà que je le rencontre! c'est vous. Aussi je m'écris, car c'est à soi-même que l'on écrit toujours quand on écrit (ce qui s'appelle écrire, n'est-ce pas) aussi dis-je, je m'écris: 'Mon cher idéal'. J'aurais pu écrire 'Mon cher poète', mais j'ai eu peur que vous me preniez pour ce que je ne suis pas. Votre livre est autant mon ami qu'un miroir magique qui serait l'image de ce qu'on aurait voulu être. Ceci est une confidence: les poètes sont des confesseurs; on n'aime dans les livres des poètes que ce en quoi ils nous confessent, la vie étant, hélas, un continuel péché."

COMMENT CONSTRUIT M.J. SON OEUVRE. Plantier. MJ. Op. cit. 17. "M.J. a construit son oeuvre comme une méthode pour exister, pour avoir un visage; & toutes les contradictions y sont des preuves de cette donation entière & quotidienne. Méthode d'investigation des ciels: Kabbale & sciences occultes; méthode de l'investigation intime dans l'alternance de la destruction: éther, jusquiame, visions démoniaques ou célestes, idées fixes, débauches, & de la création par l'expérience du mal ou de la mort. C'est le travail énorme, absurde & généreux, pour conquérir le temps, pour l'arracher à l'Autre: qu'il soit la mort ou le diable, qu'il soit la faute ou le vieillissement."

CONSEILS A UN JEUNE POETE. Michel Ozenne. "Chronique fragmentaire pour la composition du Mystère de Saint Matorel de Quimper." Ren. de Fl. no spéc. (Pâques 1968): 18. "Ce petit livre hâtivement rédigé sur un cah. de brouillon est un testament littéraire qui condense sur ses quelques pages 50 années d'expérience & de magie du langage."

CONSEILS DE M.J. A P. DE MASSOT. Op. cit. 31. "Comment aurait-il pu résister à la séduction de M.J., à profusion répandue jusque dans ses lettres? Comment n'aurait-il pas écouté ses conseils, pour désabusés qu'ils fussent? A 46 ans, l'ermite de St.-B. fait au jeune campagnard des recommandations toutes paternelles pour l'aider à devenir un grand écrivain. 'Il me reste mon coeur & il est à vous.' (Coll. P.A.B. L. inéd. à Massot, 27 juin 1922) lui écrit-il sur le ton d'un très vieil homme. A de multiples reprises, M.J. très irrité, ajoute ce p.s. à l'une de ses l. 'Il m'est très désagréable de n'avoir pas vos dates de naissance, le mois & le quantième. Je ne puis conserver vos lettres.' Il n'empêche: M.J. s'intéresse au plus haut point à la carrière de son jeune protégé."

CONTRE LES 'BOUTIQUIERS' DE LA LITT. LJF, Quimper, 7 nov. 1935. Préf. 245. "Pense à t'élever dans la Revue contre les 'boutiquiers' de la litt. & à louer la litt. de l'Olympe."

CORRECTION D'UN POEME LRV, 53-54. 17, rue St.-Romain. 19 fév. 1936. "Ton poème est plein de grâce & de très bonne tenue. Ce serait un crime que d'y toucher en tout cas, deux esprits ne doivent pas se mélanger sur une oeuvre. Ne corrige pas ou corrige toi-même. Le corriger est très difficile: c'est faire autre chose que ce qui est. Pour corriger il faut être bien sûr qu'on n'a pas réalisé exactement ce qu'on voulait réaliser au moment où on a écrit. Se méfier de dire autre chose que ce qu'on voulait dire ce jour-là car autrement c'est une rajouture c'est-à-dire ce qu'il y a de pis. Ça trouble l'unité."

DANGER DE GENERALISER. A J. Doucet. 30 janv. 1917. Corr. I. 134-35. "Au fait, les généralisations sont dangereuses. Il se peut qu'on me montre dix vers d'un poète que je fais profession d'abhorrer & que je les trouve admirables, & réciproquement."

DISCIPLINE - ENNUI DE SOI MEME. Disque vert no. spéc. 61. Paul Méral. "La Méthode de M.J." On se soumet à une discipline comme on prend une habitude: par ennui de soi-même."

DISCONTINUITE SOUDAINE. J. Chambost. "Le LC." Op. cit. 32. "Vers 2 'Contemple tes épis vainqueurs.' Vers 15: 'Chaque brin d'herbe était un morceau de folie.' C'est là l'exemple frappant d'une discontinuité soudaine qui néglige les lois de la poésie trad. & rompt le cours normal du poème."

ECLAIRCISSEMENT SUR LE CD PAR M.J. Clary. "La vocation manquée ou les aveux de M.J." Op. cit. 72; Figaro litt. 3 oct. 1969: 4. Quand Clary demande des éclaircissements sur le sens profond des vers comme ceux-ci: 'La bourse houle! Avis!/ La bourse ou la vie!/ La bourre sous la vie/ (Glas! boue!) sourd, l'ami/ Glabre, ours sous l'habit/ Las! bouc saoul, Levy/ Court, à court d'avis, etc.' - "Avant de me répondre, M.J. parut, cette fois, se recueillir un assez long moment & me dit enfin, sur le ton du découragement: 'Mon pauvre ami, que voulez-vous, ne vous l’ai-je pas déjà fait remarquer en d'autres occasions? cela ne s'explique pas, cela se sent, tout est là [...]."

ECRIRE POUR L'ETERNITE. Cadou. Esth. 55. "Ecris pour l'éternité & méfie-toi de la mode, qui a gâché mon AP de 1921 & peut-être aussi le Gant de Crin de Reverdy. Il faut travailler à l'esthétique éternelle & non pas à celle de 1942 qui est passagère. On s'épargne ainsi des remords. C'est terrible le remords."

L'ESSENTIEL DANS LA FANTAISIE. TB. Comédie. Op. cit. 14. "Son obsession était d'atteindre l'essentiel dans la fantaisie, de retrouver l'universel dans le singulier, de densifier son propre bavardage, reflet du bavardage de la Création [...]."

ESTH. DE M.J. Attal. Image métaphysique & autres essais. Op. cit. 196-97. "L'art poétique de M.J. se rattache moins [...] à l'art sacré d'avant la Renaissance, qu'à l'art baroque, qui l'a suivie. La vraie famille spirituelle de M.J., ce serait plutôt celle des poètes baroques du 17e s. européen pour qui le monde visible ne sert qu'à évoquer la présence du monde invisible, & chez qui l'on retrouve la même parole exacerbée, d'une gaieté tragique, que le douloureux conflit entre la vocation du poète & la vocation du mystique, fait naître & porte aux accès les plus violents, & dont plus tard T. Corbière & J. Laforgue ont su renouveler l'écho."

ESTHETIQUE HUMAINE. Cadou. Esth. 32. "Ne pas oublier d'être humain (c'est-à-dire le contraire de réaliste) humain c'est-à-dire tous les sentiments complets alors que le réalisme c'est l'absence de sentiments, mais surtout la sensiblerie courante & l'impersonnalité bêbête de tous les jours."

L'ESTHETIQUE POUR MORALE. Andreu cite Anicet d'Aragon. VM, 95. "Véritablement on pouvait assurer qu'il avait son esthétique pour morale."

L'ETERNEL NON PAS CE QUI EST A LA MODE. Attal. Op. cit. 195. «Pour lire correctement l’oeuvre poétique de M.J., il est donc nécessaire de tenir compte de cette lutte que ses deux vocations livraient en lui, & qui l’empêcha toujours d’adhérer froidement à une esth. passagère, imposée de l’extérieur, aucun conformisme ne pouvant prévaloir contre son impératif personnel. [...]. Ce qui ne veut pas dire, bien entendu, qu’il soit resté étranger ou insensible aux recherches esth. de son temps: Ne s’est-il pas vanté souvent d’avoir fait partie de l’avant-garde litt., & artistique du début du siècle; ne s’enorgueillissait-il pas d’être l’inventeur du poème en prose; ne se considerait-il pas comme un précurseur du surréalisme [...]?»

FUSING WITH OTHERS. Neal Oxenhändler. "Concealment & Presence." Op. cit. 57. "The poet overcomes the divisive schizoid tendency through the act of incorporation or fusion with others. And the proof of this overcoming lies, I believe, in the triumphal Christianity of so many poems, a Christianity that is not (as it had been in the beginning) a breaking away or a separation, but return & reconciliation."

HC, 81."Mes yeux aux yeux de Jésus Christ!/ Tous mes cris & tous mes écrits/ un carrefour du crucifix !"

"LES GROUPES DISPARAISSENT, les doctrines se transforment, les étiquettes s'effacent, les hommes s'entre-tuent les modes changent, que reste-t-il? Quelques noms, quelques hommes... des isolés!" Béalu. "M.J. poète." Cahs. du Nord no. spéc. 202.

INSPIRATION. Una Pfau. Zur Antinomie, 223. "Schon in AP (p. 47) hatte er [...] die Überwachung der inspirierenden Geister gefordert, da sie gute oder schlechte Inspiration bringen können. An Cocteau schrieb er: "Selon moi, l'inspiration est une personne avec qui l'on discute. [...] les esprits qui dictent peuvent être bons ou mauvais." Corr. II. 128. 21 oct. 1922; MJ/JC, 138-39.

"JE VEUX & DOIS PLAIRE A MON LECTEUR, mais je dois encore plus être un auteur consciencieux." A Doucet, 25 mars 1918. Corr. I, 169.

"LA LITTERATURE ME POSSEDE." Ibid. 87. A Kahnweiler. [1912]. "[Braque] m'envoie des paysages pour que j'en fasse mes pauvres dessins; mais la litt. me possède: donne au mot 'possède' le sens biblique, le sens ésotérique, amoureux, mystique, chimique, médical, amphigourique, machiavélique & embétatoire. J'en suis malade & imbécile comme tu l'imagines facilement"; Rousselot le cite in Mort ou survie du langage. Op. cit. 150.

LES MATERIEUX DU POEME EN PROSE. Plantier. L'Univers poétique. 399. Conclusion. "La méthode de tremplin s'exerce librement. Les ouvrages de seconde main, les lectures hâtives, les journaux humoristiques, un fait divers, un mot rare découvert en feuilletant le dictionnaire, telle recette de magie, telle repr. kabbalistique ou occultiste, les croquis de théâtre, les caricatures des journaux, les images de cinéma sont les véritables matériaux pour créer cette connaissance qui n'existe pas & qui sera un poème. [...]. Tous les instants de la vie quotidienne construisent la méthode & offrent les matériaux de l'exercice. L'inspiration ne définit pas les 'moyens de s'extérioriser'. [...]. L'oeuvre de M.J. est une pratique morale. [...] Des exercices de vocabulaire, de syntaxe, de versification aux exercices quotidiens de la méd., ou du chemin de croix, c'est toujours la même recherche du 'tremplin', la même tentative de dialogue avec l'inspiration. De l'unité magique à l'unité mystique, il n'y a qu'une variation des 'moyens choisis'."

"M.J. ETABLIT UNE POESIE DU QUOTIDIEN." Plantier. "Notes sur la versification & la rythmique dans l'oeuvre de M.J." Cah. M.J. No 5. 63, n. 24. "La multiplicité des présentatifs, l'emploi des phrases normales ou des phrases de définition rejoignent les choix lexicaux."

M.J. POETE DES POETES. J. Cassou. "Un poète habité par la grâce." Monde 22 mars 1969. "[...] parce qu'il était le poète des poètes, celui dont on peut le plus justement & véridiquement assurer qu'il a été, à travers toutes les péripéties d'une existence qui nous fut si chère, habité par la grâce."

METHODE DE M.J. Plantier. L'Univers poétique. 397. "L'univers poétique révèle une méthode. Cette méthode, M.J. l'a précisée dans sa Corr. avec ses amis: poètes, romanciers, hommes de théâtre. Il l'a mise en formules de définition & d'analyse dans la préf. du CD, dans AP de 1922, dans les CJP."

MULTIPLE TENTATIVES POUR RETROUVER LE VISAGE. Plantier. "Au service de M.J." Op. cit. 45-46. Selon Plantier il a lutté toute sa vie pour le rapprochement de l'unité. "[...] la poésie est un moyen de personnelle investigation, de perfectionnement humain, un moyen d'entrer en communication avec Celui qui fit le visage."

N'IMITEZ PERSONNE! Conseil répété maintes fois aux jeunes poètes. Il ne veut pas former de petits Max Jacob, mais aider ses jeunes amis à trouver leur voie & voix. [M.G.].

L'OEUVRE TERMINEE, ON RESTE EN APPETIT. Charpier & Seghers. L'Art poétique. Op. cit. 465. AP, 19. "C'est un bon signe quand, l'oeuvre terminée, on reste en appétit, c'est-à-dire quand on ne trouve pas le but suffisamment atteint. De même qu'un vainqueur ne trouve pas l'ennemi assez écrasé."

PARTICIPATION A L'ORDRE CREATEUR. Plantier. "La joie de M.J." Op. cit. 5. "D'abord le regard, toute l'oeuvre est un regard. M.J. ouvrit les yeux sur son siècle aussi bien que sur le cosmos. L'imaginaire n'existe pour lui que dans les joies du réel & du concret. Le travail quotidien du p. est une création de la réalité sous les espèces du rêve, de la liberté des associations & de l'expérience. Anges & diables, êtres & objets manifestent leurs présence. M.J. rencontre toujours quelqu'un [...]. P. 6. la volonté d'accueil & la volonté de s'effacer devant la multitude du réel sont à la source de la création [...]. P. 7. L'amour du détail n'était pas la courte vue du réalisme qui se trompe par sa rigueur même, c'était la contemplation, c'était la communion, non pas la codification des choses mortes. [...] Non plus le constat, mais la jubilation: celle de l'oeil, de la main, des lèvres, de tout le corps à la pensée du vent, du visage, de l'herbe, du rocher ou de la danse. [...]. Le p. devient alors témoignage, non pas d'une vaine gloire, mais d'une participation à l'ordre créateur."

LE PEDAGOGUE NE DISSIMULE PAS SES SECRETS DE FABRICATION. Marc Alyn. "Dix-sept ans après sa mort, M.J. est-il un maître"? Arts (14 mars 1961): 8. "Ces querelles

des dates ne présenteraient, somme toute, qu’un intérêt médiocre si elles ne mettaient l’accent sur l’étonnante volonté d'enseignement qui caractérise, de la prem. à la dern. page, l'oeuvre de Jacob. Préf., lettres & aphorismes (sa pensée se coulait avec naturel, tantôt dans le vers, tantôt dans la maxime), tout était bon au romancier du TB pour situer ses idées dans une perspective pédagogique. Un p. de lui n'est jamais tout à fait - ou pas seulement - un poème, il est aussi un cours sur l'art d'écrire un poème. Nul n'a moins cherché à dissimuler ses secrets de fabrication. Mieux, toute création était d'abord pour lui une synthèse des moyens d'existence du style. A cet égard, son oeuvre est bien celle d'un maître. Il suffit d'ouvrir un de ses livres au hasard, prose ou poésie, pour être convié à une leçon de rythme & de philologie. Une science incomparable règne ici, truffant la phrase ou le vers de mille surprises concertées: assonances, allitérations, calambours, contrastes perpétuels. Le recours à l'anecdote est la pudeur de ce style qui dissimule sa perfection sous le manteau couleur muraille du langage parlé. [...]. De M.J., les nouveaux poètes n'apprendront pas la poésie, mais les infinies ressources d'une langue enfin libérée."

PIECES D'ANTHOLOGIE. CJP, 26."Apollinaire avait horreur des 'pièces d'anthologie', c'est-à-dire de la poésie parfaite. Il avait raison, je crois."

LA POESIE EST UN METIER. Plantier. L'Univers poétique. Conclusion. 398. "L'Originalité de M.J. est de penser la poésie en termes de moyens, d'invention & d'effets à provoquer. Au lieu de recourir aux images & aux mythes qui font du poète un être séparé des autres, M.J. replace le métier de poésie parmi les autres métiers. Il fonde une stylistique des moyens par l'apprentissage des techniques, par l'étude de la résistance des matériaux, par les exercices de répétition verbale, par les exercices d'assouplissement de l'écriture, de l'image, du rythme & des éléments phonétiques. L'ensemble de ces activités constitue le travail quotidien: consultation des dictionnaires, listes de mots, listes de 'départs' syntaxiques, 'vers entraînatoires', exercices ‘d'émotion’, exercices de concentration. C'est une méthode de provocation de l'inspiration [...] une méthode du 'tremplin'."

"LA POESIE N'EST PAS LA VIE MEME: la vie l'anime. La nature est son dictionnaire; mais la poésie est un choix, un vaste choix en soi-même quand on a eu soin d'avoir un 'soi' vaste, intéressé à la vie même [souligné 3 fois dans le texte]. Laisse parler ton inconscient, mais regarde-le faire." LEJ, 72. 9 nov. 1938.

"LA POESIE REDEVIENDRA HUMAINE OU PERIRA COMME INUTILITE." "Disait M.J. à J. Evrard in Candida à un Candidat" qui deviendra CJP. Andreu. VM, 272.

"QUAND JE MOURRAI, JE FONDERAI UNE ACADEMIE. On y louera les livres simples, sans fabrication, ni habiletés périmées, exprimant des choses senties, pensées directement. On repoussera tout ce qui est glycérine, glissage, réglisse, savonnette & développement du dictionnaire." J. Follain cite ce passage du CJP "Aux écoutes", 24 mars, 1961.

LES PRINCIPES POUR DEVENIR UN VERITABLE POETE. L. inéd. à Massot. Op. cit. 32. "1er PRINCIPE: le naturel. Travaillez dans le sens humain & ne vous souciez pas d'être de votre temps ou plutôt du temps précédent. Croyez bien que vous avez vos chances étant absolument sincère de créer quelque mouvement, tandis que voulant être un peu mieux que vous-même (quelle erreur!) vous ne faites que suivre d'autres gens: c'est dommage. Vous êtes né naturel, cultivez donc ce naturel! (3 fév. 1923).- 2e PRINCIPE: l'émotion. Vous avez grand besoin de vous nettoyer de l'infl. des Picabia ou des Dada - de très charmants amis mais qui diminuent & dessèchent des poètes pétris de sentiment. N'oubliez pas que l'émotion est le seul essentiel de l'art. Il n'y a que l'émotion. Enlevez l'émotion à Rimbaud, que reste-t-il? Il reste Breton. Vous valez par l'émotion, ne la tuez pas. (14 mars 1923). - 3e PRINCIPE: la souffrance. Vous avez des déceptions! On en fait des poèmes tout chauds! Attendez-vous à pleurer tous les soirs en rentrant chez vous & au bout de vingt ans de désespoirs, à vous désespérer de n'en plus avoir. (18 sept. 1922).- Travaillez beaucoup. Souffrez beaucoup! (Vous souffrirez beaucoup). La souffrance seule forme des talents. (12 oct. 1922). 4e PRINCIPE: la confiance. "Ne vous en faites pas! Tout ira bien pour vous! (19 avr. 1923)."

SECRETS DE FABRICATION. R. Toulouse. C'était il y a 30 ans. 74. "Je jette quelques mots à intervalles réguliers ou irréguliers, puis l'imagination cimente, le ciment doit être léger, le mot est l'embûche du lecteur..."

INSUFFLER LE COURAGE AUX GENS D'ETRE EUX-MEMES. A propos de M. Sachs & son scandale à cause de sa liaison avec Tom Pinkerton. "Je ne lui ai guère donné de conseils, le poussant (& avec quelle énergie!!) à écrire, écrire - ceci seulement par hygiène, pour lui donner une raison de vivre, un but (provisoire au moins [...] je crois de plus en plus qu'il ne faut pas former les gens, mais leur insuffler le courage d'être eux-mêmes." MJ/ JC, 450-51. 14 nov. 1926.

EXEGESE - LA SYMBOLIQUE DE L'EVANGILE

A LA DERN. PAGE DE LA COTE, on pouvait lire: du même auteur. SM, SJ, Ms. achevé: La Symbolique des Evangiles: Essai d'exegèse nlle. VM, 188. "En fév. [1926], Max va à Madrid faire une conf. à la Rés. des étudiants sur la Symbolique des Ecritures. Cette conf. a été arrangée par un ami espagnol, sans doute José Bergamin [...]." Ibid. 249. "Il espère alors que Gallimard l'éditera. Au début de l'année 1939, il écrit à Queneau, à Jabès, à R. Lacôte, à M. Manoll, qu'il a entrepris 'un livre bien difficile sur les Saintes Ecritures.' Ce livre, Max, pour des raisons que nous ignorons, l'abandonnera assez vite - indifférence des éditeurs, nouveaux scrupules religieux, sûrement la guerre [...]."

ARC-EN-CIEL - SYMBOLE DE L'UNION DES DEUX TESTAMENTS. Canet. "La Bible dans FE." 50, n. 12. "Arc-en-Ciel, image de l'alliance dans l'Anc. Test., est appliquée [dans le p. "Les yeux au ventre"] au Christ."

ART & RELIGION. A Moremans [1927]. Op. cit. 46. [...] oeuvres religieuses devaient être claires, s'adressant aux peuples pour les édifier. Avec cette théorie-là on biffe toutes les oeuvres mystiques, lesquelles ne sont jamais claires, toutes les oeuvres symboliques, la plupart des Epîtres, l'Apocalypse bien entendu, bref la litt. rel. en entier ou presque. Pas de style mallarméen! déclare-t-on. - C'est bien! mais imaginons que Mallarmé n'eût écrit que sur N.S.J.C. voyez un peu le bien qu'il aurait fait à ses jeunes admirateurs, pasticheurs, etc... Et Rimbaud? Que Verlaine seul ait été touché, il passe par une exception fantaisiste, mais si toute l'école l'avait été! Les cath. sont trop étroits! Ils perdent tout en voulant tout avoir. En tout cas, moi, je ne change rien. Dieu voit mes intentions & mes livres avec leur air peu orthodoxe passent sous des portes où l'Evangile lui-même ne passe pas. Ils y font ce qu'ils peuvent mais ils le font. Le même auteur qui n'est autre que le grave & cher Maritain dénonce dans cette revue cath. hollandaise les oeuvres cath. inachevées ou cubistes. C'est comme si un classique en 1830 avait interdit à Delacroix de peindre des sujets rel.! Quant à l'inachevé, je connais d'assez belles esquisses de maîtres & qui touchent le coeur plus que les tableaux finis."

L'ATTITUDE DE L'EGLISE VERS LES POETES RELIGIEUX. Idem. ‘En1925, M.J. a rencontré Claudel à Rome & ce qu'il confie à Moremans va droit à l'essentiel’: "J'ai rencontré à Rome, d'où j'arrive hier, P. Claudel & me suis plaint à lui de l'attitude de l'Eglise vis-à-vis de nous. Il m'a répondu que cette lutte était éternelle & que c'était un brevet de grandeur pour ceux qui avaient à s'en plaindre. J'aime assez qu'on ne me comprenne toujours, non point que je fasse de l'hermétisme à dessein, mais il ne me déplaît pas de garder les distances. L'épisode Delteil est une illustration de cette nlle hist. dans l'histoire. L'Eglise vient tard aux hommes qui veulent la servir à leur manière, elle ne se souvient que de ceux qui ont duré dans la tradition & s'ils lui conviennent, elle se sert de leur oeuvre. L'Eglise nous enivrerait trop, si elle nous louait, elle réserve ses récompenses pour les morts & leur donne le Paradis à sa manière encore."

BARQUE SYMBOLE DE L'EFFORT. Canet, 50. "M.J. utilise l'image de la barque pour souligner l'effort de l'homme vers Dieu alors que, traditionnellement, elle traduit l'abandon à la volonté divine ou du moins, dans la mythologie, la passivité de l'âme dans le voyage conduit par Charon."

COURONNE D'EPINE. Idem. "[...] la simplicité du style & la métaphore du 'Nid de Pie' soulignent contradictoirement l'aspect dérisoire de la Couronne d'Epines, pourtant, source de rédemption. Alors que le symbole de la marque de Dieu gravée sur les créatures ('Les yeux au ventre' IV) insistait sur les liens de dépendance & de possession caractéristiques de l'hymne de louange dans l'Anc. Test., M.J. évoque ensuite la recherche des liens de l'intimité & de l'union. [Dans la strophe VI 'Seigneur! je loge dans vos cicatrices/ Je me cache derrière votre arc-en-ciel'].

CERF SYMBOLE DE L'AME. MR. T.r. 71; Gallimard. 99. "Jugement dernier." "Un chapiteau de ma basilique paroissiale représente Pégase chassant le cerf. Le cerf, c'est l'âme! N'ai-je été à la chasse au cerf de mon âme que pour en faire une enclave dans le mal, ai-je jamais cherché à en sortir?"

DANS LE DOMAINE DU SPIRITUEL M.J. N'ADMET PAS LE CONFORT. R. Lannes. "M.J." Arts. "Car chrétien, il l'était trop pour admettre le confort & le tolérable, surtout dans le domaine du spirituel."

LA DEFINITION RELIGIEUSE DU MOT MYSTERE. Plantier. "La Métaphore mystique dans les poèmes de M.J." Op. cit. 83. "La laïcisation du mot mystère fait souvent oublier que pour le croyant il signifie: 'Une action qui tout à la fois manifeste & instaure une réalité nlle & de nature divine.'" Plantier montre comment l'écriture construit l'habitation du désir de Dieu. Citation de la définition tirée de Antoine Vergote: Interpr. du langage rel. Seuil, 1974. 7.

DIEU CHOISIT DES ENNEMIS CHARMANTS, DES SERVITEURS BETES. N. Barney. Aventures de l'esprit. 110. S.d. "Dieu a ce chic inouï de se choisir toujours les ennemis les plus charmants, donc les plus forts [écrit M.J. à N. B. après avoir relu L'Amazone]. C'est très crâne! Il y met de la coquetterie. Et cet autre chic d'avoir pour serviteurs ce qui rime à crâne. 'La plus belle preuve de la force de l'Eglise', a dit un cardinal très spirituel, 'c'est la bêtise de ses serviteurs.' [...]. Je voulais vous dire que je vous prouverai, évangiles en main, que le christianisme est le conservatoire de l'esprit dans tous les sens du mot: 'Vous êtes le sel de la Terre!' vous dit-il à vous! à vous! Et aux autres: 'Prenez modèle sur elle!' "

"DIEU NOUS DONNE DEUX GENDARMES." MP. 5-6. "Après chaque confession/ Dieu nous donne deux gendarmes/ Qu'il met de garde en planton/ Des deux côtés de notre âme."

LES DOGMES CATH. Andreu. VM, 260. oct. 1939. "Les dogmes & le culte empêchent les hérésies, le mysticisme vague & dangereux. Selon moi, ils sont indispensables parce que seuls les prêtres ont le pouvoir de distribuer les sacrements, or il n'y faut pas de vague liberté."

EXEGESE. Ibid. 253-54. "De ce livre si souvent rêvé, il ne reste pas grand-chose, des bribes parfois très anciennes, deux courts projets de préf., une brève intr. difficile à dater, une dédicace à R. Queneau, 'parrain de ce livre.' On peut la lire chez Doucet.- En 1971, Andreu en avait parlé à Q. qui lui avait répondu qu'il ignorait l'existence de cette préf., qu'à sa connaissance Max n'avait pas remis de ms. sur ce sujet chez Gallimard & que, de toutes manières, il n'avait jamais été question de le publier."

---. L. INED. A DUMOULIN. 19 nov. 1940. "[...] je suis très, très ignorant mais j'avais un don exégétique que ma paresse m'a empêché de cultiver. Il aurait fallu étudier l'hébreu & autres babillages exotiques, on a déjà du mal à parler français!"

EXEGESE. CONF. A NANTES & A ANGERS. LEJ, 29. 13 mai 1935. "Je vais faire selon toute probabilité une conf. rel. à Angers sur le fond du christianisme." Ibid, 56-57. Quimper, 8 mars 1937. "J'ai fait une conf. à Nantes sur les 30 dern. années d'art & une seconde le lendemain sur Noé inventeur de la Vigne & père d'une ère nlle. Comme la Vigne est l'Esprit, Noé est désigné dans l'anc. test. comme l'ancêtre de l'Esprit. L'Arche au-dessus de l'eau, comme Vénus sortie de l'eau est aussi esprit. Et le fait d'avoir exhibé ses parties sexuelles dans l'ivresse est aussi esprit, car la circoncision annoncée par ce geste est un fait d'esprit, le phallus étant la partie de l'homme la plus nerveuse ou la plus accessible aux influx de la terre. Tu vois le beau sujet. Il a été si bien accueilli qu'on m'a prié de parler encore."

EXPLICATION ALLEGORIQUE AUX ECRITS SAINTS. "Sa réflexion sur les Testaments révèle son hésitation entre la tentation d'une explication allégorique des Ecrits Saints & l'attachement à la réalité du sens littéral." LRR, 105, n. 52.

EXPLICATION SYMBOLIQUE DE l’ECRITURE. VM, 250. "[En religion] comme en poésie, la réalité est derrière les choses. Quand Jésus parle par paraboles, n'étend-il pas un rideau de fumée?"

FLATTERIE - POESIE REL. Béalu. "M.J. poète." Cahs. du Nord no spéc. 196-204. 199. "Quand Max usera de flatterie, & de la plus éhontée on peut le dire, ce sera tourné vers son Dieu, jugeant qu'il n'est de moyens blâmables s'il s'agit de Son approche."

INTERPRETATION SYMBOLIQUE. "On retrouve ici l'intérêt de M.J. pour tous les systèmes religieux, les mythologies, & son goût de l'explication symbolique." LRR, 108, n. 76.

---. PLANTIER.. M. Op. cit. 97. "C'est pourquoi Dieu a dit à Adam [...]: "Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front [...]!" Le serpent (c'est-à-dire la matière, la force terrestre) te piquera au talon, piquera ton âme (ta femme) au pied (c'est-à-dire en tes instincts religieux divins) & elle l'écrasera (c'est- à-dire qu'elle sera victorieuse de la nature. L’espit est vainqueur de la douleur)."

"J'AI SOIF" CE QUI SIGNIFIE: "J'AI SOIF DE VOUS, humains, mes frères, qui me laissez seul dans mes tabernacles alors que je veux être en vous tous." LLP, 154. 23 janv. 1940.

"JE VEUX RENONCER A L'IRONIE." Paul Florens. "La Poésie de M.J." Mail, no.spéc. 234. "Or Max m'a fait une grosse confidence: 'Je veux', dit-il 'renoncer à l'ironie & faire oeuvre mystique'."

MASQUE DE CLOWN MASQUE DE MYSTIQUE. S. Lévy. Sub-stance. Op. cit. 31-37. 33. "Que faire de Jacob?" "Le phénomène est le même en ce qui concerne la critique de M.J.: d'abord on lui a mis le masque du clown, puis Rousselot lui met celui de mystique - tous deux fabriqués à partir de quelques notions ou signifiants extra-textuels."

M.J. N'AIME DIEU QUE DANS SES PROPRES OEUVRES OU LES SIENNES. LJF. "Contribution of M.J. to Les Feux de Paris. 297. l2. LA BARONNE. "[...] la bienvenue dévotion de Papini, mon frère in Xristo! (ah! que j'admirerais les oeuvres de celui-ci si je n'aimais Dieu que dans ses propres oeuvres ou les miennes!)"

M.J. SE SENT INDIGNE DEVANT DIEU. Canet. "La Bible dans le FE." 52. "[...] l'évocation de la lumière & des ténèbres, des anges & des démons symbolise comme dans la Bible la dualité & les aspirations contradictoires. L'image, au lieu de créer l'unité par les liens qu'elle instaure entre des réalités éloignées, souligne plutôt ce dualisme, de même que l'organisation rythmique en groupes binaires, qui rappelle le système de parallélisme souvent employé dans la poésie hébraïque: "Angoisses & Autres". 'Qu'écriras-tu en ces vers/ ou bien Dieu que tu déranges/ Dieu les prêtres & les anges/ ou bien tes amours d'enfer/ & leur agonies gourmandes'."

LA METAPHORE & LE SYMBOLISME CHRETIEN. Plantier. "La métaphore mystique dans les poèmes de M.J." Op. cit. 84. "La métaphore est un lieu privilégié du rassemblement. [...]. Dans le symbolisme chrétien le discours n'est pas énonciatif, c'est-à-dire qu'il ne décrit pas ce qui existe; il est performatif, il crée un sens nouveau, une référence nlle. [...]. La poésie mystique de M.J. maintient la distance entre l'homme & Dieu, elle est une relation volontaire qui s'établit 'par l'assentiment donné au discours performatif.'" P. 99, n. 4 Sur le discours performatif, voir Michel Le Guern. "Approches linguistiques de la prière." 23-24. in Notre prière. Quel langage? pour quelle rencontre? Paris: Le Chalet, 1974 & Benvéniste. Problèmes de linguistique générale. Gallimard, 1969.

METHODE DE L'UNITE DE M.J. Plantier. L'Univers poétique. 400-01. "Si la méthode de l'unité se manifeste dans le syncrétisme des moyens religieux, par les analogies vécues dans la Tradition, dans la Kabbale, dans tous les mythes des civilisations humaines, & en particulier dans une lecture analogique de l'Anc. & du Nouv. Testament, elle se manifeste encore plus dans une pratique constante du langage comme moyen de créer un monde & d'en nommer les êtres & les choses." Plantier découvre la dynamique propre à M.J., "qui n'est plus parallèle au langage de tous & qui écrit une très vaste métaphore dans laquelle les lecteurs & les diseurs de poèmes s'inventent à leur tour dans leurs propres paroles." [Cf. Club de poètes de Jean Rosnay à Paris]. "M.J. est ici au centre de l'Esprit nouveau & du surréalisme."

LE MYSTERE DU MONDE. Albert Béguin. La Poésie de la Présence. Seghers, 1957. 282. "Le monde est 'Tel qu'il est' se désorganise, ouvrant un passage sur le mystère qui s'y cache."

LE MYSTIQUE CHRETIEN NE VEUT PAS SE DEBARRASSER DU CORPS. Plantier. "La métaphore mystique..." Op. cit. 83. Plantier cite Hilda Graef. Trad. de l'anglais par Guy Maximilien & Edith Marguerite. Hist. de la mystique. Seuil, 1972. 31. "Il n'est pas loisible aux mystiques chrét. de vouloir se débarrasser du corps & de ses passions, en sorte de ne plus ressentir la faim ou le froid, la peine ou la joie." Il cite cela pour situer sa recherche.

"NE PLEUREZ PAS SUR MOI MAIS PLEUREZ SUR VOUS-MEMES & VOS PECHES CAR SI C'EST LA CE QU'ON FAIT AU BOIS VERT, QUE FERA-T-ON AU BOIS MORT!" LLP, 72. St.-B. 4 nov. 1926. "Le bois vert c'est lui, homme entièrement homme, le bois mort c'est nous, carrefour de démons. Lui qui doit souffrir pour remonter au ciel! A nous que fera-t-on? Pleurons donc sur nos péchés qui nous vaudront le purgatoire - avant de lui offrir à Lui nos larmes converties en actes d'amour pour Lui." –[ Luc 23, 28-32]. 28. "Jésus se tourna vers elles, & dit: Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous & sur vos enfants. 29. Car voici des jours viendront où l'on dira: Heureuses les stériles heureuses les entrailles qui n'on point enfanté, & les mamelles qui n'ont point allaité! 30. Alors ils se mettront à dire aux montagnes: Tombez sur nous! Et aux collines: couvrez-nous! 32. Car, si l'on fait ces choses au bois vert, qu'arrivera-t-il au bois sec?"]

NOUS QUI AVONS FAIT NOS TRANCHEES DANS LE CIVIL. Cadou. Esth. 55. "Soyons chrétiens! 'Nous qui avons fait nos tranchées dans le civil' disait le sculpteur Manolo dans une inoubliable phrase."

PROFESSION DE FOI DE M.J. "Tous mes cris & tous mes écrits/ au carrefour du crucifix!" HC, op. cit. Selon Oxenhandler, M.J. est un "Poet with a crucified imagination." LJF, 230.

S'AGRANDIR. Cadou. Esth. 45. "Aime sans te livrer éperdument, souffre de l'amour comme d'un tison brûlant qui n'allume rien que tes os. Alors tu grandiras! or tu ne grandiras ainsi que par la religion cath., celle de Pascal. - Approfondis le sens du mot 'désintéressement' & sois- en le paradigme."

SACRE COEUR - CHARITE. "Vin, Esprit, Sang." Op. cit. S.p. "[...] le vin lui-même esprit selon les mythologies, il est lui-même Esprit-de-Dieu selon la Sainte Religion. Et si les Egyptiens faisaient des libations de vins à leurs morts, c'était sans doute pour donner aux âmes assez de densité devant Osiris, juge des défunts [...] l'hostie du pain est brisée pour tuer cette chair de Dieu présente à l'autel, & le vin coule comme le sang a coulé. On y mêle même une goutte d'eau parce que, une lance ayant percé le flanc de Dieu mort, il sortit de son divin corps du sang-esprit uni à l'eau. Ce coup de lance & ce sang accompagné d'eau sont l'origine du culte du Sacré Coeur, soit dit en passant, & la définition même de la charité: car l'eau étant matière & le sang, esprit, cette jonction des deux, nous montre que l'esprit doit s'unir à la matière pour la vraie intelligence, laquelle est acte d'amour ou charité. Comprendre c'est s'unir. Aimer s'est s'unir! La charité & l'intelligence sont des synonymes. La définition de la charité est donnée ailleurs par ces mots: 'Pleurez avec ceux qui pleurent, riez avec ceux qui rient!’ "

LA SAINTE VIERGE DE SAINT-BENOIT-SUR-LOIRE. LJF,239. 14 juin, [1935]. "Ah! que ne puis-je toujours vivre en cette 'plaine de grâce' épithète terrestre & métaphorique de St.-B. & de la Ste Vierge."

SCIENCE SYMBOLIQUE. A Rousselot. Roeping no. spéc. 120. "Oui! tu visiteras la Basilique dondaine & tu admireras ma science symbolique devant les chapiteaux [...]. Il est vrai que les chapiteaux sont éloquents & le déambulatoire exquis." 24 fév. 1943.

SELON SALMON M.J. A VENDU SON AME A DIEU. Pfau. Zur Antinomie, op. cit. 252, n. 123. Elle avait parlé à Carlo Rim le 10 oct. 1966 à Paris qui a souligné le caractère spéculatif de la foi jacobienne & a cité A. Salmon.

SYMBOLIC REPRESENTATION OF THE BIBLE. W. Fowlie. Climate of Violence. Op. cit. 192. "Max tries to understand not only occurences in his own life, but the meaning of the Gospels. He was an autodidact in this research and eagerly accepted the medieval fourfold symbolic interpretation of the Bible as opposed to the currently entrenched historical school of literal interpretation."

SYMBOLIQUE DE L'ECRITURE. LTB. 88. A Moricand. 31 janv. 1939. "Gallimard me demande un livre de mes petites exégèses bibliques. [...]. Tu as fait [...] plusieurs fois allusion à des étoiles s'appelant la Crèche, le Boeuf, l'Ane, etc. & connues avant la naissance du Christ. Peux-tu me donner un ou deux détails d'érudition certaine à ce sujet. Qui sont les gens qui connaissent ces étoiles?"

SYMBOLIQUE DES EVANGELISTES. Ibid. A Moricand. 27 oct. 1940. 112. "[...] son symbole de boeuf [de Saint Luc] vient de ce qu'il est l'Evangéliste de la Terre, comme Saint Marc est l'évangéliste du feu de la terre, le lion, Saint Jean l'évangéliste du feu du ciel, l'aigle, Saint Mathieu l’évangéliste des ciels habités: l'ange!"

LA SYMBOLIQUE DE L'EVANGILE. VM, 69. En 1910 il travaille au commentaire des Evangiles. P. 76. "En oct. 1911, il écrit à Kahnweiler que 'les Evangiles - c'est-à-dire le commentaire des Evangiles - sont finis' & qu'il espère trouver un éditeur cath. à Quimper [...] 30 ans plus tard, il écrira dans le Récit de ma conversion : 'Certes, mes visions intérieures continuaient d'absorber mon esprit [...]. Je me résignais à n'être pas baptisé, je m'en consolais en lisant l'Anc. & le Nouv. Test. Les lumières que j'avais acquises en symbolique, alors que j'étudiais cette science pour comprendre le sens de ma vision, donnaient à cette étude un remarquable intérêt.' "

SYMBOLIQUE DU CORPS HUMAIN. LML, 35. A Denoël. 7 déc. 1936. "Ce que je voudrais écrire dans les journaux médicaux ce serait des articles sur la symbolique du corps de l'homme."

LA TRACE DE DIEU DANS MA VIE EST INEFFAÇABLE. "Bienfaits de Dieu." T.r. 4; Gallimard, 36.

EXTERIORISATION

"L'ART C'EST L'EXTERIORISATION, la preuve en est que dans une glace tout paraît plus joli." AP, 50.

"CE N'EST PAS CE QUI SE PASSE EN TOI TOUT BRUT QUI IMPORTE, MAIS CELA EXTERIORISE, EN RELIEF." LEJ, 68. Fin janv. 1938.

EXTERIORISATION. Corr. I. 1953. 30-31. A Doucet, sept. 1907. "Pour moi, une oeuvre doit être étrangère à son auteur. Je n'entends pas par le mot 'étrangère' un syn. du mot 'extériorisé', cela va sans se dire, ni un syn. du mot 'impersonnelle'; une oeuvre étrangère à son auteur est une oeuvre qui n'étant pas son reflet ne fait pas double emploi avec lui, si j'ose dire, en tant que noyau de force, mais qui ajoute réellement au patrimoine cosmique. Je ne dirai pas que mes p. en pr. répondent à cet idéal, mais ils tendent à s'y conformer, & leur auteur prétend parvenir à sortir bientôt de lui-même. Au côté purement artistique, les oeuvres étrangères à leur auteur gagnent au point de vue 'perspective', au point de vue 'mystère', au point de vue de 'l'arabesque aerienne.’ "

EXTERIORISATION - EXPERIENCE DE VIE. Pérard, op. cit. 11-12. 27 fév. 1927. 'Mes livres, [...] sont une expérience, chacun d'un genre différent où je m'essaie: j'y apporte quelquefois du nouveau, on s'en aperçoit assez pour me voler & se taire.' Ailleurs: 'Ce que j'ai fait ne me plaît plus, je m'ennuie à répéter la même chose.’ Il nous disait encore […] 'nous ne valons que par nos révolutions de palais.' - "Il faut donc étudier chacun de ses ouvrages, chacune de ses ‘expériences’. Certains voudraient le limiter au seul CD, aux seuls p. en prose, lui le virtuose du vers. D'autres voudraient séparer l'oeuvre contemplative & mystique de l'oeuvre narrative & satirique. Impossible. [...]. Un exégète anglais S.J. Collier, écrit que 'ses poèmes, ses romans & ses lettres constituent une seule & même confession, celle qui commence avec le CD & se termine avec les Méd. rel.’ "

"FAIRE LA JONCTION ENTRE LES MOTS & LES MAUX, LA JONCTION ENTRE LA TETE & LE COEUR." VM, 269-70. Andreu cite d'une l. à Emié de 1941. [...] quinze ans avant à Jouhandeau: "Etablir le téléphone entre son cerveau & son coeur". Dans CJP "Une oeuvre est une île lointaine. On y va en bateau, en avion. Elle est là-bas. Que cette oeuvre soit un quatrain ou une tragédie. Comment extérioriser? Sans doute par la quantité d'idées, de sentiments qui se sont incendiés pour la produire?" - Note datée de 1941 in D, 179. "La poésie est un état d'âme à la fois terrestre & supraterrestre, accompagné d'un besoin d'extériorisation. Cité aussi par R. Secrétain. Créer no. spéc. 46. "Le Mythe de M.J."

"LA POESIE MODERNE EST OBJECTIVITE." Secrétain. Préf. TB, Comédie. 14. "Il soumettait à une étroite exigence les rythmes, les images, les sonorités, tous les éléments de ce poème qui apparaît comme une improvisation désordonnée & qu’il concevait comme un objet rigoureux, autonome, comme une concrétion du Cosmos, émancipé du sujet & de l'auteur."

"TOUS LES ARTISTES ONT TOUJOURS ETE LES COMEDIENS D'EUX-MEMES, & il est impossible de rien extérioriser sans cela." LLG reprise in J. Grenier. "Cet homme était Protée." Monde 22 mars 1969.

"TROUVEZ VOTRE COEUR & CHANGEZ-LE EN ENCRIER. Le coeur c'est Dieu. Ceci n'est pas un mot littéraire mauvais, c'est une vérité. Dieu n'est pas à l'extérieur mais à l'intérieur de vous. Or vous n'ignorez pas que Dieu est la Perfection. Cherchez donc Dieu en vous-même [...]." Cadou. Esth. 19.

FAMILLE

DANS ‘L'AMPLE COMEDIE A CENT ACTES DIVERS' "du CD, la scène familiale est toujours dressée. Scène d'exclusion, de permanente accusation. Max le vilain petit canard est rejeté par les siens." Mourier. "Max joue aux cubes." Op. cit. 97.

"AUX MOMENTS GRAVES LES PARENTS REDEVIENNENT CE QUE NOUS DEVRIONS TOUJOURS ETRE ENSEMBLE. Mais la vie est si embourgeoisante qu'on oublie par les détails ce qu'on sait bien au fond que l'on est toujours. Intérêts différents, ambitions & idéals contraires." LML, 66. St.-B. 22 déc, 1937.

COUPURES DE PRESSE. LBEG, 35. 29 mars 1936. "Les coupures de presse je les envoie à ma mère très amateur de ce genre de succès [...]."

COUSIN: SYLVAIN LEVI. Le dr. Szigeti a raconté à Rousselot "comment Max, à ses débuts, ayant été morigéné par son cousin S. Lévi qui lui reprochait d'écrire en mauvais fr. de la bonne critique d'art, rédigea ses lettres de démission à toutes les revues & s'enferma chez lui ou à la Bibliothèque Nat. pour apprendre à écrire en fr." Chanoine Fleureau Val d'or, cité par Rousselot; M.J. au sérieux, 154.

"EPARGNEZ-MOI CETTE HUMILIATION cette honte ce malaise ce dégoût ce chagrin ce retour en arrière, ce porte-malheur: ma famille Cocteau tant que vous voudriez mais pas les Isch-Wall. " LLP, 17. Hôpital, 24 fév. 1920.

"LA FAMILLE EXCLUT LA FANTAISIE, LA FRANCHISE & LA LIBERTE." Ibid. 108; 26 juill. 1931.

FAIRE PLAISIR A SA FAMILLE. LJC, 126. 5 avr. [1927]. "Je n'ai jamais eu d'autre but que d'avoir une louange de ma famille: cette louange je l'attends depuis trente ans environ. Rien ne me toucherait tant "; MJ/JC, 521.

LA FAMILLE JACOB PENDANT LA GUERRE. LTB, 145. A Briant. 20 oct. 1943."Ma soeur aînée morte de chagrin, l'autre soeur veuve & profondément douloureuse! Mon frère de Quimper emmené en Allemagne! le logement familial pillé, vidé, déménagé!! Une épine dans la chair à jamais, comme dit St. Paul."

---. IBID,145. 8 fév. 1944. A Moricand. "On a arrêté ma soeur, le 4 janv. [Mme Lucien Lévy, 18 rue Oberkampf] [...]. Elle a un fils aliéné à Villejuif [...]."

---. M.J. écrit à M. Manoll: frère au camp de concentration, soeur morte de chagrin, frère dépossédé de sa boutique.

---. LCB. [21]. 25 fév. 1944. "Les amitiés me pansent un peu le coeur. Mais ce coeur est ulcéré à jamais. Mon frère de Quimper est en Allemagne depuis un an. Ma soeur de Paris a été arrêtée le 4 fév. 1944: elle était ces jours-ci au Drancy: il est à craindre qu'elle n'y soit même plus. Rien ne peut me consoler! C'était ma préférée! Et si douce & si bonne. Un grand ami à moi, mon protecteur est aussi en prison! Pourtant il faut continuer à vivre, à travailler, à parler, à voir des gens. J'écris des lettres, des appels au secours. Le ciel reste muet & bien des amis aussi. Je n'ai guère de courage que par la prière où je m'entête [...]. Je n'ai jamais tant regretté de n'être pas assez près de l'oreille du Sauveur pour qu'il sauve ma pauvre famille dispersée, anéantie (ils ont pillé, déménagé le dernier logis des miens à Quimper & mis des scellés sur la porte de mes souvenirs)."

---. FRERE GASTON. "Jacques Pré de Locronan [93 ans], ami de Gaston Jacob, se souvient que le frère de Max avait confectionné lui-même une étoile jaune au double des dimensions requises, laquelle recouvrait presque entièrement le revers de sa veste de sortie. Bravade à l'intention des occupants & des collaborateurs en 1942!" LJColle, op. cit. 38, n. 2.

---. SUR UNE IMAGE DE PREM. COMMUNION QU'IL AVAIT DONNEE A UNE PETITE FILLE, il avait écrit: "J'offre mes souffrances, celles de ma race, pour la conversion de ma soeur & des miens..." P. Eluard. Oeuvres Complètes. T. II. Op. cit. 861.

LETTRE DE JACQUES JACOB AVRIL 1949. S.J. Collier. "M.J's Le CD." French Studies XI (avr. 1957): 166, n. 6. "Mes parents, sans être riches, nous ont élevés dans l'abondance. Max a eu une enfance heureuse, où rien ne lui manquait."

"MAX, RUE NOLLET' par J. Follain. Pour en revenir à M.J. 27. « Au mur de sa chambre, Hôtel Nollet, M.J. avait affiché avec 4 punaises son diplôme de chevalier de la Lég. d'Honneur.» 'Voilà, disait-il, cette nomination a fait grand plaisir à ma mère là-bas à Quimper.’ »

FAIRE PLAISIR A MA MERE. M.J. écrit à J. Denoël: "Cet accident de la Légion d'Honneur qui fera au moins plaisir à ma mère." LJF, 243, n. 19.

"MA FAMILLE A QUIMPER NE TE RENSEIGNERA PAS: ILS SONT TRES VIEUX & IGNORENT TOUT. Si tu les vois ne parle pas de moi d'un air moqueur, ils n'ont que trop tendance à ne pas me prendre au sérieux." LUA, 93. 27 juill. 1936.

LA MERE DE M.J. LJC, 43. [24 mars 1926]. "Elle qui demandait à une cliente du magasin d'antiquité de nos aïeux si 'c'était vrai que son fils est un grand écrivain.' " MJ/JC, 409.

"MES PARENTS SONT EXCELLENTS MAIS LES OPINIONS & LES CARACTERES NE SE SONT JAMAIS EMBOITES DEPUIS 60 ANS tout en se ressemblant énormément. Ma mère & ma soeur sont [...] la vivante image de ce que j'aurais pu être (Capricorne 1er décan & Lion 1er décan) si je n'étais pas un ancien bachelier, un ancien montmartrois, un chrétien, etc..." LTB, 59, à Moricand. 17 déc. 1935.

"MON PERE ETAIT PLUS POETE QUE MOI ; IL ECRIVAIT DES LETTRES EN VERS & NE SONGEAIT PAS MIEUX." Rousselot. M.J. au sérieux. 83.

"NOUS 'REPOUSSONS' NOS FAMILLES, CAR NOUS LEUR SOMMES SEMBLABLES, MAIS CHANGES: elles sont justement ce que nous ne voulons plus être & leur présence est comme le reproche de ce que nous avons été. Ce que nous repoussons elles nous le rappellent à tous moments. Nous ne nous sentons pas éloignés de nos amis parce qu'ils sont ce que nous souhaitons être." LML, 47. 12 avril, [1937].

LES FEMMES

"AH, PAUVRES FEMMES QUE NOUS SOMMES,/ Nous n'avons que des déceptions,/ Nous adorons ces monstres d'hommes/ Qui ne nous rend' pas nos passions…" Chanté par M.J. Roeping, no. spéc.52; cité aussi par Igor Markevitch. Etre & avoir été. 226. In Crespelle. La Vie quotidienne à Montmartre au temps de Picasso. Hachette, 1978. 252.

ANIMOSITE CONTRE LES FEMMES. Fred Bérence. C.r. du MA. NL 1145 (1949). "L'astrologie est un prétexte pour manifester son animosité secrète contre le sexe dit faible."

A PROPOS DE MICHEL FRENKEL: "On s’attache à un homme tellement énigmatique mais on a tort…’sphinx sans énigme’ (comme on a appelé les femmes)." MJ/JC, 359.Quimper, 16 oct. 1925.

D'APRES NINO FRANK, M.J. SEMBLE AVOIR EU PEUR DES FEMMES. LNF, 26. 23 juin 1923. "Je connais peu & mal les femmes: rien de beau comme une femme bonne & belle mais c'est rare; elles sont toquées, remuantes, illogiques, exigeantes, injustes, dures, ignorantes & sans philosophie."

EVE. A Pierre Jean Jouve. 20 oct. 1935. L'Herne no. spéc. Jouve (1972): 120. "Eve, âme de l'homme puisque prise à sa dern. côte, où commence l'animal où finit l'âme. [...] la femme est à la fois l'arme du démon & sa victime [...]. Mme de Sannis (l’S de Satan & l’anneau de Vénus) […] est la vraie femme, l'Eve de terre & d'esprit, la Vierge Noire, laquelle n'est d'ailleurs pas vierge, mais vraiment noire, oui."

FEMME COMPAREE AUX CHIENNES. Plantier. MJ, 66. "Il est remarquable que le chien soit toujours évoqué pour mettre en valeur la lubricité des femmes. On connaît la misogynie de M.J. 'Les femmes s'offraient comme de jeunes chiens.' LC. 'La Madeleine amoureuse comme chienne.' PMG, 178. Il faut y ajouter la peur qu'il avait des chiens." LTB, 87. A Moricand. 22 nov. 1938.

LA FEMME DANS DEUX L. INED. A CHARLES OULMONT. St.-B. 3 août 1921. Coll. Maria Green. "La femme est sexuelle, profondément, essentiellement, l'homme ne l'est que par crise. Quand l'homme est à peu près satisfait, je veux dire quand il a donné au démon la part que le péché originel exige, il reste avec 'l'amour' sentiment féminin très pur & que la femme ignore le plus souvent en elle. L'homme reste amoureux & chaste. Il connaît après l'acte démoniaque l'Amour lui-même. Alors il est plus chaste que la femme qui, elle, ne l'est jamais. L'homme est un homme c'est-à-dire un être complet à la fois homme & femme. La femme n'est jamais que femme c'est-à-dire le tonneau des Danaïdes. Voilà mon explication bien modeste."

---. ---. St.-B. 12 août 1921. "LA FEMME NE DONNE PAS DANS L’AMOUR ELLE RECOIT, c'est donc elle qui est infatigable & plus sexuelle. Quant au sentiment, je crois que le manque de virilité nuit à l'unité des sentiments. La plupart au moment que l'aimé leur parle regardent un autre homme. Pour les nuances & les raffinements, d'accord! Cela fait partie de la faiblesse. Je crois aussi qu'il y a du sentiment dans un amour des sens: au point de vue philosophique le désir est un sentiment & d'autre part nous avons de la tendresse pour un objet qui nous donne des satisfactions. C'est pourquoi je disais l'autre jour, l'homme, satisfait, garde une 'tendresse' devenue pudique. La femme n'est jamais satisfaite, voir plus haut."

LA FEMME DANS P,19. "Qui prend une femme prend un juge. De là une sorte de supériorité apparente de la compagne obligée des occidentaux. La morale chevaleresque a voulu voir dans le calme féminin une occasion de divinisation & notre lâcheté naturelle a broché sur le tout. - P. 23. Tant que la femme fera partie des plaisirs de l'homme, la civilisation parfaite, c'est-à-dire, le plaisir pur pris en dehors des satisfactions instinctives sera inconnu. - P. 25. C'est un coquillage qui s'attache au rocher. Son désespoir d'être abandonnée est une contorsion de mollusque détaché du rocher. - 177. La femme par son impureté est rappelée sans cesse aux réalités, elle est un animal positif.- P. 179. [...]. La femme aime à trouver chez l'homme les promesses d'une égalité sympathique, c'est-à-dire de la médiocrité."

FEMME MYSTERIEUSE. MME DESLOGES. - M.J. A PROPOS DE FREUD. LMJ, 330. 7 nov. 1929. Nul n'a vu la figure de cette femme. "Mme Desloges ne sortait pas même pour aller à la messe. Un prêtre venait la confesser à domicile.[...]. Sa bonne même ne l'a jamais vue! [...]. Comme je lis Freud nuit & jour, je décide de conclure à une psychonévrose d'origine ascétique, déterminée par un amour de jeunesse incompris ou malheureux."

FEMME - TORRENT DE MOTS. MJ/JC, 573. 17 mars, 1930. "J'ai rêvé aussi d'une pièce à un personnage. Mr Victor Giraud, architecte, joues christiques, barbe en éventail, s'aperçoit que sa femme est bavarde. 1er acte: le soir des noces, il la laisse bavarder sans répondre un mot. 2e acte, 30 ans après, la dame devenue une grosse dame. Même silence. 3e acte, l'agonie silencieuse de Victor Giraud. La dame entoure le lit du mort d'un torrent de mots."

LES FEMMES OBEISSENT AUX HOMMES QU'ELLES CRAIGNENT. PJ, 423. A Denoël, St.-B. 7 déc. 1936. "C'est un homme de cran, cran [Frenkel] grâce auquel il a un très bon ménage, car les femmes obéissent aux hommes qu'elles craignent & les aiment"; LML, 35. «C’est un homme de cran grâce auquel il a un très bon mariage car les femmes obéissent aux hommes qu’elles craignent, & les aiment."

"LES FEMMES OU DAMES ME SEMBLENT DE MAUVAISE FOI & MECHANTES." LRV, 28. St.-B. 13 août [1924].

"LES FEMMES SONT LE PECHE, EVIDEMMENT, BIEN SUR..." PJ, à P. Colle. St.-B. 7 fév. 1937. 431.

LES FEMMES SONT IMMONDES. Ibid. 445. A Fraysse. St.-B. 1er fév, 1938, " Paris m'a tué de dîners, de déjeuners: ces gens sont fous, bêtes, charlatans, noirs de péchés & leurs femmes sont immondes, même les meilleures (que dire des autres?)."

"MAX ETAIT PLEIN D'AMERTUME CONTRE LES FEMELLES. [A propos de la postière morose]. 'Elles n'ont pas l'esprit d'à propos.' " L. Guilloux. "Avec M.J. à Saint-Brieuc." L'absent de Paris; M. J. & la Bretagne. Cah. M.J. no 5 (1960-61): 27.

PREDICTIONS A R. VILLARD. "Question: Me marierai-je? Réponse: Oui, pour ton malheur." LRV, 119.

FILLEUILS

"C'EST L'EPOQUE DES PREM. COMMUNIONS & il me sort de la foule d'enfants des filleuls que j'avais bien oubliés depuis douze ans." LML, 53. St.-B. 31 Mai [1937].

"IL ME SURGIT DES FILLEULS QUI ONT DOUZE ANS depuis le temps où je les baptisais sans prévoyance: le cadeau n'est rien mais les déjeuners, les vêpres & les familles empanachées sont également lourds." LLP, 149. St.-B. 30 Mai 1937.

FILS SPIRITUELS

"M.J. QUI N'A PAS DE FILS EN CHAIR & EN OS, A COMPENSE CETTE ABSENCE PAR L'ABONDANCE DE SES ‘FILS SPIRITUELS’. Béalu écrit qu'il aimait les poètes 'dans l’œuf’ & Emié parle de la 'sage-femme' des poètes. Cet amour pour les jeunes, tant de fois pris pour l'expression de ses tendances homosexuelles tantôt vécues, tantôt sublimées, manifeste surtout un ardent désir de partage: faire profiter les jeunes de sa vie de recherche." LRR, 102, n. 28. Lettre fév. 1923.

MME GAGELIN

ELLE REVIENT SOUVENT DANS LA PROSE JACOBIENNE, modelée sur la mère de M.J. qui s'y est reconnue avec amertume. LTB, 47. A Moricand, 16 sept. 1934. "J'ai vu aussi Mme Gagelin & le reste de ma famille."

GENEROSITE

"A LA VERITE JE SUIS GENEREUX PAR PRODIGALITE, par dédain de l'argent, par résignation à la pauvreté qui vient toujours." Cah. de St.-Martin 12 (été 1955): 5.

"CETTE RICHESSE QUI N'APPARTIENT QU'AUX PAUVRES." Belles-Lettres 92:2 (1967): 5.

LA GENEROSITE DE M.J. IL DONNE TOUJOURS PLUS QU'IL NE REÇOIVE. Pascal Pia. Carrefour 1018 (1964): 20. "[...] à la même époque [parisienne], & si pauvre qu'il fût, il se laissait retirer le pain de la bouche par les quémandeurs & qu'en fin de compte des obligés auront été plus nombreux que ses victimes & ses encouragements plus efficaces que ses mauvais procédés." [Pia fait allusion à la jalousie de M.J. concernant Apollinaire].

"IL FAUT AVOIR DE L'ARGENT POUR ETRE AVARE. LES MIEUX NANTIS SONT TOUJOURS LES PLUS CONSTIPES DU MORLINGUE. Réf.??

GENIE

LE CREATEUR & LE GENIE. "Moi je ne suis guère artiste mais je me crois créateur. J'appelle génie le don du miracle, c'est-à-dire la révélation de ce qu'on a jamais vu. Le génie a soufflé sur des gens qui n'étaient ni artistes ni créateurs… Sur des voyants, des voyantes…" Merle. "Le cas M.J." 21.

DEFINITION DU GENIE. LRV, 39. 10 août 1933. "Degas présidant un banquet de jeunes peintres leur dit: 'Quand vous êtes arrivés à Paris vous aviez tous du génie, maintenant quelques-uns d'entre vous sont fiers d'avoir du talent.' Je suis comme ces jeunes peintres du banquet à ceci près que je ne me suis jamais cru du génie. Je ne sais même pas très bien ce que c'est. C'est la dictée du ciel, peut-être? A quel moment cette dictée se différencie-t-elle de l'intuition? Le génie c'est de deviner: il est bien certain que je n'ai jamais rien deviné."

---. LE GENIE EST "L'INTELLIGENCE MIRACULEUSE." Corr. avec Y. Delatang-Tardif. "M.J. & le Finistère." Simoun no. spéc. 39-50. Elle cite plus. extr. des l. de M.J.

NOTOIRE DE POSSESSION." A L. Guillaume. 8 juill. 1942. France-Asie no. spéc. 368.

---. "JE NE GASPILLE PAS LE MOT GENIE, je devine ce que ça pourrait être mais peut-être que je ne l'ai vu qu'en Picasso encore. Le génie c'est l'instrument de la fatalité, c'est l'émissaire de Dieu, c'est l'auteur de miracles, c'est celui à qui l'ange souffle ou qui devine, c'est le contraire du travailleur qui ne trouve des pépites qu'en piochant." LAS, 72. 19 oct. 1924.

---. «OU IL N'Y A PAS DE MIRACLE, IL N'Y A PAS LE ‘GENIE’ ». AP, 26; Charpier & Seghers. Op. cit. 466.

---."ONE NE SIMULE PAS LE GENIE. Le génie est l'intelligence miraculeuse & ne se simule pas." AP, 33.

LA GUERRE

ANDREU. VM, 263. "C'est le 29 juin que faisant visiter la Basilique, un gestapo me dit: 'Vous êtes juif!’ ‘Je suis catholique'"; ibid. 275-76. «[Le 4 nov. 1941] Max avait la visite de la police allemande. Il la racontera drôlement à Cocteau [...]." LJC, 150-51. 5 avr. 1942. "Quant à la Gestapo ça a commencé en juin 40. Je faisais le cicérone à la Basilique: 'Vous êtes juif!' - 'Ah! vous tombez bien,' dit un prêtre, 'c'est le meilleur paroissien de M. le Curé.' - 'Ça ne fait rien, c'est la race qui compte, etc...' Là-dessus la Gestapo va demander au Curé pourquoi il a un cicérone juif. M. le Curé répond qu'il n'a pas de cicérone & qu'il lui faut aimer son prochain quel qu'il soit. Là-dessus je fus prévenu par le dit curé qu'il y avait un 'planton' à la porte de la Basilique pour 'surveiller mes agissements'. Naïve police! Elle m'a attendu trois jours & ne me voyant plus elle s’est lassée. Quinze jours après, un général vient visiter… il sonne au presbytère & demande un guide: 'M. le Curé n'est pas là!' dit la bonne (ou plutôt la charmante vieille fille qui en fait l'office par dévouement). - 'Et quand il n'est pas là' ?..., demande le Général. - 'Quand il n'est pas là, c'est moi qui fais visiter.' - 'Vous?' - 'Moi ou quelque autre paroissien.' Ce 'quelque autre paroissien' a tout sauvé. Affaire classée. - Le 4 nov. dernier, arrivée dans ma chambre d'un Monsieur à lunettes & à épaules rondes (genre Edmond Jaloux) accompagné d'un soldat: 'Police.' - 'Enchanté, approchez-vous donc du feu! Il fait si froid, n'est-ce pas?' - 'Qu'est-ce que vous écrivez? '- 'Dommage que je n'aie pas de mes livres... Mais au fait j'ai tout de même une brochure de vers. [...]. Voulez-vous une dédicace? Dites-moi votre nom.-...- Merci! Que vous mettrai-je? Sympathiquement? Pourquoi pas? Je vais mettre 'souvenir'. Puis il commence à m'interviewer. Moi: 'Tenez! Monsieur! Voici un petit livre, le livre de Hubert Fabureau sur moi, qui répond d'avance à tout: acte de naissance, biographie, analyse des ouvrages. Je ne vous en fais pas cadeau car je n'en ai qu'un exemplaire & vous voyez comme ça peut être utile!!!'- 'Alors! vous êtes connu?' - 'Oh!!! J'ai quelques amis!' Là-dessus il voit des lettres sur la table prêtes à partir & me les tend pour que je les ouvre... & les lit en demandant l'explication à chaque ligne. Il prend note des adresses" […]; MJ/JC, 588-89.

LES COMMUNISTES. L. inéd. à Dumoulin. 14 oct. 1939. "Je maintiens qu'il faut s'attendre à tout de la part des hommes & même à la trahison des communistes sous prétexte d'un idéal."

DOULEURS, SOUFFRANCES PENDANT L'OCCUPATION N'EBRANLE PAS LA FOI DE M.J.

VM, 282-83. "[...] les malheurs qui l'accablent, [...] la rigueur de plus en plus lourde de 'la dureté de Dieu', n'ébranlent pas la foi de Max. Pour lui, les voies de Dieu restent claires, sa justice droite. Sur la carte de prem. communion de Maurice & Bernard Szigeti, le 16 mai 1943, il écrit: 'J'offre les souffrances de ma famille, de ma race, celles de mon frère en réparation de leurs fautes, de leurs péchés, pour leur conversion, pour mes propres fautes, mes péchés, & ma propre conversion, pour leur Salut éternel & pour le mien."

L'ETOILE JAUNE. LTB, 137. A Moricand. 18 juill. 1942. "St.-B. a reçu l'ordre de la Sûreté Parisienne de savoir si je porte mon étoile jaune. Deux braves gendarmes sont donc arrivés, & n'ont pu que constater ma correction" ; Andreu. VM, 280. "En juin, [1942], Max doit porter l'étoile jaune. Finis Montargis, Orléans, les escapades amicales & joyeuses chez les amis. Il écrit à Béalu: 'Je t'ai expliqué qu'il m'est impossible de voyager avec l'étiquette jaune sans me livrer aux fantaisies inculpatoires de la police. Je l'ai écrit aussi à Lesage. Vous ne le comprenez pas parce que vous ne savez pas de quelle manière la police se conduit vis-à-vis de nous: les rafles, etc. & y aller sans étiquette c'est être en faute, donc en péril. Ici je vis comme je veux. - Le 12 juill., jour de son 66e anniversaire, deux gendarmes français passent par St.-B. pour voir si M.J. porte bien l'étoile juive."

EXPLICATION DU MALHEUR GENERALISE DE LA GUERRE. Andreucci. PR, 461-62. LRT, 55. 9 janv. 1940. ‘Dieu veut que nous arrivions à un point de sensibilité qui fasse de nous des hommes au coeur libre, & il n'y a que l'épouvante qui nous donne des émotions durables.' - En 1936 in La Revue Doloriste. 'La purge est à notre corps ce que la douleur est à notre âme.' In Rousselot. M.J. au sérieux. 93. "ABC de la religion catholique." «La douleur est un mouvement d'attention envers nous-mêmes ; […] la douleur nous ramène à notre individu, elle nous ramène à notre fond & nous rapproche de l’essence primordiale qui est Dieu. Ibid. 95. La bonne douleur est celle qui conserve le sang-froid, qui s’unit à la charité, qui pardonne aux bourreaux, qui ne s’insurge pas, qui ne rend pas aigre, amer, rebelle, anarchiste.»

GESTAPO. André Calas. "Les deux visages de M.J." Paris, éd.? 1969. 35. "En avr. 1942, un policier allemand en civil pénètre dans la Basilique de St.-B.-s.-L. Il avise un petit groupe de visiteurs que conduit un cicérone amateur, s'approche du guide & lui dit d'une voix sèche: 'Vous vous appelez M.J., vous êtes juif.' Le curé Albert Fleureau accourt: 'Mais c'est mon meilleur paroissien..' [...]. L'homme de la Gestapo tranche. 'Il ne s'agit pas de religion. C'est la race qui compte' [...]. M.J. devait connaître encore 30 mois de liberté! [...]. Cinq mois plus tôt, un autre policier avait fait irruption dans la chambre que M.J. louait au presbytère. 'Qu'écrivez-vous?’ avait-il demandé au poète. 'Des vers, mais je ne les publie pas. Je n'ai plus le droit de publier. ‘ Puis, avec un sourire triste, mais plein d'humour: 'Voulez-vous cette plaquette de poésies?' L'Allemand avait accepté. 'Dites-moi votre nom [...] je vais vous écrire une dédicace [...] oui je mettrai: En souvenir de M.J.’ [...] ‘Tenez, voici un livre écrit sur moi, en Belgique. […]. Vous n'aurez qu'à copier.' "

"JE N'OSE VOYAGER." Rousselot. Cahs. du Nord. No. spéc. 211. L. 3 juill. 1942. "Je n'ose voyager sans étiquette & je crains l'étiquette en voyage. Voilà le dilemme & la cause de mon statu-quo."

LUCIEN SCHELER. "M.J. parle d'Eluard." LF 454 (26 fév.-5 mars 1953): 5. A Eluard, 14 juill. 1942, St.-B. "Nous avons eu la fête de Saint-Benoît & un abondant clergé: j'avais l'étoile jaune à cause des gendarmes. Monseigneur l'évêque a quitté la procession pour me faire baiser son anneau puis m'a serré la main avec une intention dans chacun de ses doigts..."

LMM, 112. 14 août 1942. "Deux gendarmes sont venus enquêter sur mon sujet ou plutôt au sujet de mon étoile jaune. Plusieurs personnes ont eu la charité de me prévenir de cette arrivée soldatesque & j'ai revêtu les insignes nécessaires. De cet incident il appert que je suis mieux en sûreté ici que n'importe où, faisant partie d'un corps social protecteur [...] ; Témoignage de Henri Dion. "M.J. & la Basilique de St.-B.-s.-L. ou 'La Maison de Dieu.'" Cah M.J. 5, 41. "Soudain surgit, tout essoufflé, le bon chanoine Fleureau, curé de St.-B.: 'Monsieur Jacob! Monsieur Jacob! Monsieur l'Abbé!' Et, sans reprendre souffle, il explique que des gendarmes sont dans la ville, peut-être pour vérifier que le poète n'a pas quitté sa résidence. Et comme il a omis, ce matin, comme bien souvent, d'arborer son étoile jaune, une décision est vite prise. L'abbé court chercher, chez Mme Persillard, le veston sur lequel est cousu l'insigne obligatoire. Il le ramène bientôt sous son camail. - "J'ai aidé M.J. à changer de vêtement. Il est tout ému car, entre temps, le chanoine Fleureau a pu nous donner quelques précisions: C'est M. Lelong, le maire de St.-B. qui est venu prévenir le curé. Max pleure de joie: 'Je ferai demain une visite à M. Lelong pour le remercier. Voyez-vous, on ne sent vraiment la joie que lorsqu'un malheur nous frappe.'" - P. 42. "A nouveau, nous descendons la voie étroite; nous franchissons la porte vers l'éblouissante lumière de ce matin de juillet sous le narthex. Et, radieux d'affronter, en règle, les gendarmes (Messieurs les gendarmes, disait-il) il sortit, escorté par nous, le veston adorné (ce fut son propre mot qu'il nous fit apprécier au passage) de l'étoile jaune qui voisine avec un discret ruban rouge."

L. INED. A HENRY LASSERRE 29 juill. 1942. In Palacio. "M.J. & Apollinaire: Doc. inédits." Op. cit. 474. "Faut-il partir? n'est-il pas dangereux de rester? bien entendu je me mets dans la main de Dieu mais quel conseil donner à ma famille? & si la fuite amène des aventures policières à leur dommage, ne suis-je pas responsable? Ce souci n'est pas minuscule."

LTB, 98. A Moricand. 20 juill. 1940. "[...] depuis un incident antisémitique dont j'ai failli être victime à la Basilique, je tiens à l'écart mon profil juif"; ibid. au même. 9 fév. 1942. 132. "[...] une lettre [...] que quelqu'un m'a communiquée...'Dites à M. Jacob qu'il se cache...' Je suis parti par le prem. car. Où?... j'ai promis le secret... chez d'excellentes gens qui m'ont épargné toute réflexion & m'ont reçu comme une mère reçoit un fils." [Les parents de Roger Toulouse]; ibid. 133. L. à Briant. 12 mars 1942. "[...] visite de la gestapo en nov. ici! "

PASCAL PIA. Carrefour 1018 (1964): 20. "Pourquoi pendant l'Occupation, n'a-t-il pas quitté St.-B, où il était trop connu pour pouvoir se dispenser d'y porter l'étoile jaune... Pourquoi s'est-il obstiné à rester après avoir reçu la visite d'enquêteurs allemands? Ses ressources, il les tirait de ses gouaches qu'il eût aussi bien pu faire ailleurs. Je sais qu'en 1943 des amis inquiets de son sort lui suggèrent de se choisir une autre retraite & l'eussent pour cela le pourvu de faux papiers ayant bonne apparence. Il ne voulut pas se rendre à leurs raisons, confiant semble-t-il dans les assurances qu'il avait reçues d'un de ses émules en astrologie & en physionomie, un Suisse qui jugea prudent de fuir la France quand les Allemands furent contraints de s'en retirer. [Conrad Moricand]. Peut-être M.J. s'est-il senti à la fois trop las pour courir l'aventure & assez ferme pour affronter le pire."

TOMBEAU DE JEAN-SEBASTIEN GALANIS. (Mort pour la France à bord du S/S Lisieux, le 27 nov. 1940). S.I. 1949. Imprimé pour Pierre Reverdy. L. de St.-B. 25 nov. 1941. 33-34. "Mon pauvre cher, Ces voyages sont dangereux pour moi. Ici je suis protégé, je suis Mr. Jacob. Sur les routes, je suis un Juif errant & déjà la Gestapo par deux fois m'a fait sentir sa présence. Je n'irai pas à cette terrible, cette splendide effroyable fête de la mort de ton petit. Je prie pour son âme tous les jours & pour vous aussi. Mais je n'irai pas. Je crains aussi le froid, les privations de Paris & l'obligations d'y voir trop d'amis & de parents. Je n'irai pas mais je suis avec vous. Je suis heureux d'avoir la photo de ce cher enfant: oui! il a l'air d'un brave, il a l'intelligence & le dédain des mesquineries sur la face. Mon pauvre cher, en même temps que ce splendide poème de Pierre, cette gravure (un de tes chefs-d'oeuvre) le monument du goût, le plus parfait, le souvenir de tout le passé (mon Dieu est-ce possible). Mes dernières années ne sont plus qu'expiation. [...] l'avenir s'écroule. Il faut pleurer, pleurer, pleurer!!! Je t'embrasse, embrasse Fanny, présente mes hommages douloureux à la famille."

LA FAMILLE JACOB PERSECUTEE PENDANT LA GUERRE.

LA BOUTIQUE DE SON FRERE. Jacques Jacob avait tenu une boutique de tailleur dans le 14e arrondissement.- VM, 275. "En juin 1941, pendant qu'il rédige les CJP, la boutique de son frère parisien, le seul qui survivra, est saisie par les Allemands. 'Je vis dans une profonde tristesse, une douleur aiguë, profonde. Les Allemands ont pris la boutique de mon frère qui n'a plus que le pavé. Ceux de Quimper qui sont riches lui proposent 200 francs par mois. Ils ne savent pas ce que c'est que la misère. Mon frère ne veut pas que je l'aide: c'est atroce! je pleure en t'écrivant'. Et Max souligne amèrement que sa famille est pourtant française entièrement."

DERN. LETTRES SUR SA FAMILLE. Grenier. "Cet homme était Protée. Op. cit. 11. "Les dern. l. d'une corr. qui fut universelle & échevelée obéissent à un adagio, la turbulence, engendrée par un jaillissement ininterrompu cesse. Il écrit (c'est en 1942) 'Je suis accablé… Ma famille a dû vendre des immeubles & l'argent est bloqué dans trois banques. Ma soeur minée en est morte. Un frère dépossédé d'une humble boutique. Un beau-frère mort dans un camp de concentration, sa femme presque folle de désespoir...' Il se dit 'las & triste' [...]. C'est alors qu'il atteint cette unité dans le dénuement qui marque le terme de sa vie."

---. J. DE PALACIO. C'était il y a 30 ans. 56. Palacio cite des l. inéd. à Minet du 30 janv. & 16 fév., à Cocteau du 20 janv. & du 8 fév. après la déportation de sa sœur Myrté-Léa. 'Je suis dans le deuil comme si elle était plus que morte.' (à Cocteau 20 janv.). D'une autre l. à Cocteau, 8 fév.: 'C'est la seule personne de ma famille que j'ai aimée. Nous avions d'interminables confidences il y a 50 ans & nous jouions du piano à quatre mains: les symphonies de Beethoven en comptant 1.2.3.4, c'est atroce.' Pour elle, il remue ciel & terre, s'adresse à Misia Sert, à Coco Chanel, à Sacha Guitry, à J. Cocteau, à P. Minet; &, de façon caractéristique, le calembour se mêle jusqu'au bout à l'émotion: 'Ma pauvre petite soeur serait bien confuse de déranger tant de grandes gens ou Jean' (à Jean Cocteau, 8 fév.). [...] 'Quand tu la connaîtras, tu ne comprendras pas pourquoi le malheur est tombé sur cet agneau.' (à Minet, 30 janv.). […]. 'La grande affaire [...] de savoir si ma soeur est toujours au Drancy’ & d'essayer de la sauver... (à Minet, 16 fév.). [...]. Une de ses dern. phrases écrites est 'Je me tais & j'attends.' (à Cocteau, 8 fév.).

"EN DEC. [1941], son beau-frère Lucien Lévy, le mari de sa soeur préférée Myrté-Léa, artisan en fer à Paris, était arrêté & emmené au camp de Compiègne. 'Mon beau-frère est dans un camp de concentration, malade de la dysenterie & à la mort […]' - écrit Max à M. Manoll. Ma soeur sur laquelle les malheurs effroyables grêlent depuis trente ans n'a aucune consolation. J'ai un frère dépossédé de sa boutique & réduit à la misère. Je n'ai pas assez de larmes pour vous tous & j'offre ces larmes à Dieu [...]." En mars 1942 M.J. se rend à Compiègne & traversera Paris la dernière fois, pour assister à l'enterrement de son beau-frère Lucien Lévy. En avr. 1942, enterrement de sa soeur D. à Quimper. " VM, 276-78.

EN JUILLET 1942 SON FRERE GASTON QUI, LUI, FAIT PARTIE DU 'CORPS SOCIAL QUIMPER' (voir l. à M. Manoll) est arrêté pour être allé se promener avec son étoile jaune dans un jardin public interdit aux Juifs, le jardin qui a été élevé, ô dérision! sur l'emplacement même du TB. Libéré après cet incident en déc. 1942 (VM, 282) Gaston est arrêté à Quimper & dans trois mois, avec 'seize autres Finistériens', il prendra le chemin de l'Allemagne; il n'en reviendra pas. Max écrit à Belaval: 'Je vis dans la douleur: mon frère de Quimper 68 ans & sourd a été emprisonné; pourtant je dois écrire des lettres, recevoir des visites & accepter des repas."

ENTERREMENT DE SA SOEUR DELPHINE. VM, 278. "Le 30 avr. 1942 M.J. écrit à Salmon: 'J'arrive de Quimper où j'ai dû enterrer ma soeur aînée & sous les magnolias écroulés splendidement dans ma rivière, j'ai vu aussi, maigris & fanés, une poignée d'amis, survivants de collège, au milieu de la cohue encombrant maintenant les rues de ma ville de leur brutalité neuve. Ma pauvre soeur est morte sans maladie mortelle. Morte de contrariétés, d'impuissance à riposter, d'incompréhension, de l'injustice, morte des vols, des assassinats. Elle qui avait une telle confiance dans la loi, les lois, les décrets, les institutions de la République sa mère & son appui. Elle était sur son lit comme une très belle jeune fille mais avec une affreuse expression d'angoisse. On l'a trouvée telle un matin, Ophélia des draps blancs, devant l'armoire à glace de sa mère & la cheminée cornue de candélabres familiaux.' - Pour une dern. fois aussi, Max a marché dans les rues de la ville tant aimée, accompagné de son frère Gaston & de quelques amis; cette fois, la ville n'était pas derrière eux & les cloches de Saint-Corentin ne sonnaient pas pour cette Juive. Un témoin poète, René Guyomard, m'a écrit qu'il n'oublierait jamais le 'feu sombre' du regard de Max. Il écrivit un poème sur la mort de sa soeur, on le lit dans les DP. «Je regarde à travers mes pleurs./ Ici la mort a pour voisine/ la croissance des palmiers nains:/ Ton corbillard, ô ma Delphine!/ n'est qu'un oiseau des boulingrins.» - [Tout Quimper pense qu'elle s'était suicidée. La veille de sa mort elle aurait dit à son vieux frère, elle si dure, si renfermée: 'Embrasse-moi.' (Note 1, p. 278: Jehanne Allier, soeur du compagnon d'enfance de Max, Pierre Allier, l'a confié à Hélène Henry)]. Max dira qu'elle est morte d'impuissance, de douleur & de peur.

---. L. A L. GUILLOUX. 26 avr. 1943. France-Asie, no. spéc. 366."J'arrive de Quimper où je suis allé enterrer ma soeur aînée, morte d'émotions, de chagrins, d'impuissance, morte subitement dans son lit. Très jeune & belle sur ce lit, avec une expression d'immense douleur, morte bien qu'elle n'eût aucune maladie mortelle sinon une faiblesse des poumons. Les médecins ont été surpris. Mon vieux frère qui ne l'a jamais quittée reste seul devant une table où nous avons été huit quotidiennement. L'enterrement était à la mode bretonne, une foule, une foule sympathique elle était bienfaisante & aimée. A qui le tour dans la famille?"

"JE SUIS ACCABLE & PEU EN TRAIN DE T'ECRIRE." A Bonet. 15 janv. 1944. Cat. No 258. Op. cit. "Non seulement j'avais depuis un an un frère emprisonné en Allemagne (chagrin!), mais on vient de mettre mon innocente soeur dans un camp (douleur aiguë)."

LUCIEN LEVY SON BEAU-FRERE, LE MARI DE SA SOEUR PREFEREE MYRTE-LEA, artisan en fer à Paris était arrêté & emmené au camp de Compiègne. VM, 276-77, n. 1. 'Mon beau-frère est dans un camp de concentration, malade de la dysenterie & à la mort.' 277, n. 1. Ils n'avaient eu qu'un seul enfant qui, souffrant de troubles mentaux, avait dû être interné à Villejuif. - 288. Max s'était cru protégé; il parlait souvent mystérieusement, sans jamais le nommer, de son 'protecteur'. - Quand il fut arrêté, P. Andreu pense qu'il ne s'agissait pas d'une mesure qui le visait particulièrement; " depuis la veille, les Allemands raflaient les derniers Juifs du département."

MA FAMILLE A ETE RUINEE. L. à Guilloux. "Max nous parle." France-Asie. No spéc. [362]. "A St.-B., je suis M. Jacob, homme protégé (j'en ai eu trois fois la preuve); sur les lignes ferrées, je suis le juif errant, proie de toutes les rafles policières... Ma famille a été ruinée [...] l'appartement de Quimper pillé, mis sous scellés, déménagé par les fenêtres. Deux morts! Un emprisonnement! Le deuil. On dirait que Dieu veut des témoignages vivants. - Mon frère prisonnier a quitté Compiègne avec quinze autres bretons pour une destination inconnue... & je n'ai plus beaucoup de tête ni de sang froid... Je me tue par la peinture pour laquelle je ne suis pas né et je néglige la poésie, la prose où je pourrais encore réussir si j'avais un désir... Je suis très vieux, tu ne me reconnaîtrais guère. Je ne dors plus la nuit..."

MALHEURS DE SA FAMILLE - LUI PROTEGE. MR. T.r. 73-74; Gallimard. 101. "Bénéfice de Dieu." "De grands malheurs sont advenus à ma famille: je peux peut-être les soulager, grâce à mes amis si nombreux. Il y a autour de moi des compassions très réelles, ma famille est accablée des plus grands maux possibles: je suis épargné, bien que souffrant pour elle & avec elle. La prison & la honte sont sur eux, hélas! mais Dieu n'a pas voulu que son serviteur soit comme eux. Je suis sorti de la misère depuis que j'appartiens à Dieu. Vraiment je suis protégé, je sens cette protection & j'en remercie le Seigneur."

"MAX JACOB REPETE PLUSIEURS FOIS QU'IL EST PROTEGE pense-t-il à Buesche?" VM, 275. "En oct. [1941], R. Toulouse lui amena un officier allemand qui connaissait l'oeuvre de Max & avait un vif désir de le rencontrer. Critique d'art dans le civil & franchement antinazi, cet homme, Albert Buesche, qui occupait une importante fonction dans le journal allemand de Paris le Parizer Zeitung, avait rencontré Toulouse dans une exposition. [...]. En rentrant à Paris, [Buesche] avait dit à Toulouse: 'S'il lui arrive quelque chose, prévenez-moi tout de suite'."

MA VIE EST FINIE. A Esdras-Gosse. Roeping. 107. 10 janv. 1944. "Cher Ami, Merci de tes bons souhaits. J'en ai besoin. J'ai un frère de 68 ans en prison en Allemagne & on vient d'arrêter ma plus jeune soeur, an ange de simplicité & de douceur. Ma vie est finie, brisée. J'ai une épée dans l'âme. Je travaille pour m'occuper mais le coeur n'y est plus. D'ailleurs je vis confortablement comme tous les retraités. Que Dieu te conserve le courage, l'espoir"; LBEG, 47.

"MOI-MEME, GROS EGOISTE, JE PLEURE PRES D'UN EXCELLENT FEU DE BOIS, en digérant, gémissant sur l'emprisonnement de mon frère & trois deuils dans ma famille. J'ai embrassé la cordonnière, l'aubergiste, l'épicière, le coiffeur, etc... & reçu des remerciements émus en dégustant d'excellents alcools, & j'ai mêlé à tout cela les malheurs de la France. Quelle pétaudière que mon âme, & comme je mérite peu les grâces patientes du Bon Dieu." L. à Dion, 3 janv. 1943. Doc. du Val-d'Or no. spéc. mars 1945. 35.

MYRTE-LEA, SOEUR DE M.J. DEPORTEE EN ALLEMAGNE. VM, 286-87. Le 4 janv. 1944, Myrté-Léa qui vivait terrée à Paris, est arrêtée. De tous les coups que Max a reçus depuis des années, celui-là est le plus terrible. Toutes les l. qu'il écrira dans ces semaines témoignent de la douleur, presque l'égarement, dans lesquels il vit. Le 19 janv., il écrit à Misia Sert, (qui ne lui répondra pas): 'Voici le comble de l'horreur! ma plus jeune soeur, ma préférée, celle que j'appelais encore ma petite soeur bien qu'elle eût 62 ans! elle a été arrêtée sans prétexte, conduite au Dépot, puis au Drancy où elle est encore. C'est pour elle que je demande votre intervention…' Le 31 janv., il écrit à P. Minet qu'il croit bien placé pour intervenir: 'Sauve... ma pauvre soeur! Quand tu la connaîtras, tu ne comprendras pas pourquoi le malheur est tombé sur cet agneau - ah oui - c'est épouvantable. Ma vie est brisée par l'âge & le chagrin.'- Et, en post-scriptum - il y avait des p.s. un, deux, trois, dans toutes les l. de Max,- :'Elle a un fils, il est dans un asile d'aliénés: son mari est mort dans un camp en 42, elle n'avait plus que ce gars, elle vivait pour son dimanche pour aller voir son fils & lui apporter tout ce qu'elle pouvait. Ce malheureux être n'a plus de mère & ma soeur n'a plus de fils. C'est inhumain! C'est infernal! c'est sans raison..." Pendant tout ce mois de janv., ce mois de cauchemar, Max écrit à tout le monde, à Coco Chanel, à Cocteau qui verra Guitry […] à Salmon, à Anatole de Monzie [...], à l'évêque d'Orléans, à d'autres notabilités religieuses [...]."

SES PRISONNIERS: SOEUR & FRERE. MR. T.r. 13-14. "Le Paradis." "Un roi ne voudrait pas répondre à une l. de moi, j'en ai la preuve aujourd'hui; les grands de la terre, malgré mes supplications, ne s'occupent pas de mes pauvres prisonniers, mais Dieu se tient devant ceux qui demandent. Mon Dieu, je vous demande de délivrer mes prisonniers: mon frère & ma soeur." Gallimard, 46-47.

LA GUERRE

GESTAPO. "L'humour qu'il portait en lui, le plus haut, ne désarma pas: il y avait épinglée dans sa chambre une de ses dernières gouaches intitulée: 'La gestapo faisant taire un perroquet.' J. Follain. Les Uns et les Autres. 79.

LA GUERRE-BOMBARDEMENTS.

Cadou."L'Oeuvre de M.J." Cahs. du Nord, no. spéc. 192-93. 16 juill. 1940. "J'ai passé des nuits & des jours capables de rendre fou, des nuits de bombardement où entre temps les autos sans essence s'arrêtaient: elles contenaient des mères qui avaient perdu leurs enfants, des familles riches qui n'avaient pas mangé depuis des jours, immobilisées sur la route, des suicidés qui s'étaient manqués... Je recommence à redessiner mais j'ai une espèce de sourire qu'on prendra longtemps pour un sourire aimable & qui est le sourire de la folie. Les vieux meurent prématurément, mais je ne suis pas vieux, je suis mort.- J'essaye exprès de lire des vers & j'éclate de rire. Est-ce possible que nous ayons cru à ce sanscrit, cet hébreu? Mais les – gens - meurent, comprends-tu que les gens meurent encore dans les hôpitaux? Je n'écrirai plus ni vers ni prose ni dessin ni peinture. Faites votre vie s'il y a encore des amateurs de cela. Moi c'est bien fini, ah! cette fois, c'est bien fini... Pour moi le rideau est baissé. Je t'aime & j'aime mes amis mais si tu entendais la musique militaire allemande jouer des valses avec la grosse caisse sous tes fenêtres & les officiers à califourchon sur les fenêtres applaudir bruyamment, tu comprendrais qu'il s'est passé quelque chose capable de briser une vie & même une cervelle."

---. VM, 262. "A partir du 14 juin [1940] Max avait tenu un journal qui est à la BMO & que la N.R.F. a publié, à quelques coupures près, en mars 1958.- 19 juin [du journal de M.J.]. "Effroyable bombardement par canon peur qui mène les habitants à la crypte. Je l'entends de la salle des Fêtes de l'Hospice transformée en infirmerie & où je couche la nuit, occupé à veiller les blessés & dormant peu c'est là que j'ai vu cette famille des suicidés conduits là par un Espagnol qui disparaît avec la voiture & leur fortune. Ces pauvres suicidés étant des gens très bien & convenables."

LA GUERRE - ST.-B. MIRACULEUSEMENT MENAGE. Andreu cite l. 21 août 1940 à Béalu. VM, 261-62. "Oui! j'ai eu un mois de juin corsé: chaîne ininterrompue de voitures fuyantes d'un pont à l'autre, affamés, blessés, suicidés. On s'écrasait aux têtes de pont, 1200 morts à Sully, ville détruite avec détails affolants ou navrants. Ici on hébergeait, on couchait des inconnus, on soignait des blessés à l'Hospice où j'ai fait l'infirmier. On a vécu sous un arc-en-ciel de bombes [...]. Châteauneuf a quarante maisons de moins. Gien est à moitié détruit, mais nous n'avons pas été égratignés. On a failli m'arrêter comme Juif." [Voir l. à Rimbert & à Manoll].

GUERRE UNIVERSELLE. Ibid. 265. En 1940 "Max sait que l'on n'a pas encore vu le pire & que l'Humanité est entrée dans une période de 'guerre universelle', peut-être de fin du monde, de Déluge [...]."

HITTLER. [Sic.]. Rousselot. Op. cit. 207. L. 9 janv. 1940. "impitoyable & menteur, le démon Hittler tomberait comme les soldats qui venaient arrêter le Christ tombaient à la renverse. Convertissez-vous donc!" Idem "Ninive ayant été menacée de destruction, prit le deuil & jeûna trois jours & trois nuits, hommes & bêtes, & Ninive fut épargnée. C'était substituer la douleur volontaire à la douleur forcée. Si la Fr. se convertissait de façon à substituer le royaume de Dieu demandé dans le Pater ('que votre règne arrive!') au royaume du diable Hittler..." Note 2. ‘M.J. écrivait ainsi le nom d’Hitler.’

---. "OUI LA FRANCE SERA VICTORIEUSE PAR LA CROIX & la Foi. Dieu tout-puissant l'aidera si elle s'approche de lui. 'Que votre règne arrive!' Le démon ne tient pas devant Dieu, de même que les soldats sont tombés quand le Seigneur a dit: 'C'est moi!' Si la France devient le Royaume de Dieu, Hittler tombera de même." Roland Beyer. "Une lettre inéd. de M.J." 17 janv. 1940. Op. cit. 28.

HITLER. LCB. Lettres mystiques. [6]. 20 juill. 1942. "Hitler est un miracle en noir; le triomphe de Satan qui autorise la revanche prochaine de Dieu quand le temps d'épreuves sera raccourci par nos prières."

---. L. INED. A KAHNWEILER. 30 sept. 1939. Album Pour D.H. Kahnweiler. Stuttgart: Verlag Gerda Hatje, 1965. "D'ailleurs la Loire, au cas improbable d'invasion soviétique (je ris en pensant à Hitler soviétisé ou judaïsant: c'est un sinistre comédien). La Loire dis-je serait un chemin naturel d'avions & ses célèbres monuments un but aux destructeurs d'innocence... sans parler d'autres choses plus attirantes."

---. VM, 265. "Il écrit à Béalu le 27 janv. 1941: 'L'Amérique seule fait peur à Hitler & elle déclare qu'elle ‘n'admettra pas une défaite de l'Angleterre!' 'Jusqu'à cette paix (?) rien à faire qu'à obéir provisoirement pour ne pas augmenter le malheur public par le mécontentement exprimé.' "

---. IBID. "Au moment de Munich, il écrit à Julien Lanoë: 'Je ne suis pas assez les mouvements des événements pour avoir une opinion sur la conduite des gouvernements. Mon opinion ne peut être que toute 'dénuée de sens', comme ma poésie romantique: si c'est la guerre, c'est horrible, si ce n'est pas la guerre, c'est la guerre pour bientôt & la France sera ce qu'annonce "Mein Kampf". J'entends des propos odieux qui me font frémir: 'J'aime mieux me dit-on, être Allemand vivant que Français mort (sic).'

---. IBID. 256, n. 1. Le 27 sept. 1938 il écrit à André Sauvage: «Hitler a assez dit & imprimé ses projets pour qu'il ne soit pas permis d'en douter & il est doué d'un orgueil assez fort pour que les alliances qu'on lui oppose ne l'arrêtent pas. L'issue n'est pas douteuse & l'Allemagne est vouée à l'écrasement mais que de morts auparavant…»

---. LML, 86. 24 janv. 1940. "Cette folie qu'on nous sert depuis dix ans est sans doute celle de Néron."

LTB. 140-41. HOROSCOPE DE HITLER. A Moricand. 17 fév. [1943]. "Quant à Hitler qui a la même date que Maurras & Napoléon III c'est 'Caractère enclin à la domination. Le sujet sera l'esclave de sa femme non par manque de volonté mais par faiblesse de coeur. De quelle femme s'agit-il? Serait-ce son âme, son génie? Pour Napoléon III c'était vrai. On ne connaît pas de femme à Hitler, sinon son génie."

"JE DEFENDS MON EPOQUE: elle est terrible, infecte & noire comme le Moyen-Age, & il y a des saints comme le Père Foucauld, Eve Lavallière, Ste Thérèse de Lisieux & beaucoup d'autres." LCB. [7]. L. 20 juill. 1942.

PROJET DE SE RETIRER A BELLOC. VM, 264. "Le 29 juill., il écrit à J. Lanoë pour lui demander s'il ne connaît pas une maison - autant que possible religieuse - où l'on le prendrait (genre hospice de vieillards). 'Je ne serais pas entièrement à la charge de l'administration, je possède une rente viagère de 7000 Fr. (depuis son accident d'auto, en 1929, avec Pierre Colle). Tant que j'ai vendu de la peinture régulièrement ça marchait très bien. Mais tout est fini!!! Je n'aurais donc que cette ressource... Autant que possible j'aimerais que ce fût en Bretagne & c'est pourquoi je m'adresse à vous.' - P. 266-67. "Au printemps 1941, Max songea-t-il sérieusement à se retirer dans un monastère, le monastère de Belloc? On peut le penser si l'on en croit les l. qu'il adressait fin mai à Béalu & dans lesquelles il disait que ses 'résolutions monastiques sont retardées plutôt qu'ébranlées’: Principale raison de ce retard, outre l'affection des amis 'qu'il est dur de couper', l'incertitude sur le sort de sa famille, dont Max pressentait qu'elle allait avoir de plus en plus besoin de lui. Le martyrologe de la famille Jacob va, en effet commencer. (267, n. 1). En juin, Max écrit à L. Emié: 'Il est possible que je passe à Bordeaux mais dans des circonstances assez tristes. Il est question que j'aille finir mes jours au monastère de Belloc. J'hésite encore sur ce point décisif.'"

REFUGIES ESPAGNOLS. LLP, 151. Chez le Dr. Benoiste (de Kerpape) B.P. 36, Lorient, Morbihan. 24 juin 1937. "[...] mes larmes n'ont coulé que pour cette misère espagnole - elle est exploitée par des tenanciers que l'Etat paie dix francs par tête de pauvre & qui rasent les macaronis & le lait dont on nourrit leurs puces."

---. DISQUE VERT I:2 (mai-juin 1953): 88. A Béalu. "Il y a des réfugiés espagnols qui ont des revolvers & qui font des discours à leurs compagnons, discours tels qu'on envoie des policiers. Cependant les enfants sont sans biberons, sans lait, les malades sans lits & j'en ai vu couchés par terre. C'est atroce." - VM, 238. "Il accepta pourtant, entraîné par l'exemple de Claudel, de signer un manifeste d'intellectuels en faveur de Franco, ne voyant dans les événements d'Espagne que les violences exercées contre les prêtres."

GYMNASTIQUE INTELLECTUELLE

A DOUCET. Sept. 1907. Corr. I. 33. "Voici quels étaient mes exercices: il s'agissait de trouver une idée sur chaque carte postale vue dans l'une ou l'autre boutique. Si je ne trouvais pas d'idée, il fallait que je restasse immobile jusqu'à ce que l'idée vînt. J'emplissais ainsi lentement de pauvres carnets d'un sou avec un pauvre crayon."

---. GUIETTE. Vie de M.J. Op. cit. 132. "Je pris le livre d'enfants, Le Géant du Soleil, qui n'avait jamais paru en volume, & je le saupoudrai de toutes les pensées paradoxales & de toutes les fantaisies dont mes carnets d'un sou s'étaient remplis, depuis bien des années, pendant mes promenades à pied du Bois de Boulogne à la place de la Nation & pendant mes journées. J'avais eu, en effet, des années de gymnastique intellectuelle, m'imposant de trouver une idée d'un réverbère à un autre, & de rester immobile au pied d'un réverbère jusqu' à ce que j'aie [...] trouvé." 144. "il fallait que l'esprit jamais ne se repose."

L'HABITUDE COMMENCE AVEC LE PREMIER ACTE

R. VILLARD CITE M.J. QUI ECRIT AU PREM. CHAP. DE HCH. "Rien au monde ne me fera oublier les enseignements de mon prof. de philosophie, &, dans cet enseignement, une phrase qui, toute ma vie, fut, est & sera mon guide, ma morale & mon préservatif: "L'habitude commence avec le prem. acte." "Hist. d'une classe de lycée." Op. cit. 78.

PAR CONTRE, M.J. a toujours lutté contre l'habitude, tueuse de l'âme & de la religion. (LRR, 106, n. 61).

HOMOSEXUALITE

"L'ABSENCE DE MAURICE [SACHS] ME FAIT MAL comme un feu de charbon de terre qui donnerait la migraine, le mal de mer. Je me retiens d'aller me mettre en travers de mon lit & de pleurer." Lachgar. M.J. Op. cit. 67. D'une l. à Cocteau. Et de confier à R. Toulouse: "Tu sais, M. Sachs est venu me chercher. C'était le démon tentateur. J'ai quitté ma chambre en pyjama & nous avons fait une escapade de 48 heures sur sa moto..."

ACT. ET. Op. cit. 141. "Les anges déménagent." "depuis ta dernière débauche/ tu sens la bile & la colique/ comme un musée zoologique!"

---. 15-16. "A la manière de..." "L'amour est une maladie. [...]. L'amour demeure maladie [...]. l'amour vient vite & guérit tard."

---. 18. "Amour! [...] "Il plut à Dieu qu'il se révèle [...] que n'ai-je alors changé de peau."

---. 142. "Apostolat." "Il n'est que le drap de mort contre l'amour."

---. 28. "Bénéfices de Dieu." N'est-ce pas abuser de sa miséricorde/ que de se confesser si souvent & si mal/ & aussitôt après retourner à son mal."

---. 29. "Bien entendu." Inc. "tous les matins messe, communion/ tribunal de Grâces, confessions/ & j'arrive là avec [...] mes inclinations grossières..."

---.32. "Bilan." "L'amour, quoi! c'est la volupté/ mise à la sauce du lyrisme/ l'amour vase d'iniquité."

---.245. "Brûlez mon corps pour y détruire l'amour…" "Poèmes mystiques"; PR, 564.

---. 36. "C'est dans une île […] la joie d'aimer n'est plus une torture/ on peut aimer sans perdre son salut."

---. 174. "Désir." "Deux cous comme deux serpents/ ne savent où ils se posent/ deux baisers ferment la rose/ ils ont la saveur du sang."

---. 175. "Les deux amours." "car Jésus nous défend l'amour à Lui rebelle/[...].Ce n'est pas Votre Nom que diraient mes péans/ Mais le sien arraché par d'horribles délices."

---. 181-82. "Et au-delà." "Mes pieds sont-ils chaussés du feu de la luxure?/ & mon rire enflammé? & toute ma carrure/ jusqu'au coeur de l'enfer?/ [...] "Mais quand réapparut le serpent du plaisir/ gémissant de brûler nos carapaces/ pour marquer notre corps de lèvres & les noircir/ nous nous attendîmes à l'enfer & face à face/ pour la douleur, unique volupté, ô gladiateurs!/ & pour la volupté, torturantes douleurs" ; LJF, 274.

---. 188-89. "Gare au 7e roulement." "Jésus dit: Vos amours m'offensent [...]."

---. 79. Inc. "Je n'ai jamais pu comprendre" "Je sens autour de mes reins/ l'éternité de l'enfer [...]"

---. 209. "et j'oublierai la chair la terre & ma défaite/ & le mal joyeux des passions non satisfaites."

---. 13. «Actualités éternelles.» ‘Sous le choc de mon désir/ - & qui pourrait le contenir?’

---.115. "Péché originel." "L'homme est une ouate mouillée de l'eau d'enfer."

---. 125."Sainte Vierge." "Moi, j'ai mon profil/ de diable [...] je hurle en silence mes péchés hypocrites - Evohé!"

---.92. Sans titre. "Un prisonnier demande grâce & moi je demande les châtiments!"

AMITIES & RENCONTRES. "M. J." Jules Romains. Flammarion, 1970. 84. "[…] un soir, aux environs de la Place Blanche. Deux ou trois camarades, dont Vildrac, avaient dû dîner avec nous dans quelque bistrot. Je réentends Vildrac disant à Jacob: 'J'imagine que certains ne sont pas des plus propres.' C'était la suite d'une conversation à laquelle je n'avais pas participé. Je compris, par la suite, qu'il s'agissait de jeunes agents de police, auxquels M.J. adressait volontiers ses hommages, & qui, selon lui, présentaient entre eux des différences anatomiques bien intéressantes pour l'amateur!"

L'AMOUR DEVOUEMENT & L'AUTRE. MJ/JC, 527-28.12 avr. 1927. St.-B. "Mais pense à la différente manière d'aimer. Aimer quelqu'un pour soi-même, c'est aimer quelqu'un pour les joies qu'il nous donne c'est comme aimer une femme & c'est un manque effroyable de respect à la personne humaine [...]. Voilà l'amour immonde défendu! mais que tu supportes les imperfections d'un enfant parce que tu vas le faire réussir & l’adapter & l'adopter, ça c'est l'amour selon Dieu. Ce qu'il y a de vraiment désintéressé dans nos amitiés plaît à Dieu; s'il reste quelque chose d'autre, c'est, n'en doute pas, l'enfer. Enfer & péché sont synonymes. [...]. La grande confusion vient de ce qu'il n'y a qu'un mot pour désigner deux contradictoires: l'amour de nos propres joies par le moyen d'un individu que nous aimons; & l'amour de cet individu en nous mettant à sa place & en voulant son perfectionnement. De cette confusion il faut sortir […]."

L'AMOUR MYSTIQUE-DUALITE. Dans P, 30 M. Tropgrandglaïeul tient ces propos: "On peut être pieux & aimer Elvire ou l'argent d'Orgon. L'amour mystique & l'autre voisinent."

L'AMOUR POUR LE CHRIST. PR. 442. «La trad. est [...] ancienne de recourir à la métaphore érotique pour traduire l'amour mystique & Le Livre de l'Ami & de l'Aimé, puis la lecture des visions d'Anne Catherine Emmerich évoquant son fiancé céleste, ne purent que confirmer le poète dans cette Appréhension. 'J'attends d'aimer mon Dieu comme j'aime les corps/ J'attends de vous aimer plus que la terre/ Jésus, l'Adam & Toi, la Mère.' Act. Et. NRF, 250 (juill. 1934): 21. - P. 576. Le lyrisme religieux de M.J. est surtout un chant d'amour qui connaît tous les états de la passion amoureuse. - P. 577. 'Je désire votre présence, mon Dieu.'In Mesures. "De tous mes yeux je cherche tes yeux & de chaque partie de mon corps Ton Nom.'( FE, 134). 'Coeur de mon corps reviens que je T'aime encore.' (Ibid, 136). - P. 578. Les métaphores amoureuses ne surprennent pas dans une poésie mystique."

---. ANDREUCCI, CH. "De la Bonne Parole à la Parole Poétique." Qui (ne) connaît (pas) M.J.? Op. cit. 37-38. 'Mon amour vous retient captif/ & mon oeil vous regarde à la dérobée, ô Créateur/ Je me tiens rougissant avec le sourire de l'amour.' [...] 'O Créateur! je vous aperçois & la honte/ me fait minauder.' "A la lecture de semblables poèmes, on songe à l'homosexualité du poète, trouvant dans le Christ un objet idéal. Il ne faut cependant pas oublier, comme l'écrit Simone Weil que 'reprocher à des mystiques d'aimer Dieu avec la faculté d'amour sexuel, c'est comme si on reprochait à un peintre de faire des tableaux avec des couleurs qui sont composées de substances matérielles. Nous n'avons pas autre chose avec quoi aimer.' " [M.G. Nous n'aimons pas nos parents, nos enfants, nos amis avec ‘la faculté d'amour sexuel'].

---. idem. 37. "L'amour de M.J. pour Dieu connaît tous les états de la passion amoureuse: l'attente impatiente ('La grâce de tes rayons d'arc-en-ciel/ Comme elle tarde à venir.' 'O Créateur'), la jalousie ('La jalousie me brise car les amants du Seigneur l'assiègent...', jusqu'au désir physique 'C'est Ton Corps & non le mien que je désire' [...]. Les poèmes d'amour, & les plus voluptueux de l'oeuvre jacobienne s'adressent au Christ. 'O Créateur' dépeint si bien l'attitude d'une amante impatiente que l'on se demande si M.J. n'est pas en train ici de parodier son propre langage amoureux." ‘Mon amour vous retient captif/ & mon œil vous regarde à la dérobée, ô Créateur/ Je me tiens rougissant avec le sourire de l’amour’ […].

---. DT, 197-98. Jésus est le grand amour de sa vie. Il éprouve pour sa personne une tendresse presque amoureuse. Voir 'Mise au tombeau.' 'Tu es encore plus beau qu'auparavant, chéri [...]. J'aime à sentir ton corps dans mes bras, mais je sais que je te retrouverai vivant: je voudrais partir avec toi qu'on m'enterre ici dans cette grotte, tout de suite à côté de toi [...]. je suis amoureux de ton cadavre et je vois combien je t'aimais sans le savoir [...] ils t'ont fait souffrir: [...] jeune homme plus que charmant, plus que séduisant [...].'

L'AMOUR POUR COCTEAU. Peyre, op. cit. 90. Roger Toulouse parle. "Sur le plan de l'homosexualité, Max disait très simplement les relations qu'il avait eues avec J.C., entrecoupées d'orages fréquents. Des relations sexuelles à coup sûr, mais des rapports épisodiques. Jamais il n'a voulu me donner de détails sur ses brouilles avec Cocteau. Si, un seul: 'Tu vois, un jour Jean m'a fait cadeau d'un tableau. Maintenant l'envers de ce tableau me sert pour travailler. [Par contre, Cocteau avait confié au Dr. Szigeti qu'il avait subi des brimades de la part de M.J.]. Lorsque Cocteau s'était installé à Montargis, pour écrire Les Parents Terribles, les deux hommes se virent, mais sans enthousiasme. Cela dérangeait Max de voir Jean Marais aux côtés de Cocteau. Il y a eu aussi une liaison accidentelle entre Max & un célèbre chanteur. La plus passionnée, semble-t-il & la dernière fut avec Maurice Sachs."

L'AMOUR POUR M. SACHS.

Prem. l. à M.S. St.-B. 18 fév. 1926. BMO. "Vos amis souffrent de votre absence. Je souffre de la leur. Que faire ? [...] J'ai sacrifié aussi mon coeur & je suis venu ici m'écraser devant Dieu loin de Maritain que j'aime, de Robert [delle Donne] qui est mon ami & que j'apprécie, de Jouhandeau, de mes deux Jeans [Cocteau & Aurenche]. [...]. Comme toi j'aime à fond Robert delle Donne, j’aurais depuis longtemps quitté Paris si mon coeur ne m'avait retenu près de lui. Je me suis arraché à ses tendresses, j'ai arraché mon coeur mon cœur mondain pour que le cancer de Dieu puisse s'étendre dans ma chair. Voici cette pauvre chair qui saigne de partout & toi, très aimé Maurice tu es en sang comme moi, c'est ce qui nous rapproche car maintenant commence pour nous une autre amitié." BMO; Raczymow. M. Sachs. Op. cit. 115-16.

---. Il écrit A R. MANUEL: 'Maurice Sachs! Qui dira mon affection & mon respect pour cet être angélique?' VM, 203.

---.VM, 215-16. "Fils Maurice, Ça ne peut pas continuer comme ça. Tu agis non seulement avec indifférence au point de vue de la fidélité, [dans VM filialité]mais contrairement au contrat. Non seulement tu gardes mes dessins sans les payer[souligné 4 fois] ce qui est impossible, mais tu m'empêches de les vendre, alors que j'en ai l'occasion tous les jours. Pendant ce temps, je meurs de faim ce qui t'est bien égal. Atrocités! Tu es mon fils tout de même car le coeur n'est pas le portefeuille & réciproquement"; Raczymow, op. cit. 175.

---. L. de 1929. "J'AI POUR TOI UN AMOUR, COMME ON DIT, MALHEUREUX car tu me méprises & je t'aime vraiment.- En 1930 il écrit encore. "Je t'aime; tu es un des seuls êtres qui m'intéressent, tu es excellent & plus saint que Maritain teint..." BMO; Raczymow. 174-75. Après la publication d'Alias il ne pardonne plus à S., un jour que Béalu lui demandait s'il l'avait connu M.J. répondra: 'Quand j'entends ce nom, je crache.'

---. L. A J. DENOEL (Coll. Denoël). St.-B. 8 nov. 1936. Belle. Op. cit. 122-23. "Après m'avoir volé, roulé dans la boue, il a l'audace d'une dédicace affectueuse […]"; Plantier. MJ. 162-63; Raczymow.267; frag. cat. MJ & P. 240, n. 25.

MJ/JC, 540.[fin mai 1927]. « Maurice sera à Paris le 31 & à St-B. le 6. Joie, joie, pleurs de joie! Je rassamble des fonds pour l’exode, sa grand’mère me le laissera jusqu’au 4 juill. »

---. 450 [14 nov. 1926]. «IL EST PARTI HIER soir avec les Jacques Bonjean venus le chercher ici. La gare est à 5 kil, je suis allé les y conduire & j’en suis revenu à pied dans la nuit en pleurant doucement comme une pauvre vielle mère dont le gars est parti pour la guerre. […]. Maurice a un beau caractère, me dis-tu - & c’est vrai: on lui chercherait un défaut qu’on ne le trouverait pas: chez lui ce que l’éducation donne aux autres est naturel. Au point de vue de talent il a bien entendu tout à apprendre mais quels dons! S’il a assez d’intelligence pour diriger sa pointe il tiendra la tête de sa génération car il y a tout en lui. Il sera beaucoup plus populaire que nous: il y a le gros roman en lui. Je ne lui ai guère donné de conseils, le pousssant seulement (& avec quelle énergie !!) à écrire […] je crois de plus en plus qu’il ne faut pas former les gens, mais leur insuffler le courage d’être eux-mêmes.» 458, n. 2 à la l. de J.C. nov. 1926. «Jacob a raison de faire appel à Cocteau pour essayer d’apprendre à M.S. à ne pas médire: étant très médisant lui-même, il n’est pas le meilleur professeur.»

L'AMOUR POUR PHILIPPE LAVASTINE. Corr. inéd. coll. paticulière.

---. PJ, 333. A Blaise Allan. Grand Hôtel Boissel, Bénodet, s.d. [1930]. "Bien sûr, Philippe signifie adoration céleste, personne n'aime plus Philippe que je fais - mais avec lui on a toujours peur des plus terribles histoires, qu'on vous le ramène mort ou qu'il ait tué quelqu'un. Quand Philippe sera prêt, vers 40 ans, il fera de grandes choses. Mais alors, il sera riche & ne fera plus rien."

---. IBID. 303, n. 1. "Ph. Lavastine (1908), fils du célèbre professeur de psychiatrie Maxime Laignel-Lavastine. Indianiste, spécialiste du sanskrit, il fut élève de l'orientaliste Sylvain Lévy (président de l'Alliance Universelle juive, cousin germain par alliance de M.J.).[...]. Appartenant à une famille cath. pratiquante & conformiste, il ne fut pas converti par M.J., mais amené par lui à la confession. Ils s'étaient connus autour des années 1930 à l'Hôtel de la Madeleine à Paris parmi les jeunes poètes de l'entourage de J. Cocteau, milieu que fréquentait Ph. L. sans être lui-même poète."

L'AMOUR POUR REGGY. LPM, 56. Rue Nollet, 26 fév. 1931. "Chapitre II Reggy. Angoisse précordiale, sensation de vide dans l'estomac. Vertige, tristesse sans cause. Au fond simple camaraderie. Dîners à deux, conversation en taxis, on a les mêmes goûts. Mais c'est fini! j'ai besoin de paix, de travail: la fin de Satan, comme aurait écrit Victor Hugo. […]. 57. On a fini la soirée au café de la marine où j'ai entraîné tout le monde avec l'espoir de voir Reggie. Il y était en effet & surveillé de loin par une demoiselle qui a la spécialité d'aimer tous mes nouveaux amis alternativement. Elle était accompagnée d'un chandelier (voir Musset), un chandelier chambellan. Je les surveillais tous les trois, c'était tout à fait vaudeville: il n'y a que l'amour pour faire des oeuvres 'nature'." Note d'Anne Kimball. 57. "C'était un jeune anglais un peu gigolo dont Jacob s'était évidemment épris..." Note: Reggie de Sablon-Favier, rentier & gigolo argentin, qui devait se pendre à la suite de revers de fortune."

L'AMOUR POUR RENE DULSOU. Corr. inéd. coll. privée.

KIMBALL, ANNE. MJ/JC, 581. 1934-1944. «Las de la vie à Paris qui est une lutte sans trêve contre la faim, la misère & le péché, Jacob retourne dans son Loiret en 1936 où il restera jusqu’à la fin de sa vie. Il avait surtout beaucoup souffert de son amour pour R.D., amour qui a encore été une déception sans bornes en 1935.»

---. PJ, 378. A Mme Armand Dayot. 12 juin 1933. "Je dois aller passer, malgré la pluie, une semaine à la campagne chez des amis." Note 1. "M. & Mme Dulsou avaient loué pour l'été au Vésinet (Seine & Oise), près de la gare, une grande villa, laquelle était une institution de jeunes filles pendant l'année scolaire."

---. IBID. 398. à Henri Vandeputte. 24 sept. 1935. "Le séjour à St.-B. de sept ans m'a rendu grave à jamais & la période de richesse qui a suivi m'a donné des occasions de libertinage qui m'ont conduit à de véritables passions pour mon malheur (n. 1), c'est-à-dire à d'effroyables douleurs morales, dont je porte la trace dans le coeur qui est tout arraché, saignant des larmes." Note 1. 399. "M.J. venait de rompre ses relations amicales avec René Dulsou, dont il avait fait la connaissance à la fin de l'année 1932 chez les Léon Merle de Beaufort, que fréquentaient ses parents." - 402. A du Plantier. 17 rue St. Romain, 21 mars 1936. "Je pleure à l'idée que tu me pardonnes mes forcèneries [sic]. J'ai été fou -oui oui oui -! de chagrin & c'est le passé." 404. Au même. 26 avr. 1936. "Je tiens à vous voir auparavant & si tu pouvais me faire revoir René ne fut qu'un instant, ce serait une grande joie […]. je n'ai pour lui que les sentiments les plus bienveillants, les plus paternels & les plus doucement douloureux: qu'il le sache!" P. 408. Au même. 21 mai 1936. "Merci & bénédiction sur vous & sur René."

---. FIN 1932, M.J. avait rencontré R. Dulsou [qui écrit sous le pseudonyme Sinclair], dont il est tombé amoureux. Cet amour fut une torture pour lui à cause de sa religion, & le 22 mai 1933 il écrit à L. de Pougy: "[...] cet hiver j'ai eu un événement terrible ayant été atteint d'une passion que l'Eglise réprouve & m'étant trouvé comme devant la mort, entre un amour qui m'a tordu & mâché jusqu'à me réduire en (aux) larmes & le refus de l'absolution par trois fois, ce qui est comme une excommunication. Si bien que je ne pensais qu'à la mort, n'ayant pas le droit de penser au suicide." LLP, 119. ["Ballade de la visite nocturne", l'un de ses plus beaux poèmes inspiré par son amour pour R.D.].

---. In LPM, 90. [19 avr. 1933]. "Ici c'est la torture en attendant l'enfer." Note: A cause de son amour pour R.D. Ibid. 95. [30 août 1933]. "Je pars ce soir même pour Lourdes & de là à Saint-Marcel (Aude) chez Mr. D. [Chez son jeune amant R.D.].

---. LJF, 253. Quimper, 27 déc. 1935. "Personne ne touchera l'orgueil de Le Louët... [L'amant de R.D. pour qui il avait quitté M.J.] sauf son prochain chagrin d'amour quand René l'aura laissé tomber, ce qui ne va pas tarder. Il est volage!!" Ibid. 24 mai 1936. 261. "Fais! mes! amitiés! à René! quand tu le verras! ne le dis pas devant d'autres: tu me comprends. J'ai pensé à lui dédier les Morceaux choisis qui décidément paraissent mais j'ai eu peur qu'il le prenne mal & fasse du scandale." Ibid. Hôtel Robert, St.-B. 14 juin 1936. 266. "J'embrasse en plein ciel & à pleines joues Germaine & Lannes, les du Plantier. [...]. Quant à Le Louët & René... j'attends… espoir... as-tu reçu ma carte myosotis flottarde?"

L'AMOUR POUR ROBERT DELLE DONNE. Raczymow. 116; [BMO]. Prem. l. à M. Sachs. 18 janv. 1926. "J'ai souffert effroyablement de quitter Robert vendredi. Je l'aimais trop pour rester à Paris. Toi seul peux comprendre ce sacrifice, cette affection parce que tu le connais & que tu sais ce que nous devons au Seigneur seul digne de ‘culte’."

---. HOTEL DROUOT, 19-20, nov. 1987, lot. 125. 37 lettres intimes, 1926-29 à R. delle Donne. "Ne dis à personne que tu es après Dieu, ce que j'aime le plus au monde… Je vis avec toi. Je suis furieux quand mes rêves nocturnes m'apportent une autre figure que la tienne."

AMOUR POUR P.M. FRENKEL. HYPOCRISIE-CONVERSION-AMOUR. MJ/JC, 339. 13 août [1925]. «[…] étudiant de 20 ans qui fait le prof. de danse & des dancings pour se faire de l’argent & roule en auto toute la nuit, se vante de recevoir de l’argent des dames âgées, ne rentre dans les églises les musées qu’en pensant aux vols possibles, ne parle à ses parents que sur un ton ironique. Il passe sa vie sur son auto; il y dort le jour, lui soigne la peau […] je suis censé devoir le convertir… & il y a en somme du vrai. Je ne suis jamais complètement hypocrite.- 355-56. 13 oct. 1925. Le roi des danseurs est parti, énigme, & moi je suis Philoctète avec plaie au foie, non au pied. – 357. P.S. Tu sais à qui ressemble le roi des Danseurs…- Exactement… à Thomas l’imposteur lui-même. – 359. 16 oct. 1925. Je suis ‘délivré’ de l’auto, de l’autoroute. Je ne t’ai en somme rien dit de lui. C’est Thomas l’imposteur. Converti ou non, je n’en sais rien: il est un abîme de mensonge & de silence. C’est un gars, un gars très affiné, qui a besoin d’argent & qui ferait n’importe quel métier pour en trouver mais sa famille veut qu’il fasse des études. Alors il est devenu ‘sans scrupules’ & sa famille s’en plaint. Lui se tait sur tout. J’écrirai un livre sur lui 300 pages ; […] On s’attache à un homme tellement énigmatique mais on a tort […].»

---. 362. Quimper, 24 oct. 1925. "FRENKEL QUI REPRESENTE LE DIABLE DANS MA VIE malgré l'aristocratie profonde de sa coquinerie savait le bien que me fait la méditation & tout son effort portait là-dessus: m'empêcher de faire la méditation."

LMJ, 247. [Janv. 1926]. Il avait converti Frenkel mais il est tombé amoureux de lui. "J'AI PLUSIEURS SORTES D'AFFECTIONS OU D'INFECTIONS POUR LUI: L'UNE EST PEDAGOGIQUE."

AMOUR & POEMES D'AMOUR. PR, 580-81. 'Angoisses & autres.' 'J'ai peur que Tu ne t'offenses/ lorsque je mets en balance/ dans mon coeur & dans mes oeuvres/ ton amour dont je me prive & l'autre amour dont je meurs... Qu'écriras-tu en ces vers/ ou bien Dieu que tu déranges/ Dieu, les prêtres & les anges/ ou bien tes amours d'enfer/ & leurs agonies gourmandes." FE, 125.- "Le rythme impair exprime parfaitement ici la claudication de l'homme partagé entre deux amours. [...]. Les poèmes d'amour [...] sont rares & souvent déguisés: nombreuses sont les variations sur le thème de 'l'amour enterré', qui racontent la peine d'un amant en deuil (R, 173, 182, HC, 25, 53. Cf. 'Roman, romance & double mort' in NL (31 mars 1934): 2 […] dit surtout la déroute des amours humaines vouées à la fragilité. Les quelques poèmes d'amour véritable du poète suivent généralement une rupture ou un échec. Notamment HC, 55. ‘Ton miroir est signé de moi & tu le donnes!’ [...]. Les amours de Jacob sont 'amours d'enfer'.

---. IBID. 581-82. "la honte [...] ne tue pas l'amour. 'd'autres voix pleurent ton absence.' FE, 142. [...] le poète demeure un éternel divorcé tentant dans un écartèlement impossible d'aller vers l'absente & rester près de Dieu. 'J'ai deux amours.' Courrier des poètes 19 (sept. 1936): 11. In 'Roman, romance & double mort' ( paru dans NL). [...] les deux prem. mouvements sont totalement consacrés à exprimer le chant du fiancé à sa bien-aimée éloignée de lui: 'Encore durer loin de toi’ [...] l'on pense être devant une nouvelle mise en scène sur le thème habituel de l'amour désuni. Mais le 3e mouvement fait intervenir un je différent, non plus fiancé fictif d'une belle inconnue, mais moi du poète sacrifiant à Dieu tout lien terrestre: 'Mon Dieu! voici donc que je T'offre/ ses regards fixés dans mes yeux/ son corps si tendre qui m'échauffe/ c'est ce que je t'offre mon Dieu.'

"L'AMOUR SANS OBJET EST LE PLUS DOULOUREUX & QUAND IL Y A PLUSIEURS OBJETS C'EST PIRE." LPM, 66-67. Rue Nollet, 3 avr. [1931]. Selon la n. d'Anne Kimball, c'est ce dernier qui est celui de M.J.; 6 avr. 1931. 67. "Nous vivons toujours dans la musique [à cause des musiciens Sauguet, Markevitch, Desormière] & le péché! Un amour sans objet est une angoisse physique. Un amour qui a plusieurs objets est un combat contre plusieurs ennemis, un doute, une naissance de jalousies & d'ennuis. J'ai les deux amours & même le 3e."

LES AMOURS MASCULINES par Michel Larivière. Lieu commun, 1984. 300. "De même, Douglas, Jacob, Pessoa, Owen & Crane qui, dans leurs vers, chantent leurs propres amours masculines, embelissent, transcendent, subliment l'acte sexuel." Extr. 1 DT, 109; 2 "Angoisses & autres." 3 "Corpus Christi." 4 "Examen de conscience" du FE.

'LES AMOURS 'SENILES'. LPM, 56-57. 55 rue Nollet. 26 fév. 1931. "Ma santé physique est toujours bonne, le moral est détruit par les soucis d'argent, les déceptions diverses & - qui sait peut-être - par l'amour. Ces amours séniles sont les plus dangereuses, odieuses. 'La duègne métamophosée en jeune premier.' (féerie)." "Chantons sur la guzla/ les amours de ce gugusse-là!"

ANDREU, VM. Il rapport ces trois vers de Max: "PECHER! PECHER! SE REPECHER!/ Mon Dieu! l'affaire de la pomme!/ Max est pécheur! Max est un homme!"

AN IMPERSONATION OF ANGELS: A BIOGR. OF J. COCTEAU by Frederick Brown. N.Y. Viking Press, 1968. 222. "[...] Jacob found the gifted, beautiful, unbalanced boys who occasionally reeled into his orbit irresistible. He would mother them, educate them, grow weary of them, reject them, & repent."

APPEL DU SEXE. LPM, 60. 1er mars 1931. "Une revue qui s'appelle Cinégraph [...] déclare avoir pour collaborateurs Saint-Pol Roux, Jean Royère, Gustave Kahn, Marcelle Tynaire, Godoy, etc... & me demande ma collaboration pour un sujet 'Appel du Sexe'. Lequel ?"

APRES SON RETOUR D'ITALIE. A Lascaux. Op. cit. 63. 5 nov. 1925. Café des Deux Magots. "St.-B. me paraît bien pâle quand je reviens de si beaux pays. Mais je ne sais pas vivre ailleurs sans pêcher & les monastères me semblent quelque chose de trop pompeux pour moi. D'ailleurs j'ai encore ici un semblant de liberté par mes oeuvres. Je ne l'aurai pas ailleurs."

A PROPOS DE L'INTERVIEW DU DR. SZIGETI QUI PARLE DE L'HOMOSEXUALITE DE M.J. R. Plantier. "M.J. & la critique litt. des témoins." M.J. no 2 (1979): 110-11. "[…] il y a aussi dans l'oeuvre de très nombreuses marques d'une communion avec Dieu, d'une confiance tendre, charnelle, que nous trouvons passionnante non parce qu'elles serait un trait de l'homosexualité mais parce que nous savons que M.J. était un homosexuel, ce qui n'est pas la même chose [...]. Le problème de l'homosexualité devait être replacé dans l'expérience créatrice & personnellement nous pensons que certaines corr. 'inéd.' pourraient nous éclairer au moins sur le terrain de l'écriture, qui nous semble, en définitive le seul qui soit intéressant."

ARAGON PARLE DE L'HOMOSEXUALITE DE M.J.

"J'étais à cette époque un très jeune garçon. Je ne crois en rien de simple & de sage quand je vous aurai dit que Max a essayé de me faire monter sur ses épaules pour trouver quelque chose qui était en haut d'un mur. Enfin, je me suis tiré de là.. Je n'étais pas très fier, voilà tout. Vous savez comment était Max, c'était un personnage! Picasso lui-même a raconté des choses sur ce sujet." Lachgar. MJ, op. cit. 71.

L'ATTITUDE DE M.J. & DE COCTEAU ENVERS L'HOMOSEXUALITE. MJ/JC, 400. 8 mars 1926. M.J."Je voudrais changer de peau tous les matins [...]" J.C.: "Je ne me lève jamais sans me dire tu n'y peux rien: accepte!" (J.-J. Kihm, E. Sprigge, H. C. Béhar. Jean Cocteau: l'homme & les miroirs. Table ronde, 1968. 13).

---. «COCTEAU & MAX JACOB : AMIS D’ENFANCE» par Anne Kimball & Maria Green. Le siècle de Jean Cocteau. Textes & documents réunis par Pierre Caizergues & Pierre-Marie Héron. Centre d’Etude du XXe siècle/ Université Paul Valéry Université Toronto. 2000. 157-68. A propos de l’homosexualité des deux poètes voir 163-68. 163-64. Après P. Andreu M.J. considère l’homosexualité comme un ‘accident affreux, un accroc dans la robe de l’humanité’ «Jacob vit ses amours sous le signe de la culpabilité & souffre atrocement du remords qui le fouaille. Dans la DT il dit ; «Je n’ai jamis pu distinguer la part de pureté & celle de l’impureté qui se mêlaient dans mes affections. […]. Dans ses l. à ses jeunes amis, il prône la chasteté. Il se réfugie deux fois à St.-B. pour éviter les tentations qui s’offrent à lui à Paris, mais d’après des témoins discrets, même à St.-B. il n’a jamais pu renoncer à l’amour des garçons. René de Ceccaty remarque que ‘la chasteté n’est une obsession que pour ceux qui y sont le moins enclins.»

"AUSSITOT ADOLESCENT, LA LUXURE S'EST EMPAREE DE MOI & si on ne m'avait pas châtié j'y aurais perdu ce que j'avais d'intelligence." "Les Péchés." Ren. de Fl. No. spéc. "M.J. ou les chemins de la conversion." 23; Ibid. 26. "Dieu nous donne la joie de procréer & nous imaginons la luxure"; ibid. "Le Jugement Dernier." 28. "Tu es né avec un peu d'intelligence, tu l'as perdu en excès & en péchés;" LAS, 23. 5 nov. 1923. "Hélas! je porte le poids d'une vie de hontes! une vie qui m'a empêché de grandir d'au moins deux centimètres car ma croissance s'est honteusement arrêtée avec des vices précoces, une vie qui a perdu mes cheveux & mes dents, qui a rougeoyé mon teint, épaissi mes épaules, voûté mes épaules, blanchi mes cheveux, vieilli avant l'âge. Aujourd’hui, rien ne peut réparer l’irréparable: mais sans aller jusqu’à ce crime envers soi-même & envers les autres (car on peut être un scandale vivant) chaque pas vers le mal est un reflet sur le visage. " LAS, 23. 5 nov. 1923; Corr. II. 237.

BELAVAL. Op. cit. 24. "Nous arrivions à la cure. Tout le monde dormait. M.J. me prit par la main pour me guider dans l'ombre. Il avait ôté ses sabots. Tout à coup la main se crispa: 'Pourquoi ris-tu? demanda-t-il d'une voix inquiétante. - Or, je n'avais pas ri. [...]. 'Tu n'as pas ri? Je te crois. Eh bien! c'est que le Diable rôde ici. Chaque fois que je veux mal faire, j'entends ce rire...'"

BERTIN, PIERRE RACONTE qu'il avait hébergé M.J. quand il voulait fuir la rue Gabrielle "[...] petit à petit les gens savaient que Max était chez moi & on venait le voir, si bien que ça devenait le défilé de tous les loqueteux de Montmartre, de tous ces bonhommes que Max fuyait [...]. J'entendais des choses étranges: 'Tu es un salaud [...] & tu mourras salaud!' C'était un défilé de types incroyables, des histoires de moeurs sûrement! Après il allait se confesser, il sortait purifié, & il recommençait. Les confesseurs ne savaient plus quoi lui dire car c'était toujours les mêmes histoires. 'Vous m'avez déjà raconté tout ça; ménagez-vous, monsieur, pensez à votre santé.'" Lachgar,53.

BIOGR. REDIGEE PAR M.J. pour le Dictionnaire de René Edouard-Joseph, 8 août 1931. "En 1921, très écoeuré par la vie de plaisirs où j'étais entraîné, je cherchai un asile hors de Paris." Dict. biogr. des artistes contemp. Paris: Gründ. T. II, 1931. [Lettre J].

BRASSEUR, PIERRE. MA VIE EN VRAC. Calmann-Lévy, 1972. 164. "VOUS RESTEREZ LOIN DE MOI, […] CAR JE SUIS PEDERASTE, mais n'ayez crainte jeune homme, pas avec une gueule comme la vôtre, j'aime les ombres de voyous, & surtout pas ceux à qui je rends un service au départ, ce serait du chantage."

"CE QUI M'A LE PLUS ELOIGNE DU MARIAGE C'EST L'EXEMPLE DES MENAGES DE MES AMIS, les fers à repasser brandis ou les casseroles." [A propos de la rivalité entre Eva Gouel & Fernande]. Cat. M.J. & P. 237, n. 31. Feuillet 'Revolvers 9'. Coll. part. Chron. des Temps Héroïques. Prem. éd.

CHASTETE. Réalités secrètes XIII (fév. 1962): 5. 'Ballade de la buée sur la route' contient un enseignement moral une promenade en auto dans la nuit éclairée par les phares: 'Les phalènes s'échappaient comme les étincelles au fer du remords. Les vers luisants fixaient mes amours inscrites dans les ciels justiciers du purgatoire [...].' Inc. 'A cette époque de l'année...'; PR, 359. Dans LBEG, 14. Jacob rappelait qu'un poète 'n'est pas un pénitent qui étale ses péchés'. Mais [...] la vie dévote par exclusivité qu'elle implique ne pouvait qu'influencer l'oeuvre du poète en ce sens.- P. 371. […] il va jusqu’à prôner la chasteté absolue, inconditionnelle, même aux hommes mariés, & la raison n'en est plus la peur du péché mais le danger spirituel que représente la sexualité. En 1940 à M. Manoll "Je crois que la plus parfaite chasteté est indispensable à la vie de l'esprit'. LMM, 59. Affirmant encore 'la chasteté & l'intelligence sont des synonymes.' In 'Vin, sang, esprit.' Op. cit. s.p.

---. PR, 374. In VI , 109. "Le chromosome." "Il y a deux divinités à chaque bout du monde [...]. L'une est hideuse & fait plaisir, l'autre délicieuse & remplit mon coeur d'amour."

---. RENE DE CECCATY. "L'Ombre de moi." Gai pied 39 (juin 1982): 42. "Or, même si l'anecdote de Sachs décrivant Jacob couchant avec remords & volupté avec un jeune admirateur, pion dans un collège de Jésuites, [Joseph Pérard] pour se confesser aussitôt après, est véridique, on aurait beaucoup de mal à repérer dans l'oeuvre poétique [...] des allusions à son apparente hystérie sexuelle. [...] La chasteté n'est une obsession que pour ceux qui y sont le moins enclins [...]. Chaste ne signifie pas désincarné! Voici comment il s'adresse au Christ au tombeau: 'Tu es encore plus beau qu'auparavant, chéri, & je ne voudrais jamais te quitter. J'aime à sentir ton corps dans mes bras, mais je sais que je te retrouverai vivant: je voudrais partir avec toi & qu'on m'enterre ici dans cette grotte, tout de suite à côté de toi. Ton ventre est dur aussi: c'est ce qui surprend le plus dans les cadavres. Je n'avais jamais vu comme tu as les pieds fins. Tout cela ne m'est pas ravi, puisque je te retrouverai bientôt. (DT, 197)." [M.G. Poème cité maintes fois dès qu'on mentionne son homosexualité & son amour pour le Christ].

CABANNE, P. LE SIECLE DE PICASSO. Op. cit. 270. "[...] cette grande & belle fille [Fernande] lui [à M.J.] faisait peur, & ne cessait de se moquer de son penchant pour les porteurs d'uniformes moustachus."

---. IBID. 410. 'NE JAMAIS ALLER A MONTPARNASSE'. "Mais renoncer à ses vices ne serait-ce pas aussi renoncer à l'exaltante délectation du remords?"

COMPLEXE DE PERE. LRR, 102, n. 28. "Lui qui n'a pas de fils en chair & en os, a compensé cette absence par l'abondance de ses 'fils spirituels'. M. Béalu écrit qu'il aimait les poètes 'dans l'oeuf' & L. Emié parle de la 'sage-femme' des poètes. Cet amour pour les jeunes, tant de fois pris pour l'expression de ses tendances homosexuelles tantôt vécues, tantôt sublimées, manifeste surtout un ardent désir de partage: faire profiter les jeunes de sa vie de recherche."

CORRECTION SUR LES EPREUVES DU CD. Andreu. MJ. 105, n. 1. sur les épreuves du CD une correction [...] très révélatrice. Le p. 'Ruses du démon pour ravoir sa proie' se terminait par cette phrase: 'Mon Dieu, délivrez l'humanité des vices qui la tuent.' M.J. l'a rayée."

DANS HCH IL N'Y A PAS DE SENTIMENT IMMONDE POUR L'ENFANT. A E. Jaloux. 3 mai 1924. Corr. II. 287. "[…] je vous prie d'effacer de votre esprit l'idée que mes héros aient pu avoir, dans HCH, un sentiment immonde pour l'enfant qu'ils croient élever."

DT. VM, 122. Passage coupé de 'Méd. sur ma mort.' "Gourmand. Susceptible. Orgueilleux. Joyeux à l'excès. Triste sans raison, maussade, méprisant, capricieux, bavard, présomptueux, cupide, sinon avare, avide de louanges, comédien, amoureux, amoureux, amoureux, amoureux, accessible au vice." Note 1, 122. ‘Méditation sur ma mort’, juin 1918. Ce passage sera coupé dans la DT.

---. Cité in PR, 87. DT, 120. "Le Père F... me parle des vertus chrétiennes & je l'écoute les larmes aux yeux; le soir je retombe dans les grandes horreurs parce que je ne sais pas vivre sans certains de mes amis & qu'ils ne savent pas vivre sans horreurs; DT, 164. "S'il est vrai que j'ai parfois porté l'amour de mes amis jusqu'à l'oubli de moi-même [...], il faut dire à ma charge qu'il n'y avait là qu'un dévouement de vieille fille, qui donne ce dont elle n'a que faire. De plus, le diable y trouvait son compte pour ce que je ne nommerai pas & que Dieu a bien voulu pardonner. Car je n'ai jamais pu distinguer la part de pureté & celle d'impureté qui se mêlaient dans mes affections." Voir aussi F,196; in PR, 88. "L'Eglise le matin & la bombe le soir." [M.G. C'est l'habitude de M. Dur l'alterego de M.J].

---. ---. 440-42. POESIE AMOUREUSE DONT L'OBJET EST LE CHRIST. DT, 197. 'Ton corps de mort! l'avoir tant aimé vivant! [...]. Je tiens tes bras entre mes bras & mon corps sur ton corps [...].' In 'Corpus Christi.' FE, 136. 'O tristement aimé Corps de mon coeur Coeur de mon corps reviens que je t'aime encore.' In DT, 196. 'Moi, je vais t'embrasser pour mêler mes larmes à ta sueur de sang...' In SI, 197. 'Mon amour vous retient captif/ & mon oeil vous regarde à la dérobée, ô Créateur/ Je me tiens rougissant avec le sourire de l'amour,/ trésor commun des amants du Seigneur vagabond.' - "Oui, Jacob parle en amant du Seigneur, & se montre tel un amoureux transi. On se souvient que la beauté de celui qui s'est montré à lui l'a d'abord frappé & l'on